‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 89 sur 136 · II · texte numérisé non relu

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comme au 8"% cet autre refrain : « ÀiiMi fut U sotr, ainsi fut le matin; ce fat le troisième jour» »

Du 14™' au 19"''' Verset, et au quatrième jour de la création, rÉtre Suprême crée les astres sous le nom de Luminaires c pour séparer la nuit d'avec le jour, » Ici encore Tauteur de la Genèse n'exprime qu un simple effet d'apparence pour lui, mais qui est loin d'être réel» cette création ayant la grande importance, comme il veut le faire croire, queces luminaires sont spécialement destinés à < luire sur la terre^ i queMoisesa crue être le seul objet des soins du Gréalair. Mais cela a toutefois dû lui paraître ainsi» vu qu'il croyait , comme te vul*gaire le croit encore aujourd'hui, que toutes ces innombriblés étoiles n'étadent là que iK>ur la satisfaction des bomoies, pour qui Dieu a créé tout l'univers ; tandis que cbacim de ces luminaires est un astre semblable à notre soleil , et comme lui centre d'un système de planètes, à peu près indépendant du nôtre, mais non fait expressément pour servir < de signes^ et pour Us saisons^ et pour les jours ^ et pour les années f » pbrase qui semble faire allusion aux connais* sauces astronomiques dues aux découvertes des hommes, et sur lesquelles Moïses a déjà pu avoir quelques renseignements , sans connaître sans doute Texistence des autres planètes, et moins encore les autr^ systèmes célestes, dont les étoiles fixes sont les soleils.

Les Versets 20 et 23 sont relatifs à la création des Animaux. Ce furent d'abord les espèces aquatiques, puis les Oiseaux, avec le refrain poétique ordinaire : « Ainsi fut le soir , ainsi fut le matin ; ce fut le cismuiéme jour, »

Aux Versets 24 et 25, Dieu crée les animaux terrestres éi entre autres les < Animaux domestiques* ;» Or ce n'est point rÉtre Suprême qui a rendu certaines espèces domestiques par l'effet d'une création spéciale, mais ce sont bien les hommes qui , voyant qu'elles pouvaient leur être plus particulièrement utiles . tes ont soiunises à leur puissance en les

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privant de leur liberté, et cela noo-seulement quelques Mammifères, comme Moïses a évidemment voulu l'exprimer» mais aussi plusieurs Oiseaux et même des Insectes déjà créés avant l'homme suivant le texte Mosaïque; tandis que Dieu n'a réellement créé que des espèces sauvages que les hommes ont soumises plus tard selon le besoin de leur civilisation , ainsi que le prouve l'observation. En eflTet, le nombre des espèces animales domestiques che^s les divers peuples est» pour e0 fait même , le caractère d'une civilisation plus ou moins avancée; les hordes les plus rapprochées de Tétat sauvage primitif de l'espèce humaine ne possédant encore de nos jours, aucun animal domestique ; et le premier qu'on voit paraître est le Chien servant à la chasse, et non le Boeuf, l'Ane, le Cheval» le Mouton et la Chèvre comme rentendraa* teur de la Genèse. Cela est si vrai qne ces animaux ou leurs analogues, réduits k la domesticité , ne se trouvent que choc les peuplée déjà très- avancés en civilisation, arrivés k l'idée de richesse et à celle d'un grand bien -être; tandis que les véritables peuples sauvages ne possèdent en particulier que quelques armes propres à la chasse, ce qui est même déjà le signe d'un commencement de civilisation; d'où il est très-probable qu'ÂDAH et ses premiers descendants n'en possédaient encore aucune, se contentant de vivre du fruit des arbres ou d'autres objets aussi faciles k se procurer, et que ce ne fut que longtemps après ce premier Être humain que , par l'effet de leur intelligence innée et de leur sociabilité, les hommes ont enfin conçu l'idée de propriété privée , et ont eu par là la pensée de s'attacher certains animaux et de cultiver tels végétaux qui pussent leur offrir divers avan- Uges utiles par leur multiplication.

C'est ainsi encore ici un véritable anachronisme que l'au* teur de la Genèse a commis , en exprimant une opinion personnelle due à Tapparence du oAoment , et non une vérité de fait, ainsi que cela devrait être si cet ouvrage avait été réellement inspiré à Moïses par l'Esprit divin. Or, on y

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trouve encore beaucoup d'autres faits ainsi en contradiction avec ce qui est réellement.

Enfin aux Versets S6 et suivants , il est parlé de la création de l'espèce humaine , comme dernier objet de l'œuvre de Dieu , et dans les termes que voici :

â6. < Puis Dieu dit : Faisons Vhomme à notre image, selon notre ressemblance , et qu'il domine sur les Poissons de la mer^ sur les Oiseaux des cieux^ sur les animaux domestiques , et sur toute la terre , et sur tout Reptile qui rampe sur la terre. »

27. € Dieu donc cria Vhomme à son image; il le cria à Vimage de Dieu : il les créa màU et femelle. »

29. « Et Dieu dit : Voici , je vous ai donné toute herbe portant semence ^ et qui est sur toute la terre ; et tout arbre qui a en soi du fruit d* arbre portant semence; ce qui wm sera pour nourriture, »

30. « Mais j'ai donné à toutes les bêtes de la terre , et à tous les Oiseaux des Cieux^ et à tout ce qui se meut sur la terre, quiavieensoiy toute herbe verte pour manger; et ainsi fut ■

di.tEt Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voilà^ ilitail trèsbon. Ainsi fut le soir , ainsi fut le matin; ce fut lé sixième jour, ^

Dans celte indication de la succession relative des divers objets créés au commencement du monde , succession qtû s'accorde en quelques points avec l'observation des faits géologiques , les théologiens n'ont pas manqué de voir, dans cette concordance, la preuve d'une révélation divine dans la Genèse. Hais pour que cela fût ainsi, il faudrait que toatce qui y est dit fût parfaitement vrai ; et c'est loin de là. Nous avons déjà vu , par exemple , que , suivant cet ouvrage , les étoiles auraient été créées pour éclairer la terre pendant la nuit, tandis que cette assertion est bien évidemment codtrouvée; et il en est de même de plusieurs autres faits. Si ce^ taines plantes ont été les premiers Êtres organisés, créés (i),

(1) Voyes la note n* 18.

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