‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 127 sur 136 · CHAPITRE XIV. 65i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 65i

bien ou du mal quMls ont fait ; car s'il avait cru à la Béati* tude après la mort, il n'eût pas si bien recommandé le sensualisme; et il valait bien la peine qu'il en dit un mot.

Mais ce qui est le plus fort de tout c'est le Cantique de$ Caniiqueê de Sahmon , chanson erotique d'une composition fort peu* élégante, un peu de mauvais genre et telle qu'on n'oserait guère en faire aujourd'hui ; le tout en forme d'une espèce de dialogue entre deux amants ; chanson qu'on n'a cependant pas craint de comprendre au nombre des Livres sacrés révéUs , et dans laquelle des théologiens à imagina* tion un peu trop complaisante ont même trouvé, du moins dans certains passages , l'expression prophétique de l'amour réciproque de Jéstts*Christ et de son Église ; je dis dans quelques passages, car pour le coup tout ne se prêterait d'aucune façon k une semblable interprétation, où d'ailleurs pas un mot ne saurait être considéré comme faisant la moindre allusion à la doctrine chétienne.

§ XIV. Livres des Prophètes léschdia , lérimia , Ezéchiel , Iktmel^ loêly Amos^ Abdias^ lonas. Mischa^ Nahum, Habaeuc , SopAama, Haggai^ Zacharia et JUélakia.

Dans le Prophète léschaïa (Essue), qui vécut sous les règnes de Hozias , de lotham , d' Achaz et d'Ézéchias , du dixième au quatorzième Roi d'Iehouda , successeur de Salomon et qui se disait inspiré de Dieu , on commence à trouver quelques principes d'une philosophie un peu plus relevée. Dès son premier chapitre il fait parler rÉtemel tout autrement que ne l'ont fait parler Moïses et ses successeurs; disant, au Verset 11 , « Qu'air je à faire ^ dit V Étemel^ de la multitude de vos sacrifices ? Je suis rassasié d^ holocaustes de moutons , et àe graisse de bêtes grasses; je ne prends point de plaisir ms sang des taureaux , ni des agneaux , ni des boucs, »

\% « Lorsque vous entrez pour vous prèsenUr devant ma

Boâ THÉOLOGIE DB LA NATURE.

face . qui a requis cela de vous , que vous fouliez de vas pîetb mes parois? y*

13. uNe continuez plus de nC apporter des obligations de néant; le parfum m'est en abomination; et pour ce qui est des nouvelles lunes et les sabbats , et de la publication de vos eon^ vocations , je n'en puis plus porter l* ennui , ni de vos assem" blées solennelles; 1^ etc., etc. Mais il t&che de faire comprendre aux Israélites que c'est le repentir de leurs péchés et une conduite louable que Dieu leur demande, ajoutant : Verset 46. € Lavez-vous ^ nettoyez^-vous , ôtez devant mes yeux la malice de vos actiom^ cessez de mal faire; » etc. Voilà ce que le prophète leur présente comme agréable à rËtre Suprême ; mais lui , comme tous ceux qui l'ont précédé ainsi que la plupart de ceux qui Pont suivi jt^quà nos jours , continuèrent à représenter partout TËtre Suprême comme un homme violent dont on doit craindre la colère , et qui , bien qu'il soit tout-puissant par son pouvoir physique illimité , est très-faible de caractère , se laissant facilement fléchir par de simples simagrées de dévotion ; quoique léschaïa commence par faire dire à TÉternel qu'il est ennuyé^ rassasié d'holocaustes. Tout le premier chapitre est même fort curieux par les ridicules remarques qu'il fait faire k Dieu sur les péchés de son soi-disant peuple de prédilection.

Le Chap. IY est une prophétie qu'on ne comprend pas, vu qu'elle n'a aucun sens en elle-même , et ne fait surtout en rien allusion k ce qui est arrivé depuis, quoique les théologues aient cru y voir la prédiction d'un libérateur, ainsi qu'on a voulu le faire croire.

Au Chap. Y léschaïa menace le peuple de calamités et parle de captivité; mais on ne saurait en conclure qu'il entendait par la celle arrivée longtemps après sous Sédécias , oJi les Juifs furent conduits k Babylone , ne parlant de captivité que simplement comme d'un malheur k ajouter k toutes ces autres calamités qu'il énumère.

léschaïa raconte , au Chap. YI, une vision et probable-

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