‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 47 sur 136 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

même; tandis que chez d'antres animaux ces mêmes séries se modifient plus ou moins fortement sur les diverses régions, quand ces mêmes os changent de forme d'après les nouvelles fonctions qu'ils ont h remplir; et cela au point qu'on a de la peine à reconnaître leurs véritables analogues; modifications surtout remarquables d'une classe d'animaux à I autre. Mais sitôt que ces os reprennent leur uniformité de dégradation, les muscles qui les servent reviennent aussi h la leur, ainsi qu'on le voit h la colonne vertébrale des Cétacés.

De même aussi , les diverses |)arties du squelette se tiennent les unes les autres- en subordination. C'est ainsi que la présence des membres et la forme qu'ils prennent influent fortement sur la colonne vertébrale, à laquelle la paire postérieure se lie intimement par le bassin , en forçant les vertèbres correspondants à s'unir pour former le sacrum ; et sitôt que ces membres disparaissent chez les Cétacés, non-seu • lement le bassin devient rudimentaire, mais même les vertèbres voisines restent, d'une part, semblables à celles des lombes qui précèdent, et de Tautre aux caudales qui suivent ; et les muscles spéciaux, ailleurs, fortement influencés par les diverses parties de la colonne vertébrale, prennent au contraire ici une disposition régulière, uniformément décroissante jusqu'au bout de la queue , en suivant la gradation des vertèbres de celle-ci , qui conservent k la base des dimensions et une forme peu différentes de celles des lombes.

Cette influence est encore plus sensible dans les Oiseaux, où les vertèbres du cou sont très-mobiles, celles du dos, au contraire, fort peu , et les lombaires pas du tout, comme étant, ainsi que les sacrées, envahies par le bassin ; tandis que les caudales sont de nouveau fort mobiles; et les muscles de l'épine étant soumis à ces os , suivent la même gradation ; c'est-k- dire que , nombreux et bien distincts au cou, ils deviennent rudimentaires et confondus au dos, nuls au bassin , et de nouveau fort distincts h la queue.

Chez les Cuéloniens, les vertèbres dorsales, lombaires el sacrées, ainsi que les côtes et les pièces steroales, se troavanl soudées eu une seule pièce sans disparaître, leur simple immobilité a entraîné la disparition de tous les muscles des^ tinés ailleurs k les mouvoir; et les membres se trouvant transportés dans Fintérieur de cette carapace y ont amené aussi, par l'effet du plus singulier déplacement, les muscles qui les meuvent. Tels sont les muscles pectoraux, le granddorsal et autres; tandis que sur le cou et la queue, dont les vertèbres sont restées mobiles, les muscles ont persisté.

Cette même domination des os se fait en outre remarquer chez ces animaux à Tégard des vaisseaux et des nerfs , qui conservent leurs rapports respectifs avec les diverses parties des membres, malgré leurs changements de place, en prenant par là également une disposition toute particulière, exclusivement propre à ces singuliers animaux.

Cette même subordination se retrouve dans les muscles des Poissons. Comme il n'existe plus chez ces animaux aucune différence entre les vertèbres depuis la tète jusqu'au bout de la queue , pour ce qui constitue la partie supérieure dorsale , et fort peu quant à la région inférieure du corps , oii les vertèbres sont dans la région antérieure sous Tiofluence des côtes, et en arrière sous celle des apophyses upsiloïdes , qui ne sont que des paires de côtes rapprochées , en même temps que les vertèbres ne sont guère mobiles que latéralement; nous avons vu toutes les séries de ces muscles , propres à chaque genre de mouvements spéciaux chez les Vertébrés supérieurs, se confondre en une seule, formant une grosse masse occupant la gouttière vertébrale; et tous les moteurs des côtes et des vertèbres par les apophyses upsiloïdes forment également une seule masse placée le long de la face latérale du corps. Et dans Tun et l'autre, les muscles, ailleurs surcomposés , franchissant par leurs divers chefs un ou plusieurs espaces intervertébraux, n'occupant plus qu'un seul de ces derniers.

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