CHAPITRE V
PREUVES DS Ij'eXISTBNGS DE DIEU ET DE SES ATTRIBUTS » TnASS Mt l'organisme DES ANIIUUX MOLLUSQUES EN PARTICULIER.
J'ai fait remarquer, en donnant la définition de» quatre embranchements qui constituent le Règne animal, que, dans les deux premiers, celui des Vertébrés et celui des Animaux ARTICULÉS , le corps était formé de deux moitiés laté* raies égales, et que cette parité était surtout parfaite chex ces derniers, où tous les organes, sans exception, sont rigoureusement pairs et égaux des deux côtés. Ce caractère comme tous lés autres suit une marche de gradation , et commence h disparaître dans le troisième Enbbanchbmbnt , celui des Mollusques, animaux dont le corps est bien encore, en thèse générale, composé de deux moitiés latérales sem«> blables, mais le plus souvent cependant déjk plus ou moins différentes » soit relativement à quelques viscères seulement, soit même dans la forme générale du corps.
Les Mollusques se distinguent essentiellement des deux premiers embranchements, en ce que leur corps ne se compose plus de parties analogues, successives , se répétant par paire , et répondant par groupes aux principales divisions du tronc ; si ce n*est encore le muscle du pied chez les Gastéropodes et les ganglions centraux de la moelle épi^ nière ; ganglions toutefois rassemblés en un seul amas sous l'œsophage, absolument comme chez les Animaux articulés dont les segments du corps se sont confondus en une seule partie, disposition qui répond \k la quatrième loi que suit le système nerveux (V. tome II, page 96), et parfaitement distincte dans plusieurs espèces , notamment chez les Limaces. Or, comme le système nerveux offre en principe les mêmes rap-
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porte que chez les animaux arUcuIés , le eerveau ae trouvant également au-dessus de l'œsophage, et la moelle épiuière sous le canal alimentaire , il en résulte que ce troisième embranchement du Règne animal se rattache non-seulement par Ik aux animaux articulés^ mais qu*il se trouve en outre sous rinfluence des mêmes lois auxquelles est soumis le système nerveux; c'est-k-dire que tous les segments du corps se trouvent chez les Mollusques confondus en un seul. Les Mollusques se distinguent ainsi essentiellement des animaux des deux premiers embranchements du Règne animal, en ce que leur corps, quoique composé encore de même de deux moitiés latérales plus ou moins égales, n'est plus formé toutefois que d'une seule partie , ou bien de parques successives, différentes. Ils s'en distinguent, en outre, en ce que leur corps , entièrement ou presque entièrement charnu, ne renferme plus aucune partie solide qui puisse être directement comparée comme analogue k quelque pièce du squelette des Vertébrés , ou du Têt des Animaux articulés , d'où le nom de Mollusques douné k cet embranchement; et si, dans quelques classes, ou ordres, on trouve des pièces cartilagineuses servant de charpente au corps et d'attache aax muscles , ces organes, entièrement propres k ces animaux , n'ont , en réalité , pas la moindre analogie anatomi» que ni avec les pièces du squelette, qui a disparu dans les derniers poissons, ni avec celle àuTét des Animaux articulés formés par des téguments endurcis ; les téguments des fAol* lusques étant partout parfaitement mous , et même beaucoup plus que chea les Vertébrés et les Annélides.
L'EUBRANGHEHENT dcs MoLLusQOES se composc siusi d'animaux k corps mou, formé de deux parties latérales semblables , non articulé , ayant la bouche k l'extrémité anté* rieure, mais I anus le plus souvent placé ailleurs qu'k Tex^ trémité postérieure. Ils ont tous un système circulatoire sanguin complet ; c'est-k-dire formé de deux ordres de vaisseaux, les uns centrifuges ou Àrtèr^^ et les autres centri-
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pètes ou Veines , et k leur jonction un , deux ou trois Coniri bien circonscrits, dont l'un artériel : les Céphalopodes ayant deux cœurs veineux ; et le système nerveux est ganglionné , ressemblant en principe k celui des animaux articulés , dont il offre la disposition.
Cet Embranchement se divise en cinq Classes : celles des Céphalopodes, des Ptékopodes, des Gastéropodes, des Acéphales et des Brachiopodes.
Dans la Classe des Céphalopodes, composée exclusivement d'animaux marins, Tégalité des deux moitiés latérales du corps est encore parfaite. Leur Tronc, fort court , mais toutefois plus allongé d'avant en arrière qu'il n'est large, offre la forme d'un sac ouvert en avant près de la tète, k la face ventrale : les principales parties du corps constituant la région postérieure du sac ; et la Tête formant la partie antérieure de cette dernière partie, fait saillie hors de ce sac, et porte autour de la btmche huit ou dix prolongements charnus ou tentacules très-forts, plus ou moins coniques, servant k la locomotion; d'où le nom de Céphalopodes (1) donné k ces animaux. Ces mollusques ont en outre un cœur artériel et deux veineux séparés ; des sexes séparés ; une respiration par branchies ; et ces derniers organes placés dans le sac. Une coquille calcaire, ou de consistance cornée, intérieure, placée sous les téguments de la région dorsale ; ou bien extérieure et enveloppant le corps. Bouche armée de deux Mandibules cornées crochues, semblables k celles d'un bec d'oiseau. La tête renferme un anneau cartilagineux donnant attache aux principaux muscles et dans lequel passent Tœsophage et le cerveau. Deux grands yeux aux faces latérales de la tête.
Les Ptéropodes , également marins , ont le corps sans membres ambulatoires, et nagent au moyen de deux expansions charnues placées en forme d'ailes aux côtés de la tète. Respiration branchiale. Hermaphrodites. Les uns, pourvus
(1) De xe^aX^ , tête , et de inû^, pied»
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d'one coquille calcaire extérieure ou intérieure , les autres en sont privés.
Les Gastéropodes ont un corps formant en dessous un disque mnsculeux » sur lequel ils rampent ; le dos couvert d'un manteau en forme de bouclier ; la tète placée à l' extrémité antérieure du corps, et peu distincte de ce dernier ; mais portant différents tentacules. Cette tête renferme toujours une masse musculeuse plus ou moins compliquée , destinée aux mouvements des organes buccaux. Us n'ont qu'un seul cœur.
La plupart des espèces présentent une hernie naturelle sortant du milieu du manteau, hernie reçue et protégée dans une coquille conique le plus ordinairement contournée en spirale. Cette hernie renferme la majeure partie des viscères. Quelques espèces ont, comme certains Céphalopodes, la coquille cachée dans l'épaisseur du manteau ; d'autres en sont privés. Enfin un seul genre , celui des Oscabrions , a la coquille formée de plusieurs écussons placés à la suite les uns des autres, k nu sur le dos. Un seul ordre est à sexes séparés, six sont hermaphrodites avec accouplement, et deux hermaphrodites sans accouplement.
La Classe des Acéphales se distingue par l'absence d'une tête distincte. Us n'ont aucun organe masticateur, et partant point de masse musculeuse destinée aux mouvements de ces organes. Le corps reçu dans un manteau formé d'ordinaire de deux lames latérales à bord inférieur libre , ou bien ï bords réunis en formant un tube ou un sac. Respiration branchiale. Un cœur artériel seulement.
Le corps est le plus souvent reçu entre deux valves calcaires latérales, égales ou inégales, qui manquent dans quelques genres formant I'Ordre des Tuniciers.
La Classe des Brachiopodes a le corps reçu entre deux valves , et porté sur un pédicule fixe. La tête pourvue de deux bras coniques pectines. Deux cœurs paraissant k la fois veineux et artériels. Point de membres articulés.
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Quoique les Mollusques diffèrent au premier aperçu eoB* sidérablement des Animaux articulés, on peut, en les examinant avec quelque attention , reconnaître cependant qn*ils sont en principe formés sur le même plan général, appartenant k la même série, dont ils occupent simplement une branche latérale inférieure; opinion contraire k celle émise par CuviER , qui , attachant trop de valeur k quelques organes un peu mieux développés dans certaines espèces , tels que les yeux des Céphalopodes, a cru devoir placer ces derniers animaux, et par suite tous les Mollusques, immédiatement après les Vertébrés , et cela k la suite des Poissons , avec lesquels les Mollusques n'ont absosolument aucune espèce d'analogie ; tandis qu'ils se lient fort naturellement aox Ânnélides, la classe la moins parfaite, même de tous les Animaux articulés, et constituant k la fois la souche sur laquelle s'élèvent, d'une part, les autres Animaux articulés, et de l'autre les Vertébrés, les Mollusques et même les Zoophytes.
J'ai dit un peu plus haut que c'était entre autres chez les Limaces^ de la Classe des Gastéropodes, qu'on pouvait trèsbien voir la forme ganglionnée de la moelle épinière , présentant la plus grande ressemblance avec ce qui existe chez les Animaux articulés ; mais je n'ai point entendu dire par Ik que ces animaux faisaient immédiatement suite k ces derniers , quoiqu'ils constituent bien un des genres types de la classe des Gastéropodes.
En comparant les différents modes d'organisation dans les deux embranchements , on arrive au contraire k reconnaître que ce sont plutôt les Céphalopodes qui doivent être placés en tête des Mollusques, immédiatement k la suite des Annélides, dont ils forment, ainsi que je viens de le dire, une branche latérale. En effet, si l'on suit les diverses familles d' Annélides dans leur marche de gradation, on voit, ainsi que je l'ai montré ailleurs, de nouvelles pattes se former par paires sur chaque segment du corps, pour dispa-
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rfiitre ensuite de nouveau sur les postérieure dans certaines espèces de I'Ordre des Tubigoles , telles que les Serpulet , oii ces membres n'existent plus que sur les segments les plus antérieurs; partie qui se distingue en outre du reste du corps pitr un repli membraneux recouvrnant Tensemble de ces segments pédifères , et imitant déjà parfaitement ce qu'on Qomme le Manteau chez les Mollusques.
Mais en même temps que ces nouveaux membres se forment et redisparaissent, il se forme également koôté d'eux de peti'b prolongemepts membraneux plus ou moins coniques, ou Tentacules , qu'on suppose avec quelque raison devoir servir à up sens. Ces tentacules deviennent surtout fort longs et plus ou moins nombreux sur la tète; et cela plus particulièrement chez les ânnéudes Tubicoles , où ces prolongements charnus forment souvent par leur ensemble, de très grands panaches, mobiles au gré de l'animal, et servant en partie, à ce qu'il parait, comme organes de préhension.
Ces mêmes Annélides Tubicoles se distinguent en outre déjà des autres espèces de leur classe , en ce qu'ils habitent des tubes qu'ils construisent, imitant par leur usage les coquilles des Mollusques, dont ils ne sont toutefois qu'une imparfaite représentation \ et dont la partie antérieure du corps sort seulement pour subvenir au besoin de l'animai.
Chez les Céphalopodes , les analogues des membres locomoteurs des Annélides disparaissent complètement; mais ceux répondant aux Tei^tamles des Annélides Tubicoles couronnent également leur tète en entourant la bouche. Dans le genre NautUu$, que je place en tête de cette première classe de Mollusques, ces prolongements charnus sont courts, coniques, en formant cependant de même plusieurs rangs circulaires, mais sont encore dépourvus de godets faisant les fonctions de ventouses, organes qui caractérisent les autres Céphalopodes , quoique du reste ces animaux aient tous les caractères de cette classe d'animaux.
Chez lea Smckeê, véritable type des Céphalopodes, ees
mêmes tentacules, réduits au oombre de dix seulement, mais fort grands et forts, dont huit forment un cercle autour de la bouche, sont garnis le long de leur face interne de ces godets charnus dont je viens de parler. Ce sont de petits disques arrondis , concaves , portés sur un pédicule court qui leur permet d'être facilement dirigés de tous côtés. Ces organes , conformés de façon à pouvoir faire l'effet de ventouses , en rendant la cavité plus profonde par le retrait de son centre , servent très-efficacement à ces animaux pour s'accrocher aux corps environnants , et même k marcher, redressés sur ces huit membres avec la tête en bas ; usage qui a fait donner à ces tentacules le nom de Pieds.
Les deux autres tentacules forment, dans les Seiches^ de très-longues tiges cylindriques terminées par un disque oval portant seul des ventouses à sa face interne. C'est au moyen de ces deux grands Bras que ces animaux s'accrochent aux corps placés un peu loin. Ces membres diffèrent en outre des huit autres en ce qu'ils sont insérés sur les côtés de la tête , chacun dans une cavité spéciale assez profonde pour qu'ils puissent s'y replier entièrement à l'état de repos.
Les membres locomoteurs, analogues k ceux des Ânnélides, ayant complètement disparu chez les Céphalopodes; et les segments constituant le corps s'étant par suite tous confondus en une seule cavité , comme cela a également lieu dans le thorax et Tabdomen des Araignées ; au point qu'il ne reste plus aucune distinction entre ces anneaux, toutes les paires de ganglions de la moelle épinière se sont réunies en une seule masse placée sous l'œsophage, également aussi comme chez les Araignées; et c'est ainsi que le corps des Céphalopodes et des autres Mollusques, sans être réellement divisé en segments, appartient cependant, en principe, au même type que les Animaux articulés , dont il offre simplement un cas particulier, avec un mode d'organisation très-différent, il est vrai, de celui de la forme primitive de ces derniers, amSné