CHAPITRE XIL
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Une autre question de la plus haute importance, mais bien difficile k traiter, est celle de savoir si les trois agents
qui animent la matière, créés par l'Eternel , sont k jamais permanents , ou sujets à la destruction comme les corps qui en sont le siège. Quant à lUr/^/ipe , l'observation de tous les phénomènes de la Nature nous prouve qu'elle est étemelle; ses effets, tout en variant dans leurs formes, restant rigoureusement les mêmes dans leurs principes ; depuis que l'univers existe, et malgré les modifications que la matière éprouve par ses combinaisons, dans la composition et la décomposition des corps.
Quant à XAme et k Y Esprit^ Tobservation ne nous fournit, dans l'état actuel des sciences , aucune preuve matérielle directe de leur permanence éternelle, ou comme on est couvenu de dire k leur égard, de leur Immortalité ; preuves que la Physiologie et la Psychologie , mieux étudiées dans leurs principes transcendants , pourront peut-être fournir un jour, mais qui, peu cultivées jusqii'k présent, ne nous enseignent presque rien sur les fonctions intellectuelles , et moins encore sur l'influence que TAme et l'Esprit ont , soit sur je sujet qu'ils animent, soit sur d'autres individus. Que savonsnous, par exemple, sur l'étendue de la sphère d'adivitéde ces deux agents de la vie, pour être en état d'apprécier jusqu'où peut aller leur influence , et savoir quels effets ils peuvent produire? Très-peu de chose sans doute, sinon presque rien.
Or ces grandes questions de haute Physiologie et de Psychologie expérimentales ne pourront être traitées un jour que par des hommes qui , libres de tous préjugés et habiles
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dans Tart de rexpérimentation , auront fait une étude appro* fondie de ces sciences , en les tirant des mains des charla* tans qui les exploitent dans un honteux intérêt pécuniaire, sons les noms de Magnétisme animal ou de Mesmèrisme. Espérons toutefois que cette science, cultivée enfin par des savants probes, et capables d'apprécier h leur juste valeur les phénomènes que Texpérience peut faire connaître, sortira bientôt des ténèbres dans lesquelles elle est retenue, soit par eenx qui cherchent à en faire un moyen de tromper le public, soil par la crainte qu'ont les savants consciencieux de se voir confondus avec ces mêmes charlatans. C'est, je n'en doQte pas , de l'étude de ces phénomènes du raesmérisme que jailKra un jour la lumière qui éclairera la vraie religion, en faisant connaître les rapports qui peuvent exister entre l'Ame, l'Esprit et le Créateur.
Mais quoi qu'il en soit de l'état actuel de la Physiologie et de la Psychologie , sciences encore bien arriérées sous le rapport de la connaissance des phénomènes dans lesquels l'Ame et TEsprit peuvent se manifester h nos sens, nous pouvons cependant arriver, par diverses inductions, b prouver que réellement ces deux agents sont , comme l'Archée, également éternels. En effet, déjii la simple analogie avec cette dernière indique qu'ils doivent , comme elle , être b jamais permanents; et cette probabilité devient encore plus grande par cela que nous reconnaissons leur existence par leurs effets, tandis que nous n'avons aucune preuve de leur destruction. Nous voyons bien périr et se décomposer les corps qu'ils ont animés , et dont ils sont par Ih obligés de se séparer, mais rien ne nous montre qu'eux-mêmes périssent ; et comme , en bonne logique , on ne doit croire que ce dont on a des prentes ; rien ne nous autorise & admettre que l*Ame et l'Esprit cessent d'exister avec l'individualité dn corps qn'ils ont vivifié, et qui se décompose sous nos 7e«x. J*en appellerai en outre, ^ ce sujet, au sentiment instinctif que le Créateur a mis dans l'intelligence de tous les