CHAPITRE XIT
arbre désirable à la vue et bon à manger^ et l'arbre de vie au milieu du jardin^ et l'arbre de la connainance du bien et du mal. »
iO. ^Et un fleuve sortait d'Êdenpour arroser le jardin; et de là il se divisait en quaire fleuves. »
H. mLe nom du premier est Pischon ; c'est celui qui coule autour de tout le pays de Havila , où l'on trouve de Vor. »
12. « Et l'or de ce pays-là est bon; c'est là atisei que se trouve le Bdellion, et la pierre d'Onyx. »
13. a Et le nom de second fleuve est Guihon; c'est celui qui coule autour de tout le pays de Cus. »
iA€Etle nom du troisième fleuve est Hiddekel; c'est celui qui coule vers l'Orient de f Assyrie. Et le quatrième fleuve est VEuphrate. »
i5. L'Éternel Dieu prit donc l'homme et le plaça dans le jardin d'Êden , pour le cultiver et pour le garder. »
16. a Puis l'Étemel Dieu commanda à F homme ^ disant Tu mangeras librement de tout arbre du jardin. »
17. « Toutefois y pour ce qui est de Varbre de la connais^ lance du bien et du mal , tu n'en mangeras point ; car au jour que tu en mangera , tu mourras de mort. »
18. « Orj V Éternel Dieu avait dit: Il n'est pas banque l^homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. »
19. c Car F Éternel Dieu avait formé de la terre toutes les bêtes des champs^ et totAS les oiseaux des cieux\ puis il les avait fait venir vers Adam , afin qu'il vit comment il les nomme^ fait , et que le nom qu'Adam donnerait à tout animal vivant^ fàt son nom. »
30. c Et Adam donna les noms à tous lee animaux doiMstiques , et aux oiseatix des deux , et à toutes les bêtes des étangs; mais il ne se trouvait point d'aide pour Adam qui /&l semblable à lui. »
21 . c £| r Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil eur Adam , et il s'endormit ; et Dieu prit une de ses côtes , et il fcsserrala chair à la place. »
474 THlOLOGn DE LA HATURK.
^. ^ El V Éternel Dieu forma une femme de la côie qu'il avait prise dÀdam . et la fit venir vers Adam, >
23. c Alors Adam dit : Et cette fois celles est Poê de mes 05, et la chair de ma chair. On la nommera Hommesse » car elle a été prise de Vhomme. »
â4. c Cest pourquoi ^ Vhommê laissera son père eC sa fnère, et il se joindra à sa femme , et ils seront une même chair. »
Sa. <E Or, Adam et sa femme étaient tous deux nus , et îb nen avaient point de honte. >
Dans cette troisième partie du second chapitre , l'aiileaf de la Genèse revient , comme on voit » de nouveau à h création des animaux et de i^espèce humaine , en la racontant toutefois différemment que la première ; ce qui indique avec beaucoup de probabilité que c'est un fragment d'un autre poème sur le même sujet, par un auteur différ^Eitde celui qui a composé le premier chapitre , ou plutôt un fragment d*une amplification sans discernement de ce dernier, recueilli par quelque compilateur. Il est dit, dans le premier chapitre, que Dieu créa Thomme mâle et femelle; d*où certains commentateurs ont voulu conclure qu'Adam était androgyne , ou du moins que Moises a voulu le faire croire ainsi , voulant l'assimiler à Dieu, qui n'a pUs de sexe; mais cette opinion ne peut se fonder que sur l'équivoque du mol homme , qui , en français , signifie il la fois Vespéce humaine^ et la personne du sexe masculin ; or c'est dans le premier sens que le mot homme doit être pris ici, et Téquivoqne disparait. En effet, le sens de la phrase devient parfaitement clair, lorsqu'on substitue au mot ftomm« celui d'espèce humaine ; c'est-à-dire que Dieu créa l'espèce humaine mile et femelle.
Dans le second chapitre, au contraire, il est dit que Adam a été créé d'abord , et quelque temps après seulement la femme, formée, non comme lui et les animaux, directement de terre, mais d'une côte que Dieu enleva à Adam.
CIAPITRI IIV. 475
Moïses indique d'une part assez précisémenl, dans ce passage, le pays de Havila, où fut situé le Jardin d'Êdeny où Dieu plaça nos premiers parents , désignant par leurs noms quatre fleuves qui en sortaient, dont l'un est VEuphraie, qui encore aujourd'hui porte le même nom ; le second, ou le Hiddêkél est le Tigre^ assez bien désigné pour qu'on ne puisse pas avoir de doute à ce sujet; d'où] il est très-probable que ce pays de Havila était en Arménie au nord du mont Ararat.
n n'est ensuite pas si facile de savoir quels ont été les deux autres fleuves qui sortaient également du même pays. En disant que Tun arrosait le pays de Cus, qu'on regarde comme l'Ethiopie, on a pensé que ce devait être le Nil; mais alors comment faire accorder ce fait géographique avec le texte de la Genèse? Quant au Pischùn^ on a pensé que ce pourrait bien être le Phase , qu'on nommait alors le Pfttson.
Mais quoi qu'il en soit, on peut demander comment plus de deux mille ans après Adam , l'auteur de la Genèse a pu avoir deg renseignements aussi précis, non-seulement sarl'empla* cernent du Jardin d'Éden, mais encore sur tout ce qui s'y est passé immédiatement après la création , où personne n'a certainement pas enregistré les événements même les plus remarquables qui ont eu lieu. On dira, comme toujours, que Moïses en a été instruit par la révélation. Mais cela n'est plus admissible quand on a lu toutes les contradictions et les impossibilités physiques dont la Genèse fourmille ; et l'on ne peut en conclure autre chose si ce n'est que Moïses, voulant donner rhistoire du genre humain , a tout simplement imaginé le tout , en le présentant sous une forme poétique. Mais quoi qu'il en soit, il est toutefois constant que la Race blanche ou caucasique du genre humain parait réellement originaire de la partie occidentale de l'Asie , et plus spécialement de la ré-gion située au nord de la Perse (ï); fait sur lequel Moïses a pu avoir quelques renseignements.
(i) Voy« la iiotft>* 80.
i76 TB^LQCU M La HATUM.
II est dit au Vei'set 5 que la terre était d*abord aride; qu'il n*y eiistait aucune plante, et qu*il n'y avait paùu d'homme pour cultiver la terre ; ee qui sembla k certains critiques vouloir dire que les végétaux ont été créés après rbomme, coutrairement k ce qui est formelleinent exprimé au chapitre premier. Mais une semblable absurdité n*a ja* mais pu naître dans la pensée de Moïses, vu que l'homme et les animaux devant se nourrir de plantes D*ont pn être créés qu'après celles-ci ; et en effet, le passage cité dit simplement qu'immédiatement après le chaos il n*existait ni végétaux ni hommes sur la terre.
Quant aux Versets 19 et SO, où il est dit qu'Adam imposa par ordre de Dieu des noms k tous les animaux, ils paraissent évidemment avoir été interpolés plus tard , et cela même fort maladroitement , vu qu'ils rompent, sans raison aucune, le récit des versets 15 et suivants jusqu'au dernier, avec lesquels ils n'ont absolument aucune liaison. En prenant d'ailleurs ce qui est dit dans ces deux versets comme un fait k part, c'est également absurde, vu qu'il est impossible qu'Adam ait imposé des noms à tous les animaux de Funivers , sans en excepter ceux de l'Amérique et de la Nouvelle- Hollande, contrées dont bien évidemment les animaux ne sont pas venus défiler devant lui ; et l'auteur de ces articles qui ne se doutait pas de l'immense étendue de la terre, ne se figurait certes pas non plus qu'il existait plus de ceni cmquanie mille espèces animales , nombre connu aujourd'hui. Et un tel passage de la Bible aurait été dicté par l'Être Suprême !
Les trois derniers Versets n'étant que de simples réflexions morales de l'auteur relatives k l'union qui doit exister entre l'Homme et la Femme, et nullement un passage indiqué comme dicté par l'Éternel ; c'est k tort qu'on a voulu y voir la preuve que Dieu a lui-même institué le sacrement du mariage.
Quant au Chapitre HI, il ne renferme évidemment qu'une
CHAFITRI XIV. 477
simple allégorie poétique et nullement un fait qui puisse être considéré comme historique ; fait qui serait pour le coup d'une absurdité sans pareille. Voici ce passage :
Verset t. ^ Or, le serpent était le plus fin de tous les anir fnaux des champs que V Étemel Dieu avait faits : et il dit à la femme : Quail Dieu aurait-il dit: Vous ne mangerez point de tout arbre du jardin? »
i. tEtla femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin ; »
3. c Mais quant au fruit de V arbre qui est au milieu du jardin , Dieu a dit : Vous n'en mangerez point, et vous ne le toucherez points de peur que vous ne mouriez. »
4. f Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez nullement ; >
5. c Mais Dieu sait qu'au jour où vous en mangerez, vos yeux seront ouverts^ et vous serez comme des Dieux ^ connais tant le bien et le mai »
6. (( La femme donc voyant que le fruit de V arbre était bon à manger, et qu'il était agréable à la mie, et que cet arbre était désirable pour donner de la science, en prit du fruit et m mangea, et en donna aussi à son mari, qui était avec elle, €t il en mangea, »
7. c Et les yeux de tous les deux furent ouverts ; et ils connurent quHls étaient nus; et ils cousirent ensemble des feuilles de figuier, et ils s'en firent des ceintures. »
8. c Alors ils ouïrent^ au vent du jour, la voix de V Étemel Dieu^ qui se promenait par le jardin. Et Adam et sa femme se cachèrent de devant la face de V Éternel Dieu, parmi les arbres du jardin. »
9. fl Mais r Éternel Dieu appela Adam , et lui dit : Ois e^tu? 1
10. a Et il répondit : J'ai entera ta voix dans le jardin , et j'ai craint , farce que j'étais nu , et je me suis caché. M