‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 78 sur 136 · CHAPITRE IIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIII

Enfin, au-dessus de la région ocx^upée par le Soleil et la Lune, régnait avec gloire h Lumière incrèéBy le Feu irUeUectueî éminemment sage et tout-puissant, le Dieu suprême des Chaldéens, qui brille dans les astres , même k travers les ténèbres.

De la Cbaldée ces idées théologiques et cosmogoniques passèrent, k ce qu'il parait, dans les autres pays circonvoi^ sios, où existèrent, à quelques modifications près, au fond, les mêmes principes.

§ n. Théogonie des Perses.

C'est ainsi qu'on retrouve dans la théogonie des anciens Perses, voisins des Chaldéens, absolument les mêmes bases essentielles, mais avec quelques détails de plus ; c'est-à-dirQ que leurs Philosophes reconnaissaient un Être Suprême, incréé, étemel^ qu'ils nommaient Miteras , de Mithr, mot qui signifiait Grand, Maitre unique , Divinité qu'ils désignaient aussi sous le nom de Dieu invisible, de Tout-Puissant, et qu'ils regardaient comme Y Auteur et le Père du monde ; idée qui rentrait , comme on voit , entièrement dans celle que nous nous faisons encore aujourd'hui du Dieu créateur, le nom seul différant.

De même que les Chaldéens, les Perses se représentaient cette divinité comme un Feu intelligent, dont les rayons et l'action se répandent dans tout l'univers. Or, comme la lumière qui éclaire le monde émane avec chaleur du soleil, il était naturel qu'ils regardassent cet astre comme le séjour de leur divinité, et plus tard comme la divinité elle-même; d'où ils lui rendirent un véritable culte. Une fois cette première allégorie admise, ils allèrent plus loin, en représentant le feu divin dans leur temple, par des feux réels permanents, que le peuple finit par prendre à son tour pour le Dieu luimême, et auxquels il rendit un véritable culte ; de même

que nous voyons de nos jours des gens se prosterner devant des crucifix ou devant une image de saint, en leur rendant un hommage qui n'est dû qu'à la Divinité.

Les Perses regardaient toutefois le Feu principe comme étant seul le vrai Dieu , et les Feux émanés simplement comme des Dieux subalternes; et plusieurs savants prétendent même que le Feu n'était réellement qu'une image allégorique, sous laquelle les Perses se représentaient la véritable Divinité toute-puissante et intellectuelle ; mais bien que cela soit très-probable . ce n'est toutefois qu'une simple conjecture. Quoiqu'il en soit, il est assez naturel que lesM ages(l) aient vu dans le feu , élément incorporel et tout-puissant, auquel rien ne parait pouvoir résister, l'image de la Divinité, sinon la Divinité elle-même; et voyant une chaleur vive , permanente et bienfaitrice émaner du Soleil , il était plus naturel encore qu'ils considérassent cet admirable astre que l'œil ne peut fixer, comme le Dieu réel; tout cela à l'instar des Chaldéens.

Diaprés les Mages, Mithras, ou le Feu , le Dieu suprême a engendré deux autres divinités, Orohaze et ârimane, de nature opposée; la première, bonne ^ était la Lumière ^ et la seconde , mauvaise , était les Ténèbres ; deux Êtres qui restèrent toutefois soumis à sa puissance et à sa médiation. Oromaze était seul considéré comme une émanation substantieUe de Mithras. et Arimane simplement comme une conséquence inévitable; c'est-à-dire, comme une négation du premier de ces principes. En effet, il n'y a rien de plus naturel que cette double dérivation de ces deux divinités de second ordre?Si ce Dieu éternel, tout-puissant est le feu, la lumière qui en émane est de son essence et, de la , également Dieu. Or, comme la lumière du Soleil porte la vie et le bien-être partout, les IVrscs ont très-bien pu la considérer aussi comme divine,

(1) On nommait ainsi chez les Perses, et même chez les Chaldéens, les Savants , les Philosophe? et le,* Théologiens.

Page 1