‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 126 sur 136 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Bien que plusieurs théologiens aient cru reconnaître dans plusieurs de ces Psaumes des prophéties de la venue de Jésus-Christ çtde son Église, il m*a été au contraire impossible d'y remarquer la plus légère trace d'une simple allusion.

Quant au Psaume LXXXYII , où sont exprimées des lamentations des Juifs captifs k Babylone , et qu'on a également voulu considérer comme une prédiction de ce qui est arrivé plusieurs siècles après, sous le règne du vingtième roi , successeur de David , il serait possible qu'il eût trait k des prisonniers du temps de ce dernier ; mais il est plus probable encore que ce Psaume est purement interpolé , et composé après la célèbre captivité sous Nébucadnetsar , vu que , d'une part , ce Psaume n'est pas , comme la plupart des autres^ formellement indiqué comme étant deceroi-poëte; et, d'autre part, il est rédigé de manière à être une véritable absurdité, chantée par des gens qui ont vécu quatre cents ans avant l'événement.

§ XIII. Proverbes de Salomon, VEeclésiaste et le Cantique

des Cantiques.

Les Proverbes de Salomon^ placés k la suite des Psaumes de David, forment un recueil de sentences morales, adressëes par un père k son fils, dans lesquelles il y a de nombreuses redites , où le sens est souvent fort difficile k comprendre , et dans beaucoup de cas il n'y en a même pas du tout ; et ici comme ailleurs , pas un seul mot qui fasse la moindre allusion k l'immortalité de l'Esprit, quoique l'occasion d'en parler se soit fort souvent présentée.

Dans le Livre suivant, où Salomon prend le nom d'EctLÉsiASTE , il fait lui-même largement l'éloge de sa propre sagesse ; énumère toutes les jouissances qu'il s'est données, et conclut que tout cela n'est que vanité, vu qu'en mourant on est obligé de tout abandonner k d'autres; ajoutant (Ghap. m, 12) : « C*est pourquoi fai connu qu'il n*est rien de

meilleur entre Us hommes ^ que de se réjouir et de bien faire pendant sa vie. »

13. « Et même , que chacun mange et boive , et qu'il jouisu du bien de tout son travail ; c'est un don de Dieu. »

Il trouve qu'en toute chose il n'y a point de difierence entre l'homme et la bête. Verset 10. c Telle qu'est la mort de Tun, telle est la mort de Vautre, et ils ont tous tin même souffle , et Vhomme n'a point d'avantage sur la bête ; car toui est vanité. »

SO. a .... Tout a été fait de la poudre^ et tout retourne dans la poudre. »

21 . < ^t est'Ce qui connaît si V esprit des hommes monte en haut^ et si V esprit de la béie descend en bas dans la torre?*

22. (( Tai donc connu qu'il n'y a rien de meilleur à l'homme que de se réjouir en ce (pt il fait; parce que c'est là sa porHon; car qui est-ce qui le nm^era pour voir ce qui sera après lui? »

Conclusions répétées, après un plus ample examen, au Chap. XIII, 15; IX. 7^10.

On voit que le sage Salomon était passablement sensualiste , qu*il doutait très-fort que l'Esprit allât après la mort quelque pari que ce soit, et quç par ses hautes études phUosophiques il est arrivé au résultat que le mieu^ était de bi^n jouir de la vie.

Au dernier chapitre toutefois » Verset 9 , il parle de !*£<prit qui retourne après la mort à Dieu qui l'a donnée em ajoutant au Verset 16 : 'a Car Dieu fera venir en jugement tout ce qu'on aura fait, avec tout ce qui est caché , soit bien , soit maL » Or cela ne prouve en rien que Salomon crut k ce qu'on nomme la vie future, mais simplement que TEsprit ne périssait point, et très-probablement, qu'il était em* ployé à vivifier un aulre Être, ainsi que le croyait aussi PiTUAGORiiS. Quant k la dernière phrase citée , elle exprime uniquement la pensée, déjà souvent émise ailleurs, que Dieu récompense ou punit les hommes dans cette vie du

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