‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 131 sur 136 · II · texte numérisé non relu

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disent rien? et, t>artant , ndtis atods été cotiditit à Ifi méËie oaneliision pour toutes les parties de l'Ancien Testament.

Les chapitres snivants de léschaia ne sont guère que des remontrances adressées aux Juifs k Tégard de leurs péchés et de leur manque de foi en rÉternel.

Ce n'est guère que le Chap. LUI qui semble faire allusion à Jésus-Ghrist, qui n'y est toutefois désigné que fort indirectement par le pronom /I, ainsi que par ses souffrances et sa mort, et présenté comme un personnage qui s*est sacrifié pour le rachat des pécheurs : indication où Ton pourrait en effet reconnaître le Messie. Mais le Prophète en parle comme d'un homme qui a déjà existé de son temps et non pas comme devant venir après lui : ce qui prouve qu'il n'est point question de Jésus-Christ ou bien que ce chapitre a été écrit après lui et interpolé. Aux Chap. LIV, LX, LXI et LXII» il est parlé de Jérusalem et d'autres villes, et non de l'Église» ainsi que plusieurs théologiens l'ont pensé : cela est formellement dit au Verset là de ce dernier.

Quoique Iérémia soit considéré par les théologiens comme l'un des principaux Prophètes en Israël, il n'y a guère de bien à dire de ses écrits où abondent les plus ridicules exhortations de l'Éternel au peuple juif de revenir à lui , les contradictions les plus manifestes, la trahison de Iérémia lui-même, qui exhortait le peuple à se soumettre k Nébucadnetsai*, et , qui plus est, le blasphème envers la Divinité.

Iérémia commença à prêcher déjà sotis le règne de loschia (lÉRÉM. I, i), et fut transporté sous Sédécias, dernier roi d'Iehouda , en captivité à Babylone, par Nébucadnetsar. Événement qu'il prédit (Chap. XXI) et dont il fixe même la dorée à soixante-dix ans (Chap. XXY, il), si toutefois cette prédie* tion n'a pas été faite après, à la manière de celle de léschaïa, et cela d autant plus facilement que Iérémia fut lui-même un des transportés.

1.08 Assyriens ou Chaldéens, ayant une dernière fois assiégé Jérusalem du temps éé Sédécias , celui-ci envoya au**

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près do Prophète pour le prier de consulter rÉternel sur les événements futurs de la guerre ; il répondit (Chàp. XXI) que 9 loin de vouloir protéger les Juifs, Dieu disait qu'il détournera les armes qui sont en leurs mains » qu'il livrera la ville à ses ennemis qui la détruiront et que le roi sera conduit prisonnier k Babylone, ainsi qu'une grande partie des habitants de Jérusalem et de toute la Judée , et que le peuple» pour avoir la vie sauve^ n'avait qu'à se livrer volontairement à discrétion à Mébucadnetsar , roi des Chaldéens , que Dieu mmme son serviteur (Chap. XXV, 9 ; XXVII, 6; XLIII, 10), en menaçant de destruction toutes les nations qui oseraient résister à ce puissant conquérant (Chap. XXVII, 8 et suiv.), promettant k tous ceux qui se soumettraient sans résistance, de les laisser vivre tranquillement dans leur patrie. lérémia ajoute ensuite que plus tard, après que le pays aura été dévasté par ordre de Dieu à la façon de l'interdit , et que le peuple aura été pendant soixante-dix ans en captivité k Babylone, il punira l'impiété de ce roi des Assyriens^ en réduisant toiUe la Chaldée à la désolation éternelle (Chap. XXV, 11,12). Révoltantes paroles placées dans la bouche de l'Être Suprême, qui promet de punir une nation entière pour lui avoir obéi dans ses actes de vengeance. Dans ce même chapitre, lérémia, faisant toujours parler l'Éternel, lui prête en outre» dans le même but, les expressions de la plus indigne malédiction , disant , Verset 37 , < quil rugira d'une façon épouvantable contre son habitation; » et, Verset 30, que c les cabanes paisibles seront renversées , à cause de tar-deur de la colère de l'ÊtertUl. »

38. € lia eAandonné son tabernacle comme un lion : leur pays est mis en désolation^ à cat^e de la fureur du destruoteurj à cause da V ardeur de sa colère. » Chap. XIX, 9. < Et je leur ferai manger la chair de leurs fUs^ et la chair de leurs filles t et chacun mangera la chair de son voisin pendant le sOgCy etc. , etc. >

A en juger par les louanges données k Nébucadnetsar par

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rhorrible tableaa que lérémia fait partout des calamités qui viendront sur le peuple, ainsi que par l'insistance et les menaces avec lesquelles lérémia engage, dans tout son Livre, les habitants de Jérusalem k se livrer k discrétion k Nébucadnetsar , et cela toujours en leur parlant an nom de l'Être Suprême, afin de mieux les persuader; il devient de la plus complète évidence que ce prétendu prophète, en opposition avec tous les autres qui se disaient également inspirés de Dieu, n'était que l'agent du roi deBabylone; opinion qui se trouve fortement appuyée par les grands égards tout k fait exceptionnels avec lesquels il fut traité par les ennemis après le sac de Jérusalem , où Nébucadnetsar ordonna (Chap. XXXIX, 12) non-seulement de ne lui faire aucun mal, mais de lui obéir même; et l'intendant de la maison de ce roi le laissa libre de l'accompagner k Babylone oa d'habiter telle partie que ce fût du vaste empire de ce souverain ; en l'engageant toutefois k se retirer auprès du nouveau gouverneur de la Judée que le roi d'Assyrie avait nommé (Chap. XL).

C'est ainsi que, suivant lérémia, Dieu appela non-seulement Nébucadnetsar son serviteur et menaça le peuple des plus grandes calamités s'il ne se soumettait pas sans résistance k ce conquérant idolâtre auquel il permet même de détruire sa ville sainte, et, qui plus est, son unique temple, avec l'Arche d'alliance , son symbole ; tandis qu'autrefois il frappa de mort subite un malheureux homme qui, dans la plus louable intention , avait simplement touché cette Arche sainte pour l'empêcher de tomber du char sur lequel on la transportait k Jérusalem. De semblables contradictions avoisinant l'absurde sont difficiles k concevoir.

Une partie des Israélites qui furent laissés dans leur pays, ayant formé le projet d'émigrer en Egypte pour fuir les horreurs de la guerre , prièrent lérémia de consulter l'Étemel k ce sujet ; mais il leur répondit que Dieu s'étant repenti du rml qu'U avait faii (Chap. XLII, 10), il les prendrait doré*

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navant de nouveau sous sa protection, s'ils restaient dans leur pays ; tandis que s'ils se rendaient en Egypte, iiles y ferait périr par Vépée , la famine et la mortaUté^ au poinl que pas v/n n'échappera (Verset 17); déclaration soi-disant de Dieu, fort en contradiction avec son prétendu repentir d'avoir fait tant de mal aux malheureux Israélites ; c'est-kdire que, dans son repentir du mal qu'il a fait, il en fera encore plus.

Or ce sont 1^ des paroles d'un Prophète rapportant ce que l'Être Suprême lui a dit; ou plutôt la réponse d'un homme dévoué au roi d'Assyrie, dans l'intérêt duquel il voulait conserver le peuple en Judée. Aussi le peuple n'acceptant pas pour vraie la réponse que lérémia lui fit au nom de Dieu, le taxa de trahison envers lui pour le livrer aux Assyriens (Chàp. XLIII, 3); il exécuta malgré lui son projet d'émigration, en l'emmenant lui-même avec lui.

Or des paroles aussi indignes que celles que je viens de citer se retrouvent non-seulement plusieurs fois dans le Livre de lérémia (Chap. XXYI, 3); mais il poussa le blasphème jusqu'au point de reprocher k la Divinité d'avoir trompé le peuple, disant : Chap. IV, 10. « Seigneur Éternel^ tu as véritablement abusé ce peuple-ci et Jérusalem, en disant : Vous aurez la paix; et Vépée est venue jusqu'à rame, »

Ce qui prouve que ce soi-disant prophète n'avait guère de rËtre Suprême cette haute idée de sublime perfection que son seul nom inspire à ceux qui ont réellement foi en lui. Cette inconvenante idée que lérémia s'est formée de Dieu ressort en outre de la vengeance divine qu'il appelle sur ses ennemis au Chap. XVIII, 21, dans des termes que Je m'abstiens de répéter ici.

Dans d'autres passages du Livre de lérémia, Dieu fait diverses promesses aux Juifs qui ne se sont jamais réalisées. C'est ainsi que, Chap. XXXI, 3-40, il dit que Jérusalem dévastée par les Assyriens sera rebâtie et qu'elle ne sera plus jamais détruite; tandis qu'elle le fut plus tard par les Romains;

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Chàp. XXXII, 37, qa^aprèfi avoir ramené les Jaifs dans leor patrie, il fera une nouvelle alliance avec eux, qu'il ne rompra point, ajoutant même, Chap. XXXIII, i7, que la race de David régnera toujours sur Israël ; promesses si souvent répétées par tous les prétendus prophètes ; et qu'est finalement devenue cette malheureuse nation , dont nous voyons les débris dispersés sur toute la terre? Mais ce qui est mieux que tout le reste , c'est la critique que lérémia fait lui-même de ceux qui prétendent prophétiser, disant d'eux : Chap. XXHI, 16. c Ainsi a dit V Éternel dei armées : N^écoutet point les paroUs des prophètes qui vous prophitiseni ; iU vous font devenir vains; ils prononcent la viêion de leur e€Burj laquelle ne prûcède point de la bouche de V Éternel. >

17. « Ils ne cessent de dire à ceux qui me méprisent : V Éternel a dit : Vous aurez la paix ; et ils disent à tous ceux qui marchent dans la dureté de leur comr : Il ne vous arrivera point de mal. >

18. < Car qui s'est trouvé au conseil secret Ae V Éternel ? Qui est-ce qui Va vu y et qui a entendu sa parole? Qui est^ee qui a été attentif à sa parole y et qui Va oute? lérén\ie aurait très-bien fait de s'appliquer ces paroles k lui-mépie.

Au Chap. XLIV, lérémia continue k menacer lés Juif!» réfugiés en Egypte de la vengeance de l'Éternel, en plaçant , comme toujours, dans la bouche de Dieu, non-seulement des termes absurdes, mais encore les ^pressions d'une haine odieuse.

C'est ainsi qu'aux Versets là, 13, 14 et 87, Dieu dit qu'il fera périr tous ceux qui se sont retirés en Egypte, dont pas tin ne retournera dans sa patrie, tandis que déjh au vers^ suivant il dit qu'un certain nombre y reviendrMt; et les Iaraëlites, fatigués des remontrances du prophète, finirent par lui faire remarquer (Versets 16, 19) qu'ils n'avaient jamais été plus heureux que quand ils sacrifiaient k la Reine des Cieux (Mii) , . Au CuAP. L, censé écrit avant la prise de Jârosaleoa, lé-

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réoiia prédit le retour de la captivité de Babylone» disant que eette ville serait prise et détruite par une puissante nation venant de V Aquilon^ terme dont il se sert même souvent pour exprimer le même événement ; tandis que c'est précisément par les Perses venant du Sud que le royaume d'Assyrie fut plus tard détruit, sans que ce peuple conquérant ait anéanti la ville de Babylone; et si lérémia a réellement écrit ce passage, c'est par Teffet d'une simple hypothèse qui lui a paru, probable , qu'il a annoncé la chute de cet empire; et, comme on voit, non pas parce qu'il connaissait révénement d'avance, disant. Verset 28, que ceux qui sont revenus k Sion (Jérusalem) se sont enfuis de ^abylone; tandis qu'ils sont revenus dans leur patrie, par l'effet de la haute protection de Ctrus, roi des Perses, qui leur |)ermit d'y retourner.

Toutes ces contradictions sont au moins singulières ; mais il parait que le prophète lérémia n'était pas très-scrupuleux k ce sujet. C'est ainsi qu'il dit au Chàp. LII, 31 , que IéholACHiM, roi d'Iehouda, conduit k Babylone, fut tiré de sa prison par le roi Evilwéhodac, qui le traita avec distinction jusqu'k sa mort ; tandis que , suivant le Chap . XXII ,19, l'Éternel dit qu'il aurait la $épuUure d'un Ane^ et qu'on le jetterait hors des portes de Jérusalem : Tune et l'autre de ces versions ne sauraient être vraies*

Suivant les théologiens , lérémia avait fait diverses prophéties relatives k la venue du Messie ^ comme aux Cbap< XXIII, XXXI, tandis qu'il n'y est pas mêmç fait I9 plus légère allusion.

Il ressort de ce qui est dit au premier chapitre du Livre d'Ézéchiel , que cet autre Prophète s'est trouvé eu captivité en Chaldée quand il commença k avoir des visions qui lui fi^ rent croire quil était inspiré de Dieu , et qu'il était un de ceux qui y furent transportés déjk lors de la chute du royaume d'Israël , vu que ^a première vision eut lieu h trentième année de sa captivité , et la cinquième de I9 qip-

tivilé du roi léhoiakim, roi de lehouda (Versets 1, 2). Ce passage est toutefois en contradiction avec ce qui est dit, an Chap. XXXin,2i et suivants, que Jérusalem fut pris la douzième année de la captivité d'Ézéchiel.

Ce que ce prophète appelle sa première vision où l'Éternel lui apparut, n*est évidemment qu'un songe fantastique d'un homme tourmenté par l'affliction de sa captivité , étant au fond de la plus complète absurdité, comme tout le monde peut en avoir. C'étaient quatre animaux lumineux ressemblant k des hommes , avec cette différence qu'ils avaient chacun des pieds de veau et quatre faces , une d'Homme , une de Zton, une de Bœuf et une A' Aigle, et quatre ailes ^ animaux qui traînaient un char également lumineux sur lequel était l'Être Suprême, etc. Or, au Chap. X , i4, 20, il décrit ces mêmes animaux dans une autre vision , en disant que la face BcBuf était celle d'un Chérubin : singulière description d'un Ange; et tout le reste des cinq premiers chapitres roule sur la description et les effets de ces apparitions extravagantes ainsi que sur plusieurs autres semblables.

De même que tous les prétendus Prophètes de ce temps-là, Ézéchiel ne manque pas de rapporter, dans son Livre, ce queTÉternel lui a dit, et de lui prêter les discours, nonseulement les plus ridicules , mais aussi les plus indignes qu'on puisse imaginer pour exprimer toute sa colère et sa vengeance contre les Juifs de la Judée.

Nous retrouvons encore ici cette idée que Y Ame n'est autre chose que le principe de la vie et qu'elle n'est nullement immortelle , Ézéchiel faisant dire à l'Éternel , Chap. XVIII , 20 : < L'Ame qui péchera sera celle qui mourra ; le fils ne portera point f iniquité du père , et le père ne portera point T iniquité du fils; la justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du mé^ chant sera sur lui. » Or la seconde partie de ce verset, tout juste que soit le principe qui s'y trouve exprimé , n'en est toutefois pas moins en contradiction manifeste avec le Décalogue.

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