AUSSI VIOLENT CORROSIF
Il n'existe parmi les Crustacés aucuqe espèce connue munie d'une arme veniqeu^. Certains gepres {Ècre\>isses , Crabes) y composant I'Ordre des Pégapodes, sont toutefois pourvus de pinces d'une puissance souvent pon^dérable, terminant leurs pattes de 1^ première paire, avec lesquelles ces animaux peuvent serrer et écraser même àe^ corps fort
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durs; mais Us sont toutefois si peu agiles, que ces armes doivent rarement leur servir avec quelque efficacité contre leurs ennemis.
Dans la Classe des Arachnides, au conlraire, un nombre considérable d*espèces sont pourvues d*armes venimeuses. Déjà les Scorpions , armés k l'instar des Écrevisses de trèsfortes pinces qui terminent leurs membres antérieurs, sont en outre munis d'un dard venimeux, très-redoutable surtout dans les grandes espèces , dont la piqûre peut facilement causer la mort des personnes. Ce dard est formé simplement par Textrémilé du dernier segment de la queue prolongée en une pointe arquée en dessous . et percée au bout pour permettre réjacujation d*un violent venin renfermé dans la base du même segment, renflé en boule pour loger Torgane sécrétoire de ce poison.
Chez les diverses espèces d'Araignées^ toutes venimeuses, Taiguillon est au contraire formé par Tarticle terminal de leurs cbélicères , recourbé en crochet fort aigu et tubuleuK , percé d'une petite ouverture en fente , placée au côté concave du crochet, afiti de uisser a l'kxtrémité hêii6 toutk la FINESSE DE SA POINTE : dispositiou qu'ûu remarque en général à tous les bopts tubplçu^des orgwes venimeux, pour
tflKUX ASSURER h^ IlÉSUI^TAT DK l^ PIQÛI^K.
La glande sécrétoire du venin est placée, chez lUrai^n^ ordinaire des ipaisons, d^ns la partie antéro-latérale du tronc ; tandis que che^ les Myagles elle se trouve dans le bord supérieur du premier article des cbélicères.
Dans les petites espèces dUroij/tWei, la piqûre n'a d'effet grave que sur les tout petits animaux, tels que les insectes dont elles se nourrissent, et qu'elles tuent en les piquant avec leurs crochets venimeux; mais on dit que les blessures faites par les Myagks^ éqormes espèces, vulgairement nom- .mées Araignées a^culair^^ comme vivant de petits oiseaux, peuvent même être dangereuses pour les p^sonnes.
Oxk prétend aussi que les diverses espèces de Galiodfiiy les
seuls grands Holètres égalant les plus grosses araignées de nos maisons , sont également très-venimeuses ; mais ces animaux des contrées les plus chaudes de TAfrique sont encore fort peu connus.
Beaucoup d' Animaux articulés exercent diverses industries dont la plupart ont rapport k l'éducation de leur progéniture, objet dont il sera parlé à l'occasion de la fonction de la génération : mais certaines espèces aussi font en outre des constructions pour leur propre usage.
Parmi les Annélides, les Tubigoles habitent des tubes diversement conformés, qui, ne tenant point à leur corps, sont nécessairement construits par ces animaux. Les uns, calcaires , paraissent être dus à de simples exudations de certaines parties de leur corps ; chez d'antres ces tubes sont membraneux ou cornés, et très-probablement produits de la même manière , mais dans la construction desquels ces animaux font entrer tantôt des débris de végétaux, et tantôt du sable ; ce qui prouve que ces tubes sont réellement construits.
Quant aux Myriapodes et aux Crustacés, aucune espèce n'exerce d'industrie.
Les Insectes construisent au contraire fort souvent des édifices fort remarquables, soit par leur étendue, soit pour la forme et les moyens employés. Le plus ordinairement cependant ce n'est que pour y mieux soigner leur progéniture, ou bien pour y trouver un abri où ils passent le temps de leurs métamorphoses ; objets dont il sera parlé à Toccasion de la génération ; mais rarement ils construisent pour eux-mêmes, à moins que ce ne soit k l'état de larve, industrie dont il sera également parlé k l'occasion de la génération.
Dans la Classe des Arachnides, au contraire, nous trouvons toute la grande Famille des Aranéides (Araignées) qui se construit non-seulement des demeures au moyen d'une soie que ces animaux produisent, mais encore des filets ser. vant k prendre les petits insectes qui viennent se poser des-
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sas; ûlets non-seulement fort remarquables par la forme qu'ils présentent, mais surtout par les moyens instinctifs les plus ingénieux que ces animaux emploient pour les con-stmire.
Devant parler, à l'occasion de la génération, de la manière dont les Âranéides font leurs nids, je me bornerai à indiquer simplement ici en quoi consistent leur appareil producteur de la soie et la forme des toiles que ces animaux tissent pour leur servir, d'une part, d'habitation, et de l'autre, comme filet pour prendre des Insectes.
L'organe sécrétoire de la matière de la soie est formé d'un ou de plusieurs vaisseaux simples ou ramifiés, repliés sur eux-mêmes, et se réunissant sur autant de canaux excréteurs communs qu'il y a de filières ; c'est-à-dire deux ou quatre; et à ces canaux aboutissent encore d'autres vaisseaux sécrétoires de forme et de dimensions difiérentes de celles des premiers , dans lesquels est produite une matière gluante avec laquelle l'animal colle les fils de soie.
A en juger par l'analogie avec les Fers à soie ^ chez lesquels le fil est déjk tout formé dans les vaisseaux producteurs de la soie, celle des Araignées serait aussi toute formée dans les premiers vaisseaux dont je viens de parler, et n'aurait besoin que d'être défilée par les filières, k la volonté de l'animal, ainsi qu'on voit que ce dernier le fait.
Les Filières des Araignées^ et particulièrement celles de la Diadème , cette grosse espèce si commune dans les jardins , constituent, ainsi qu'il a déjà été dit, quatre petits appendices placés autour de l'anus, et formés chacun de deux petits articles mobiles successifs à téguments ordinaires, et dont le dernier est criblé à son extrémité , comme une écumoire , d'une infinité de petits trous, d'où sortent de petits tubes cylindriques mobiles constituant les véritables filières, chacune donnant issue à un fil simple.
Les Âranéides emploient la soie qu'ils produisent soit k envelopper leurs œufs, pour les mieux porter avec eux jus-
qu'à ce qu'ils soient éclos, soit à se construire des nids, ou bien a former, ainsi qu'il a déjà été dit, des toiles diversement disposées, et que tout le monde connaît; mais dont la plus remarquable est celle de cette même Araignée Diadème dont je viens de parler, formant ces beaux réseaux verticaux qu'on voit tendus librement dans les jardins entre divers corps fixes, auxquels ils sont attachés, et w centre desquels ranimai se tient suspendu.
Ces réseaux à très-claire voie, sont formés dans le principe d'un certain nombre de fijs rayonnes partant du centre, et réunis transversalement par d'autres fils disposés en spirale autour de ce dernier : )e tout maintenu en place par quelques longs cordages dirigés dans divers sens, entre les objets servant de point fixe à tqute cette copstructiQU.
C'est un des spectacles les plus intéressants que da voir ces petits Etres construire ee$ Qletç. Le plu9 difficile, et je dirai le plus inconcevable, qu^nd oq ne sait pas comment ils le font, est de disposer le^ premiers fiU, souvent tendus ï de très-grande^ disifinces, ei méipe ^ trs|ver$ des ruisseaux , que le faible animal doit franchir ^ plusieurs reprises s^ns grand danger. Lorsqu'il pe s*agit q^^ de petites dii^tance^ sur up sol résistant, l'araignée, ^prè^ avoir i^ii choix du lieu qui lui parait le plus conveiiahle pour y établir ^on filet, c'est-îi-dire celui où il est probable qu'elle attrapera \^ plus de petits insectes, comipepce par fixer son premier Ql à l'objet le mieux disposé pour soutenir le réseau, et se l^i^sant de Ik tomber k terrei en se suspendant au fil qui se dévide au fur et k mesure de ses filières, il court ensuite sur le sol jusqu'^iu second objet auquel il veut fixer l'^^utre bout de cette première corde de suspension, y monte et l'y attache k la hauteur la plus propre k remplir sa fonction, en attirant le plus fortement possible le fil k lui, afin de le bien tendre avant de le fixer.
Ce qu'il y a déjk de ren^arquahle dans ce premier acte de cet animal si petit, ce sout les soins qu'il ^t obligé de