CHAPITRE XIII
eommim et plus universellement établi que le bieb. Quàilt au second combat , où Typhon divise même le corps d'Osiris en plusieurs parties , il signifie , k ce qu'il parait , que les âmes étant considérées par les Égyptiens comme des émanations partielles de la Divinité, sont dispersées et réunies de nouveau plus tard , par les soins dlsis , ou de la Sagesse divine , au sein de TËtre Suprême , d*où elles sont venues , tandis que rintelligence divine elle-même est immortelle et indépendante de toute influence étrangère ; voilà pourquoi elle a subsisté , et a continué à régir l'univers , en mettant dans Arouéris ou Plan du monde, les instructions ou les Lois d'après lesquelles le monde doit être exclusivement régi, sans que le mauvais génie puisse y avoir la moindre action , et rester ainsi vaincu par la volonté du Créateur, formulée en lois universelles et immuables.
J'ai dit plus haut que les anciens Égyptiens avaient deux divinités, Âihyr et Kneph; que la première, qu'ils regardaient comme la mère ou Torigine de tout, était représentée avec les mêines attributs que Rhéa, ou la matière à Tétat de chaos. Mais il n'est pas si facile de déterminer à quoi répond, dans la théogonie de Rhéa, le principe désigné sous le nom de Kneph. Ce nom signifiant beau, bienfaisant^ semble bien se rapporter par là à Osiris; mais il parait plutôt signifier le Feu primordial ; les Égyptiens considérant cette divinité comme la cause active de l'univers, le principe éternel et immortel ; et comme ils le représentaient sous la figure d'un homme ayant un œuf dans la bouche, œuf d'où est né Phthas ou le Soleil, mais plutôt la lumière, il est probable que cette dernière divinité était la même chose qu'Osiris. C'est-à-dire que Kneph était le feu primordial l'Orofnaze des Perses, le principe actif qui mit le chaos en mouvement. Cela parait du moins probable , et que de Tœuf qu'il tenait dans sa bouche était sorti , non le soleil, feu principe, mais la lumière, symbole de l'intelligence créa^ triée, ou Osiris.
ÂOA TABOLOCII Dk Li MaTOME.
Les anciens Égyptiens connarent donc le vrai Diko créa^ TEUR dès les âges les plus reculés , ainsi que cela ressort de la fable d*Osiris ; et cela ressort en outre du récit que fait Moïses dans Tbistoire des Israélites, de Tcntretien que Joseph le patriarche eut avec le Pharaon de ce temps, en lai expliquant ses songes , où celui-ci dit à ses serviteurs (1) : « Pourrwis-nous trouver un semblable à celui-ci qui eùl > Vesprit de Dieu ? » et c Puisque Dieu t'a fait confuiitre » toutes ces choses, il ny a personne qui soit si entendu ni si » sage que toi » Ce qui prouve que Moïses admettait que déjà alors, environ 2250 ans après la création du monde, ou 2100 avant J.-C. , le Pharaon de ce temps croyait à la toute-sagesse de TEspritdeDieu.
Cette théogonie des anciens Égyptiens est fort ingénieuse, il est vrai, mais, tout en reconnaissant le système allégorique sur lequel elle repose, on peut toutefois faire de grandes objections relativement à la vérité de la comparaison et à la justesse des conséquences qu'on en a déduites. Eu eiïet, si sous le nom de Rhéa on entendait Tunivers matériel, informe ou le chaos, cette matière avait toutefois besoin d^étre formée pour devenir le monde ; c*est-k-dirc que, pour devenir l'univers actuel, il a fallu qu'une puissance active influât sur elle. Or il u*est nullement question de cet agent actif; il est seulement dit que Rhéa épousa le SoUil^ei d'autres Mythologistes disent que c'est le Ciel; mais quoi qu'il en soit, il fut toutefois admis que l'un ou l'autre était coéternel avec elle, et si Rhéa représentait la matière chaotique de tout l'univers, le soleil ou le ciel devait être considéré comme un Être puissant non matériel; c'est-à-dire qu'on devait le regarder comme une divinité active plus élevée qu'05tm,à qui elle a donné naissance. Osiris n'était donc pas le vrai créateur éternel, mais un Être lui-même créé.
Si, au contraire, suivant l'autre acception, on considère
(1) Genist, chap.XU , 88, 39.
CHÀPITRI XIII. 405
Rhëa comme étant le globe terrestre, que les anciens ont pu admettre comme éternel et base de l'univers, la même difficalté existe toujours, car elle ne pouvait produire que ce qui existe dans le monde au moyen de la puissance créatrice de son auguste époux , qui devait encore par Ik être considéré comme le véritable créateur éternel.
Enfin, de quelque façon qu'on considère Tallégorie, il demeure constant que les anciens Égyptiens ont admis en dehors de la matière une puissance active, au moins coéteroelle avec elle, qui, dans l'origine, a mis cette matière en action et a tout produit avec elle; divinité qui répond a Mithras des Perses, ou bien au Feu intelligent, à la Lumière incréée des Chaldéens; et en effet c*est sous l'image du Soleil ou de la lumière étincelante du ciel, que les Égyptiens représentèrent le premier et principal époux de Rhéa; et ce n'est évidemment que par une espèce d'inconséquence qu'ils considérèrent Osiris, fils de Rhéa et du Soleil, comme le véritable créateur.
Suivant des mythes grecs, Osiris aurait été fils de Jupiter, et d'après d'autres il serait né de lui-même; ce qui répond mieux b Tidée qu'il est éternel et la cause première de tout. C'est dans ce sens aussi que les Egyptiens ont dû le considérer comme le vrai Dieu unique et étemel ; dogmes qu'ils enseignaient dans leurs mystères.
§ lY. Théogonie des Grecs.
Quant a la religion des anciens Grecs , peuple dont la théogonie constitue en partie ce que nous nommons aujourd'hui la Mythologie , elle ne parait pas avoir été importée en toute chose chez cette nation par ses colonies venues d'Egypte; les deux théogonies étant trèsdifférontes dans leurs principes, vu qu'il n'est point question dans celle des Grecs ni i^Osiris ni d'/«w, à Arouiris, de Typhon et de Nephthys, les cinq enfants de Bhéa^ aucune de ces divinités
406 nobu>6ii di la haturs.
n'ayant jamais reçu de culte, soit en Grèce, soit dans aucane autre partie de l'Europe, où l'on adorait li leur place Jupiter et toutes les autres divinités qui se rattachent k ses mythes. Il parait, au contraire, que le culte des dieux de la Grèce fut plus tard introduit en Egypte, où on leur bâtit divers temples, dont je ne citerai que le plus célèbre, celui de Jupiter Ammorif dont les ruines existent encore dans l'Oasis deSiouah.
La croyance religieuse des anciens Grecs parait , au contraire, avoir été apportée d'Asie dans le Péloponèse; c'est du moins ce qui ressort de ce qu'lNAcnus, qui y fonda le royaume d'Argos, moins de 400 ans après le déluge, environ 2,000 ou l,8o0ans avant J.-C., et 150 ans avautMoises, était venu de la Phénicie , et y apporta l'histoire merveilleuse de Jupiter, guerrier de son pays; histoire qui devint plus tard la base de la Mythologie des Grecs arrangée pour le peuple, et si étrangement compliquée par les Poètes. Suivant Pausanias , Phoronée , fils d'Inachus , y établit le culte des Dieux; et si plus tard, 1,643 ans avant J.-C., Cé- GROPS, chef d'une colonie égyptienne , qui vint s'établir dans l'Attique, y apporta, ainsi que cela est probable, la religion en usage dans son pays, et par conséquent le culte d'Osiris et d'Isis, cette croyance religieuse y a disparu plus tard , car nulle part, ainsi que je l'ai déjà dit, on n'y a élevé de teo^^le à ces divinités.
Si en effet Inachus était Phénicien, il serait très-possible qu'il ait eu connaissance de U religion professée par Abraham , qui était venu antérieurement de la Ghaldée s'établir dans le pays de Chanaan, et aurait en conséquence connu le culte que ce premier chef des Israélites rendait au seul Dieu le Créateur ; si toutefois cette croyance ^n un Dieu unique éternel n'a pas été établie plus tard seulenient parmi les Hébreux par Moïses, qui, copnme on le verrsi plus loin , donna k l'Être Suprême le nom de Iéhova.
Or les savants s'accordent généralement ^ considérer les ngms de Iéhova, de lao, de laho-pater^ de lov^ et de low
CHAPITRS XIU. 407
paier, qui désiguaieut le Père des Dieax , comme étant le même nom modifié par la prononciation ; et du dernier on a enfin fait lupiter, nommé en grec Zeus, dont le génitif Di6s ne difi%re que fort peu de '^heos , nom grec ie Dieu , qu'on prononçait à peu près Zeu^; 4*où i^t l)ien évidemment venu en latin le iqot i><ii^« et epQKi en français le mot Dieu.
Cent ans environ après Géerops, Linus, qui vécut , à ce qu'on pense , longtemps après Moïses ( 1 ,483 ans avant J.-C. ) on plus tard encore, a, dit -on, même déjk composé une Cosmographie, qui çQm^^^ce par les mots : < Il fui un temps où tous les êtres pfftr^n^ natssoAca. i Ce qui indique qu'il a probablement eu connaissance de la Cosmogonie de Moïses , mais preuve toutefois qu'il ne considérait pas l'état du monde , tel qu'il le voyait comme existant de toute éternité, et qu'il admettait, en con§^queacf^, qu'il a existé avant une Cause première intellisienle qui a tout produit.
^près lui, ORPHÉps, qu'pp croit avoir ^té sopdiscjple, était, dit-on, de Thrace, fils du Roi Oëagrius, et l'un des hommes les plus vénérés de l'antiquité. Il voyagea beaucoup dans les pays étrangers pour s'instruire, et surtout e^ Egypte où il de^neura longtemps, et y fut ^dmis p^ar Içs prêtres d'Héliopolis, de Thèbps, etc., k fa pratique de leuf^ mystères; ce qui ne (aisse aucup doute qu'il a eu conpaisT sance non-seulement ^Ç. I^ur théogonie, q^ais aussi de U théologie et de la çosinoigonie ^çs Hébreux ; sciences dpqt il s'occupait principalement, ayant é^é ^ la fois Théologien Philosophe, Législateur et Poëtç. Aussi r^pporta-t-il dans sa patrie des notions très-étendues sur ces divers genres ^^ connaissances; et dans les ouvrées qu'on lui ^ttribue on trouve entre autres, sa croyance à un seul priqpjpe unjvef- , sel, cause de tout, s'exprimant ainsi dans ses vers (1) ^'après Aristotéles :
(1) L$tiite à 42«fiaf)4r< c^ le Sfifii^me ^u Monde, cbap. VU, traduit par Vabbé Battecx.
408 THEOLOGIE DE LA IfATU&K.
« Jupiter est premier, Jupiter est dernier.
De son essence souveraine.
Seul élément de TUnivers,
n compose et remplit la chaîne
Que forment les Êtres divers.
De la Terre et des deux c*est la Base étemelle.
Par Lui tout naît , tout est produit:
Il est répoux fécond et la Nymphe immortelle. G*est le Flambeau du jour, c'est TAstre de la Nuit ; C'est le Feu qui m'anime , et l'Air que je respire ;
C'est l'Onde du liquide empire.
Enfin par Jupiter Tonnant ,
Père de tout , Moteur et Maître , Tout en tout lieu, va du néant à l'être ,
Ou revient de l'être au néant »
Selon Orphëus, Jupiter n'était donc pas le Chaos, mais bien le Dieu créateur , éternel et tout-puissaiit.
On retrouve ainsi déjk , dès la plus haute antiquité , ches les Grecs , les mêmes idées générales sur les causes premières ; c*est-k-dire celles d'un Être Suprême tout-puissant, qui a créé , dans sa sagesse infinie , Tunivers et tout ce qu'il renferme; seulement ils le personnifièrent souvent dans chacun de ses attributs , et lui donnèrent de Ik différents noms , qui amenèrent plus tard le peuple à considérer ces noms comme appartenant k autant de Dieux difiérents ; d*où cette innombrable légion de divinités de tous rangs, et chez elle ce mélange si bizarre de facultés divines jointes à des passions humaines allant jusqu'aux vices les plus odieux.
Suivant Hérodote , les Pi^làsges , peuple aborigène de la Grèccr, avaient déjk, avant l'arrivée des colonies égyptiennes ( plus de 1,900 ans avant J.-C. ), l'idée de la Divinité, sans toutefois la désigner sous un nom spécial. Us admettaient l'existence d^Êtres surnaturels tout-puissants , qui avaient formé tout ce qui existe , et gouvernaient le monde. Mai$ on ne sait rien de leur théogonie.
CUAPITRB XIII. 409
Dans les mystères Éleusiens , qu'on célébrait h Athènes en Ihonneur de Cérès et de Proserpine déjà environ 4,400 ans avant J.-C. (1), et plus tard dans tout l'Orient, on enseignait dans les tenaples non-seulement la morale, la justice et la pratique de toutes les vertus , mais encore , et surtout le dogme de l'immortalité de l'Esprit et la
CROYANCE EN UNE VIE À VENIR, OÙ ICS hommCS VCrtUCUX
jouissent d'un bonheur ineffable dans un lieu délicieux, qu'ils nommaient les Champs- Êly ses ^ répondant au Paradis des Chrétiens ; et cela comme récompense de leurs mérites pendant leur existence sur la terre ; tandis que les méchants étaient renfermés dans le Tartare , lieu que les Chrétiens nomment V Enfer. Cetfe croyance k une rémunération après la mort était ainsi presque aussi ancienne en Grèce que la sortie d'Egypte des Israélites, tandis que cette croyance n'est nulle part formellement exprimée ni dans les Livres de Moïses, ni dans aucan autre de tout l'Ancien Testament; où il n'est parlé de la vengeance divine qu'en menaçant les pécheurs de malheurs purement physiqueset temporels, tels que la guerre, le pillage, la famine, le feu , la maladie et la mort. Le culte extérieur du temple d'Eleusis ne consistait , au contraire, qu'en cérémonies et en sacrifices qu'on offrait aux Dieux du Paganisme, mais qui ne constituaient pas, comme on voit, le seul et vrai culte qu'on rendait k la Divinité. Cette croyance k une vie future a d'ailleurs été professée en tous ' temps par la plupart des Philosophes de l'ancienne Grèce. Nous voyons ainsi que déjk dans les temps dits fabuleux remontant k peu près jusqu'k Moïses, la théogonie était simple et dépourvue de toutes explications scientifiques, dans lesquelles on n'est entré plus tard que pour tâcher de reconnaître les causes et la possibilité de la création. Les Egyptiens avaient leurs Mythes d'Osiris et d'Isis, établis comme un fait auquel le peuple croyait par la foi , sans "■ , , ., ... .•
(1) D'après les chroniques de Paros.
410 TIlfoiJOGIB OS LA HATURB.
chercher à Texpliquer. Les Chaldéens avaient leur Divinitë figurée sous l*image d'iine lumière iDlelIigeote , infinie. Le^ Perses se la représentaient sous celle du Feu , dont le Soleil était le représentant, ce qui, en principe, revenait au même. Enfin les Hébreux, sans chercher quelle a pu être dans l'origine la cause première de la Divinité, Tout admise comme un Être généralement conqu d^ns son essence parement spirituelle; aussi l^oïses, le fondateur de leur religion , n'explique-t-il , dans U Genès$ , que la Cosmogonie et non la Théogonie. Mais plus tard, <]l^ns le courant du sixième siècle avant J.-G. , éppquç où tes sciences ont çoiçmeDcé ï fleurir en Grèce, les savants ou philosophes, commencèrent, du moins selon les document^ arrivés jusqi^*^ nous , k chercher à se forpier une idé^, des csm$ie^ qui ont pu , dans l'origine, produire l'état pré^ça[it à^ mpnde; et faute de données certaines , ils ont fondé , soit sur la tradition , soit sur Tobservation des phénomène^ de Isi pâture doi^t ils ont essayé de se rendre compte, 4es ^^(èfn^ p^s ou moins hypothétiques.
Plusieurs historiens çonsjdèr^nt TQ^t^Ès , q\\\ yécqt enTÎ-: ron 600 ans avant J.-C. , comme le fond^t^ur de la philosophie en Grèce ; mais on vient de voir que plus de 800 ans avant , Orphéus y avai^ déjl( enseigné non-seulement la philosophie proprement dite, m^js encore plusieurs a^utres sciences, de manière qç)'^ T^poq^e de '][halès, la philosophie devait déjk avoir fait a^ssez grands progrès pour sa m'êter au développement d'un systè^ne de théogonie et de cosmogonie , en apparence plu^ scientifique que celle dç Moïses ; mais pour cela ni pliis clair^ ni plus vraie.
Quoique Homère eût cré^ , dans ses poésies , un grand nombre de divinités, il n'en admit toutefois lui-même qu'une réelle, le CRÉATEUR, cpnnue sous le nqqi dç Jupiter, dont il disait que la volonté suprême est la derfiière raison de tout; opinion qui ressort, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, de l'enseignement de tous les anciens philosophes, qui n'admettaient les autres divinités qqe sim-
CHAPiTRx un. 411
pleinent comme des Êtres secondaires ayant quelques offices , sans se croire pour cela idolâtres ; pas plus que les Chrétiens d'aujourd'hui , qui admettent le pouvoir surnaturel des Saints qu'ils invoquent et qu'ils prient en se prosternant devant leurs images , ne conviennent qu'ils sont idolâtres et pplytl^éistes. Les anciens païens donnaient pour raison de Fadors^tion ^es Dieux du second ordre, que Jupiter, ne pouvant pas tout gouverner par lui-même jusqqe dans les ininutieux détails de la vie privée des hommes, devait en abandonner le soin à des Dieux subalternes , ses ministres , auxquels on sacrifiait de 1^ également pour se les rendre favorables, absolqment comme on fait aujourd'hui des offrandes aux Saints, en implorant leu^s bons offices auprès de l'Être Suprême, qui, bien qu'il soit, d'une part, considéré comme tout-puissant et tout-savant , est cependant regardé comme ayant besoip d'être sollicité ps|r les Ss(ints pour accorder le bien que les hommes lui demandent, ce qui rabaisse , sans qu'on y pepse, considérablement la toute-çcience du Créateur. Si les Anciens ont eu des Dieux particuliers k chaque pays, k chaque ville et bourgade, et jusqu'^ des Pénates propres à chaqye maison , une foule de Chrétiens de nos jours n'ont -ils pas aussi leurs Patrops et Patronnes des divers villes et villages , auxquels ils rendent un véritable culte? Ne voyons-nous p^s de nombreuses Églises élevées à une foule de Saints, et, dans la plupart, un autel spécial dressé a la Sainte Yiprge, qu'on 9ç|pre formellement k l'égal de l'Être Suprén^e? Dans quel but fajHn des pèlerinages , même k de trèsr-grandes dislances, au^ temples de quantités de saints, devant ]es images desquels on se prosterne, si ce n'est pour lesprier d'intercéder auprès du Dieu suprême, afin d'obtenir de lui les biens qu'on désire, si ce n'est dans la croyance que ces divinités de second ^t de troisième ordre ont spécialement chacune le pouvoir de faire accorder la faveur qu'on implore? On a beau prétendre que ce ne sont là quç 4^S hommages qu'on leur rend , ce sont ))ien de
41 i TRBOLMIE DE L4 RATUM.
véritables adorations qii*on oc doit jamais adresser qal rÉtemel.
Mais que dis-je? ne va-t-on pas en pèlerinage pour adorer de simples objets, tels que la soi-disant tunique de Jfésas- Cbrist, qui a tout k coup, dit-on, apparu k Trêves il y a quelques années, qui, fut-elle réellement ce qu on prétend qu'elle est, n'en serait pour cela pas moins un objet d*art, une véritable idole. Enfin, les Rosaires^ les Branches éCarbra^ les Médaillée^ les Bagues et autres cboses bénies , les vêtements mêmes des malades qu*on fait simplement toucher aux cbàsses des Saints , pour les rendre propres & guérir, ou à préserver du mal , ne sont-ils pas en réalité de véritables Amulettes; et ces personnes qui se croient si avancés en civilisation , osent blâmer les païens , en leur reprochant leur polythéisme.
Les anciens Philosophes de la Grèce, ne voulant plas croire, par la simple foi religieuse , à tout cet échafaudage de Mythes et de Symboles qui compliquaient leur religion, n'admirent, comme les Israélites, qu'un seul Dieu éternel; mais ils voulurent toutefois t&cher de concevoir son essence, 8(* faire une idée de l'action qu'il exerçait sur tout l'Univers, et expliquer en même temps l'origine des choses, par les conséquences qu'ils crurent pouvoir tirer de Tobservalion des effets qu'ils voyaient s'accomplir sous leurs yeux. Delà, plusieurs systèmes de cosmogonie, fondés, autant que possible , sur des faits scientifiques connus, peu nombreux alors, mais la plupart inexacts. Système où de simples apparences furent, dans nombre de cas, prises pour des réalités dont l'exactitude parut démontrée ; et les trouvant d'ailleurs insuffisants, ces Philosophes furent obligés d'avoir recours à des hypothèses, quelquefois ingénieuses il est vrai , mais le plus souvent extravagantes, par lesquelles ils tombèrent Hans les erreurs 1rs plus grandes ; quoique leurs systèmes fussent au fond toujours les mêmes. Ces Philosophes aperçurent bien la vérité du principe sur lequel ils se fondaient;