‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 124 sur 136 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

sur les sujets de loscha, revenus au culte du vrai Dieu, mais bien sur leurs descendants, ainsi que le dit la Bible (Chàp. XXIV). C'est ainsi que Iéhoagraz, fils dfe loscha, fut dépossédé déjà après trois mois de règne, par Négo, qui le fit transporter en Egypte , où il mourut , et nomma k sa place son frère Iéhoiakim , en lui imposant une forte contribution de guerre.

Après onze années de règne , ce dernier fut à son tour subjugué par Nébugadnetsar , roi à* Assyrie , qui le fit conduire prisonnier k Babylone, et son fils Iéhoiakin, enfant de huit ans , qui lui succéda , ne régna que trois mois , après lesquels il fut , comme son père , envoyé en captivité dans les États de Nébucadnetsar , qui lui donna pour successeur Sédégias, parent du jeune roi. Enfin, Sédécias s'étant révolté contre son suzerain, celui-ci le fit également transporter k Babylone , et , cette fois , avec la majeure partie du peuple juif, en incorporant le royaume dlehouda dans son vaste empire. Il enleva tous les objets précieux du temple de Jérusalem et incendia cet édifice ainsi que toute la ville.

Cette mémorable captivité des Israélites dura jusqu'à la conquête de Babylone par Cyrus , roi des Perses , qui permit non-seulement aux Juifs de retourner dans leur patrie , sous la conduite de Zorobabel, mais il dit lui-même (U. Chron., XXXVI, 23) : < LÊUmel, le Dieu des deux, m^a donné tous les royaumes de la terre , et lui-mime m* a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem^ qui est dans VIehouda. Qui est-ee S entre vous , ds tout son peuple , qui s* y veuille employer? Que V Étemel son Dieu soit avec lui , et qu*il monte. » Passage répété mot à mot dans le premier Livre d'Ezra, Chap. 1, 2.

Il a déjà été parlé plus haut (page458 ) des Livres du Sacrificateur EzRA , qui étant revenu de Babylone en Judée avec Zorobabel , continua avec Iérému, déjà revenu de la captivité, à écrire l'histoire du peuple dlsraél. Nous avons vu que le Pentateuque ayant été perdu lors de Fincendie du

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temple de Jérusalem, Ezra le rétablit dit-on, de mémoire , et que c*est en conséquence cette reproduction qui constitue aujourd'hui l'ouvrage connu sous ce nom. J'ai fait remarquer aussi que, dans plusieurs éditions de l'Ancien Testament il n'existait qu'un seul Livre d* Ezra y tandis que dans d'autres il y en avait quatre , le Livre de Néhémia é/ant considéré comme le second et que les deux derniers étaient regardés comme apocryphes ; Or c'est dans le quatrième qu il est dit qu'Ezra a rétabli tout le Pentateuque.

Le Livre d'EsTER, femme d'AssuÉRus, roi de Babylone, n*est qu un épisode de l*histoire des Israélites pendant la captivité en Babylonie; où il est dit que ce peuple devant être exterminé d'après un ordre secret de ce roi, qu'obtint de lui son ministre Haman, la Reine, elle-même Israélite, sans que le roi le sût, lui fit connaître sa religion et sauva par Ih ses corelîgiopnaires en lui demandant de rapporter cet ordre.

Si donc les Chroniques et surtout les Livres d'Ezra étaient des livres révélés et par conséquent sans erreurs, Cyrus eût été roi de l'univers entier, ce que personne n'a jamais osé soutenir, et en outre il n'eût point été idolâtre , vu qu'il appelle YÊiernel le roi des deux; ajoutant même qu'il lui avait directement ordonné de rebâtir le temple de Jérusalem. Or ce qui prouve en outre combien sa foi en le vrai Dieu était grande, est qu'il commanda non-seulement qu'on reconstruisit cet édifice, mais il rendit encore aux Juifs tous les objets enlevés par Mébucadnetsar dans le temple de Salomon.

Il en est de même de Darius et d'ARTAXERXEs qui nommèrent l'Éternel le Dieu des deux (Ezra, I*' Livre, Chapitre VI, 9, 10; et Chap. VII, 12).

§ XI. Livre d'Iob.

Le Livre d'Iob , qui fait suite à celui d'Ester, est un Poème de morale religieuse , très-beau dans sa traduction et k ce qu'çn dit, d'un style sublime en hébreu > langue dans laquelle

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il a été composé par un auteur resté inconnu. C'est Tbistoire de Finfortune d'IoB qui, d'abord beureux par sa fortune, sa haute position sociale et sa famille, et agréable k Dieu par sa piété, est cependant livré par la Divinité à Satan pour le tenter par totis les tourments qu*il jv^gera à propos^ sauf à ne pas le faire mourir (Chap. I, 7), dan* le but de s'assurer du degré de fermeté de sa foi jusqu'alors inébranlable. On trouve ainsi encore ici, comme d'ailleurs dans tout TAncien Testament et jusque dans les Évangiles, sous les formes les plus diverses, cette déplorable pensée, que TÉtre Suprême est la cause volontaire du malheur des hommes, persécutant ici sans pitié l'infortuné lob qui , privé de tout moyen de trouver justice ou grâce, est obligé de supporter ses tourments sans qu'il lui soit seulement permis de s'en plaindre, et cela, soidisant, dans le but de Véprouver; ce qui suppose que Dieu, au défaut de l'omniscience qu'on prétend cependant admettre chez lui, emploie à plaisir les plus affreuses persécutions tant au moral qu'au physique, pour connaître les vrais sentiments de cet homme qui paraissait en avoir de bons.

Le poëme commence ainsi. Verset i : c II y avait un homme au pays de Bats^ dont le nom était lob ; et cet homme était intégre et droit; il craignait Dieu^ et se détournait du mal. »

Accablé tout k coup des plus affreux malheurs, tels que la perte de sa fortune, la destruction de sa famille, ensevelie sous les décombres de la maison où elle était réunie ; lob supporta avec courage cette double calamité, s'en rapportant sans murmurer à la volonté de l'Éternel, devant lequel il se prosterna en lui rendant hommage.

Mais atteint enfin dans sa propre personne, dont tout le corps se couvrit d'ulcères, et se voyant abandonné de tout le monde, sa fortune ne lui permettant plus de récompenser ceux qui devaient le soulager dans ses horribles souffrances, il finit, sans se permettre toutefois le moindre murmure contre l'Être Suprême, par maudire le jour do sa naissance. €'e$t dans cette affreuse position que quatre de ses

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amis, Philosophes el Moralistos, vinrent le visiter, et avec lesquels il eut une longue discussion sur k droit qn^Hls lui âèniérmt d*a»oir à se pUxmdre de $€$ souffrances; discussion où lob leur décrit non-seulement les douleurs atroces qu'il éprouve , sans qu'il puisse se rappeler en quai il a pu mériter un tel ckàtimeint^ mais encore il s'élève contre les hommes qui Tabandonnent dans cette affreuse situation; pensées que ses visiteurs réproux>ent dans d'interminables sophismes , où sortant k tout instant de la question , ils tachept de lui prouver que ses plaintes ne Sùnt que V expression de' son orgueil ^ qui veut prescrire k la Divinité ce qu'elle a à faire , tandis que son devoir est de se soumettre sans murmurer aux décrets de la Providence.

L'un des visiteurs qui parle le dernier désapprouve k la fois les raisonnements dlob et ceux de ses censeurs qu'il trouve également erronés , mais il arrive au fond de même , par de longues divagations , k conclure qu*Iob , malgré ses intolérables souffrances , doit se soumettre, avec résignatioa et confiance, k la volonté du Très-Haut, dont il ne lui appar* tient pas de vouloir pénétrer les mystères.

Enfin Tauteur termine son poème en faisant même intervenir TËternel en personne, qui parle longuement de sa toute-puissance , en décrivant entre autres deux animaux gigantesques, mais très-fabuleux, qu'il a créés, le Bèhimoth et le Léviaihan^ deux animaux colossaux imaginaires, l'uo terrestre et l'autre aquatique, qui n'ont jamais existé.

A la fin. Dieu revenant k sa miséricorde, délivre lob de tous ses maux, le rend plus riche qu'il n'a jamais été, et lui donne sept fils et trois filles, k la place de ceux que Satan a fait périr.

Or dans cette longue discussion, où Dieu même parle k lob , jamais un mot de la vie future ; et si Job parle de r.4m6, c'est simplement comme d'un être intellectuel vivifiant du corps (Ghap. XII, 10), mais non pas comme devant persister après la destruction de ce dernier, dis<int(CHAP.X, 21), en parlant de son trépas : « Àvanl quejailky pourn'en

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