CHAPITRE V
lorsqu'elle existe, a lieu non au sommet de la spire, ainsi que cela devrait être si elle existait depuis la naissance de l'animal, mais bien au milieu de sa longueur^ dans une partie qui D'existé que depuis un certain temps; et ce qui prouve d'ailleurs encore que la coquille extérieure est réellement construite par son habitant, est que celui-ci la raccommode lorsqu'elle est cassée : il suffit que ce soit au dernier tour de spire, Ih où il peut atteindre avec le bord de son manteau , instrument qu'il emploie à ce travail ; vu que c'est sous ce bord que suinte la matière dont cette coquille est formée. C'est en appliquant cette partie du corps contre la lèvre de l'ouverture de la coquille, ou delà brèche, que l'animal y dépose , d'abord sous la forme d'une simple pellicule, les premières parties du prolongement qu'il y fait, et doublant ensuite plusieurs fois cette lamelle, il lui donne l'épaisseur et la forme qu'elle doit avoir.
C'est dans l'examen de la production de ces coquilles, souvent admirablement peintes des couleurs les plus variées, formant des dessins parfaitement réguliers, et constamment les mêmes dans chaque espèce animale, en présentant en outre les formes les plus remarquables par la diversité de leurs complications, leur élégance et leur disposition , qu'on est , plus encore que pour la riche coloration du plumage des Oiseaux et des téguments des Insectes , forcé d'admirer l'étonnante constance que présentent sous tous ces rapports les productions de la Nature.
Quoique les procédés physiologiques employés dans la coloration des Oiseaux et des Insectes dévoilent les plus savants principes du calcul appliqués à ces merveilleux effets de Chimie et de Physique transcendantes, sans que nous puissions en concevoir la théorie , il y a du moins encore là le fait de la fixité des organes jusque dans leurs plus minutieux détails , pour produire chacune en ce qui lui est propre les diverses parties de chaque tache qui doit être formée ;