CHAPITRE V
simplement 9 peu à peu, par là loi de gradation que l'Être suprême a imposée à tout organisme lors de la création des animaux.
Les Seiches j qui présentent autant que possible le véritable type de toute la classe des Céphalopodes , ont un corps court, légèrement déprimé, ayant l'orifice buccai k l'une des extrémités formant la tête, que l'animal tient généralement en bas lorsqu'il marche sur ses membres placés autour du sommet de cette dernière ; et VAnus est au milieu k peu près de la face ventrale du corps; ce qui constitue déjà un commencement de l'irrégularité qui se manifeste de plus en plus dans tout l'embranchement des Mollusques.
J'ai déjà dit que la forme générale du corps des Céphalopodes , et par conséquent des Seiches , était celle d'un sac dont l'ouverture est tournée vers la têle, qui en sort librement, ainsi que le cou qui la sépare du tronc, en formant un rétrécissement assez prononcé.
Ce sac constituant l'enveloppe extérieure de tout l'ani* mal , est formé d'un lacis assez épais de fibres musculaires disposées plus particulièrement en travers , et fort difficiles à démêler. Le bord inférieur du sac formant son ouverture (l'animal ayant la tête en bas) est libre, coupé transversalement dans sa partie antérieure , mais forme sur le dos , où le sac se confond avec le corps proprement dit de l'anir mal , une pointe dirigée vers la tête , et déterminée par une saillie de l'extrémité inférieure de la coquille placée sous le^ téguments dans toute la longueur de la région dorsale do corps.
Cette coquille, en forme de lame lancéolée, mince sur ses bords et épaisse dans son milieu , connue sous le nom vulgaire à* Os de Seiche^ est renfermée, sans adhérence aucune, dans une vaste capsule membraneuse, sans ouverture, placée sous les téguments, et doublée d'une membrane séreuse assez épaisse en arrière , où elle double les téguments, et très -mince dans sa partie antérieure, où
130 THiOLOGlB DB LA RAÏURS.
elle répond k la cavité tiscérale , dont elle n*est séparée qne par le Péritoine , revêtant Tintérienr de celle-ci.
La tète , assez fortement renflée , faisant avec le cou saillie hors da sac , renferme un gros cartilage en forme d'anneau que traverse TcBSophage et plusieurs autres organes , •I sur la périphérie duquel se fixent de nombreux musies plus on moins vigoureux , se rendant de Ik dans les parois év oou» dans la tête , et sortant dans les dix membres qui eouronnent eette dernière. Sur les côtés, ce même cartilage êBt creusé d'une cavité orbitaire de deux yeux assez semblables k ceux des Vertébrés , et dont j*ai déjk parlé an sujet des organes des sens des Animaux articulés.
Un second cartilage est placé dans la partie antérieure des chairs de la tête , ott il donne attache k des muscles se rendant dans les membres correspondants. Un troisième est ecMilenu dans la région postérieure du cou, où il donne attache aux muscles superficiels de cette partie du corps. Enfin , sur les côtés du sac se trouve une longue lame cartilagineuse sous-cutanée , longeant la capsule de la coquille , et k laquelle sont fixées les deux nageoires; expansions musculaires minces et triangulaires , dirigées vers les côtés en élargissant assez fortement le corps de ces Animaux.
Au devant du cou on voit sortir de Touverture du sac le sommet d*un gros cône creux en forme â* Entonnoir ^ k parois musculeuses , adhérant au corps par toute sa face postérieure, en se confondant avec lui; et simplement juxtal^sé en avant contre la paroi ventrale dti sac , dont cet entonnoir divise la cavité en deux compartiments; l'un près et l>>tfiee du sac formé par TintervaUe entre oe dernier et la surfeee extérieure de l'entonnoir; l'autre, plus profond , formant le fond du sac , et communiquant en dehors par la cavité de ce même entonnoir.
Dans la partie supérieure évasée de ce cône , se trouve de diaque côté encore une autre pièce cartilagineuse donnant également attache k divers faisceaux musculeux qui se ren*