CHAPITRE IX
(le CCS animaux, dont j*ai fait robjel de mes premières publications , j'ai formé le projet de consacrer plus tard un ouvrage spécial à Tbistoire de ces métamorphoses; mais la longueur du travail, d'une part, et de Tautre le mauvais étal de mes yeux, trop fatigués aux recherches microscopiques, m'ont obligé d'abandonner, depuis de longues années, rétude de ces transformations, dont je veux essayer d'indiquer simplement ici les faits les plus remarquables ; plutôt dans l'espoir d'attirer l'attention de quelques zélés observateurs sur cet objet si intéressant que pour en donner une véritable description, qui prendrait une trop grande étendue, et serait d'ailleurs incompréhensible sans le secours d'un nombre considérable de figures.
Nous distinguons , sous le rapport des métamorphoses , les Insectes en trois catégories : ceux qui n'éprouvent aucune métamorphose apparente, ceux qui n'en subissent quune partielle, dite demi-^mélamorphose ^ et ceux qui se transforment entièrement , et comprenant k beaucoup près le plus grand nombre des espèces.
Dans la première de ces catégories , se trouve exclusivement TOrdre des Thtsamoures, où les ailes ne sont pas encore introduites dans l'organisme des animaux articulés , et qui se trouvent, du reste, dans le cas des Insectes à demimétamorphose ou de la seconde catégorie, dont la transformation consiste en ce qu'ils acquièrent simplement des ailes ; les autres parties du corps restant les mêmes ; d'où il suit que, les Thysanoures ne se métamorphosent pas du tout.
Dans la seconde catégorie se trouvent les premiers Coléoptères, formant surtout le genre Perce^Oreille ^ où les ailes commencent seulement à paraître; et en outre tout TOrdre des Orthoptères, qui se rattache ^ ces mêmes Perce-OreiUe , et tout I Ordre des Hémiptères , qui n'acquiert aussi que des ailes. Les six autres Ordres des Insectes subissent des métamorphoses complètes.
La transformation est la plus forte chez les Papillons, où la Larve ^ qui prend le nom de fhenilJe, est an aiiimal vivant de substances solides qu*il ronge avec des mandibules fort dures et bien conditionnées pour cet usage ; tandis que V Insecte parfait on le Papillon, ne peut, vu la forme de longue trompe que présente sa bouche, que sucer le miel des fleurs.
Dans toute Larve dlusectes, et par conséquent dans les Chenilles, le corps se compose , outre la télé, de douze segments consécutifs k peu près semblables, et entièrement mous chez ces derniers animaux , qui présentent de Ik tout il fait la forme de vers cylindriques
Les trois premiers de ces segments portent seuls chacun une paire de pattes écailleuses courtes , en cône grêle arqué en dedans, et composées de quatre articles mobiles saccessifs, dont les trois premiers cylindriques et le dernier en crochet; le tout semblable aux pattes des Scolopendres, où ces organes sont encore très-imparfaits.
Les deux segments suivants n*ont aucun membre et ne forment que de simples anneaux cylindriques. Les quatre qui viennent après ont la même forme, mais sont pourvus k la face ventrale chacun de deux pattes en forme de gros mamelons membraneux , foft différentes des premières, el terminées soit par un cercle complet de très-petits crochets cornés , dont les extrémités sont opposées au centre du cercle , soit par un demi-cercle de crochet seulement. Le dixiènie et le onzième segment sont de nouveau dépourvus de membres, en prenant également la forme de simples anneaux. Enfin le dernier segment porte une cinquième paire de pattes membraneuses, en arrière de laquelle est Tanus.
Sur les côtés du premier segment, se trouve, dans toutes les Larves, une paire de Stigmates; les deux suivants en sont dépourvus, ainsi que le dernier, et chacun des huit autres en porte une paire : en tout dix-huil sti|;males.
La Tête , seule écailleuse, a ordinairement la forme d*un
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orale légèrement déprimé , portant ^ son extrémité , dirigée en bas, une Bouche d'Insecte rongeur; c'est-b-dire quelle est fermée, en dessus, par une Lèvre supérieure ou Labre; qu'immédiatement au-dessous est une paire de Mandiftukj cornées, fort dures, à bord tranchant; plus bas encore, ane paire de Mâchoires membraneuses , aussi conformées comme chez les Insectes broyeurs ; et enfin la bouche est fermée en dessous par une Lèvre, composée également comme celles des Insectes broyeurs , mais aussi membraneuse, et sous cette lèvre est un petit tuyau mobile, d'où s'échappe la soie que ces animaux filent. Aux côtés de la tête, près de la bouche, sont deux petits appendices mobiles, qu'on a considérés h tort comme des palpes, étant r^'cliement les Antennes; et au-dessus, on remarque de chaque côté quatre ou cinq petites granulations arrondies, formant les cornées d'autant A' Yeux simples, rapprochés sans se toucher.
Le Canal intestinal va droit de la hanche à l'anus, comme chez tous les Animaux articulés h corps grêle, et forme successivement un Pharynx musculeux , un très-long Œsophage diiaté en un long Jabot , un Gésier petit et arrondi , dans lequel les aliments sont une seconde fois triturés . et enfin un Intestin qui se termine à l'anus.
Quant aux organes de la Respiration , de la Circulation et le Système nerveux, ils sont également comme chez les Insectes broyeurs : ce dernier présentant surtout les caractères de la loi indiquée pour les Insectes dont le corps est composé de segments semblables ; c'est-h-dire que chaque segment porte sa paire de ganglions à la Moelle èpinière.
Pour ce qui est des organes génitaux , ils n'existent encore qu'en rudiments méconnaissables , et ne se développent que pendant la métamorphose.
Outre les muscles contenus dans la tête , et destinés aux mouvements des organes buccaux , muscles également analogues Il ceux de même fonction che?; tous les Insectes
broyeurs parfaits , le corps de la chenille en renferme encore plusieurs autres servant aux mouvements des segments et des seize pattes dont cet animal est pourvu.
Les moteurs des segments se bornent généralement à une paire de lames de fibres longitudinales allant dans la région dorsale d*un segment à l'autre ; k une seconde paire, à pen près semblable dans la région ventrale , et à quelques petits muscles verticaux ou obliques placés sur les côtés ; les longitudinaux servent k raccourcir le corps et à le faire fléchir, et les verticaux à le déprimer pour le faire allonger.
C'est cette Chenille, si simple dans son organisme, si lente et si lourde dans ses mouvements, qui ne lui permettent que de ramper péniblement sur les objets qui la portent, qu*il s*est agi de transformer souvent, dans le court espace de quinze jours que dure son état de Nymphe ou de Chrysalide^ en ce charmant Papillon dont tout le monde admire non-seulement les vives couleurs variées k rinflni, mais encore l'élégance des formes , la grâce des mouvements ec la légèreté de son vol folâtre; nouvelles conditions qui exigent une complication beaucoup plus grande dans la composition du corps, et une précision bien plus rigoureuse dans les mouvements particuliers de chaque organe ; et d'où résulte en quelque sorte un tout autre mode d'organisation. Or tous
ces CHANGEMENTS MERVEILLEUX , LE CrÉàTEDR LES A OBTENUS PAR SA TOUTE-PUISSANCE ^ EN NE MODIFIANT SIMPLEMENT QUE PLUSIEURS ORGANES DÉJÀ EXISTANTS, ET EN SUPPRIMANT d'autres DEVENUS INUTILES, POUR FAIRE OCCUPER LEUR PLACE À CEUX QUI ONT DU AUGMENTER DE VOLUME , AFIN DE CONSERVER, PAR CETTE SAGE ÉCONOMIE d'eSPACE, LES PRO- PORTIONS LES MIEUX APPROPRIÉES AUX FONCTIONS QUE LES OKGANES ONT À REMPLIR SANS QUE, NULLE PART, IL Y AIT AUCUNE PLAGE PERDUE , ET SANS CRÉER RÉELLEMENT DE NOU- VELLES PARTIES.
Sous leur forme de chenilles, ces animaux, ainsi que tous les autres Insectes, changent plusieurs fois de peau;