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M6 TBIOLO^IS 1» hk «ATUBl.
un fils de sa femme, Agréé de quairM>ingt*dix an$, stérile jusqu^alors ; et c'est de ce fils , qu'il appela Isaag , que naquit ûcoB, que Dieu nomma plus tard Israël, lequel fut le Père des douze Patriarcbes, chefs des douze tribus, connues ensemble sous le nom d'IsiuBLiTBs.
C'est aux Ghap. XVIII et XIÎ qu'il est question de la destruction , par ordre de Dieu , des villes de Sodome et de Gomorrhe , pour les péchés de leurs habitants ; passage où il est vraiment remarquable de voir comment l'auteur de la Genèse traite l'Éternel en simple homme , rapportant une ridicule conversation qu'Abraham eut avec lui, dans le dessein d'obtenir le pardon de ces deux villes ; et plus loin la scandaleuse conduite de Lot et de ses deux filles.
Chap. XVIII. c i . L Éternel apparut à Abraham dam to plaines de Mamri , eomfM UitaitoMMis à la porte deiate$U pendant la chaleur du jour. »
2. c Car, levant les yeux^ il regarda^ et doiô, treis hommes parurent prés de Im ( c'était Dieu , et deux Àngu); et dés qu'il les eui aperçus , il courut au-deuint d'eux dt la porte de sa tente ^ et il se prosterna en terre; »
3. « Et il dit : Mon Seigneur^ je te prie , si j'ai trouvé grùa à tes yeux^ ne passe poûU, je te priSj la tente de tion servh teur. »
4. « Qu'on prenne^ je vous prie, un peu d'eau , et lam vos pieds ; cependant reposez-vom sous un arbre. »
5. c Et j'apporterai un morceau de pain , afin de fortifier votre cour ; ensuite vous piuserez outre; car c'est pour otia quê vous êtes venus vers votre serviteur. Et ils dirent : Fm ce que tu as dit. »
Abraham leur fil servir sous l'arbre une légère collation.
Jusqu'ici tout serait parfaitement bien si Abraham avait cru avoir de véritables voyageurs devant lui, auxquels il aurait offert l'hospitalité; mais déjii, par cela même qoil s'est proslerné devant eux , et surtout la conversation qu'il eut, peu après» avec l'un d'eux, prouvent qu'il avait re*
eooau Yna pour l'Éternel. Or ces troU boDUttes , car c*e4t ainsi qu*on les nomme, annoncèrent k leur hôte que aa femme » malgré son grand âge de qaatre<-viDg^dil ans , lai donnerait bientôt un £1$; promesse dottt rÉlernel, qui sa nomma , lui donna Tawirance,
Verset 16. % Et ce$ hommes $$ levireiU de là, €t fgaf* tirent vers Sodome; ei Abraham marduiU awe eux^ pour ks cwduire. »
17. € Et V£t$rnel iU : Cacher ai^e à Abraham ce qw je m'en vais faire ? »
20. < Et r Éternel dit : Parce que le eri de Sodome ei i$ Gomorrhe est av^/metUi , et que leur piché est trés^rave ; »
21 . €je descendrai maintenant , et je verrai i s'Us onl en^ tOrement fait toutes ces choses dont le cri est venu jtksquà moi; et si cela n'est pas , je le saurai. »
22. « Ces hommes donc partant de là » allaient vers So^ âome ; mais Abraham se tint encore devant ÏÊtemeL »
Le doute que l' Éternel eicprime dans le Verset 21 laoatna que Moïses ne lui attribuait pas la toute-science» disant qu'il allait s'informer si , en effet, les habitants de Sodome ^tenl aussi coupables qu'on le prétendait : doute que peut avoir un homme, mais qui n'est point admissible chez Dieu; mais c'est surtout ici où conunence le ridicule dialogue entre l'Éternel et Abraham, où ce dernier marchande avec Dieu, pour obtenir le pardon de Sodome , absolument conuoe avec un boouBe auquel il veut arracher le plus de concessions possible, allant jusqu'au point de lui reprocher même d'avance l'acte injuste qu'il se proposait d'accomplir.
23. < Et Abraham s'approcha et dit : Feras-tu périr mime le juste avec le méchant ? »
24. < Peut-être y a-t-il cinquante juUes dans Us ville ; les feras-tu périr aussi? Ne pardonneras-tu paifU à la ville , à cause de cinquante justes^ s' Us y étaient? »
25. < // ne sera pas dit de toi que tu fasses mourir le juste avec le méchant , et que k juste soit traité comme le méchant.
500 THB0L06I1 Dl LÀ HATURS.
Natty cela ne sera pas dit de toi. Celui qui juge toute la terre ^ ne fera-t'il point justice ? >
Et rÉternel lai ayant promis de pardonner k la yille s'il y trouvait cinqna^'te justes , Abraham lui demanda s*il ne ferait pas auss pardon s'il n'y en avait qne quarante - cinq ; et cela lui ayant encore été accordé , il demanda successivement le même bienfait pour quarante , trente , vingt , et même pour dix seulement; ce que Dieu accorda encore, mais en s'en allant; et Abraham retourna chez lui.
Chàp. XIX, 1. c Or^ sur le soir les deux Anges vinrent à Sodome. Et Lot^ qui était assis à la porte de Sodome^ les ayant vus , se leva pour aller au-devant d'eux , et il se prosterna le visage en terre. »
Lot, qui parait les avoir également pris pour des voyageurs, leur offrit l'hospitalité , qu'ils acceptèrent ; et des gens du peuple s'étant rassemblés devant sa porte en demandant \ les voir, Lot sortit et les pria de ne point leur faire de mal , ajoutant, Verset 8 : < Void^j^ai deux filles , qui n'ont point encore connu d'hommes; je vous les amènerai, et vous les traiterez comme il vous plaira , pourvu que vous ne fassiez point de mal à ces hommes , parce qu'ils sont venus à Vombre de mon toit. »
Il est sans doute fort beau de regarder l'hospitalité comme un devoir sacré , et de la faire respecter, même au risque de sa propre vie; mais tout le monde conviendra que la transaction qu'offrit Lot passe toute limite, et cela au point qu'on ne conçoit pas comment l'auteur de la Genèse a pu se pei^ mettre de la consigner dans son Livre.
Mais ce qui est encore plus fort, est que Lot s'étant réfugié dans une grotte , quand Dieu détruisit les villes de Sodome et de Gomorrhe, ses deux filles voulant conserver la race de leur Père, convinrent de l'enivrer, afin de se prostituer plus facilement k lui , et d'en avoir des enfants ; infâme commerce dont l'une eut pour fils Moab , dont sont descendus les Moabites , et l'autre Ren-Hàmmi , le chef des
ClAnTRI XIT. 501
HammùnUes, deux peuples qui habitèrent à l'orient du Jourdain.
Or c'est une famille aussi souverainement méprisable que Vauteur de la Genèse présente comme le modèle de la vertu , l'unique famille qui dans les deux villes mérita la protection divine. Que pouvaient donc avoir fait , sans exception aucune, les autres habitants de Sodome et de Goniorrhe?
Les deux Anges qui avaient pris Lot et sa famille sous leur protection leur défendirent, en les faisant sortir de la ville, de regarder en arrière ;
26. c Mais la femme de Loi regarda derrière soi , et elle deinnt une statue de sel. »
Comment, parce que, effrayée par le fracas de la destruction de la ville , cette pauvre femme regarda en arrière , malgré la défense sans raison des Anges, elle est, pour cette faible contravention , punie de mort , et transformée en une satue de sel ! Métamorphose qui égale certainement toutes celles consignées dans la Fable , tant pour les motifs que pour le miracle; et la Bible n'a certes rien à reprocher aux Métamorphoses d'Ovinius : encore le Poète païen n'a-t-il jamais prétendu avoir fait là un ouvrage historique.
Au Chàp. XX , est rapporté une seconde histoire absolument semblable à celle duGHAP. XII, où Abraham ayant fait passer sa femme Sara pour sa sœur , la cède au roi d*Égypte. Ici il a recours au même stratagème pour la céder à Abihéleg , roi de Guérar^ pays qu'il vint habiter quand il fut chassé d'Egypte ; acte honteux s'il en fut , sur lequel il spécula de nouveau , dans l'espoir de s'enrichir. Mais Dieu empêcha cette fois la consommation du crime , en le révélant à Abimélec qui , protestant de son innocence , en demanda pardon h TÉternel ; et , rendant Sara à son mari , y ajouta mille pièces d'argent, des brebis, des bœufs, des serviteurs et des servantes , en lui reprochant toutefois son ignoble action. Or sait-on comment Abraham s'est excusé tout en acceptant le prix de sa honteuse conduite ? c'est en di-
SOf TléoUWIt M ta H AXVBl.
nnt qu'il n*aTatt point trompé le roi ^ Sara étant m effet m Mnir par le Père, mais non par la Mire (Verset 12) , aTOvant ainsi encore nn autre acte immoral , dont on ne trouve pas d'exemples même chez les peuplades les plus abruties. Mais ce au*il y a de souverainement ridicule k côté de Todieai , dans ce trafic d'Abraham , c'est que Sara avait alors plus de 90ans.(CHAP. XVII,17.)
L'Éternel ayant promis à Abraham que sa femme, quoique très-Sigée, lui donnerait un fils, cet enfant naquit en eflel un an après , et fut nommé Isaac. Sara, une fois mère, détint jalouse d'ACAii , sa servante , qu'elle avait elle-même donnée comme concubine à son mari , afin d'en avoir an enfant ; elle engagea alors Abraham de chasser cette fille avec son fils Ismael ; et, docile aux exigences de sa femme, il la renvoya, en ne loi donnant pour tout moyen de sobsistance que dtf patn et une bùuteille d*ean (Chàp. XXI, i4}; mais Dieu ayant vu sa misère , vint k son secours , en la faisant habiter dans le désert de Paran , où elle se maria avec un Égyptien.
Le Chap. XXII est relatif an sacrifice d'Isaac, quelNeo commanda k Abraham pour éprouver sa foi. Mais an moment où déjk lié et couché sur le bûcher, le père voolot égorger son enfant, un Ange Tarréta, en lui disant de ne point continuer; que Dieu voulut seulement s^assurer par Ik desoD obéissance; et FÉternel, lui parlant lui-même, lui renouvela encore de nouveau la promesse d'une alliance, en disant, Verset 16, qu'il le lui jurait par luùmême. C'est-Mire qne toujours la Divinité figure dans la Genèse comme un simple •Homme, qui a même besoin de jurer ce qu*il promet, afin qu'on ait confiance en lui.
Sara étant venue à mourir k Tàge de cent vingt-sept ans, son mari, qui, k ce qu'il parait, ne possédait aucune terre dans le pays de Chanaan , où il habitait comme pitre nomade sous des tentes, à la manière des Bédouins d'aujoo^ d'htti , demanda an peuple Héthien de lui céder une potssh
CBAVITIII XIT.
$Um OÙ il aurait le droit de sépulture (Chap. XXIII, A), pour y enterrer sa femme. Or les habitants de la ville loi accordé* reni non-senlement ce droit, mais lui offrirent même leurs propres sépulcres, en ajoutant qu'aucun d'eux ne le lui refuserait. Hais Abraham ayant exprimé le désir d*en avoir un k lui propre, et spécialement celui de Héphron, demanda li le payer ce qu'il valait. Mais ce dernier le* lui offrit de la manière la plus généreuse en présent ; ce qu'Abraham ne voulut pas accepter. Conduite noble et généreuse pour laquelle les malheureux Héthiens furent plus tard payés de la plus horrible ingratitude par les Israélites, quand ils vinrent d'Egypte faire la conquête du pays, qu'Abraham regardait déjh comme sien, sur la promesse si souvent réitérée de l'Éternel.
Abraham songeant k marier son 61s , et ne voulant pas qu'il prit une Chananéenne pour femme, chargea son intendant d'aller en chercher une dans la Mésopotamie, d'où il était originaire ; et F historique de ce voyage et du choix que ce dernier fit de la belle Rébecca, petite -fille du frère d'Abraham , est fort gentiment rapportée au XXIV* Cbap. de la Genèse. Je dois toutefois faire remarquer qu'à plusieurs reprises , les membres de la famille de Rebeeca , parlant de l'Éternel , montrent par Ik qu'ils le reconnaissent pour leur Dieu ; d'où il résulte que le Créateur était également adoré en Chaldée, quoique les habitants de ce pays, et entre autres les parents d'Abraham, eussent en même temps des idoles, ainsi qu'on le verra un peu plus bas.
Abraham se remaria pour la seconde fois après le mariage d'Isaac : ce qui suppose qu'il avait au moins iSO ans (XXV. SO,); il eut encore six fils, qui non-seulement ne profitèrent point du bienfait de Talliance de leur père avec l'Éternel , mais il eut même l'injustice de les déshériter, pour laisser tout son bien k Isaac (Verset 5) , se contentant de leur faire de simples présents , et les éloigna en les envoyant vers r Orient , ce qui ne fut guère honorable pour ce soi-disant allié de Dieu. Il ne renvoya toutefois pas son premier
50i THEOLOGIV DB LA NATUlll.
fiis IsMAEL, qu1l parait avoir repris après Tavoir eu chassé avec sa mère. Or ce premier-né eut seul douze fils , devenos autant de Princes ( Verset 16) dont les sujets occupèrent le pays entre Havila (1) et TÉgypte; ce qui comprend l'immense étendue du pays formé par la Mésopotamie et la plus grande partie de l'Arabie actuelle.
Quoiqu'on ne puisse point pénétrer les Mystères de la Diyinîté , on est toutefois étonné, en lisant l'histoire d'Abraham et de ses premiers descendants , de voir qu'k tout instant rÉternel leur promet , leur jure même de faire alliance avec eux , et de muUiplier leur race comme le sable dej^ nier ( Chàp. XXII, n ) ; et non-seulement Sara est restée stérile jusqu'à 90 aas, et n'eut qu'un seul fils, mais que celuici ne se maria qu'à 40 ans ( Ghap. XXY, SO ), et n'eut que deux fils jumeaux , Ésàu et Iâgob , et cela seulement après vingt ans de mariage.
Or, ici est rapporté l'historique des ruses que Rebeoca employa pour obtenir de son mari la bénédiction du second de ses fiis , au détriment de l'atné que le père préférait » et qu'il avait au contraire l'intention de bénir, pour appeler sur lui la bienveillance et la protection de Dieu ; ruses et mensonges présentés par l'auteur de la Genèse comme ayant eu un juste succès auprès de l'Éternel.
Ésaû était une espèce de monstre , dont tout le corps était couvert d'un poil long et touffu , mais qui, à part ce malheureux état , était laborieux , homme de campagne , et surtout un habile chasseur; tandis que « lacob était un homme simple, se tenant dans les tentes, )> en d'autres termes un paresseux.
Ghap. XXV, â8. « El Isaac aimait Êsaû; car la venaison était sa viande; mais Rebecca aimait lacob. »
29. < Or , comme labob cuisait des potages » Êsaû survint des champs, étant fort las. »
(1) Havila est le pays où fut le Jardin d'Éden {Genèse, 11, 10), qu'on croit avoir été dans rAmiénie actuelle.
GiumRi iiv. S05
30. « Et Êsaû dit à lacob : Dùnne-moi à manger , je te prt>, de ee roux-là ; car je suis fort las. C'est pour cela qu*on l'appela Édoh.
31 . €]Uais lacob lui dit : Vends-moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. » El le marché se fit à Tinstant même pour une portion de lentilles qu'il servit à son frère. C'est en grande partie sur ce fait que se fondent les commentateurs orthodoxes de la Bible, pour trouver tout naturel et juste que lacob devait seul proûterde ralliaoce que Dieu avait faite avec le père et le grand- père» alliance renouvelée encore après. (Ciu-.*«XVI,3.)
Isaac s'établit à Guérar , dans le pays des Philistins , où il contracta alliance avec le roi Abihélbg; etEsail, âgé de 40 ans, s'y maria, contre le gré de ses parents, avec une Héthéienne. Cette désobéissance ne lui aliéna toutefois pas le cœur de son père , qui, étant devenu très-vieux et aveugle , l'appela pour lui dire d'aller k la chasse , de tâcher d'avoir une pièce de gibier , de la lui apprêter suivant son goût , en ajoutant « et que mon âme te bénisse avant que je meure. >
Rebecca ayant entendu ces paroles, envoya lacob à la bergerie chercher deux chevreaux qu'elle apprêta , pour les faire offrir par lacob k son père à la place du gibier qu'il attendait, afin qu'il fût béni au lieu de son frère (Chàp. XXVII) ; mais il fit observer à sa mère que n'étant point velu comme Esaû, son père pourrait bien le reconnaître en le touchant , et le maudire au lien de lui donner sa bénédiction, en voyant qu'il a voulu le tromper. Pour parer k cet inconvénient, Rebecca imagina un singulier expédient qui réussit parfaitement : die fit mettre k lacob des habits d'Ésaû , couvrit ses mains et son cou de peaux de chevreaux , et lui dit d'aller , ainsi ^êtu , porter a son père les mets qu'elle venait d'apprêter , ce qu'il fit en disant qu'il était Êsaû. Isaac, fort étonné d'être servi si tôt, exprima sa surprise, mais lacob lui répondit : < V Éternel ton Dieu m'en a fait rencontrer » ( du gibier ). Cependant le père , aveugle , paraissant s'être douté qu'on le
MM THiOLMIl M tA VATimi.
trompait, ditii laeob (Chap. XXVII, 21 ) : c i^pprocka-M, je ie prie , et je te tàterai, afin que sache ri tu es mon fils Êsai ntéme, où si tu ne les pas. »
22 < lacob donc s'approcha de son père Isaac^ qui T ayant tàlê. dit : Cette voix est la voix de lacob; mais ces mains simt les mains d'Êsaû. » — Et il le bënit non-seolement, mais rayant baisé, il sentit Fodeurdes habits; il ajouta: c Ym, Vodeur de mon fils est comme Codeur d'un champ que fÊternel a béni. »
28. f Que Dieu te donne de la rosée des cieux^ et de la graisse de la terre , et une grande abondance dé froment , <f du meilleur vin ; »
29. c Que les peuples te servent , et que les nations se prosternent devant toi! sois le maître de tes frères , et que laflb de ta mère se prosternent def}ant toi ! Quiconque te maudira, soit maudit ; et quiconque te bénira , soit béni, i
On voit que dans cette bénédiction , coranie d'ailleors partout dans TAncien Testament, où il s*agit d*un boaheor quelconque, il n'est jamais parlé d*un bien moral, deb félicité de Fàme ou de Tesprit après la mort, mais constamment de jouissances matérielles ; d*où semble ressortir que Tauteur de la Genèse ne croyait point k une vie future, et ne connaissait en conséquence pas d'autres biens que ceux de la terre ; ne faisant nulle part la moindre allasioDli la félicité éternelle on simplement h Timmortaiité de TÂne ou de TEsprit.
Ésau étant revenu avec du gibier, en prépara h son P^re des mets tels qu'il les aimait et les lui offrit. Isaac, toateo voyant qu'il avait été indignement trompé par lacob, loin de Ten punir en rétractant sa bénédiction , se borna simplement à dire h Ësaû, qui demandait k être également béni, qu'il ne le pouvait pas; qu'il sera soumis h son frère; mais que d'ailleurs il habitera un pays fertile; qu'il vivra parsoo épée, et qu'enfin il secouera le joug qu'il allait porter; mais que , du reste , il ne pouvait pas le bénir. Or c'est une bé-
ciAnm im 807
nédietion si iDdignement surprise k un vieillard aveugle et alité, que Moïse présente comme ayant obtenu l'approbation de rÉternei , qui Ta sanctionné plus tard par ses propres bénédictions et ses alliances plusieurs fois renouvelées avec lacob.
Ésa4 ayant exprimé des sentiments de vengeance contre 80D frère, disant qu*il le tuera sitdt que son Père sera mort, Rebecca engagea lacob de s'absenter pendant quelque temps en allant en Mésopotamie, cbez son frère Laban, jusqu*^ ce que la colère d^Ésau fût apaisée, et sollicita pour cela la permission de son mari , donnant pour prétexte qu'elle désirait que lacob épousât une femme de son pays et non une Chananéenne.
lacob se rendit en conséquence en Chaldée, chez son oicle Laban, et s'étant, chemin faisant, couché par terre pour dormir, il eut un songe où il vit une échelle qui, appuyée sur la terre, semblait s'élever jusqu'aux cieux; échelle par laquelle des Anges montaient et descendaient, et parmi eux rÉternei lui-même, qui vint renouveler l'assurance d'une alliance avec lui, promettant de lui donner non- seulement la terre sur laquelle il était couché, mais encore une postérité aussi nombreuse que les grains de poussière de la terre. Aussi lacob, reconnaissant d*une si grande faveur, promit d'avoir l'Eternel pour Dieu et de lui offrir la dime de tout ce que Dieu lui donnera.
En arrivant à Charan, où habitait son oncle, lacob demeura diez lui el le servit pendant sept ans pour avoir Ràchbl, sa fille cadette, en mariage; mais, tout en la lui accordant, on le trompa en substituant le soir Lia, la sœur ainée de Rachel, ii la place de celle-ci. Et quand le lendemain il se fut aperçu de cet échange, il en fit le reproche ^ Laban , qui lui ré|)ondit simplement que dans ce pays on ne mariait jamais la cadette avant Talnée.
Il semble résulter de ce passage de la Genèse, Chap. XXIX, 96, que les Chaldéens ne consacraient le mariage par au-
906 TBiOLOMS M LA HATCBI.
coDe Gërémonie; car aotrement on n'eûl pas pu tromper ainsi laeob. Mais Laban lui promit de réparer œ tort en loi donnant également sa seconde fille, k la même condition de le servir sept antres années.
Pendant ces quatorze années, lacob eut onze enfants : six avec Lia , Ioseph seul avec Rachel , deux avec la servante de Lia, et deux avec la servante de Racbel.
Après la naissance de losepb, son onzième fils, lacob, Igé de quatre-vingt-onze ans (Chàp. XLYII, 9; Chap. XLY, 6 et Chap. L, S6), ayant achevé ses quatorze ans de serrice, demanda à retourner auprès de son Père. Mais Laban loi proposa de rester encore plus longtemps et convint avec loi de lui donner toutes les Brebis et toutes les Chèvres tachetées de son troupeau pour six autres années de service, ce qui fut accepté; et le triage ayant été fait, on sépara les deox troupeaux, et lacob continua 2i paitre les troupeaux de soi beau-père. Or il imagina, pour tromper ce dernier, de placer dans les abreuvoirs de ses Brebis et de ses Chèvres de petites baguettes mouchetées au moyen de petites plaques d*ëcorte qu'il en enleva. Tour de magie qui eut pour effet, suivant le texte, de faire produire à beaucoup de ces animaux des petits également mouchetés , qui devinrent en conséquence la propriété de lacob. C'est ainsi qu'après avoir indignement trompé son père et lâchement trahi l'amour fraternel, il vint encore voler traîtreusement son beau-père, en s'emparant par la rose d'une grande partie de sa fortune; et c'est ce même homme que Moïses présente non - seulement comme le protégé de l'Éternel , mais encore même comme son allié. Il parait d'ailleurs qu'en général Moïses était fort peu scrupuleux au sujet des moyens de réussir , ainsi que le prouve la conduite qu'il a lui-même tenue d'une part, envers les Égyptiens, quand il quitta ce pays , et de l'autre envers les Chananéens, lorsqu'il s'empara de leur pays, ainsi qu'on le verra un peu plus tard.
Malgré cet indigne procédé de lacob , l'Étemel , est-il dit
CHAPITRI XIT. tlM
aa Chap. XXXI , 3 , contiDua de le protéger , lui ordonnant de s'en retourner dans son pays en lui renouvelant Tassurancede son appui.
Or Lia et Rachel, les dignes femmes de lacob, approuvèrent non-seulement sa conduite, mais ajoutèrent :
Chap. XXXI, 14. « ... Avons nous encore quelque portion de quelque héritage dans la maison de notre Père? »
iS. n Ne nous a-t-Hl pas traitées comme des Étrangères ^ fuisqu*il nous a vendues^ et que même U a entièrement mangé notre argent ? »
i6. c Car toutes les richesses que Dieu a ôtèes à notre Père^ nous appartenaient et à nos enfants. Maintenons donc fait tùut ce que Dieu fa dit. »
En effet, il rassembla tout ce qu'il possédait et partit avec ses troupeaux.
19. « Or^ comme Laban était allé tondre ses brebis^ Rachel déroba les idoles qui étaient à son Père. »
Ce ne fut que le troisième jour que Laban , apprenant la faite de son gendre , réunit ses frères et se mit k sa poursuite. Mais il ne put l'atteindre qu'au bout de sept jours, dans les montagnes de Galaad. Lui ayant reproché son indigne conduite à son égard, il ajouta :
Verset 29. < Ta/vais en main le pouvoir de vom faire du ^inal; mais le Dieu de votre père m'a parlé la nuit passée , et *n'a dit : Prends garde de ne rien dire à lacob, ni en bien^ ni m mal. » Et ils finirent par s'arranger, en convenant qu'ils oe se feraient réciproquement aucun mal ; ce qui était facile, habitant séparés l'un de l'autre à plus de cent cinquante lieues de distance.
On doit tout faire remarquer dans ce chapitre, le fait de l'enlèvement des Idoles de la maison de Laban par sa fille Rachel; ce qui montre que, bien qu'il crût au vrai Dieu, cela ne l'avait pas empêché d'adorer aussi les faux. Quant k la croyance de Laban k TÉternel , elle est formellement exprimée en plusieurs endroits de ce chapitre, ainsi qu'aux
MO TBiOLOmM H LA lUTURI.
Chàp. XXIX, 32, 33» 35, et Chàp. XXX, 34. 2T ; XXXI. 24,
49 et suivanU.
En revenant dans son pays, lacob craignant la Tengeuiee de son frère , envoya de ses gens vers lui, pour tkher de Tapaiser par des présents; mais Ésau, qui habitait au midi du pays de Chanaan, alla à sa rencontre, le recul avec joie; et les deux frères étant réconciliés , lacob dit k Ësai qae, voyant qu'il avait trouvé gràcé devant {ut, il le priait d'aoeepter un beau présent en bétail, qu*îl lui offrait; mais celui-ci, lui-même fort riche, le refusa d*abord, et ne eoosealitàlft recevoir que sur les instantes prières de son frère.
Avant que les deux frères ne se fussent rencontrés, IwA fut attaqué avant le jour par rÉiernel sons la forme d'u simple homme, et soutint longtemps et avec aountaje corps à corps une forte lutte contre lui, ju^u'à ce qae DieuMioi^ tant U plus faible, lui luxa la hanche (CnukP. XXXli, 25), en même temps qu*il lut deinanda gràce^ en le prieM de veMf bien le lâcher; mais lacob qui, àcequ*il parait, avait reconnu son adversaire, lui répondit : VereetiQ. € JeneUlèr cherai point, que tu ne m'aies béni. >