‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 135 sur 136 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

possible de considérer ces ouvrages comme ayant été inspirés, ou en d'autres termes , dictés par la Divinité qui n'est qne vérité pure; impossibilité évidente qui ressort en outre, avec tout autant de clarté, des actes et des paroles révoltantes, et souvent horribles, que Moïses et les prophètes prêtent à l'Être Suprême ; expressions que la plus faible foi en la bonté, la justice et la miséricorde de TÉternel doit faire repousser avec indignation , comme d'affreux blasphèmes dont ces hommes n'ont sans doute pas compris toute la portée.

Ces faits étant contraires à toute Religion ayant pour base la croyance dans la perfection de Dieu , j'ai dft m'attacher, dans le cours de cet ouvrage, \k prouver par des démonstrations irréfragables que l'Ancien Testament n'offre en rien le caractère sacré qu'on veut lui donner , et qu'il n'est au fond qu'un ouvrage purement historique chargé de Mythes, et surtout de fausses prophéties dont pas une ne s'est accomplie ; mais avancées toutefois dans l'intention louable, sans doute, de maintenir le peuple dans ses devoirs envers le Créateur, source de tous biens.

Or le sentiment 4e la foi la plus absolue que j'ai acquise daas la sublime perfection de Dieu, ne me permet point d'admettre comme vrai le plus simple fait qui puisse, par la conséquence la pkn éloignée, être en contradiction, soit avec l'idée de Texislence im Créateur, soit avec ses attributs irréfragablement prouvés , sur lesquds seuls doit être fradée runicpie Religion digne de rallier Ions les hommes dans les mêmes sentiments d'aidmiration , de reconnaissance et d'amour pour teur Créateur, en lui offrant du fond de leur cœur le ^rai culte qui puisse lui plaire, celui de l'expression du plus respectueux dévouement dont leur esprit est pénétré envers Sa Mi^esté Suprême le bienfaiteur de l'univers.

Ce n'est que par cette foi inébranlable, basée sur des {neuves évidentes|, qui sans pouvoir blesser la conscience

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de personne et ne permet pas non pins la moindre concession , qu on peut arriver à la vérité, et surtout k mériter la miséricordieuse bienveillance du Très-Haut, avec Tespoir de la félicité dans la vie éternelle au sein du Créateur.

En considérant, au contraire, l'Ancien Testament comme une simple œuvre de l'imagination des illustres conducteurs de la Nation Israélite, tout devient parfaitement clair. Par là aussi, les moyens employés pour amener le peuple k la croyance du vrai Dieu , sont fort excusables, surtout quand on pense que les chefs des anciens Hébreux n'avaient peutêtre pas eux-mêmes une idée bien élevée des sublimes attributs de rÊtre Suprême. Cela ressort du moins des termes dans lesquels ils en parlent ; d'où ils ont cru pouvoir se permettre des actes souvent horribles , dans l'intention , fort louable en elle-même, d'imposer d'une part aux Israélites par la menace de terribles châtiments que Dieu exercera contre ceux qui lui désobéissent ; et d'antre part , pour les amener k l'amour de l'Éternel, par l'espoir de bienfaits matériels que Dieu leur offre, s'ils restent fidèles k ses lois.

J'ai fait remarquer en outre combien peu l'on peut ajouta foi tant aux Livres de Moïses qu'k ceux des autres chefs ses successeurs, où TÉtreSuprême est partout représenté comme un simple homme enclin comme l'espèce humaine, d'une part, k une foule de défauts, comme la colère poussée jusqu'à la fureur, la vengeance portée souvent k la plus cruelle injustice; et d'autre part, comme susceptible d'une faiblesse telle que, se laissant persuader par de simples semblants de repentir, manifestés par quelques cérémonies ridicules en ellesmêmes, par exemple celle de se couvrir de sacs ou de cendres, il revient sur les Malédictions qu'il a prononcées , dont il se repent, pour combler, au contraire, de biens ceux qui désirent obtenir quelques faveurs; sans que pour cela les solliciteurs aient besoin de rien changer k leur conduite; ou bien en lui offrant tout uniment quelque sacrifice soit en animaux, soit en gâteaux; cérémonie qui constituait, du temps de

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