‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 77 sur 136 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

par la simple puissance de sa volonté et le gouvernant par ses lois (i). Yoilh, comme on voit, le système de théologie et de cosmogonie tel qu'on Tadmet généralement encore aujourd'hui , sans avoir rien changé de fondamental , si ce n'est d*avoir remplacé Timagedu feu ou de la lumière, sous laquelle les Chaldéens se représentèrent la Divinité, par Tidée d'un Esprit immatériel ; ce qui revient k peu près au même. Cette idée d'esprit n'est en effet qu'une abstraction , ce nom ne désignant qu'un objet que nous ne pouvons pas concevoir, et par lequel nous exprimons précisément que l'essence de la Divinité est au-dessus de notre entendement; tandis que les Chaldéens se représentaient du moins cet Être tout-puissant soos l'aspect de l'objet sensible auquel rien ne résiste , en même temps qu'il approche le plus de l'immatérialité ; c'està-dire sous celui de la lumière ou de la chaleur, principes desquels naît en effet tout le bien dont jouissent les hommes et toutes les autres créatures.

Les anciens ne connaissant pas le véritable système du monde, crurent, d'après l'apparence, que le globe terrestre était la partie principale de l'univers, pour laquelle toutes les autres étaient faites; qu'en cette qualité il occupait le centre de l'univers, et que dans l'immensité de l'espace qui l'entoure se trouvaient successivement Y Air, la Lune, le Soleil^ Vénus^ Mercure^ Mars, Jupiter^ Saturne, tous astres errants; et qu'au^essus d'eux étaient les Étoiles fixes y qui tournent avec (ont le ciel en vingt-quatre heures autour delà terre, en restant d ailleurs dans les mêmes rapports entre eux (2). Mais, que dans l'origine des temps, tout ce qui constitue aujourd'hui l'univers formait, ainsi que je viens de le dire, suivant l'opioion des Philosophes chaldéens, un immense Chaos" (j[ui, syant été mis en activité, a fini par former non-seulement le globe terrestre, mais encore les astres et tout ce que l'espace

(1) Diod. Sic, I. 2.

'2) Lettre d'Àristot^les à Alexandre ,cïiB[i. II.

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enserre. C'est-à-dire que la matière proprement dite coastitaait tout ce qui est appréciable au sens du toucher, et autour une lumière et un 'eu ; semblables à ceux qui Trappent également nos sens, et desquels découlent directement les bienfaits dont le monde est gratifié. Mais comme il leur parut évident que le bien et le mal qu*ils voyaient régner alternativement partout autour d'eux, ne pouvaient ressortir de la même cause, ils crurent devoir admettre, pour se rendre compte de cet antagonisme, encore un autre Être supérieur, en opposition perpétuelle d'action avec cette lumière bienfaitrice , et trouvèrent ce Génie du mal naturellement dans les Ténèbres, qui partiigent avec la lumière Tempire do monde, en produisant partout les effets contraires. Quoique cette idée soit, comme on voit, complètement vide de sens et passablement sophisMque, les ténèbres n'étant rien par elles-mêmes, mais simplement Tabsence de la lumière, il en découla toutefois pour les Ghaldéeqs et autres peuples orientaux , une foule d'autres opinions tout aussi erronées, qui amenèrent par l'abus des cpnséquepces hypothétiques toute la théogonie si vaste des païeps.

Ces deux puissances aptagouistes se trouvèrent naturellement représentées par les deu)^ astres les plus apparents du firmament, le Soleil et la Lune, dont l'un est en effet U source d'où jaillissent ces flots de lumière et de chaleur qui vivifient tout, et dont l'autre accompagne les ténèbres qui succèdent à la lumière du soleil, lorsque cet astre disparaît en descendant au-dessous de Thorizon. Plus tard, ces deux corps célestes ayant été pris eux-mêmes pour les divinités qu'ils représentaient, on leur éleva des autels, leur supposant , assez naturellement aussi , des influences spéciales sur les Êtres matériels de toute espèce, et surtout sur le sort des hommes; croyance qui devint la source de toutes les superstitions de l'astrologie, science dans laquelle les Chaldéeus passaient surtout pour avoir des connaissances très-profondes.

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