‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 18 sur 136 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

n ow iQterroiDpoiis le conraqt d*air dans notre appareil respiratoire en fermant la bouche on la glotte. Rien n'indi-* quant qne ce moyen d'QGclnsion doive être obtenu de telle on telle façon « il est remarquable de voir que, sur la même espèce d'Insectes, il en a été souvent employé plusieurs ^ suivant la paire de stigmates* J'en ai décrit de deux espèces dans le Hanneton , ouvrage auquel je suis obligé de renvoyer pour la description de ces petits appareils; ne pouvant pas raccompagner ici de figures e^i^plicatives ; je me bornerai uniquement ^ indiquer Tun d'eux, le plus simple, eonsisr tant en une nervure cornée en forme d*annes)u oval placé dans le pourtour de la trachée d'origine , un peu au dedans du stigmate; trachée très-mQlle« et par 1^ facilement com*pressible dans cette partie. Au bas de cet anneau est fixé un petit muscle qui le tire en dessous; mais qui étant tordu sur luii-même , fait faire par là , en se contractant , un mouve^ ment de rotation k cet anneau , dans l'axe de son grand diamètre ; de manière k le renverser de coté en lui faisant rencontrer les deux parois opposées de la trachée, et oblitère en conséquence le canal que celle-ci forme*

L'autre appareil d'ocelusion est formé sur un plan entièrement différent.

Les trachées formant partout des systèmes de vaisseaux extrêmement étroits, il était physiquement impos#le qu'elles fussent employées k respirer l'eau comme elles respirent l'air , ce liquide ne pouvant pas se mouvoir dans leur in^ teneur, où il serait retenu par la force de capillarité , d'oi il semble, vu cet inconvénient, que cet appareil respiratoire ne pouvait point exister chez des Insectes complètement aquatiques* Mais amiff nÉys ce qui paraît iiiPpsgW4B k

nOTRS GONCEPTIOÏI , MB h'Wf POUR h TÇUTE^-PUlS^^iNCn ET

u TouTE-sciENCB pivu)(fi \ ot l'existenoe 4es Insectes entièrement aquatiques neus offre un 4^ pl«3 e4rieu]( ei^emples de cette vérité.

Quant an ipseetes qui, v^ts^es ampl^ilMs» tels f «e Ifs

Hydrophilus , les Dytiscus , etc. , vivent tantôt dans l*air et tantôt dans l'eau, comme le font une foule d'autres animaux» cela ne présente rien de remarquable, ces Insectes ayant pour cela reçu simplement la faculté de pouvoir suspendre plus ou moins longtemps leur respiration. Mais la plupart

ONT EN OUTRE REÇU DANS CETTE VUE UNE CONFORMATION PARTICULIÈRE QUI LEUR FACILITE LA RESPIRATION. G'OSt ainsi

que les Coléoptères qui ont, comme tous les autres Insectes , les orifices des organes respiratoires sous les élytres, ceux-ci se joignent si bien entre eux, et aux bords latéraux de l'abdomen , que l'eau ne peut pénétrer sous ces lames; et tout le corps est en outre enduit, k linstar des plumes des oiseaux aquatiques , d'uN vernis sec ayant si peu d'affinité POUR l'eau que le corps de ces animaux ne se mouille jamais ; et cela k tel point que , même k l'extrémité de l'abda men , où les élytres laissent un petit espace entre eux et ce dernier, l'eau ne pénètre point sous ces derniers ; de sorte que tout en plongeant assez longtemps , ces insectes conser* vent sous leurs élytres une petite quantité d'air suffisante pour entretenir quelque temps leur respiration.

D'autres espèces , telles que les Nepas , ont l'extrémité de leur abdomen terminée par un long tut au , au moyen duquel elles aspirent l'air sans sortir de l'eau. D'autres encore, comme les Larves de Cousins qui ne sortent jamais de l'eau, ont près de l'extrémité de leur abdomen également un petit tuyau formant le seul orifice de leur système trachéen, et par lequel ces larves respirent également k la surface de Teau. Enfin , lors de leur métamorphose en Nymphe , ce petit appareil se transforme en un autre diflérent , quoique formé d'après le même principe, consistant en deux petits tuyaux s'élevant sur leur thorax , en formant les prolongements des deux stigmates de cette partie du corps : les seuls alors ouverts ; et ce n'est qu'en subissant leur dernière métamorphose que ces Nymphes , en se dépouillant de leurs téguments, ouvrent tous leurs stigmates k l'air, et le petit

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insecte quitte l'eau , dans laquelle il ne peut plus rentrer sans périr.

Mais tous ces moyens n'ont rien d'extraordinaire, vu qD*il parait fort naturel qu*on ait employé dans ce cas tout simplement ces sortes de tuyaux d'aspiration, qui ne se sont toutefois pas formés d'eux-mêmes, et ont dû nécessairement être établis par I'intertention d'um agent intelligent gon-

KUSSANT LA PUISSANCE DE l' ASPIRATION FONDÉE SUR LA PRES- SION ATMOSPHÉRIQUE, ET l'iNCONVÉNIENT DE LAISSER PÉNÉ- TRER l'eau dans LES TRACHÉES.

Mais il s'est présenté un autre problème bien plus difficile ^ résoudre , celui de former des Insectes organisés en

PRINCIPE COMME LES AUTRES, AVEC UN SYSTÈME RESPIRATOIRE TRACHÉEN N'ADMETTANT QUE DE l'aIR, ET CONSTITUANT CE- PENDANT DES ANIMAUX COMPLÈTEMENT AQUATIQUES , RESPIRANT

l'eau. Question qui semble renfermer deux propositions incompatibles , et dont la solution devenait impossible ; aussi le moyen employé pourrait*il être donné à deviner aux plus savants Physiciens, ou Physiologistes, que très-probablement ils ne le découvriraient pas, quoiqu'il soit, comme toujours, de la plus grande simplicité. Il a consisté uniquement, dans la Larve i* Éphémère^ à étendre les bords de chaque stigmate en une petite lame foliacée , membraneuse , flottant librement sur les côtés du corps , et k prolonger dans son épaisseur le tronc trachéen aboutissant à ce stigmate , en l'y subdivisant en de nombreuses petites branches. Ces lamelles , absolument conformées et disposées comme des branchies, en remplissent parfaitement les fonctions.

L'oxygène mêlé k l'eau pénètre k travers la faible membrane de la nouvelle espèce de branchies^ se combine k Tair renfermé dans ses trachées , en lui enlevant son acide carbonique , absolument comme cela a lieu sur les véritables branchies k l'égard du sang qui y circule; et cet air ainsi purifié, pénétrant après dans le système trachéen intérieur, et 7 circule comme chez les insectes aériens.

9t TuioLOon M tA maturi.

IM lainelleB M fotme de branchies devant, de même que les vraies branchies, être constamment labrifiées par de Feaa penonvètée, sont, k Tinstàr de ces dernières, constamment Ml hgitation |>our changer l*ean qui les baigne.

Enfin , lor^ de la métamorphose , quand l'insecte doit se traMfoliiner subitement d'animal exclusirement aquatique en Un autre exclusivement aérien , le moyen est encore plus simple et plus facile t il suffit de couper les fausses branchies s en les enlevant avec les téguments que tous les In* sectes quittent en passant k l'état parfait, et la transformation est tout aussi vite accomplie k l'instant ; effet physiologique qui parait au p)*emier abord aussi impossible que la condition d'existence du fait énoncé dans le problème.

Dans d'autres larves aquatiques > telles que celles des £it^ulêè, ces fausses branchies se trouvent dans l'intérieur de l'extrémité de l'abdomen.

' UUè espèce d'Araignée aquatique, VArgyronite oquaH^ue^ qui ne vit que dans l'eau, y respire toutefois l'air pur, et cela par un moyen instinctif qu'elle emploie. Elle se construit sous l'eau, avec de la soie, une petite cloche fixée aux plantes, tl ayant son ouverture en bas ; l'animal venant alors k la sur* tkcé de l'eau, l'air s'attache k son corps, en l'enveloppant de toute part sans le mouiller. La petite araignée plongeant etisuite , emporte cette petite masse d'air avec elle , et l'ac^ cumule avec plusieurs autres parcelles semblables sous la tloche qu'elle s'est construite, et celle-ci, remplie du gaz atmosphérique , suffit pendaut assez longtemps k la respira* tion de son habitant.

Dëns la Classe des Arachnides , les Pulmonaires et les GNàthopodes respirant , les premiers par des Poumons et iès seconds par des Branchies, le système sanguin est entièrement le même que celui des Crustacés. Quant aux Ho- LiTRES ou Arachnides trachéens, ils sont trop petits pour qu'on ait encore pu reconnaître la composition de leur appareil respiratoire ; mais il est probable qu'il ressemble k celui

dA Ifyriapodèâ tt des ttsedés , céé afaiihâtix respirttnl également par dtis trachée^.

Le iîystètûe drctlatoiré sanguin des MtfitÀi^ODËS, que j'ai déjSi fait connaître éti 1828, t^ffre Une parfaite analogie avec celui des Crustacés et des Arachnides, dont il présente simptetnent une Condition plus dégradée, devenue

LA GAtJSE bË LÀ FOftME TRACHI^ENNE Qt3*A REÇUE L' APPAREIL teSPIRATOlRE , POtk COMPENSER, l^AR LÉ DÉVELOPPEMENT DE CE DERNIER , CE QUI MANQUÉ AU SYSTÈME CIRCULATOIRE ; ADMIRABLE MOtEN t»AR LEQUEL DÉtJl t^ONCTIONS , COMPLÉ- MENT L*UNE DÉ l'autre, ONT ÉTÉ DE NOUVEAU MISES EN

Varmonie après Que Leur aêcord semblait devoir être

ROMPtl.

Chez les Cl'Ustacéâ , te Venîricuîé du t(£ut étant suspendu dans Y Oreillette, qui Tenveloppe de toute part, éprouve dans ieë Myriapodes et tes Insectes Une modification essentielle (âir ta suppression de TOreillette, de manière que le Ventricule, toujours situé le long de la ligne dorsale du corps, se trouve placé dans la même cavité générale des viscères , qui Knferme tous les autres organes saUs distinction. Ce ventricule forme un gros Vaisseau , dont les ligaments latéraux , iibreux et frangés , ne rencontrant plus les parois de l'oreillette pour s'y fixer, Vont s'insérer aux téguments de la partie latérale du dos, eu prenant simplement un peu plus d'extension; sans changer du reste de nature on de forme. Huis par cela même que rOreitlette a été supprimée , il ne peut pins y avoir de Veine$, vaisseaux chargés de ramener le teng de tout le Corps dans cette cavité du cœur; ou en d'autres termes , la cavité générale du corps remplissant les fonctions de cette Oreillette , le sang veineux s'y trouve épan- «hé. Or, par l'èfiet même de cet épanchement , cette humeur y étant îi peu près stagnante , perdrait bientôt ses propriétés tUtritives si elle n'avait pas la faculté de redevenir artérielle en se combinant avec l'oxygène de l'air ; mcoNvÉNiENt au- QtRL la sagesse du Créateur a obvié , ainsi qu'on Ta déjà

HO THBOLOGIB DK LA IfATClIl.

VU plus haut , EN FAISANT CIRCULER l'aIR DANS TOUTES LBS PARTIES OU CORPS SANS EXCEPTION, OÙ IL PRODUIT CETTE AC- TION SUR LE SANG QUI s*T TROUVE ÉPANCHÉ ; mais Cela ne suffit cependant pas encore. En effet, chaque organe puisant dans la masse du sang qui l'environne les éléments propres à sa nutrition, il serait arrivé, dans le cas où ce fluide eût été complètement stagnant, que ne se renouvelant pas sur chaque point, les organes eussent promptement épuisé la partie qui les eût entourés ; d'où il était nécessaire que cette humeur changeât au moins de place pour ramener constamment de nouvelles parties sur le même point ; et c'est en

EFFET ce que LE CRÉATEUR A ÉTABLI EN OBLIGEANT LE SANG

À UN SIMPLE DÉPLACEMENT EN MASSE , mouvcmeut qui présente le dernier degré de ce qu'on peut encore appeler une Circulation.

En vue de cet effet, l'artère antérieure impaire du cœur a été seule conservée pour transporter le sang dans la tête, où elle répanche. Cette humeur nutritive s'y accumulant de plus en plus, reflue par Ik même en arrière en traversant le cou, et vient de nouveau dans la cavité abdominale , où elle rentre dans le ventricule parles ouvertures auriculo-ventriculaires^ disposées par paires sur les côtés de ce dernier , comme au cœur des Crustacés et des Arachnides , dont celui des Myriapodes et des Insectes n'est qu'une modification; d'où le sang est ensuite de nouveau porté dans la tête.

Les Myriapodes étant placés d'un degré plus avant que les Insectes, leur cœur conserve une légère ressemblance de plus avec celui des Crustacés , en ce que l'artère unique , qui en sort à l'extrémité antérieure , forme encore, comme chez ces derniers, de suite, une première paire de branches latérales repliées en avant pour porter une partie du sang dans les régions postéro-lalérales de la tête. Plus avant, le même tronc impaire produit une seconde paire de branches qui se rend dans les parties latérales moyennes de la tête, et enfin, au-dessus du cerveau, une troisième paire allant

ghàfitrk I?. 8i

s*onTrir dans la partie antéro-latérale de cette dernière; et ce sont là les seuls vaisseaux sanguins qui restent à ces animaux.

Dans les Insectes , l'artère antérieure ne produit au contraire plus aucune branche , et va s'ouvrir simplement à son extrémité dans la partie la plus antérieure de la tète , où je Tai suivie avec soin dans le Hanneton jusqu'auprès du Labre.

Pour que le transport du sang de toutes les parties de l'abdomen dans la tête soit assuré , là Sagesse créatrice

A toutefois fait éprouver au ventricule LUl-MÉHE UNE modification importante qui facilite ce DÉPLACEMENT. ChCZ

les Crustacés et les Arachnides , le ventricule est un gros vaisseau musculeux à cavité à peu près uniformément cylindrique; celui des Myriapodes et des Insectes, au contraire , est divisé dans sa longueur en un certain nombre de chambres successives (huit dans le Hanneton)^ séparées par une double valvule a lames latérales , demi-circulaires , convergentes , dirigées obliquement en avant pour se rencontrer par leurs bords libres droits. Ces valvules intervenlriculaires, placées immédiatement au devant des ouvertures auriculo-ventriculaires , sont formées par un pli non musculeux , latéral du ventricule , qui dans chaque segment rentre en lui-même en formant les deux plis qui constituent ces valvules; et chaque ouverture auriculo-ventriculaire est en outre accompagnée d'une valvule impaire plus petite, également semi-lunaire , qui , garnissant son bord postérieur, se dirige de même en avant, pour former cette ouverture lorsque la chambre se contracte.

Avec cette disposition des valvules, on conçoit que, par Teffet de la dilatation de chaque chambre , le sang contenu dans l'abdomen pénètre dans cette cavité k travers ses ouvertures auriculo-ventriculaires, et que, dans l'instant après, ^rsque la chambre se contracte de nouveau, ces orifices se trouvant fermés, le sang force les valvules interventricu*

88 TBBOLOOIt M LA fVATURB.

laire» cl ps.sse dans la chambre qui précède, comparlfmenl qui 8e dilate pour le recevoir, en même temps qo*elle en reçoit aussi par ses propres ouvertures latérales communiquant avec la cavité abdominale. Le sang, ainsi chassé de chambre en chambre, arrive a la fin dans Tartère qui va l'épancher dans la téie.

Ne pOQvant pas accompagner cette description de figures explicatives, je suis obligé de renvoyer, pour de plus amples détails, k mon ouvrage sur VAnatomie du Hanneton, où le Cie«r des Inaeetes est décrit potir la première fois.

C'est ieî le lien où je puis parler de quelques organes sécvétoires spédan autres que ceux qui se rattachent à la grande fonction de la digestion, et remarquables, soit par FeffeC des substances qu ils produisent, soit par l'appareil qui les accompagne comme arme effensive. Ces substances consisleiit d'ordinaire en un liquide venimeux, ou du moins fort corrosif, au atoyen duquel certains Animaux articulés se défendent ou attaquent les animaux qu'ils ont k craindre , ou dont ils veulent faire leur proie.

le ne CMuars aucun Annélide venimeux, si ce n'est la grande 5an9^« notre, dont la morsure cause, dit-on. quelquefois de fortes inflammations. Mais déjà, parmi les Myriapodes, les diverses espèces de Scolopendres sont venimeuses, produisant une humeur sécrétée par un organe glanduleux pfocé latéralement dans les premiers segn»ents du corps, et doot le canal excréteur commun va s'ouvrir à la pointe des grands crochets aigus terminant la mâchoire , de la même mamère que le conduit du venin s'ouvre à l'extrémité des dents venimeuses des Serpents.

Parmi les Thysamoures de la Classe des Insectes, animsMX tous fort petits, il n'existe aucune espèce venimeuse; il en est de même des Coléoptères , dent aucun ne produit de venin qui puisse lui servir de moyen d'attaque ou de défense. Quelques espèces sont toutefois pourvues de certains organes qui semUeot exister dans ce )mt, quoique peu effi-

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caces dans leurd éflïftè. C'est ainsi que les Malachies , par exemple, ont déni vésicnlés ronges qu'elles font subitement sortir des côtés de lenr corps lorsqu'on les irrite; mais tout se bornant là , et Ton ne comprend pas comment cela peut leur être de quelque utilité.

Le Carabe pétard , petit insecte â*un centimètre et demi de long, fait entendre, qdand ôri Tinquièle, des craquements causés par des gaz infects qu*il fait subitement sortir de son mus , gaz qui île sauraient gtièfe ëldigner que de fort petits animaux, et ne serrent probabledieni qu'à einpécher que cet insecte ne soit saisi ctlnitne proie.

Les Orthoptères et les NÉvROPRÈtiEë , dont plusieurs ment de proie , àe la cothbattent qu'au moyen de leurs organes bueèaux ; mais aucun n'est connu comme venimeux.

Parmi les Insectes sticènrs, au contraire, il en existe beaucoup de venimeul , et cela même au suprême degré.

Par nne raison difficile à concevoir, tous les Insectes qui piquent les animaux aveè leurs organes de la bouche pour sncer leur sang , prbdnisent par Ik non - seulement la douleur due k la piqûre même , mslis encore une tuméfaction inflammatoire le plus sotivent très-douloureuse et plus ou moins persistante, causée par une bumeur empoisonnée que ces insectes inoculent dans la blessure qu'ils font. C'est ainsi que les Simulies, t)elits moucherons h peine visibles, produisent des tumeurs aussi douloureuses que celles causées par les CmisitiÉ.

D'autres espèces , telles que les Hydrocorises ou Punaises d*eauj piquent avec leurs organes buccaux pour se défendre; les employant d'ailleurs aussi pour blesser et sucer leur proie; tandis que d'autres Insectes, qui piquent pour sucer, n'emploient jamais ce moyen pour se défendre : tels sont les Cousins , les Taons et nombre d'autres.

Mais outre ces espèces appartenant aux Ordres des Hémiptères, des Diptères et des Aptères (Puces), plusieurs autres de l'Ordre des Hyménoptères sont tout spécialement

84 THiOLOGlS DE LA HATCRI.

armés d'un véritable aiguillou , qu'ils ont reçu comme arme , et toujours placé à l'extrémité postérieure de l'abdomen.

Dans plusieurs espèces , telles que les Mouches à scie , cet organe ne sert point à la défense, mais simplement à enta* mer l'épiderme de certains végétaux sous lequel ils placent leurs œufs. Chez d'autres, où il ne sert également pas à la défense , du moins pas chez toutes , telles que les Ichneun monSf l'Aiguillon, prolongé en une longue tarière placée entre deux lames latérales canaliculées qui lui servent d'étui pour le protéger, cet aiguillon sert spécialement à percer la peau de certains insectes , et le plus ordinairement des chenilles pour y déposer leurs œufs; les jeunes qui naissent de ces derniers, vivant en parasites dans le corps de ces animaux qu'ils dévorent. EnGn, chez les espèces d'Hyménoptères formant la famille des Diploptères (Guêpes) et celle des Hellifères (Abeilles)^ l'aiguillon, caché dans l'abdomen, ne sert qu'à la défense , et produit même sur les personnes des effets plus ou moins fâcheux : le Frelon , la plus grande espèce du genre Guêpe, pouvant causer non-seulement des douleurs très-vives, mais aussi, en blessant plusieurs fois la même personne , des maladies graves , telles que des syncopes, des convulsions et jusqu'au délire; effets dont j'ai été témoin , la personne blessée ayant été piquée à la fois par trois de ces insectes. Quoique ces animaux soient fort redoutables, ils n'attaquent cependant jamais que dans le cas où ils croient leurs petits exposés à quelque danger de la part des personnes ou des animaux qui approchent de leur nid ; dans toute autre circonstance ils fuient , ou bien ils ne font usage de l'arme dont ils sont munis que pour se défendre lorsqu'ils sont directement attaqués; tandis que Thomme, qui ose haïr et mépriser ces insectes , descend souvent au-dessous d'eux dans sa moralité, se dégradant au point de faire le mal pour le seul plaisir de le faire.

L'aiguillon dont les femelles de ces insectes sont seules munies, fait partie d'un petit appareil fort remarquable par

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