‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 121 sur 136 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

par cette dernière , commandée par David , et perdit trois cent soixante hommes , tandis que celle d*Iehouda n'en a perdu que dix-neuf; bien entendu au dire du deuxième Livre de Samuel (Chap. II, 30).

On voit par ce passage que déjà, dans ces anciens temps, les bulletins officiels des batailles avaient la plus grande analogie avec ceux qu'on publie de nos jours, où Tennemi perd vingt fois plus de monde que l'armée amie. Mais quoi qu'il en fût , l'armée d'Isch-Bosceth ayant été battue , et le roi bientôt après assassiné, son peuple entier se soumit k David, qui réunit ainsi de nouveau toute la nation israêlite, sur laquelle il commença à régner k l'âge de trente ans, et la gouverna pendant quarante (Chap. Y, 4). Il résida d'abord sept ans à Hébron et ensuite trente-trois ans k Jérusalem.

L'Arche d'alliance ayant été déposée d'abord k Scilo , ville de Chanaan , où léoschoa établit en premier le siège de son gouvernement, quand il fit la conquête de ce pays ; elle fut, ainsi qu'il a déjk été dit , transportée plus tard , k l'occasion d'une guerre contre les Philistins, comme bannière sacrée, dans le camp même des Israélites, k Êbenhézer , afin que le peuple combattit en présence de son Dieu (I. Sam. Y) . Mais l'Éternel permit qu'elle fût prise par ces infidèles et transportée comme trophée de guerre, successivement k Aschdo, dans le temple de Dagon , Tidole de ce peuple, puis k Gath, k Hékron , et enfin de nouveau au camp des Israélites , k Beth- Scémès^ où on la rendit très- respectueusement k ce peuple.

Revenu au camp des Hébreux, k Belh-Scémès, les habitants de cet endroit ayant simplement regardé dans TArche , furent, pour ce faible péché, également frappés d'une grande plaie, qui en fit mourir un grand nombre. Effrayés k leur tour des effets que cette Arche sacrée produisait , ils demandèrent k grands cris qu'on voulût bien l'éloigner d'eux . et on la transporta k Kiriath-Iéharim , où elle resta déposée pendant plus de vingt ans dans la maison d'ÀBiNA- DAB, sous la surveillance d'ÉLÉAZAR son fils (I. Samuel,

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Chap. yn , 1). Enfin , le roi David ayant fixe le siège de son gouvernement à Jërusalem, il fit conduire 1 Arche d* alliance^ avec le plus pompent cérémonial, dans cette ville. Il la plaça â*abord dans la maison de Hobed-Êdom , où elle resta trois mois, puis dans son propre palais (IL Samuel , YI, 10) » où elle demeura jusqu'à ce qu'elle fût enfin placée dans le sanctuaire du temple de Jérusalem , que Salomon , fils de David , fit bâtir pour la recevoir.

L'un des Bœufs attelés au char sur lequel était placée FArche d'alliance, étant venu à glisser sur le chemin de Kiriath-Iéharim a Jérusalem , un homme du cortège la retint , dans la crainte qu'elle ne tombât ; mais cet acte de bonne intention fut considéré par l'Éternel comme une profanation de l'Arche; et il frappa, dans sa colère, ce malheureux, à l'instant même, de mort subite (Chap. YI, 7).

C'est ainsi que, suivant l'auteur des Livres de Samuel, Dieu récompensa les bonnes intentions de cet homme.

David soumit successivement les Philistins, le Roi de Tsoba , les Syriens de Damas , et même les Moabiies et les Idumèens jusqu'à la mer Rouge, en les rendant Esclaves et tributaires (Chap. YIII).

Aux Chap. XI et XII, sont rapportés divers faits si déshonorants pour David , pour ce roi soi-disant si saint « pour cet Oint de Dieu , si favorisé de la Divinité , qu'on ne comprend pas comment la main de l'auteur ait osé les écrire; et Ton conçoit encore moins, ainsi qu'à l'égard d'une foule d'autres passages dont il a déjà été parlé , comment on a pu considérer ces Livres comme ayant été inspirés par la Divinité. II suffira de les indiquer ici pour en faire apprécier toute l'iniquité, sans qu'il soit besoin d'y ajouter la moindre observation.

Quoique l'Éternel ait formellement défendu aux Israélites de soumettre les /fammom7es (Deu^éronome, Chap. Il, 19), cela n'a point empêché le aaint roi de s'emparer de leur pays, et de les faire non-seulement passer au fil de Tépëe,

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mais encore de les faire scier, de les déchirer sous des herses de fer^ sous les haches , et de les fhire passer à travers un four à briques (II. Samuel, XII, 9) (I).

Pendant cette même guerre , ce roi , représenté comme le modile des hommes vertueuâc , et des plus agréables à la Divinité , fit enlever k Jérusalem la femme d'un de ses offleiers , pendant que celui-ci était k l'armée ; et l'ayant déshonorée, il ne trouva rien de mieux pour empêcher que le mari fût instruit de son malheur, que d'ordonner k son général en chef de placer cet officier aux postes les plus dangereux pen dant la bataiUe^ afin de lé faire tuer; ordre qui fut si bien exécuté que le malheureut périt au premier combat ; et le vertueux David prit sa femme pour lui (Chap. XI). Or le texte ajoute que l'Éternel , pour le punir de ce double cnme , lui fit simplement annoncer par Nathan, son Prophète, Chap. XII, H :<.... /« vais faire sortir contre toi un mal de ta propre maison^ et f enlèverai tes femmes devant tes yeux , et je les donnerai à vn de tes proches , et il dormira avec tes femmes à la vue de ce soleil; »

12, « Car tu Tas fait en secret i mais pour moi, je le ferai aux yeux de tout Israël et à la vue du soleil. »

13. n Alors David dit à Nathan : fai péché contre C Éternel; et Nathan dit à David : L* Éternel aussi a fait passer ton péché, lu ne mourras poitit; )) mais il lui annonça que le fils né de cet adultère mourra.

Les reproches que Nathan fit k David amenèrent celui-ci à reconnaître la réalité de son péché, d'où il composa, k ce sujet , le Psaume LI , où il en demande le pardon k rÉtertiel ; ayant toutefois soin d'ajouter que Dietl devait le purifier

(1] IjC traducteur de ce révoltant passage de l'AncieD Testament, répéta dans la V* Chronique , XX , le trouvant sans doute trop horrible , y ajoute une Note, où U cherche à en atténuer ce qu'U a d'odieux ; disant que d'après une autre traduction (qu'il a soin de ne pai nonuner ) David aurait employé les habitants de ce pays aux travail des scies , des herses de fer et des haehes ; mais malheureusement le texte est ici formel.

complètement de tout ce péché , afin qu*il mh( plus blanc que la neige (Verset 9} ; promettant, de son côté, qu*k cette condition il chanterait ses toaanges (Versets 15-17); mais qu*il ait été exaucé ou non dans sa prière , cela n'a pas empêché l'orgueilleux hypocrite de garder, au mépris des menaces de punition de Dieu , la femme d*Urie , qui bientôt après lui donna Salomon pour second fils , que < t Éternel aima > ( Verset 24).

L'Éternel pardonne ainsi en partie le, crime de David , en faisant périr à sa place l'innocent enfant , fruit de ce lâche adultère; et ce roi, après quelques simulacres de repentir et quelques prières pour tâcher d'obtenir que cet enfant fût sauvé, cessa de suite ses prières quand il apprit qu'il était faiort.

Quant k la punition dont l'Éternel avait menacé David même , elle ne fut exécutée que plus de quarante ans après , quand son fils Abschalom , se révoltant contre lui , le déshonora ainsi par ordre formel de Dieu, en violant publiquement les concubines de son père (II. Samuel y Chap. XYI, 22) restées k Jérusalem , pendant que David fuyait devant lui. Telle fut l'ignoble punition que la Bible dit que Dieu imposa ii ce roi ; punition descendue jusqu'au plus honteux degré d'immoralité , dont on chercherait en vain quelque chose de semblable dans un ouvrage dit profane : mais tel Père tel Fils.

Au Chap. XIII se trouve un autre fait historique, qui peut seul faire pendant k celui dont il vient d'être parlé, et plus immoral encore s'il est possible , raconté jusque dans ses plus ignobles détails , dont je crois devoir m'abstenir par égard pour le lecteur ; une simple analyse suffisant pour en faire comprendre toute Tindignité.

Amnon, l'un des fils de David, s'étant épris d'un violent amour pour sa propre sœur Tamar, la viola lâchement, et la fit ensuite chasser de sa présence par ses valets ; et quand le Père apprit cette infâme action , il se borna k une simple

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