‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 52 sur 136 · CHAPITRE Ttl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ttl

de nouveaux sujets est constamment due au concours de deux individus de même espèce; dont l'un, ou le Sexe femelle y produit la partie purement matérielle du germe et de ses accessoires , dont l'ensemble constitue VOEuf; et que l'autre individu , ou le Sexe mâle, communique à ce germe le principe de la vie propre , et par Ik une activité spéciale plus tiird indépendante. Cela est ainsi sans exception chez tous les Vertébrés , et même dans presque tout I'Embranche- KENT des Animaux articulés , où il n'y a guère que plusieurs Annélides et peut-être quelques Crustacés inférieurs tels que les Cypris et les Àpus, où l'on n'ait pas encore trouvé de mâles, animaux qui seraient ainsi hermaphrodites.

En séparant ainsi les deux sexes sur des individus différents , la consommation de la fécondation eût été incertaine par l'effet de Téloignement accidentel du mâle et de la femelle ; mais le Créateur a prévenu cet inconvénient en les engageant k se rapprocher, par l'attrait de la jouissance qu'il a attachée k l'accomplissement de cet acte; et dont le sentiment porte les Animaux jusqu'k la passion la plus vive. Cet amour inné que les individus des deux sexes éprouvent l'un pour l'autre n'est toutefois pas également ressenti chez les deux , le mâle l'éprouvant avec bien plus de violence que la femelle. Or nous trouvons dans cette différence même , une nouvelle preuve de la sublime sagesse avec laquelle tout est ordonné dans la nature pour arriver AU BUT QUE l'Être suprême s'est proposé. En effet, si l'un des deux sexes eût seul ressenti le besoin de s'unir ^ l'autre pour la propagation de sa race , jamais il n'eût pu contraindre l'indifférent k s'y prêter ; et si les deux étaient en tous temps également passionnés pour la satisfaction de ce désir, il en serait résulté le plus grave désordre psir l'effet de leur épuisement trop précoce et le danger qui en serait né pour le convenable développement des nouveaux sujets.

En animant, au contraire, le mâle soûl d'une viv(^ passion

TlliOLO#li 9S LA NATURE.

(M>ur la salisiacUon de la jouissanc» que rinatinot loi inspire, il recherche en tout temps la femelle qui lui procure cette jouissance, d*où résulte qu*il ne la quitte que rarement , et revient toujours à elle aux époques plus spéciale* ment fixées pour cet objet. Or, par reffel du même senti* ment, éprouvé toutefois h des degrés beaucoup plus faibles, la femelle se rapproche également du mâle, mais refuse de s*unir à lui . par cela même que sa passion ne Ty oblige pas ; et elle n*y consent que lorsque le moment le plus favorable est venu , où elle s'y trouve contrainte par le besoin de faire cesser lardeur qu'elle en ressent; et refuse ensuite de nouveau l'approche du mâle, sitôt que le vœu de la nature est rempli.

Cette diOérence dans la passion réciproque que les deu sexes éprouvent l'un pour l'autre est ainsi I'efpet d'une vé*

RITABLE LOI DE hk NATURE, PAR LAQUELLE LE CrÉATECR A

ASSURÉ LE SUCCÈS DE LA REPRODUCTION , tout ctt le Confiant à leurs propres soins.

De celte vive passion plus ou moins permanente chez les mâles, et simplement momentanée dans les femelles , nait ensuite un sentiment instinctif d'affection réciproque qui les porte à se rapprocher, et fort souvent à vivre constamment en société, même hors le temps de leurs amours (1) ; et cela surtout chez les espèces les plus élevées pour leurs facultés intellectuelles, qui leur permettent d'en concevoir la satisfaction.

Parmi les Mollusques, au contraire, les espèces les plus parfaites seulement formant la Classe des Céphalopodes et une partie des Gastéropodes, surtout TOrdre des Pecti- NiBR anches, sont seules k sexes séparés; pendant que chez les autres, et spécialement dans les Limaces et les Escargots, les organes reproducteurs mâles et femelles , tout en existant séparément, sont toutefois réunis sur le même individu, qui est

(1) Voyei la note n« 2.

CHAflTRE VII. tSIS

•ÎDS) Barmaphrodite ; mm saos pouvoir loi-même vivifier les œufs qu'il produit; et se trouve il eet effet obligé de s'accoupler avec un autre individu de son espèce, pour procéder k une fécondation réciproque ; d'où Ton désigne ces animaux sous le nom A* Hermaphrodites imparfaits.

Enfin les Mollusques acéphales , et la plupart des Zoo- MYTES, sont Hermaphrodites parfaits; ayant la facullé de pouvoir, sans le concours d*aucun autre individu , féconder eux-mêmes les œufs qu*ils produisent.

Il semble, au premier aperçu, que cette condition, déjà si favorable à la multiplication des animaux , même les plus imparfaits, aurait dû suflire pour que le but de la nature fût atteint, et que tout autre moyen de reproduction était inutile. Mais, soit que cela ne Tétait pas aux yeux de Tlntelligence suprême, soit qu'elle ait voulu, dans sa Sagesse, employer encore d*autres modes de multiplication , donl notre raison ne peut apprécier la nv^cessité , nous trouvons chez vue fouie d'animaux inférieurs, et surtout dans les végétaux placés plus bas encore dans l'échelle des Élres, plusieurs autres modes de propagation* qu'on croirait impossibles si on ne les connaissait pas; moyen où se manifeste, comme d'ailleurs en toute chose, ce soin minutieux qu'un Esprit

OMNISCIENT peut SEUL Y APPORTER.

C'est ainsi qu'un grand nombre d'animaux appartenant tootefois aux classes les plus inférieures se multiplient, comme beaucoup de plantes, par des Drageons, moyen plus spécialement propre aux Polypes composés qui produisent de nouveaux individus par un véritable bourgeonnement de quelques parties de leur corps ; d'où résulte précisément la forme composée.

Le premier commencement de ces familles agrégées a d'ordinaire lieu par un sujet simple, provenant soit d'un œaf, soit de la séparation d'une tête de Polype, qui se fixe ailleurs, et devient ainsi la souche d'un sujet composé. Une flydra simple, par exemple, ne tarde pas à produire latéra-

256 THKOLOGIK DK LA NATURE.

lemeDtdes oodosités qui, en s'allongeani progressivement comme des bourgeons d*arbre, deviennent enfin des Polypes complets , ayant leur bouche et leurs tentacules , cberchant , comme la mère dont ils font partie , k saisir les animalcules qui passent dans leur voisinage. Or pendant que la mère firoduit ainsi encore d'autres sujets semblables , les preniiers en engendrent déjà à leur tour; d où résulte un sujet plus ou moins surcomposé, formant un seul corps commun , nageant librement dans Teau . mais portant ainsi plusieurs tètes si bien unies, que tout ce que Tune mange profite à la famille entière. Mais ces différents sujets agrégés peuvent toutefois se séparer pour former des individus simples ; tandis que cela ne peut avoir lieu chez les Polypes vubicules et les AxiFÈREs , unis entre eux par le Polypier, partie plus ou moins résistante et même pierreuse de leur corps commun; k moins que ce ne soit par des séparations accidentelles qui doivent arriver souvent, où chaque partie constitue alors un sujet à part qui continue à vivre comme avant et multiplie ainsi le nombre des sujets.

Certaines espèces, et entre autresles iVa79 parmi les Aune- LiDEs, dont l'organisation commence déjà k être assez compliquée , se propagent , outre le moyen ordinaire des œufs, encore par celui d'une autre espèce de Drageons qui se forme constamment à l'extrémité postérieure du corps , dont un certain nombre de segments prennent peu k peu la forme d'un nouvel individu , tenant à la mère par la tête , et non par l'extrémité postérieure du corps , et qui finit par s'en séparer pour devenir libre.

Enfin certains Infusoires se multiplient par la division spontanée de leur corps en plusieurs parties égales , dont chacune devenue libre forme un animal complet.

Mais outre ces différents modes de multiplication naturelle, beaucoup d'animaux inférieurs, et spécialement les Polypes , peuvent élre multipliés arlificiellenicnt à l'infini , par des sections en toutes directions qu'on fait sur leur corps;

GBANTRS Vtlt. !2S7

au point qu'on peut dire que chaque fragment qucK qu'il soit reproduit toutes les parties qui lui manquent pour détenir un sujet complet. Les personnes qui voudraient connaître les intéressants détails de ce genre de multiplication liront avec le plus grand intérêt l'ouvrage que Tremblet a publié sur ï Hydre verte sous le titre de Mémoire pour servir à Vhistoire (Vun genre de Polype d'eau douce, 1 744, et celui de DicQUEM ARE j Mémoire pour servir à Thistoire des Anémones de mer^ 1774.

Trembley a fait voir en outre que si, d*une part, les Hydres pouvaient être multipliées à l'infini par la section, elles n'étaient pas moins étonnantes encore par toutes les espèces de greffes dont'>elles étaient susceptibles ; c'est-îi-dire qu'en joignant deux individus pendant quelque temps par des côtés quelconques de leur corps , ils se soudaient en formant un sujet composé; que si l'on introduisait l'extrémité postérieure de l'un dans la boucbe de Tautre , celui devenu intérieur, au lieu d'être digéré par Textérieur, se greffait sur lui et mangeait seul pour les deux; que si Ton réunissait deux moitiés étrangères , elles s'unissaient également pour ne former qu'une seule Hydre simple; enfin qu'en les renversant comme une poche, leur surface extérieure devenant les parois de l'estomac en remplissaient parfaitement les fonctions.

Quelque inconcevables que soient déjk ces divers moyens de reproduction, ils pourraient cependant trouver encore une certaine explication, très-sophistique il est vrai, dansée fait nullement prouvé que l'organisation des Polypes étant fort simple et en quelque sorte partout homogène, chaque partie représentant le tout peut facilement exister par ellemême; mais l'imagination la plus hardie reste stupéfaite devant la faculté de reproduction dont jouissent certains animaux appartenant aux classes supérieures.

C'est ainsi que depuis longtemps déjà on a remarqué que les Êcrevisses et autres Crustacés avaient l'étonnante faculté de pouvoir reproduire des pattes entières et même leurs

958 TBÉOLOGIB DE LÀ NATURB.

graude^ serres, lorsqu'ils en perds^eat une» quoique ces organes soie()t extrêmement compliqués dans leur structure, tant pour les articulations des parties solides qui les composent , dont la forme est calculée mathématiquement pour les effets que ces membres doivent produire , que pour les muscles également disposés d'une manière rigoureusemeqt déterminée , pour mouvoir ces pièces en vue des fonctions que ces organes ont k remplir; et enfin dans les nerfs, les vaisseaux et autres parties qui les constituent.

Cette même faculté de reproduction existe, dit-on, chez les Araignées, mais à leur jeune âge seulement pendant qu'elles croissent encore, ainsi que dans les Larves de Ifontû, Insectes de I'Ordre des Orthoptères.

C'est de même que la queue des Lézards et surtout celle des Orvets repoussent également, quoique d'ordipaire sous une forme imparfaite , lorsque ces animaux la perdent.

Mais ce qui arrive, sous ce rapport jusqu'au suprême merveilleux , est la faculté qu'ont les Tritons ou Salamandres aquatiques de reproduire de même non - seulement les pattes , mais aussi , dit - on , les yeux , avec toute leur savante complication comme appareil d'optique et leur admirable fonction : appareil aussi compliqué que celui de l'homme même. Ici il n'y à que là seule idée de la Toute-Puissance divine qui puisse nous rendre raison de cet effet, qui va jusqu'au miracle.

H. le Professeur Duméril, ayant pensé que cette merveilleuse faculté pouvait aller encore plus loin , essaya de couper la tête entière à un de ces animaux , afin de savoir s'il s'en formerait également une autre. Son expérience ne réussit qu'à moitié ; la tête ne s'est point reproduite , mais la large blessure du cou s'est cicatrisée , et cela en se fermant complètement, sans laisser d'ouverture ni pour le passage des aliments que l'animal ne put, du reste, plus prendre, ni pour le passage de l'air servant à la respiration; fonction qui a dû être suppléée par celle plus faible , qui

CflAPITRIF VIIU M9

peut avoir lieu à la sqrface de tout le corps, et 1'aqiiQiil , aiDsi mutilé, a suryécu pendant trpis mois à cette horrible opération ; et, s'il est iport alors, jl est probable que c*esl d'épuisement par inanition, et non par Teflet de la plaie qu'on lui a faite, plaie qui s*est parfaitement guéne. Ca remarquable sujet est conservé au Cabinet d'Histoire natu-* relie au Jardin des Plantes à Paris.

Tels sont les divers moyens de reproduction, ^oit d'iqdi** vidus tout entiers , soit de quelques-unes des parties de ceux qui en perdent; mais, outre ces modes de multiplication, tous les aiflinaux , saus exception aucune, orU ^ Tinstar des végétaux, aussi la facuUé plus essentielle de produire de nouveaux individus de leur espèce , par Tac^ tout spécial de la génération , dont J*ai déj^ parlé ; fonction pour laquelle les uns comme les autres ont reçu des appareils organiques particuliers, et plus ou moins coinpiiqués.

Dans les VÉ6ÉTiii}x , tout ('individu n'est mé(ne en qifelqua sorte qu'un appareil de reproduction plus ou moins richement accompagné de parties accessoires; la génératioq étant, chez les Plantes, la seule fonction spéciale essentielle; les autres n'existant simplement que pour servir celle-ci ; tandis que chez les Animaux, les foi^ctiops sensitiyes, celles de la digestion et de la locomotion , sont indépendantes de la faculté génératrice, et servies comme elle par les fonctions des organes absorbants, circulatoires et respiratoires, etc.

En effet, tout le végétal ne se compose que d'un tissu peu complexe d'organes purement circulatoires , formé de vaisseaux peu ramifiés, ouverts à Textérieur par des pores absorbants , placés plus particulièrenient au^ bouts du chevelu des racines, mais cependant aussi ailleurs, ainsi que cela se trouve également dans les animaux, dont les pores absorbants répandus partout existent cependant en plus grand nombre et avec plus d'activité k la surface intérieure de la cavité digestive.

S60 TflâoLoen Dt la naturb.

Dans les Végétaux, comme chez les Animaux, les substances absorbées ne constituent d*abord qu'un simple liquide non nutritif ou la sève des premiers et le chyle des seconds; mais qui a besoin d'être encore élaboré par sa combinaison avec Toxygène qui le transforme seulement en une humeur nutritive ou Suc propre des Végétaux et le Sang des Anqiaux ; combinaison qui a lieu à toute la surface du corps dans les deux Règnes , mais plus spécialement dans les Feuilles de ceux-lk et dans les Poumons ou les Branchies de ceux-ci.

Or, par une série fort remarquable d'observations, on est arrivé à démontrer et à faire voir aux yeux de tout le monde que tous les organes appendiculaires des plantes n'étaient au fond que des Feuilles diversement modifiées (1); c'est-àdire que YÊcorce même , formant une expansion membraneuse qui revêt tout le végétal , s'isole simplement dans les Feuilles ordinaires sous la forme d'un pli composé de deux lames adossées, dans l'épaisseur desquelles la sève circule et se convertit en suc propre ; que ces feuilles, plus ou moins simplifiées, deviennent les enveloppes écaiUeuses des bourgeons, ou bien celles des boutons à fruits , où elles prennent le nom de Feuilles du Calice; que plus loin , leurs analogues constituent successivement les Pétales de la fleur proprement dite, les Êtamines^ le corps du Pistil ou le Fruit y la Capsule de la semence, les diverses tuniques de ceUe-ci , et enfin les cotylédons avec le germe tout formé de la nouvelle plante , ayant déjà ses deux premières feuilles propres, et plus profondément les rudiments de tout le nouveau végétal.

Cette succession , qui prouve ici que la loi de la gradation des organes est applicable aux plantes comme aux animaux, peut être très-facilement suivie de degré en degré, à la vue simple, sur un grand nombre de végétaux, et je me bor-

(i; Voyez la note n* 3.

CHAPITRB Vlll. 261

nerai k en indiquer seulement quelques-uns des mieux con-* nus de tout le monde , afin que chacun puisse vérifier soi* même ce remarquable fait.

Quant à la transformation graduelle des écarlles des bourgeons en feuilles, on la voit au printemps parfaitement sur les bourgeons du Marronnier d'Inde^ pendant qu'ils se développent, où les plus extérieures de ces écailles sont les plus petites et les plus coriaces , et les autres successivement plus grandes, plus membraneuses, et enfin vertes, quoique simples encore ; mais les suivantes commencent k se subdiviser pour former sur les dernières déjk les grandes digitations qui caractérisent les feuilles de ce bel arbre.

Pour ce qui est de la transformation des feuilles en les diverses parties de la fleur, elle est évidenle dans les Roses iglaniines et k cent feuiïïes , où la première écaille du calice n'est réellement encore qu'une petite feuille à pétiole simplement élargi, et les quatre autres des écailles successivement plus simples, mais plus larges et plus minces sur leurs bords , où elles deviennent déjà de couleur rose pour prendre le caractère des Pétales. Si Ton suit plus loin les Pétales, on les voit d'abord s'élargir successivement de plus en plus, puis redevenir plus petits , et montrer souvent à l'un des bords, dans les fleurs doubles, un petit filet crispé terminé par une partie jaune, premier rudiment de TÉtamine en laquelle les pétales suivants vont se transformer; d'une part, en ce que ce filet et son extrémité jaune se développent davantage en devenant le Filet et YÀnthire de VÊtamine, et d'antre part, par la réduction progressive de la partie élargie membraneuse des pétales qui finit par disparaître.

Cette transformation des feuilles ordinaires en pétales se voit aussi quelquefois parfaitement sur les Tulipes, où la dernière feuille , placée un peu au-dessous de la fleur, ofi*re déjà les vives couleurs de celle-ci.

Quant aux fruits simples , tels que les Prunes , ce ne sont que des feuilles roulées sur elles-mêmes , soudées en vési-

C6f THiOLOGll Dt LA RaTURB-

cQle par leurs bords et devenues ttës-cbarnues dans leurs parois. Le Nùyau est Tormé, siu contraire, de deux Feuilles jointes par leurs bords et devenue^ ligneuses ; la feuille suivante forme la tunique de Tatilànde , et les deux grandes pièces charnues qui constituent cette dernière ou les Cotylédons de la semence , sont également des feuilles produites par la fleiirmère, mais constituant les deux premières du jeune sujet; en6n entre elles, on voit le reste de la petite plante en miniature, formée d*dn petit ergot, commencement de la Racine , et k Topposile, deux petites feuilles constituant déjh la seconde paire dll jeune arbre

C'est ainsi également que les Épines ne sont que des appendices de Técorce , ou bien des b^adcbes restées rudimentaires. Enfin , les Vrilles de là vigne ne sont que des raisins avortés, le plus souvent par des effets météorologiques; aussi en trouve-t-o» où l'avortement n*ayaht été qu'Imparfait , la Vrille porte quelques grains de raisins.

Il résulte de la théorie qui ressort de bes faits , que chaque bourgeon d'un arbre ne devient Branche ou Fruit que par l'effet d'un développement différent qu'il éprouve, c'est-hdire qu'en général ^ pour les arbres fruitier^, lorsque la végétation est trop vigourëtise , les bourgeons né forment que des branches, tandis que dans les itldividus plus faibles, mais bien portants , ils se développent au t*X)ntraire en fruits et en jeunes sujets ou semeticcs. Enfin les plus ehétifs , troj) faibles pour produire des fruits , ne {ioUssent que simplement quelques feuilles.

Par cette même théorie , on peut aussi expliquer jusqu'k un certain point comment il est possible qu'une simple parcelle d'écorce d'une platitfe peut reproduli'e le végétal entier; tout dans ce dernier n'étailt que cette parcfelle d'écorce diversement modifiée par le développement qu'elle prend. Mais cette explication ne saurait ett*e appliquée aux animaux , dont les divers organes n'bnt rien de commun ; les nerfs, les muscles, les os, les ligsimenls, les vais-

CHÀPiTRB vni. !263

seaux, etc. , etc. , étant des objets trop différents par leur structure et leurs fonctions, pour qu'on puiiàse admettre une semblable analogie entre eux. Enfin celte théorie ne peut être appliquée h la production des nouveaux sujets par la voie de la génération proprement dite; fonction qui s*exerce chez les animaux dans un organe circonscrit, et se trouve dans d'antres conditions que chez les végétaux ; offrant du moins des différences considérables ; quoiqu'au fond il y ait aussi beaucoup d'analogie entre les deux modes, mais dont le principe commun restera priobablement a jamais un mystère pour les savants , et le secret du Dieu tout-puissant qui Ta établi en toiis ; lois dont nous ne voyons que les ëflfbts sans pouvoir en connaître les causes.

Dans 1^8 végétaux, aussi bien que ch^z les animaux , ta partie matérielle des germes des nouveaux sujets est produite dand Y Ovaire^ et reçoit {incitation vitale par le contact avec une hutnéur toujours liquide produite par Vorgane MdU; mais les causes et les effets de ce contact peuvent être accompagnée de diverse circonstances qui le facilitent sehm le besoin ; <ei g'bst encore ici où se si^dnalent à iiotre

ADMlRATtON &Bé SOUKS LE^ t>LCS MINUTIEUX QUE LE CrÉATEUR A BIEN VOULU .APPORTER À L'ACCOMPLISSEMENT DE CETTE FONC- TltMf JUSQUE bANS LES MOINBRES ÊtRES 60Nt IL LUI A PLU DE PEUPLER LE MONDE.

La même for^ Ue.repfodttiction , et la même forme surcoitt))osée des sujets dotil j'ai ^arlé h Toccasion des animaux les plus inAîrieurs, se reti*ouvent également dans les Végé- TAifx, placés encore plus bas dans l'échelle des Êtres, où elles sont d*antant plus ilaturieUes ^ plus faciles ^ concevoir, que ces productions organiques hé sont guère formées que d un très-petil nombre ^e tissus fort analogues entre eux , et ne renfenttent que peu d'organes circonscrits ; encore ces organes ne soilt4ts guère que de simples glandes sécréloires, et non des parties essentiel leis.

On dtetin^ généralement ta* Plantes en deux catégories,

364 TBÉOLOCIB Dl LA NATURE.

les Simples et les Composées; celles-lk appartenant généralement au grand Embrangheii ent des Monogottlédonbs , et celles-ci Si celui des Polygottlédones. Quant aux Acotylé- DONES, elles sont tantôt simples et tantôt composées ; encore un grand nombre d'espèces Monocotylédones sont- elles composées , quoiqu'on ne les ait point considérées comme telles, n'ayant pris en considération que leurs tiges aériennes , qui , en effet , ne se divisent pas en branches , chacune de ces tiges ne portant qu'un seul bourgeon terminal , d'où sortent les feuilles et les fleurs » et déjk celles-ci sont le plus souvent multiples. Mais cet Embranchement des Monocotylédones renferme, du reste, d'assez nombreuses espèces , telles que tous les Graminées , qui produisent plusieurs tiges partant de la même souche aérienne; et parmi les autres, les Liliagées, dont le collet de la racine est tantôt au-dessus et tantôt au-dessous de la surface de la terre, produisent k cette jonction de la tige avec la racine plusieurs Caieux , véritables branches qui en font des sujets composés; et dans nombre d'autres espèces encore, des branches plus ou moins nombreuses partant des racines forment, en s'élevant au-dessus du sol , des individus complets.

Mais quoi qu'il en soit . en admettant même par simple hypothèse qu'il existe des végétaux restant toujours simples et ne formant qu'une tige, celle-ci qu'un seul bourgeon et celui-ci qu'une seule fleur; il n'en est pas moins vrai que, la plupart des autres forment plusieurs branches souvent très -compliquées dans leur surcomposition ; et dont chacune des dernières divisions , ou brindille , se termine par des bourgeons produisant souvent des Fleurs , réceptacles des organes de la génération ; d'où résulte qu'au fond chacune de ces brindilles représente la plante entière en miniature, telle qu'elle était dans son tout jeune âge, absolument comme les Polypes composés, tels que le Corail et même les Hydres; les uns et les autres étant d'abord

CHAPlTRt VIII. ^65

simples et plus tard composés; la branche du végétal ne diflërani du tout que parce qu'elle participe de la racine commune, n'en ayant pas de propre, mais peut le plus souvent en acquérir, sitAt qu'elle est mise dans les conditions nécessaires à leur production; conditions qu'on établit même artificiellement dans le Provignement ; mais qui s'établit aassi fort souvent sur les plantes sauvages par simple accident, lorsqu'une de leurs branches se trouve être couverte de terre; d'où résulte un premier mode de multiplication en dehors de celui de la génération ou par semences. Or ce mode , purement accidentel chez la plupart des végétaux, est non-seulement possible, mais la Sagesse éternelle en a même fait une faculté spéciale propre à plusieurs plantes, telles que le Fraisier^ qui, k part les branches ordinaires qu'il produit, destinées à former des fleurs, en produit encore d'autres d'une physionomie toute particulière connues sous le nom de Stolons, qui, port allongées pour s'étendre AU loin en rampant sur le sol , T PRENNENT RACINE DE MSTANCE EN DISTANCE POUR MULTIPLIER AINSI LE NOMBRE DES PIEDS, EN POUSSANT SUR CES MÊMES POINTS DES BRANCHES ORDINAIRES SEMBLABLES 1 CELLES DE LA SOUCHE MÈRE.

Si le provignement, déjà fort étonnant par lui-même, peut être considéré comme un simple effet accidentel , il est évident toutefois que le mode de multiplication par stolons

NE PEUT AVOIR ÉTÉ ÉTABU QUE PAR l'iNTENTION TOUTE SPÉCIALE DE LA VOLONTÉ DIVINE, LES STOLONS FORMANT DBS BRANCHES TOUTES PARTICULIÈRES QUI n'ONT PAS d'aUTRE BUT, NE POUVANT JAMAIS PRODUIRE DE FLEURS AVANT DE s'ÉTRE ENRACINÉS.

Ce mode de multiplication n'ayant toutefois été accordé qu'à quelques végétaux , d'autres , et très - nombreux , ont reçu la faculté non moins remarquable , soit de produire à la surface d'une racine, qui n'est au fond qu'un organe d*absorption , des bourgeons analogues aux bourgeons aériens, qui, se prolongeant jusqu'à la surface du sol, y

366 THBOLOeiI Dl LA HATURI.

deviennent, en sortant de terre, des pieds absolument semblables k celui qui les a produits; ce qui constitue la multiplication par Drageons.

Enfin un nombre considérable de végétaux, mais pas tous , ont la propriété de pouvoir être multipliés par Sou-tures^ moyen qui consiste dans la séparation accidentelle d'une de leurs parties^ qui étant bientôt après plus ou moins enfoncée en terre , peut absorber directement les sucs nutritifs que les racines de la souche dont elle provient ne lui fournissent plus ; et par Teffet de ce moyen fort imparfait d*abord de se nourrir, cette partie produit bientôt des racines qui complètent l'individu du végétal.

Quoique beaucoup d'espèces de plantes jouissent de cette remarquable faculté de pouvoir produire en peu de temps les racines qui lui manquent, toutes ne la possèdent pas an même degré. Chez la plupart , par exemple la Vigtm , ce ne sont que des branches âgées de plus d'un an qui en jouissent. Il suffit pour cela qu'un bout de sarment, ne portant qu'une petite portion de bois de deui ans, soit enterré, poor que des racines se développent sur cette dernière et non snr le rameau plus jeune.

Dans d'autres, comme les ti^ramum, de simples petits bouts de brindille de la thème année, et encore tout herbacés, peuvent au contraire prendre ainsi racine Mais le cé^ le plus extraordinaire est celui que présentent certaines plantes, et entre autres YOrnithogalum ihyrscUdes, et même dit-on, le Citronnier, dont une partie quelconque du végétal, même un simple fragment de feuille, placée convenablement sur de la terre humide , forme de petits germes qui prennent racine et reproduisent la planté tout entière. Or nous avons vu que tous ces moyens de reproduction se retrouvaient chez les animant inférieurs, h lexceptiori de teltai par stolons, aucune espèce animale ne se nourrissant par des racines.

Mais outre ces divers modes spéciaux de reproduction,

câAPiTRi viii. 267

tous les ÂNiMÂtx et les Plantes san§ exception , se multiplient en nombre considérable , en produisant de nouveaux sujets au moyen de la grande fonction de la génération ,

^PÉCIALEMEr^T ÉTABLIE POUR ATTEINDRE LE GRAND BIT DE LA

CONSERVATION DES ESPÈCES , fonctiou dout il me reste k décHre ici l'appareil qui lui est destiné dans chaque classe, ainsi que la manière toujours fort remarqtlable dont elle est exercée.

t^Dur apporter plus de clarté dans Tindication des divers modes de génération que Tobservation a fait connaître chez lesËtt-es organisés, je dois suivre Téchelle de gradation de cette étninente fonction iBn allant du plus simple an plus composé ; le ))rogrès en plus étant ici plus facile h comprendre que celui en liioins de la dégradation.

Pirivés de tout sentiment de leur existence , les Végétaux De purent être qu'entièrement passifs dans râccôibplissei&ent de ce grabd acte si iniportant poui* la conservation de ieur^ espèces; atis^i le toyons-nous s*etécutef* chez eux dans des Conditions en parfaite éàrmonie avec ce caractère essentiel et fondamental ()ui les distingue des Animaux; harmonie dont les conséquences fournissent même de fortes preutbs de ce fait, que toutes ces productions sont en effet privées de la conscience de leur Être.

Ici surtout l'Hermaphrodisme était évidemment la condition la plus favorable i raccomplissetttent de Tacté de la fécondation ; et en effet, un nombre considérable de végétaux présentent ces caractères dans Tétat le plus rigoureux possible; celui où les organes des deux sexes se trouvent en contact dans la méine fleur, où le Pistil , organe femelle , se trouve ati centré, et les ÊtamineSj organes mâles, placés immédiatement autour. Mais cela ne suffit pas; il fallait encore que le liquide fécondant de ces derniers pût arriver sans altération , et d'une manière plus ou moins certaine, jusqu'aux germes renfermés dans l'inlérlhiir de l'ovaire dont les parois, plus ou moins épaisses et résistantes, les

ABRITENT DANS LEUR FAIBLE EXISTENCE COOtre tOUtC CaOSe

extérieure qui pourrait nuire à leur entier développement. Mais les Êtamines et le Pistil , privés de tout sentiment , ne pouvaient par eux-mêmes aucunement faciliter cet acte, qui en conséquence , ne put être soumis qu'à des causes parement physiques, inhérentes à la structure de ces organes, en n'agissant Tun et l'autre que passivement. Or cet enchaînement de causes et d^efiets est établi de la manière la plus remarquable pour arriver au résultat physiologique final. Si la substance fécondante est partout liquide , il est évident que c'est parce que sous cette forme elle peut le plus facilement pénétrer jusqu'aux germes; et que, plus subtile encore k Tétat de gaz, sa trop grande légèreté l'aurait rendu trop facile à être dissipée. Sous la forme fluide, il^ eût fallu que l'humeur fécondante f&t produite sur le corps même de l'organe femelle , et qu'en conséquence elle en fit partie , ce qui était contraire au principe de la séparation des sexes; mais la Nature, toujours si ingénieuse dans les MOYENS qu'elle EMPLOIE, a évité cet inconvénient en renfermant la liqueur proliûque dans de petites vésicules , connues sous le nom de Pollen, produites dans les Anthères des Êtamines y petits sacs d'ordinaire en forme de boutons jaunes qui terminent les filets qui constituent les pieds de ces dernières ; sacs qui s'ouvrent au moment où les germes sont arrivés au degré de développement le plus favorable pour recevoir la fécondation. Le Pollen, devenu ainsi libre, s'échappe, et, emporté dans l'air, il est presque impossible que datis le nombre prodigieux de petits grains produits dans chaque fleur, il n'y en ait pas quelques-uns qui rencontrent l'extrémité du pistil , à laquelle ils s'attachent d'autant plus facilement que cette partie est d'ordinaire plus ou moins spongieuse. Là la vésicule du pollen éclate, et le fluide fécondant qu'elle renferme s'infiltre dans le pistil , où il arrive jusqu'à la base de cet organe où sont renfermés les germes (|ue celte humeur est destinée a vivifier.

CHAPITRB VllI. 269

C'est daDs cette condition , si favorable pour des Êtres privés de la conscience de leur existence , que se trouvent la plupart des plantes, et spécialement le plus grand nombre de nos arbres fruitiers; mais il était toutefois possible de faciliter encore plus cet acte, ainsi que cela a lieu en effet dans certaines plantes spécialement favorisées, telles que la Rue, dont les étamines placées autour du pistil se courbent successivement vers ce dernier, au moment de la fécondation, pour déposer le polen directement sur son sommet ; mouvement dont la régularité prouve suffisamment qu'il n'a lieu que par un effet purement physique et non par un acte volontaire.

Quoique les Végétaux n'aient aucun moyen de communiquer volontairement entre eux, le Créateur a cependant placé un nombre assez considérable d'entre eux dans des conditions plus ou moins difficiles pour l'accomplissement delà fécondation, qui d'ordinaire n'en éprouve cependant aucun inconvénient.

C'est ainsi que dans les Plantes monoïques il y a encore hermaphrodisme dans l'individu, mais déjà plus dans la même fleur; ces plantes ayant les organes des deux sexes séparés sur des parties différentes de leur corps ; et cela dans des fleurs de deux espèces ; les unes ne renfermant que des Pistils et les autres des Étamines seulement, et le plus souvent ces mêmes fleurs sont fort différentes dans leurs organes accessoires, telles que les pétales, le calice, et surtout dans leur disposition.

Ici, comme on le conçoit, les chances de la fécondation sont d'autant moins grandes que les organes mâles sont plus éloignés des femelles. Dans le Ricin ou Paima-christi, ils sont immédiatement au-dessous ; mais dans une foule d'autres végétaux , comme le Noyer et le Noisetier, les deux espèces de fleurs, irrégulièrement distribuées partout, sont souvent fort éloignées ; mais ce désavantage dans les plantes MONOÏQUES EST GÉNÉRALEMENT COMPENSÉ PAR UNE PLUS

!270 TfflfeLOGni DE LA NATURK.

GRANDE QUANTITÉ DE POLLEN Qi}*£LLp:s PRODUISENT ; de manière que le vent, portant cette poussière de tout côté, en amène facilement sur les fleurs femelles.

Ce n'était cependant pas encore Ik l'extrême limite de la possibilité, et le Créateur en a donné la preuve en plaçant les sexes mêmes sur des individus différents dans les plaqtes dites de là Dioiques^ telles que le Chanvre^ V Ortie ^ etc., où l'accomplissement de l'acte de la fécondation , quoique plus diflScile par l'éloignement souvent considérable des sexes, est toutefois, autant que possible, assuré par la quantité plus grande encore de pollen que ces végétaux produisent; au point que Ton a des exemples où des (1<^urs femelles ont été fécondées par des mâles placées k des distances même très-considérables

Mais ici interviennent quelquefois des causes fortuites à notre sens, mais qui peuvent cependant être entrées comme moyen prévu dans le plan suivi par l'Intelligence suprême qui dirige tout avec tant de sagesse. C'est ainsi que les Abeales, entre autres, ramassent le Pollen sur les fleurs, dans le but de le faire servir à la fal)ricaliûO de la cire de leurs ru* ches, et le transportent sur les fleurs femelles où elle$ recueillent du miel.

Enfln ne serait-il pas possible que beaucoup de végétaux vivaces puissent, k l'instar des Insectes, être fécondés nw fois pour toute la vie? et d'autres ne jouiraient-ils pas, comme certains animaux , de la singulière faculté qu'une seule fécondation suffise même pour plusieurs générations successives ?

C'est ainsi que nous trouvons déjk chez les Plantes les trois grandes conditions dans lesquelles se trouvent les Animaux : V Hermaphrodisme parfait , l Hermaphrodisme imparfait ou Monoécie, et la séparation des sexes sur des individus différents , ou Dioécie.

Par cela même que le Créateur a accordé aux Animaux la faculté de discerner les objets étrangers de ce qui fait partie

CHilITHV V|ll. S7i

de leur propre corps, et le pouvoir de produire d^s ^ctes volontaires, il a pu w si les placer, qn^ut ^ la fouclion de la génération , dans des conditions différentes , plus élevées que celles où sont les Plantes ; pouvant leur permettre d*y iptervenir activement par leur intelligence guidée par leur instinct.

Il est naturel que les espèces plus ou moins privées de 1^ faculté de changer de place, telleis que les Poltpbs axi- FittBs , une foule de Mollusques acéphales et les Cirrho- F0DE6, dont le corps est invariablement fixé, aient dû être hermaphrodites parfaits , mais rien n'empêchait que d'autres ne le fussent également; aussi trouve-t-on un trèsgrand nombre d'espèces capables de pouvoir se déplacer fj^cilement, qui le sont de même. En effet, tous les Zoo- FHTTBs RAioifNÉs ct uoc partie des ëntozoaires , ainsi que toute la Classe des acéphales, paraissent être dans le même cas ; tandis que beaucoup de Mollusques gastéropodes , plusieurs Anmélidbs et certains Ëntozoaires sont Monoïques ; ^nfin tops les Céphalopodes , tous les Aiuuaux ARTICULÉS, à l'exception des Cirrhopodes et peut être la plupart des Annélides, sont dioiques, ainsi que tous les Vertébrés sans exception.

On voit, par cette seule énumér^tion , que les sexes sont séparés dans un plus grand nombre d'espèces , ^ mesure qu'elles appartiennent ii des classes plus relevées; l'hermaphrodisme parfait étant presque général chez les plus inférieurs, tandis que dans les classes o^oyennes domine la Monoécie , et que la Dioéfîie ou la séparation complète des sexes existe , sans exception , dans les classes supérieures ; ce qui prouve que cette grande fonction de la génération est, comme tontes les autres . égaiefnent soumise k la loi générale de la gradation.

J'ai dit plus haut que c'était l'organe femelle ou l'Ovaire qui produisait la partie matérielle du corps du nouveau sujet procréé , et que l'organe mâle ne faisait que sécréter une

27i THROLOCII Dt LA MATURt.

humeurlîqnidecapabledecommuDiqaer^ ce dernier le principe de la vie propre. On avait autrefois pensé au contraire, alors que les connaissances anatomiques et physiologiques étaient encore peu avancées, que le nouvel animal devait, sous tous les rapports , Texistence au concours de matériaux fournis par les deux sexes ; et d*autres Philosophes encore plus adonnés aux élucubrations hypothétiques que savants par leurs recherches d'observations, ont même pensé que c'était le mâle seul qui fournissait le véritable germe du nouveau sujet ; germe qui ne faisait que se développer dans le sein de la mère. Mais tous ces systèmes sont venus se briser devant les faits fournis par l'observation et lexpérience (1); et en effet, il eût suffi de porter la plus légère attention sur les faits les plus vulgairement connus pour qu'on eût déjk pu se convaincre du contraire. Tout le monde savait, par exemple, que les Poules pondaient des œofs sans l'approche du coq , et que ces œufs renfermaient sur le jaune une petite tache blanche opaque ou CicatricuU, qui devenait, en se développant par l'effet de la fécondation, le corps du jeune poulet. II était de là évident que la première origine de ce germe du fœtus n'était point due exclusivement à l'action du mâle, et pas même ë son concours. On savait aussi que les femelles de Poissons pondaient leurs œufs tout formés avec leurs germes , et que les mâles les fécon daient après, en lançant leur laite dessus. Enfin, si l'on avait voulu seulement y réfléchir un peu , on eût compris que rhumeur fécondante du mâle n'étant qu'une matière sécrétée incohérente , et en conséquence sans aucune structure ou organisation , ne pouvait pas constituer un germe ; mais qu'elle pouvait bien avoir la propriété physiologique de communiquer au germe déjk existant, l'action vitale dont il jouit en effet dès l'instant même du contact; absolument comme une action pathologique et communiquée k un sujet par l'ino-

(1) Voyei la note n* 29.

CHANTRE viii. :273

colation d'un virus, et ce n'est en réalité pas autre cliose, ou peut-être même qu'une simple commotion vitale, imprimée îk ce germe par l'effet de son contact médiat ou immédiat avec le fluide fécondant du mâle; effet qu'on peut comparer à celui d'un aimant qui communique sa remarquable propriété à tout morceau d*acier avec lequel il est mis en communication. En effet, l'acte de la fécondation ne parait être qu'une commotion nerveuse d'une nature particulière , exclusivement propre au contact de l'humeur fécondante.

L'opinion que je viens d'émettre trouve un grand appui dans divers faits que fournit l'observation, et déjà eu cela que les Poissons mâles ne répandant leur laite que sur des œufs pondus d'avance, la fécondation de ces derniers devrait le plus souvent être manquée dans les rivières où la rapidité du courant l'emporterait au loin, sans qu'aucune par* celle pût atteindre la plupart des œufs , si son action vitale ne pouvait pas se transmettre promptement, même a une petite distance, par Teau environnante. Celte action vitale peut même être communiquée aui œufs chez beaucoup d*lN- SECTES, également après leur entier développement, alors qu'ils sont revêtus d'une coque de consistance cornée et d'un tissu serré fort dur ; et cela un instant seulement avant la ponte de tous à la fois, leur nombre se montant souvent à plus de cent chez certaines Phalènes^ en offrant ainsi une condition où il n'est guère probable qu'ils puissent absorber beaucoup du liquide fécondant.

Enfin certaines espèces, telles que les Pucerons parmi les Insectes et les Daphnia de la classe des Crustacés , ont la faculté vraiment extraordinaire de pouvoir produire des pe* tils sans avoir été elles-mêmes fécondées , un seul accouple* ment pouvant suffire pour un assez grand nombre de générations : pour douze et peut-être plus chez les Daphnia. Ici bien évidemment le mâle n'a rien pu fournir dans la partie matérielle du corps des individus des dernières générations,

lu 18

â74 THKOLOGIt DB LA NATURE.

et n'a pu simplement que communiquer à la première femelle avec laquelle il s'est réellement accouplé, la propriété vivifiante des germes, propriété que celle-ci transmet ensuite à sa postérité.

Mais quoi qu'il en soit , la fécondation eiigeant dans tous les cas la communication soit directe, soit indirecte, par une série plus ou moins nombreuse de générations, du fluide prolifique avec les germes produits par les femelles , cet effet a pu être produit, comme une foule d'autres , par des moyens fort différents qui caractérisent les diverses familles d'animaux.

Chez les Mammifères, où la fonction de la génération arrive à son maximum de complication, les germes sont produits par la femelle dans deux ovaires^ organes en forme de masse ovale, ayant au premier abord toute l'apparence d'une glande sécrétoire placée dans le bassin aux cAtés de la colonne vertébrale. Ces deux Ovaires produisent k leur surface de petites ampoules qui crèvent k certaines époques pour laisser échapper un Œuf qui s*est développé dans leur cavité, œuf en forme de vésicule, d'ordinaire extrêmement petit, et renfermant le germe d'un nouvel individu. Cet œvf, détaché de l'ovaire, est reçu dans un canal membraneux en forme d'entonnoir placé k côté, un peu plus en dedans, et dont la partie évasée embrasse l'ovaire au moment oà l'œuf s'en détache afin de le recueillir. Arrivé dans ce canal ou Trompe^ il est conduit par la partie rétrécie de ce dernier dans la Matrice , poche impaire mitoyenne, triangulaire, à parois charnues fort épaisses,, dans laquelle les deux trompes s'ouvrent aux deux angles supérieurs. LÀ l'œuf se fixe aux parois de cette poche et s'y greffe pour faire corps avec elle , afin d'en tirer par absorption les sucs nutritifs dont il a besoin pour le développement du jeune sujet, jusqu'k sa naissance. Cette vésicule, d'une petitesse extrême^ même chez de fort grands animaux , est toutefois absolument Tanalogue d'un œuf d'oiseau privé de sa coque calcaire, qui ne sert,

CHAFITHB VIII. i7S^

cbez ces derniers , qu*2i le protéger conlre les corps élraagers avec lesquels il se trouve en contact après la ponte.

C'est, soit an moment où cet œuf quitte l*ovaire, soit pendant son passage dans la trompe « soit enfin quand il est déjh arrivé dans la matrice, qu'il reçoit l'activité vitale par l'eifet de la fécondation : sur ce point les Physiologistes ne sont pas tout k fait d'accord.

Cet ovule des Mammifères renferme un autre globule, l'analogue de la vésicule du jaune de VcùuÎ d*oi$eau , et auquel adhère le germe préexistant du nouveau sujet, mais qui n'en a toutefois pas encore , à beaucoup près , ni la forme ni le mode d'organisation , qui ne sont produits que progressi vement plus tard, à mesure que ce germe se développe.

Bientôt l'intervalle des deui vésicules se remplit d'un li quide peu différent de l'eau , dans lequel la vésicule inté rieure portant le germe, nage librement, en ne communi* quant avec l'extérieur que par un seul cordon partant du germe, et, par là même avec le point d'adhérence que l'ovule a contractée avec la matrice. Admirablb paÉCAUTioN dk LA Providence, qui appliquant ici, dans sa sagesse, la propriété qu'ont les liquides de presser partout avec une égale forge sur les orvets qui y sont plongés, a mis ainsi le 4eunb sujet àl'abm de toute compression locale qu'il

pourrait éprouver, et qui , EN INFLUANT PAR LÀ SUR CER- TAINES PARTIES DE SON CORPS, POURRAIT NON - SEULEMENT

NUIRE À l'égal Développement de tous ses organes , mais

METTRE MÊME SA FRÊLE EXISTENCE EN DANGER; tRUdis qUC

la compression plus ou moins forte de l'ovule entier , ce qui arrive à tout instant, se répartit également, à la faveur de cette savante disposition , sur tous les points du corps du jeune Être, sans produire aucun effet qui lui soit nuisible. C'est sous l'influence de ce moyen protecteur, k la fois* si simple, que le jeune sujet parcourt, sans inconvénient, toutes les phases -de sa vie au sein de sr mère, jusqu'il son entier développement, où il arrive k un volume considé-

rable au moment prescrit, où il doit voir enfin le jour, ayant atteint Torganisation qu'il doit alors toujours conserver. Tel est le mode de développement des germes des Mammifères , sans exception (1) , auxquels il faut toutefois ajouter une seule espèce de Poissons , le Galetu Ubvîs , voisin des Requins^ qui porte également ses petits à la manière des Mammifères.

Dans tous les autres animaux, le jeune sujet se sépare de sa mère dans Tacte de la génération , déjk sous la forme de simple germe renfermé dans Tœuf , et se développe dans ce dernier jusqu'k sa véritable naissance; c'est-k-dire jusqu'au moment où il devient libre.

Chez tous ces animaux, désignés de Ik sous le nom i' Ovipares, pour les distinguer des Mammifères appelés Vivipares, comme mettant au jour des petits vivants tout formés, les conditions dans lesquelles le germe se développe ne sont plus les mêmes. Les œufs , une fois fécondés, au lieu de se fixer de nouveau à la mère dans une matrice où le germe qu'ils renferment pourrait se développer, sont au contraire expulsés dans ce premier état , et le jeune sujet s'y forme sous la seule influence d'une température plus ou moins élevée, k laquelle ses œufs sont exposés pendant un temps d it d'Incubation , assez exactement déterminé pour chaque espèce.

Mais par cela même que le germe , toujours fort petit ^ grandit en se formant dans l'œuf, sans qu'il puisse tirer aucune substance nutritive du dehors , le Créateur l'a , par

SA SUBLIME PROVIDENCE, ENTOURÉ, DANS l'OSUF MÊME, DE LA QUANTITÉ DE MATIÈRE NUTRITIVE SUFFISANTE POUR SERVIR À SON DÉVELOPPEMENT JUSQU'AU MOMENT DE SA NAISSANCE , MATIÈRE qu'il ABSORBE SELON SES BESOINS.

(1) PlusieaTB Nataralistes ont pensé que les Eehidna et les Omithorhyn^ chus , animaux de la NouveUe-HoUande, pondaient des œufs ; mais c«la n'est aucunement probable.

CHAPITAB Vlil. â77

Cette substance nutritive k employer immédiatement, constitue le jaune de Vœuf , et se trouve renfermée dans la vésicule centrale de ce dernier , dont le germe fait partie. Dans les Mammifères, cette vésicule est fort petite, et ne contient qu'une très-faible quantité de cette matière, celle qui doit suffire à la nutrition du germe , depuis Tinstant où il reçoit par la fécondation son activité vitale propre, jusqu'au moment où, greflé sur la mère, il peut tirer de celle-ci la nourriture dont il aura ultérieurement besoin. Chez les animaux ovipares, au contraire, la masse de cette substance est beaucoup plus considérable, devant suffire, avec ses accessoires, jusqu'à la fin du temps d'incubation ; d'où le grand volume que présente le jaune de l'œuf chez les Oiseaux et autres animaux .

Mais CETTB ADMIRABLE PRÉVISION parait ne pas avoir été suffisante pour que le but final pût être atteint; le volume de Tœuf devait être limité à un certain maximum rigoureu* sèment nécessaire, afin que la ponte ne fût pas trop difficile, et même dangereuse pour la mère ; et cependant il devait renfermer la quantité convenable de matière nutritive dont le jeune sujet avait besoin. Or comme ses organes en se développant prennent plus de densité, et occupent par là moins de place, il aurait fini par être plus petit que l'œuf, ou celui-ci trop grand pour lui. Pour mettre ces deux condiiions en harmonie , le jaune n'a reçu que le volume nécessaire pour servir pendant quelque temps à la nutrition du germe et du Fœtus , et fut entouré d'une seconde substance , constituant le flanc, capable de se transformer en jaune par l'eflét de l'incubation, et, sans aucun doute, sons l'influence de la respiration qui a lieu à toute la surface de l'œuf. Par l'effet decetle transformation la substance du blanc augmente en volume , et compense la diminution qu'éprouve la masse du corps du Fœtus à mesure qu'il se développe ; de manièi^ que la coque de Tœuf est toujours à peu près pleine, et son contenu à peu près à son minimum, ne variant pas

278 THBOLOCIB Ml LA MATURE.

seosiblemeni. Aussi Toitron Ift grande niasse du blanc diminuer graduellement pendant l'incubation , et disparaître avant la naissance du petit oiseau ; tandis qu'il reste d'ordinaire encore une certaine quantité de jaune non employée , renfermée dans Tabdomen , comme excédant de la provision nécessaire, quantité qui ne se trouve absorbée que plus tard. Mais outre ce premier usante qu*a le blanc, il remplit

BRCORB LA GONDITIOM SI IliPORTARTB DB L'eaU CONTENUE CHEZ LBS MaHMIFÈRES entre les DEOl TUNIQUES DE LEUR CBUP, ET DANS LAQUELLE LE PQETUS NAGE; LIQUIDE ABSOLUMENT

DISPOSÉ COMME LE BLANC CHEZ LES OiSEAUi ; c'est-k-dlre quo cette dernière humeur, presque aussi fluide que Teau, presse partout également sur le fœtus; et, en troisième lieu, le blanc présente encore, par l'effet de sa fluidité, la pro*

PRIÉTÉ FORT REMARQUABLES DE PERMETTRE À LA VÉSICULE DU JAUNE DE TOURNER LIBREMENT SUR ELLE-MÊME , QUELLE QUE SOIT LA POSITION QUE PREND l'oEUT , POUR QUE LE GERME SOIT CONSTAMMENT EN DESSUS, AFIN QUE LE POIDS DU JAUNE NE PÈSE PAS SUR LUI.

Pour cela , la membrane du jaune produit , vers les deui extrémités de l'œuf, un prolongement membraneui, ou Chalaze^ qui traverse le blanc et va se confondre avec la membrane bien plus épaisse et forte constituant la coque membraneuse , qui tapisse la coquille. Mais ces deux cbalazes ne sont

PAS exactement placées dans l'axe de LA SPHÈRE QUE FORME

LE JAUNE , mais un peu vers le côté où ae trouve la Cicatricute ou germe de l'oiseau, de manière que, quelle que aoit la position de l'œuf, le centre du jaune, qui est ii la fois son centre de gravité , vient toujours se placer sous cet axe de suspension ; d'où résulte que le oerme est constamment en

Page 1