‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 120 sur 136 · II · texte numérisé non relu

II

MOMé d'ÎBtuilîtiidtf I le Lî tn 4a Utotehoà a^ftiit, MÛfMl k foi des juges de eel illeslre géomèlre , élé tnirtré , oa en d'autres teriaesi dicté par le Dieu Étemel. Que léoechoa l'eil dit parce qu'il croyait en effet que les deux astres faisaient tous les jours le tour de la terre , rien de plus Aaturd; mais que cela soit réellement^ les (dus ignoranls né le croient plus aujourd'hui.

Malgré les efforts que firent les Israélites pour se rendre maîtres du pays entier de Chanaan^ qu'ils contoitaient depuis si longtemps, où léoschoa» en occupant successivement tontes les parties , fit masêocrer à la façon de rinterdii au nom de VÊiernel (Chàp. X» 28 et suivanU ; Chàp. XI| SO)» tous lesha-^ bitants des villes qui lui résistèrent; ce chef ne parvint ce^ pendant 2i soumettre réellement» après de nombreuses années de guerre, que les contrées voisines du Jourdain. Devenu enfin vieuK pendant ces longues guerres d'eitermination, et dé<* sirant accomplir la promesse qu'il avait faite k son peuple de lui donner tout Chanaan en partage, il se borna k le lui par*tager avant même de l'avoir conquis i et cela encore suivant l'ordre de l'Être Suprême (Cbap. XIII, 1), au nom de ^ui il prétendait tout faire^ à l'instar de Moïses» C'était ]ierM(^ la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Il envojra pour cela des ingénieurs dans toutes les provinces, afin d'en dresaer le plan de partage suivant les Tribus^ sauf k celles^ k s'en emparer plus tard. Mais il arriva que , soit que leb savants ckargés de ce grand travail ne fussent pas de fort habiles gée^ graphes , soit qu'ils n'aient pas eu la facilité d'étudier la to>^ pegraphie du pays sur les lieux, il arriva, <lntre antres dlflicul^ tés, que les Tribus de Schimme et de Dane eurent le pays des Philistins pour leur lot, contrée que les Israélites ne parvinrent k occuper définitivement que plusieurs siècles après sans le règne de David. Or la part échue k la Tribu de Dane était non-seulement très^exiguë, mais elle fut, ainsi que celle de Scbimone, si bien défendue par les anciens habitants que plus de cent ans après» du temps des Juges (/tifM, XVIII, 1)|

OikMTSi II?. M4

t la ft^ 4ê Danë ckênhatt un hiritngB pour nXk , afin iTv demeurer; car jusqu' alors il ne lut en était point échu entre Uê enfants d* Israël pour le posséder , » et elle alla en conquérir un bien loin de Ik dans les montagnes du Liban.

En tbèse générale , les snccès réels des Israélites furent si peu considérables pendant la longue guerre qu'ils firent en Ghanaan pour se rendre maîtres de ce pays que , renonçant à Tespoir d*en exterminer les habitants, ainsi que Moïses et léoschoa le leur avaient ordonné au nom de TÉternel , ils finirent par se mêler k eux ^ en adoptant leur idolâtrie k la place du culte du vrai Dieu, auquel Moïses leur avait cependant tant recommandé de rester fidèles ; et de son côté léoschoa, qui parvint k Tige de 110 ans (léosch. XXIY, 29), voyant sa fin approdier, réunit tous les chefs et les Juges de la Nation pour leur recommander également encore de ne point abandonner les lois de Moïses , et surtout de ne Jamais s'allier en rien avec les anciens habitants restés dans le pays ^ afin de ne pas être détournés par eux du culte du vrai Dieu (Ghap. XXIII, 7) ; mais ce fut en vain.

Ge passage prouve que, malgré les guerres d'extermination que les Israélites avaient faites aux Ghananéens des villes , sans (déposséder ceux des campagnes , il en est encore demeuré un certain nombre ; que , nonobstant la recommandation de l'Éternel de détruire le culte des faux Dieux , il a si bien continué d^exister, que les Israélites, loin de convertir les Ghananéens k la religion mosaïque, retombèrent, au contraire, la plupart, dans Tidolàtrieet sacrifièrent aux nombreuses divinités des diverses provinces qu'ils habitèrent, ainsi que le dit l'Ancien Testament lui-même. Ge peu de foi dans le vrai Dieu alla même bientôt jusqu'au point que les dix tribus qui formèrent plus tard le Royaume d'Israël abandonnèrent sans retour, peu après la mort de léoschoa , le culte de l'Éternel -, et dans le Royaume de lehouda , formé par les tribus de lehouda et de Beniamine , la doctrine mosaïque fut aussi fort souvent abandonnée , et quelquefois ré^

6iâ ruiowGn ra la naturs,

lablie momentanément par certains rois , mais elle n'y fat jamais suivie par la nation entière. Et tout cela, malgré la soidisant alliance avec TÉternel, qu'ils violaient atout moment, et à laquelle ils ne revinrent que de temps à autre en implorant la miséricorde divine quand ils se virent exposés à de grands malheurs.

Au Chap. XXIV, léoschoa, résumant en peu de mots, devant tout le peuple , au nom de TÉternel , Thistoire de la nation depuis Térah , père d'Abraham , qui servait d*atUre$ Dieux ( Verset 2), engage les enfants d'Israël à n*offrir de culte qu'au vrai Dieu , disant :

Verset 14. « Maintenant donc , craignez V Étemel, et sertezle en intégrité et en vérité , et quittez les Dieux que vos yères ont servis au delà du fleuve, et en Egypte, et servez VÊtemeL»

15. « Que sHl ne vous plaît pas de servir T Éternel, choiiissez aujourd'hui qui vous voulez servir , ou les Dieux que vos pères , qui étaient au delà du fleuve , ont servis , ou les Dieux des Àmorrhéens , au pays desquels vous habitez ; mais pour moi et ma m/oison , nous servirons V Éternel. »

Mais tout le peuple déclara qu'il resterait fidèle au culte du vrai Dieu. Or ce passage prouve que léoschoa lui-même était prêt à faire bon marché du culte de l'Étemel , ayant permis au peuple de choisir librement les Dieux qu'il voulait servir ; c'est-à-dire de choisir entre ceux de leurs pères et ceux des Amorrhéens. Ce qui fait entendre que leurs pères ont jus^ qu'alors continué à être idolâtres, malgré les remontrances si souvent répétées de Moïses et de léoschoa, qui ajoute :

Verset 23. c Maintenant donc , dit léoschoa, ùtez les Dieux des étrangers qui sont parmi vous, et tournez votre cceur vers V Éternel, le Dieu d^ Israël. »

Le peuple ayant de nouveau promis, comme d'ailleurs toujours, de ne servir que TÉternel, léoschoa conclut avec Dieu une nouvelle alliance , qu'il écrivit dans le Livre de la loi, et renvoya les assistants chez eux; ce qui prouve que le.s ancieunes alliances étaient tombées en désuétude.

GBAnTRB XIV. 013

A sa mort, arriyée h un âge fort avancé, léoschoa fut enterré sur le territoire d*Éphraïm , sa tribu , et les restes de loseph, que les Israélites avaient emportés d'Egypte, furent déposés dans un tombeau, k Sichem également, dans la tribu de ses descendants. Enfin Éléazar, le grand sacrificateur, étant aussi mort, fut enterré dans la propriété de son fils Phinée» , qui lui succéda.

Le Livre, dit de léoschoa, se terminant par plusieurs versets où il est parlé de la mort de ce chef ainsi que de celle d'Éléazar , ces passages ont nécessairement été ajoutés par an tiers, qui parait avoir été Fauteur de tout le livre.

Ici se terminent les véritables Livres canoniques des Israël Ktes, ceux plus spécialement indiqués comme renfermant les lois que TÉternel a instituées, en les prescrivant directement ^ ses deux élus. Moïses et léoschoa.

Quant aux Livres qui leur font suite dans TAncien Testament, c*est-à-dire les Livres des Juges, de Ruth, de SanmeU des Rois , les Chroniques , les Livres d'Erza « de Nèhémia et à* Ester y ils constituent plus particulièrement la continuation de l'histoire profane du peuple d'Israël , entremêlée de prophéties et de considérations théologiques.

§ YII. Livre des Juges.

Après la mort de léoschoa, les Israélites furent gouvernés par des Juges dont l'histoire est pleine de confusion , plusieurs faits qui y sont rapportés étant indiqués comme ayant eu lieu après la mort de léoschoa, tandis que ce ne sont tantôt que des répétitions plus ou moins variées , quelquefois tout à fait difiérentes, et souvent, au contraire, littéralement copiées de ce qui est arrivé du temps de ce chef, et cela même bien des années avant sa mort. C'est ainsi que suivant le Livre de léoschoa, ce général des Israélites avait fait déjà longtemps avant sa mort la conquête de tout le pays situé entre le Liban et le pays d*Édom, tandis que, suivant le

m TnfoUMIl Dl L4 HATURK.

£for0 de$ Juge$ (Chap. IY, 38 et VI), la majeure partie restait encore k conquérir après sa mort , et ne le fat réellement que sous le gouvernement de David, qui vécut près de quatre cents ans après.

léoschoa a conquit les royaumes de cinq rois ligués contre lui qu^il fit prisonniers, et parmi eux le roi de Jérusalem qu'il fit pendre (léosch. , X . 26) ; tandis qu'il est dit au Livré des Juges (Chap. I, 6) que ce même roi Adoni ne fut fait prisonnier que longtemps après, qu'on lui coupa les pouces des quatre membres, ainsi qu'il avait fait lui-même k soixante-dix rois quil a vaincus, et qu'on l'avait envoyé k Jérusalem, où il mourut.

C'est ainsi encore que non-seulement tout 1^ pays de lehouda , de Schimottê et de Caleb n'auraient été conquis qu'après la mort de léoschoa ; et k ce sujet on trouve répété. Versets 13 et suivant, exactement la même déclaration que Caleb avait faite avant (/éo«c/i. , XV, 16), qu'il donnerait sa fille k celui qui prendrait la ville de Débir qui lui était échue en partage.

Au Verset 1 1 il est fait mention du descendant du Beau* frère de Moïses qu'on dit avoir été Kénien , tandis que celni*^ ci était Madianite; contradiction qu'on ne peut expliquer qu'en admettant que le parent de Moises serait venu habiter parmi les Kéniens.

il est dit aussi , Livres des Juges , (1, 17), que les tribus de lehouda et de Scbimoue , différant des Chananéens de T^é*phat (Philistins), détruisirent cette ville à la façon de Tinterdit , et qu'on l'appela ensuite Horma. Or ce lieu portait déjk ce nom k l'épo jue où les Israélites firent, sous Moïses, une tentative contre le pays de Chanaan et furent battus par les Hamalékites et les Chananéens (Nombres^ XIV, 45).

Ces contradictions, ainsi que beaucoup d'autres, prouvent encore que le Livre des Juges n'est également qu'une compilation, même mal faite, d'histoires recueillies saos diseer^ nement. Il est dit dans le premier chapitre que les IsrailitM

€HAnTiii HT. 61 s

Be dépMsédèreBl pas les anciens habitants, mais les rend! rent tributaires plus tard, quand ils devinrent les plus ferts; ▼oire même que les Amerrhéens tinrent les descendants de Dane fort resserrés dans les montagnes : ee qui prouve que rÉtemel n'avait point livré ce peuple entre les mains des Israélites , ainsi que eela est si souvent répété partout.

Je ne continuerai pas de faire l'analyse de l'histoire des Israélites depuis la mort de léoschoa, le dernier chef suprême qui leur fut soi-disant imposé directement par TÉtemel ; il suffira de dire qu'à peine en possession du pays qui leur fut donné en partage par ee chef, ils oublièrent leurs devoirs ennfs le vrai Dieu pour embrasser le culte deBAHAL, le Dieu des Idolàtresau milieu desquels ils habitaient, en contrevenant sur tous les points aux lois de Moïses , surtout h celle de ne point s'allier par le mariage avec les anciens habitants et d^adorer leam Dieui.

Quoique les Israélites eussent pénétré déjk du temps de léesehoa dans toutes les parties du pays situé entre le mont Liban et Tisthme de Suez, ils étaient loin de l'avoir soumis; le Livre des Juges faisant mention de nombreuses défaites qu'ils éprouvèrent encore dans la suite , de la part des anciens habitants, qui souvent même les subjuguèrent; échecs que Thistorien a chaque fois soin d'eipliquer en disant qu'étant revenus k Tidolitrie, rÉtemel, trahi par ceux avec qui il avait si souvent conclu et juré alliemee , s'en vengea en les livrant à leurs ennemis , et les reprit ensuite aussitôt de nouveau sons sa protection , quand souffrant sous leurs oppresseurs, ils crièrent à {uî, en demandant son tout-puis^ saut appui. C'est ainsi qu'on continue dans toute cette histoire ii faire jouer, comme dans le Pentateuque et le Livre de léosehoa , le rAle le plus ridicule h l'Être Suprême , le présentant partout, non-seulement comme le protecteur complaisant de ee peuple barbare, sans foi et sans loi , mais encore eonoie le complice directeur de toutes espèces de frimes, de indiisoiis et des plus horribles cruautés , dont

616 THIOLOCIK OB LA RÂTURV.

le récit fat « à ce que prétendent les orthodoxes , dicté par Dieu même aux auteurs de ces Livres ainsi rMUs.

Je me borne ici k quelques remarques. sur la véracité du Livre des Juges , sans chercher k faire ressortir toutes les autres contradictions dont il est rempli.

Toute la génération qui avait fait la conquête de la terre promise ayant été remplacée par une autre qui n'avait point connu rÉternel (Chap. Il» iO), les Israélites tombèrent dans ridolàtrie» et Dieu les en punit en leur suscitant des ennemis qui les pillèrent , et les livra finalement entre les mains du Roi de Mésopotamie, qui les tint subjugués pendant hait ans (Chip. III , 8). Ayant crié alors à V Étemel ^ Dieu les déKvra de nouveau, et leur donna pour chef Hothniel, leur premier Juge, qui les gouverna pendant quarante ans.

Ils furent ensuite asservis par le Roi de Moab pendant dix-huit ans , quoique Moïses eût déjà conquis tout ce pays. Ayant enfin encore crié à T Éternel^ il les délivra de nouveau, et cela au moyen d'une lâche trahison, suivie de l'assassinat de ce roi, par Elud^ le nouveau chef qui gouverna Israël {Verset IB).

Comme il a été dit que léoschoa avait entièrement soumis et partagé tout le pays de Chanaan , on est tout surpris de voir qu'il est fait mention, au Chap. IV, 2, d'un roi de ce pays nommé Iabinb, qui, loin d'être le vassal des Israélites, les soumit et les tint pendant vingt ans sous sa domination, bien que l'Étemel leur eût dit si souvent, qu'en leur qualité de son peuple privilégié , il leur donnerait ce pays ï jamais en partage.

Les MadianiteSy si cruellement massacrés du temps de Moises, et les HamaUkiteSy que Dieu avait promis d'effacer de dessous les Cieux (Exode, XYII, 14) , reparaissent de nouveau au Chap. YI du Livre des Juges, et cette fois même comme opprimant tellement les Israélites qu'ils furent forcés de se réfugier dans les cavernes des montagnes ; mais , comme k l'ordinaire, les malheureux Hébreux crièrent dans

CBAPITRB XIV. 617

lear détresse à l'Éternel, qui leur envoya un libérateur dans la personne de Gédéon, qui défit anec 300 homiM$ umte X armée des Madianites , des Hamalékites et des Orientaux réunis^ forte de 135,000 hommes, dont ils en tuèrent 120,000 dans une seuk rencontre (Ghap. YIII, iO). Mais hâtonsnous de dire que ce prodige de valeur a été fait par des hommes que Dieu lui-même avait choisis parmi tous les Enfants d'Israël, pour avoir bu dans le Jourdain^ en lapant comme les chiens (Chàp. YII, 4 et 5).

Dans cette mémorable journée, Gédéon fit prisonniersdeux des chef ennemis, Horeb et Zébb, qu'on tua, le premier au rocher de Horeb^ et le second au pressoir de Zéefr, singulière concordance des noms de ces chefs avec le lieu où ils furent mis k mort ; encore ne faut-il pas, je pense, confondre ce rocher de Horeb avec son homonyme du désert de Sinai , car ce n'était probablement pas là.

Il existe en outre dans tout ce Livre des Juges une foule de passages obscurs et évidemment tronqués , mais du reste sans importance pour le présent ouvrage; d'où il résulte toutefois que cette partie de TAncien Testament a du moins été altérée par des suppressions. C'est ainsi , par exemple, qu'il est dit au Ghap. XIII que les Israélites étant tombés de nouveau dans l'idolâtrie. Dieu les livra pendant quarante ans entre les mains des PhiUstins. Or ces Philistins n'étaient qu'une bien faible nation occupant un petit territoire de quelques lieues d'étendue, situé sur les côtes de la Méditerranée, au midi du Ghanaan, pays que léoschoa avait soidisant donné en partage aux tribus de Schimone et de Dans, où était précisément la ville de Tséphat dont il vient d'être parlé ; tandis qu'en réalité ce peuple , loin d'avoir été subjugué par les Israélites, contre lesquels il soutint avantageusement pendant plus de six cents ans une guerre presque continuelle , les défit au contraire souvent en leur enlevant une fois jusqu'à Y Arche i alliance où résidait l'Étemel (Samuély I, Gbap. IV, 1 1). Ce peuple les avait même déjà com-

Mt raiOLCMB Dl LA MATUU.

plétemeBl Miiniis longtemps âvtnt, c*e8l-b-dire, bieaMt après la mort dlëosehda , ainsi qu*0D vient de le voir.

Qu^ëtait donc la puissanee du peuple hébreu, de cette nation qui, avec sa prétendue armée de plus de 600,000 combattants , et malgré la protection divine, fut d'abord obligé de lutterpendantquaranteanscontre les plus herriblesprivatiotts dans, les déserts de TArabie Pétrée, avant d'avoir pu arriver en Chanaan, Tobjet de tous ses verax, où cette nation ne put même jamais parvenir ii vaincre les Philistins, qui lui résistèrent pendant tout le règne de léoschoa , et longtemps après encore, et finirent par la tenir subjuguée durant quarante ans. Mais quoi qu'il en soit, je dois toutefois faire remarquer aussi que, s'il est vrai que les Philistins ont réellement dominé pendant longtemps les Israilites, ce ne peut guère être entendu que d'une faible partie de cette nation si grande alors; d'où l'on doit conclure que le teite ne dit pas toute la vérité ici ; tandis qqe dans une foule de cas , Tauteur du lÀt>re des Juges, ainsi que ee|ui des Liwu in Rùi» et dê$ CkfwUquéi, qui parait avoir été le même, eatre dans les détails de la plus complète insignifiance! ce qui prouve que tout cela ne fut^kurit que longtemps après, ainsi que eet auteur le donne souvent lui-même h entendre eq disant que, tel menumaiil, eu tel ofijeî, emietait encore de ses jours; et il est très^robable qu'il n'a rédigé son histoire que d'après de simples fragments de documents , quels qu'ils fussent, ramassés é$ toute part, en mêlant ainsi sans jugement le vrai à l'exagéré, et souvent an surnaturel et ^ l'impossible.

Mais quelque imparfaite que soit cette histoire des anciens Israélites, elle ne manque pas d'être du plus grand intérêt, non-seulement comme fourpissant, ainsi qqe je l'ai àéjjk fait remarqua plus haut, les seuls renseignements qe^ noa^ ayons sur les événements de ces temps si roulés , Biais aussi m nous montrant, par le seul exposé des faits, que les eoa-ditions dans lesquelles ce peuple s'est successivement trouvé alofs, et jusqu'aux earaelères individuels des àvmê peieon*

CHAnTRB xnr. 619

nages qui ont joue quelque râle important dans ces temps antiques, ont la plus grande analogie avee ee que nous voyons encore de nos jours. En effet, si, prenant en considération rëtat à demi barbare dans lequel ces anciens peu*^ pies se sont trouvés par leur peu de connaissances scientifiques et philosophiques ; leur crédulité poussée jusqu'à la superstition la plus matérielle ; le penchante la cruauté inné k la plupart des hommes , et non mitif é encore chez eux par l'éducation morale , dont les premiers principes , à peine ébauchés par Moïses, ont dû bientôt être oubliés avec toute sa doctrine religieuse que le peuple abandonna; si , dis-je, on compare les Israélites de l'antiquité aux classes inférieures, illettrées des peuples d'aujourd'hui , même chez les nations dites civilisées , on trouve la plus parfaite ressem* blance antre leurs penchants , leurs actes et par suite entre tout l'enchaînement des faits dont se compose leur histoire , avec ce qui arrive aujourd'hui , au point que , tenant compte des exagérations qui ont dA s'introduire dans les récits des événements , ainsi que des altérations qu'ils ont Ad éprouver par la tradition ; il semble, en lisant la Bible, avoir sous les yeux les premiers exemplaires antiques des journaux de notre époque. Cette analogie des faits est même d'autant plus grande, que de nos jours, où la presse peut tout rectifier en combattant les erreurs, les exagérations poussées jusqu'aux miracles , semblables li eenxrapportés dans l'Ancien Testament, sont publiées comme réelles, et trouvent de nombreux croyants,même chez des personnes appartenant ii des classes dites supérieures.

Quoique l'Éternel eAt si sévèrement défendu de se faire des idoles et de leur rendre un culte, il est rapporté aux Châp . XVII et suivants du Livre des Juges qu'un homme nommé Mici s'en était fait en argent , h l'usage de sa maison , et prit à sa solde un Lévite chargé de remplir les fonctions de sacriflcateur, mais que les descendants de Dane, qui n'avaient point encore d'héritage, cherchant un lieu pour s'y établir,

enlevèrent k la fois ces idoles et le Lévite» pour lear servir dans la contrée où ils espéraient s'établir ; et le Lévite enlevé leur assura qu'ils seraient protégés dans leur entreprise par rÉternel qui, k ce qu'il parait, s'était arrangé de ce partage d'hommages avec les idoles.

On raconte au Chap. XIX, en termes fort peu bibliques, l'histoire d'un Lévite, dont les habitants de la ville de (rtiibha de la tribu de Beniamine ont enlevé la femme, qu'ils ont indignement traitée ; insulte dont le mari s'est vengé en coupant le corps de sa femme en douze parties qu'il a envoyées dans les diflérentes tribus pour demander vengeance ; satisfaction que tout Israël lui accorda en faisant marcher une armée de plus de 400,000 hommes contre la tribu de Beniamine qui accepta le conflit, quoiqu'elle ne pût en opposer que 26,700; et le combat des deux armées fut tel, qu'il resta plus de 40,000 Israélites et 25,000 Beniamites sur le champ de bataille, surtout un grand nombre de femmes. Or les Israélites s'étant re|)entis d'avoir ainsi presque entièrement détruit l'une de leurs tribus , y remédièrent d'une singulière façon, qu'on donnerait en mille k deviner ; mais pour eox tous les moyens paraissent avoir été bons. Celui auquel ils se sont arrêtés a consisté k faire exterminer en partie les habitants de labéê de fialood, leur frère, en passant au fil de l'épée tous les hommes, les femmes mariées et les enfants , pour les punir de ne s'être point joints k eux, lors d'un sacrifice qu'ils avaient offert krÉternel en actions de grftce du succès de cette guerre, et ne laissèrent en vie que les filles qu'ils donnèrent aux Beniamites pour repeupler leur pays ; et le nombre n'ayant pas suffi, ils enlevèrent par ruse les filles delà ville de Sdlo également Israélites, pour servir de complément. Or ce sont des faits aussi horribles, d'un enchaînement aussi singulièrement absurde et d'une si révoltante immoralité, qu'on nous donne comme ordonnés par TÊtre Suprême, qui en aurait dicté le rédt k l'auteur du Livre révélé des Juges. Mais ce qu'il y a du reste encore de remarquable

GHAFITRB XIY. 624

dans celte histoire, c'esl que bien que ces faits se soient passés plus de trois cents ans après la mort du grand sacrificateur Eléazâr, c'est son fils PhinAes, son successeur immédiat, qui consulta rÉternel pour savoir si Ton continuerait k combattre contre les Beniamites.

§ VIII. Livre de Ruth.

Le Livre de Ruthj qui fait suite à celui des Juges, n'est que l'histoire particulière d*une jeune femme de ce nom, veuve et sans fortune, que sa Belle-mère engagea à aller se prostituer à un riche particulier, parent de son mari, afin qu'il répousàt; ce qui eut en efiet lieu, et cette femme eut pour arrière-petit-fils l'illustre Roi David.

§ IX. Livres de Samuel.

Quoique les deni Livres dont j'ai ici k parler portent le nom de Sameel, Grand Prêtre, qui gouverna pendant assez longtemps les Israélites, il est certain qu'il n'en est pas l'auteur, étant déjà lui-même indiqué comme mort au milieu du premier; d'où cet ouvrage, aussi plus essentiellement historique, doit, comme ceux des Juges, de léoschoa et de Moïses, être attribué à quelque écrivain qui l'a composé plus tard.

Les trois premiers Chap. du Premier Livre sont relatifs k la naissance de Samuel ainsi qu'à son éducation au sanctuaire, sous la direction du grand prêtre Héli, comme ayant été consacré k Dieu par ses parents. C'est au tabernacle même que l'Éternel lui parla pour la première fois, comme k son prophète.

Suivant les Chap. IV et Y, il y eut une guerre entre le peuple dlsraël et les Philistins, où ceux-là ayant été battus, leur Arche d'alliance, qu'ils avaient fait venir au camp pour les protéger, fut prise par les ennemis et transportée à Aec"

•M nrioiMII M ftâ MiTURl.

iM, ^ii elte Alt pitcét dan le ttnpl« de DofM, h Dieu dis PkilMtias) nais dès le letidemaiD, la statue de cette idole fttt trouvée gisant ii terre devant T Arche ; et ayant été remue sur son piédestal s on la trouva le jour suivant de noovean renversée et brisée, ce qui prouva la supériorité de pouvoir de rÉternel sur le Dieu des Idolâtres. Ce miracle engagea les Philistins à transporter T Arche à Guih^ leur capitale, où elle produisit un autre miracle en faisant venir des hémorrhoides il tout le monde» depuis U plm petit jusqu'au plus grand (Gbap* V^ 9) . Ce fléau sévissant contre un grand nombre dhabitants de cette ville, ils s'empressèrent d'éloigner l'Arche à leur tour» en l'envoyant à Hékron^ dont le peuple, effrayéde •a présence» s'opposa ^ ce qu'elle restât dans leur ville (Chap. y, 10); et les Philistins ne sachant plus qu'en faire résolurent de la rendre aux Israélites, et cela avec le cérémonial le plus respectueux i)our cet objet sacré, lui offrant même des oblations consistant, vu les circonstances, d'une part) dans h$ figurts de leurs himorrMideSy et de l'autre en souris t le tout très-^artistement exécuté en or (Chap. VI» 2 6).

On pourrait croire que ces singulières offrandes n'ont élé que de mauvaises piaisanierles de la dernière inconvenance» que se sont permises les ennemis des Hébreux» en mépris de leur Divinité» si tout n'était pas raconté de la manière la plossérieuse, et mémeavec l'expression d'une véritable piété.

Si tout ce qui est dit dans ce passage est vrai, on ne conçoit pis comment il a pu se faire que par l'effet de ces miracles les Philistins» reconnaissant la puissance du Dieu d'Is^ raël sur Dagon» ne se soient pas de suite tous convertis au Mosaisme»

Les Israélites ayant été gouvernés pendant fort longtemps après leur sortie d'Egypte par des chefs plus ou moins despotiques, non héréditaires, étaient par là même en République. Moïses, qui les commanda le premier, donna à son pouvoir la puissance la plus absolue, en lui imprimant le ca* ractère de la ThéocraJtis , se disant le LieuteMM de DieUy qvi

oumn Hv.

{•uYtinHik hii-niéme son praptedt jnédiltetioii, «t dont litii Moïses, n'agissait qtie par son ordre, comme son interprète direct qui le remplace au besoin (Exode^ lY, 16).

Ce caractère théocratique «'affaiblit ensuite tellement entre les mains de lëoschoa» également institué par l'Étemel Ini-méme comme cbef absolu de la nation, qu'après avoir établi les Israélites dans le pays de Chanaan ^ ce successeur immédiat de Moïses eut si peu de confiance dans son propre pouvoir théocratique* qu'il mit aux vaix^ pour savoir si le peuple continuerait k observer les lois de TÉternel, ou s'il adopterait le culte des Idoles du pays qu'il occupait ; et si par une espèce de déférence pour l'opinion personnelle que ce chef avait émise, le peuple déclara qu'il resterait fidèle k la doctrine mosaïque « cette résolution saffaiblit si facilement , que bientôt après les Hébreux abandonnèrent, de fait, le culte de rÉternel, pour se livrer k celui des idoles de toute espèce, qu'on adorait dans les diverses contrées qu'ils occu»* paient.

Après léoschoa les Israélites^ toujours en République, fu-* rant longtemps gouvernés par des chefs plus ou moins abso* lus, qui reçurent le nom de Juges, dont la plupart arrivèrent k cette haute dignité par les services qu'ils rendirent par les annes k leur nation, ou bien en s'imposent en quelque 8<Hle, dans des moments de calamités, comme Prophètes de l'Étemel, qui , disaient-ils , les envoyait pour affranchir Israël de l'oppression de ses ennemis. L'un de ces Juges était même une femme Prophétesse nommée DÉioaà (Jngei, Vf).

Samuel, le dernier Juge d'Israël, qui vécut près dé 600 ans après Moises, et qui fut, ainsi qu'il a déjk été dit, dès sa naissance, consacré par sa mère k TÉtemel dont il devint le Prophète^ par lequel Dieu parlait au peuple d'Israël, prit par Ik sur l'esprit de ce dernier on ascendant presque égal k celui de Moïses. Ayant affranchi pour quelque temps sa nation de la domination des Philistins, sous laquelle elle vi« vnit opprimée^ il la gouverna d'une manière k peu près des»

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polique, jusque vers là fin de ses jours, où il se démit, du moins pour la forme, du pouvoir suprême.

Commeoçaot k devenir vieux , il confia ses fondions de Juge k ses fils, qui en abusèrent tellement que les ândras d'Israël s*en plaignant au père , lui demandèrent de leur donner k l'instar des autres nations, un Roi qui les gouvernât. Le Prophète ayant consulté l'Ëternel k ce sujet, il lui fut répondu , dit-il , de céder au vœu du peuple , mais de l'avertir aussi des dangers qui en résulteront pour la nation, qui se trouvera par Ik non-seulement assujettie au despotisme d'un seul homme, mais encore k tous les malheurs que peuvent causer le favoritisme et l'oppression des gens de cour devenus puissants. Or le tableau que Samuel fit, k cette occasion , au peuple de la condition dans laquelle il demandait k être placé est d'autant plus remarquable que c'est l'esquisse exacte de ce qui existe encore aujourd'hui chez toutes les nations soumises k des Rois ; ce qui nous prouve que déjk dans ces temps si reculés de l'histoire de Tunivers, comme de nos jours , les malheurs attachés k la royauté ont toujours, et partout, été les mêmes depuis plus de trois mille ans que Samuel en a fait le tableau (I , Sam.VIU).

L'Éternel ayant ainsi cédé k regret, suivant le texte, au vœu irréfléchi du peuple d'Israël , ordonna k Samuel , son prophète , de présenter k ce dernier Saul comme son premier Roi; ainsi réellement nommé (suivant le texte) par la grâce de Dieu , ou plutôt pour punir Israël de sa versatilité. Or le Prophète, tout en le sacrant au nom de la Divinité, n'en conserva pas moins la suprématie, en commandant k ce roi lui-même, au nom de l'Éternel, dont il était reconnu l'interprète, tout ce qu'il voulait qui fût fait.

Quoiqu'il y eût près de six cents ans que les Israélites fussent sortis d'Egypte, Samuel n*avait pas encore pardonné aux Hamalékites d'avoir alors battu l'armée de Moïses, qui voulait envahir leur pays , et ordonna k Saûl , au nom de l'Éternel , ainsi que les Prophètes le firent toujours

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pour se faire mieux obéir, de punir les Hamalëkites de son temps du mal que leurs ancêtres avaient fait aui Israélites du temps de Moïses , lui disant (I . Sam. , XV, 2), au nom de la Divinité^ de détruire tout ce peuple à la façon de l'interdit^ en faisant tout massacrer, sans épargner personne^ pas même les femmes et les enfants, et jusqu'à la dernière pièce de bétail; ordre horrible qui fut rigoureusement exécuté relativement aux personnes; mais le peuple, avide de butin, crut pouvoir se permettre d*emmener vivant ce qu'il y avait de meilleur parmi les troupeaux, et contrevint ainsi aux ordres de SamuëL Mais ce grand et saint Pontife dit, k ce sujet, k Saûl (Chap. XV , 23-35) , q^ie vu sa désobéissance envers Dieu , r Éternel s' étant repenti de C avoir nommé rot, le rejetait de nouveau , pour donner la royauté à un autre. Or Saûl eut beau s'excuser en disant que le peuple avait emmené le bétail malgré lui, et cela dans Tintention de l'offrir en holocauste a rÉternel ; que lui-même se reconnaissait d'ailleurs coupable et offrait de faire amende honorable devant l'Éter-" nel ; tout fut inutile. Le grand Prêtre d'alors, de même que les Pontifes du moyen âge, qui tous se disaient les lieutenants de Dieu sur la terre et commandaient aux rois , tint ferme dans sa malédiction. Enfin , le malheureux Saûl crut fléchir la rigueur du Prophète en lui annonçant qu'il amenait prisonnier le roi des Hamalékites ; mais encore cette nouvelle et grande satisfaction ne lui suflSt pas , et se faisant amener cet auguste prisonnier , il le fit mettre en pièces devant l'Éternel; et, retournant chez lui , il ne voulut plus jamais revoir Saûl (Verset 33).

Or ce sont encore d'aussi horribles massacres , exécutés après six cents ans, en vengeance d'une légitime défense, qu'un homme, qu'on appelle encore de nos jours un Prophète du Très-Haut, commande d'exécuter, par ordre d'un Dieu de bonté et de miséricorde ; massacres consignés dans des Livres qu'on ose appeler révélés et dictés par l'Éternel lui-même !

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ie rappellerai toutefois en Tbonneur de la mémoire de Samuel ce que j'ai déjà dit plus haut , que ses Livres, ou du luoins ce chapitre » paraissent , comme ceux de Moïses , avoir été écrits après sa mort , vu qu'au Verset 4 il est dit que Saùl ayant fait le dénombrement des hommes de guerre de ses États , il s'était trouvé deux cent mille hommes de ined et dix mille hommes dlehouda. Or cette distinction à'Iehouda comme nation à part, ne fut faite qu'après; d'où il ressort que l'historien a commis par inadvertance un anachronisme qui prouve que les Livres de Samuel ont été écrits après que le royaume d'Iebouda fut fondé. Et en effet, la mort de Samuel est annoncée auCuÀP. XXVIII du Livre I, alors que David était en fuite devant Saùl , par conséquent avant la séparation du royaume dlebouda du reste d'Israël ; aussi la seconde moitié du premier Livre et tout le second traitent d'événements arrivés après la mort de Samuel.

Quoique Samuel eût annoncé à Saûl que l'Eternel l'avait révoqué comme Roi , il ne le remplaça toutefois pas de suite; mais Dieu se borna à désigner son successeur au Prophète dans la personne de David (Chap. XVI), trèsjeune homme de Bethlihem , que Samuel oignit , et TiSternel nyant envoyé , dit le texte, un mauvais esprit à Saul pour le tourmenter (Chap. XVI, 14), celui-ci ainsi troublé demanda qu'on trouvât quelqu'un qui pût le soulager en le distrayant par la mi|siqu^, et on lui amena k cet effet le jeune David , fort habile bl^rpiste , qui tous les JQurs lui joua de son instrument ; d'où devait nécessairement résulter que le roi le connaissait parfaitement. Or il arriva que la guerre ayant été déclarée entre les Israélites et le^ Philistins , les deux armées se trouvant en présence , un de ces derniers, d'une taille de géant, nommé Gouath, s'avança seul en provoquant les Israélites à un combat singulier (Chap.XVII); mais aucun n'osa se niesurer avec lui. Enfin après avoir été ainsi défiés pendant quarante jours, David, plus intrépide qu'aucun autre de sa nation, s'offrit pour combattre seul le

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redoutable ennemi ; et Saûl admirant le courage du jeune homme , le revêtit , à cet effet , de sa propre armure que David trouva trop pesante pour la porter, quoiqu'il eût déjà avant, assommé dans un même combat, un Lion et un Ours qu'il avait saisis par les mâchoires; et jugeant avec raison que l'adresse pouvait suppléer à la force , il résolut de n'attaquer son adversaire que simplement muni d'une fronde et d'un bâton. C'est avec ces faibles moyens de combat qu'il s'avança hardiment vers le gigantesque Goliath, et lui lança avec sa fronde une pierre si bien dirigée que, l'atteignant an front, il tua du premier coup ce fier Philistin, auquel il coupa la tête avec son propre cimeterre pour la porter comme trophée au roi d'Israël , qui ne le connaissant pas , lui de* manda le nom de son père (I. Sam., XYII, 58), quoique David jouât tous les jours de la harpe devant Saûl. On ne comprend vraiment pas que inalgré cette habitude de voir si souvent ce jeune homme le Roi ne l'ait pas reconnu , et cela est d'autant plus difiScile à concevoir, qu'un instant avant il l'avait lui-même armé. De semblables contradictions ne peuvent guère s'expliquer dans un ouvrage révélé.

Saûl ayant plus tard encore voulu faire la guerre aux Philistins, consulta k ce sujet l'Éternel, et n'en recevant pas de réponse, il s'adressa pour le même sujet à une pythonisse, qui refusa d'abord également de lui répondre , regardant sa démarche auprès d'elle oomine yn piège qu'il lui tendait, sachant qu'il avait fait périr , pour plaire à Dieu , tous ceux qui prédisaient l'avenir par l'esprit de Python. Mais le roi ayant assuré à cette femme qu'elle n'avait rien à craindre, elle se rendit à ses désirs, et Saûl lui demanda de faire revenir Samuel des morts pour le consulter (Cuap. XXVIII, 11). C'est la première fois qu'il est simplement fait allusion dans l'Ancien Testament à (existence de l'Esprit des hommes après la mort; encore est-ce à l'occasion d'une évocation faite par une devineresse païenne, qui crut, ainsi que Saûl,

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k la possibilité de faire apparaître les morts. Mais cela ne prouve pas que les autres Israélites y croyaient.

Saûl eut, dit le texte, ainsi une conversation directe avec Samuel, qui lui reprocha d'avoir troublé son repos, et ajouta que rÉternel s'était retiré de lui et avait donné Tempire k David , pour n avoir pas exécuté l'arrêt de t ardeur de la colère de l'Éternel contre les Hamalékites (Verset 18), c'est-àdire de n'avoir point entièrement exterminé ce peuple avec tout son bétail. Étrange motif de disgrâce que Samuel prête k la Divinité.

Ce passage de TAncien Testament renferme en outre la remarquable contradiction échappée à l'auteur , qui dit tacitement que cette femme avait, par le pouvoir de Python , la faculté d'évoquer les morts ; ce qui tend k prouver, ainsi que je Tai déjk fait observer ailleurs, que les Dieux du paganisme avaient un pouvoir égal k celui du vrai Dieu, et n'étaient, en conséquence, point de simples idoles matérielles, comme le prétendaient les Hébreux.

Saul ayant, malgré les avertissements des mânes de Samuel, osé attaquer les Philistins, fut non-seulement battu, mais périt lui-même avec tous ses fils, k l'exception d'un seul , en laissant tout le pays k l'occident du Jourdain au pouvoir de ses ennemis (I Sam., XXXI, 7); nation cependant bien faible en comparaison de celle des Israélites, ralliée de l'Éternel.

Ce n'est qu'au second Livre , faussement attribué k Samuel, Chap. II, qu'il est dit qu'après la mort de Saûl, David fut élevé k la dignité de Roi , d'abord sur la tribu d'Iehouda^ qui forma alors, pendant sept ans seulement (Verset 11), le Royaume de ce nom; tandis que le reste du pays, occupé par les Israélites, conserva le nom de Royame d'Israël, et eut pour Roi Isch-Bosceth, fils de Saûl {Verset 9).

Les deux peuples ayant ensuite marché l'un contre Tautre, se livrèrent bataille près de Gabaon , où l'armée d'Israël , quoique beaucoup plus forte que celle d'iehouda , fut battue

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