‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 97 sur 136 · Dieu donc entendit leurs gémissements; et Dieu se · texte numérisé non relu

Dieu donc entendit leurs gémissements; et Dieu se

^10 TBKOLOMS DB LA RATUmS.

êouvint de raWance qu'il atait faite ave(> Abraham , Jtaaett

iacob. »

25. « Ainsi Dieu regarda les enfants d^ Israël, et connut leur état. »

On retrouve encore ià , oomme d'ailleurs partout dans les Livres de Moises » ainsi que je Tai déjà fait remarquer piasieurs fois , l'expression de Tidée que les Hébreux se faisaient de l'Être Suprême qu'ils considéraient tout simplement comme un homme puissant , disant de lui qu'il se souvint de son alliance avec Abraham , etc. , comme s'il pouvait oublier quoi que ce soit , et que ce n'est que par le cri de détresse que le peuple juif poussait qu'il reconwu son état : ce qui prouve que Moises ne crut pas à l'omniscience de l'Étemel.

Moises ayant un jour conduit le troupeau de son bean-père jusqu'au mont Horeb (Ghap. III, 1), y aperçut un buisson qui, quoique enflammé, ne se consumait cependant pas; et y portant ses regards , une voix partant de l'intérieur du boisson l'appela et lui dit qu'elle était celle de TÉternel , du Dieu de ses pères , qui ayant entendu le cri de détresse des Israélites, voulait les tirer de la servitude et les conduire dans le pays de Chanaan qu'il avait déjà autrefois promis à Abraham , et qu'il faisait choix de lui Moises , pour Texécution de cet affranchissement. Mais Moïses fit remarquer qu'il n'éuit qu'un homme sans aucune puissance , et par là hors d'état de pouvoir entreprendre une si grande œuvre ; mais Dieu le rassura en lui promettant son appui ; sur quoi Moises demanda : Verset 13. t Voici, quand je serai venu vers hs enfants Sltr raël^ et que je leur aurai dit : Le Dieu de vos Pères ma envoyé vers vous; alors , s'ils me disent : quel est son nom?(pit leur dirai-jet »

14. « Alors Dieu dit à Moises: JE SUIS CELUI QUI SUIS, il dit aussi : Tu diras ainsi aux enfants d'Israël : celui qui s'appelle JE SUIS m'a envoyé vers vous. »

1 5. c Dieu dit encore à Moïses : Tu diras ainsi aux enfants

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d* Israël : l'ÉTERNEL, le Dieu de vos pères, le Dieu éC Abraham , le Dieu d^IsaaCy et le Dieu de lacob m* a envoyé vers vous; c'est ici encore mon nom éternellement^ et c* est ici mon mémorial dans tous les âges . »

On voit par ce passage que Moïses doutait fort que les Israélites conntjLssent seulement alors le nom du Dieu de leurs ancêtres; et il parait que luùmême ne le savait pas, ayant élé obligé de le demander.

L'Être Suprême , parlant ainsi à Moïses de Tintérieur du buisson ardent , l'envoya , non-seulement vers les Israélites pour leur annoncer l'appui de l'Éternel , mais aussi vers le Pharaon y pour lui dire: Verset 18. € L'Éternel, le Dieu des Hébreux est venu au-devant de nous. Maintenant donc nous te prions que nous allions le chemin de trois jours au désert , etqtte nous sacrifiions à ï Éternel notre Dieu.»

Dieu ajouta en outre qu'il savait que le roi d'Egypte ne voudra pas les laisser sortir du pays , mais qu'il l'y contraindra en frappant Tesprit des Égyptiens des merveilles qu'il fera au milieu d'eux , et recommanda surtout k Moïses qu'avant de partir ( 2â ) < chaque femme doit demander à sa

voisine, et à Phôtesse de sa maison, des vaisseaux d'argent et des vaisseaux d'or , et des vêlements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles , ainsi vous dépouillerez les Égyptiens. »

Gomment les soi-disant orthodoxes, qui croient avec foi k la révélation des Livres attribués k Moïses , expliquerontils cet indigne conseil , ou plutôt cet ordre que ce dernier doit avoir reçu de la Divinité, pour la transmettre aux Israélites , de trahir aussi hautement la confiance de leurs amis , afin de les dépouiller de leurs propriétés ? Ce passage étant trop clair et trop formel pour se prêter k quelque commentaire que ce soit , j'en laisse l'appréciation k ceux qui le liront. Je ferai seulement remarquer qu'il ne s'agit ici ni d'une simple révélation par inspiration , ou par un songe , ainsi que les Prophètes ont presque toujours dit être instruits de la volonté de l'Éternel, mais bien d'un ordre donné de vive

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voix , en plein jour , à Moïses parfaitement éveillé , jouissant entièrement de l*exercice de tous ses sens ; que ce dernier prétend avoir reçu cet ordre de l'Être Suprême , ordre qui ne put même avoir aucun sens caché ou allégorique, vu qu'il devait être transmis au peuple » à des booimes sans éducation» qui n'auraient pas pu le comprendre. C'est tout simplement un de ces commandements immoraux dont rAncien Testament est malheureusement rempli • que l'auteur prête, avec une bien coupable légèreté, k l'Être Suprême, qui n'est que bonté et justice. En faisant même abstraction de la probité personnelle de Moïses, on ne conçoit pas corn* ment il a pu se permettre d'ordonner aux Israélites un sem* blable acte de spoliation, envers leurs concitoyens au oiilieii desquels ils vivaient, ayant bien pu penser qu'une injonction de la part delà Divinisé devait produire le plus funeste effet sur l'esprit du peuple, devant lequel l'Éternel, qu'il leur présentait comme le seul VRAI Dieu , se trouvait par lui^méoie rabaissé au rang des hommes les plus méprisables.

Or comme, d'après ce texte, Moïses maintient devant TÉternel sa pensée que le peuple ne croira pas ce qu'il lui dira, Dieu lui dit de jeter à terre la verge qu'il tenait k la main, qui, aussitôt qu'il l'eut fait, se transforma en un serpent, et redevint une verge quand il prit ce reptile par la queue. La même voix de l'intérieur du buisson ardent ajouta qu'il n'aura qu'à répéter ce miracle devant les Israélites pour qu'ils croient à sa parole ; et c'est en effet, suivant le texte, par ce miracle et par plusieurs autres tout aussi forts , que Moïses parvint à convaincre de sa puissance, ou plutôt de celle de Dieu, au nom duquel il parlait, non -seulement le peuple juif, mais aussi le Pharaon lui-même. Je ne me permettrai point de discuter ici , ni ailleurs , le degré de foi qu'on peut ou qu'on doit attacher aux miracles, cette appré* dation devant être laissée à la conscience de chacun. Je dois« en conséquence, considérer ces effets extraordinaires comme vrais , sauf k en discuter la possibilité ou la vraisemblance

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soQsleseul rapport historique, et les conséquences naturelles qui en découlent.

Chap, IY , 6. Dieu ordonna en outre à Moïses de mettre sa main dans son sein , et aussitôt qu*il Tout fait, elle se coDvrit k l'instant de lèpres ; et lui ayant dit de l'y remettre une seconde fois, il la retira parfaitement saine ; et Dieu ajouta que , si l'on ne croyait pas au premier prodige , on croirait au second. Or tout cela est présenté comme si l'Être Suprême n'avait pas le pouvoir de faire croire aux bommea ce que son Prophète disait, et qu'il fût obligé d'employer divers moyens matériels, pour arriver à son but ; voire même plusieurs , si un seul ne produisait pas le résultat voulu ; et c'est en effet ce qui est souvent arrivé. C'est-à-dire que partout la Divinité n'est jamais présentée que simplement comme un homme ayant un pouvoir magique, mais non pas absolu.

Au Yer$et 9, Dieu ajouta même que , si ce second miracle oe devait pas réussir , il devait en faire un troisième , celui de prendre de l'eau dans le fleuve et de la répandre sur la terre, et qu'à l'instant elle deviendra du sang.

Moïses ayant fait observer qu'il ne parlait pas avec assez de facilité pour convaincre le monde , l'Éternel leva encore cette difficulté, en lui promettant qu'il serait avec lui , et lui enseignerait ce qu'il aurait k dire.

Ver$et. 13. a Et Motse$ répondit: Bêlas ^ Seigneur! en^ voie, je te prie , celui que tu doit envoyer. >

H. € Et la colère de V Éternel s'embrasa contre Moïses , et il lui dit : Aaron le Lévite n' est-il pas ton frère ? Je sais qu'il parlera très-bien. Et même^ le voici qui sort au-devant de toi^ et quand il te verra , il se réjouira dans son cœur. »

C*est ainsi qu'a une simple réponse de pure modestie, par laquelle Moïses exprima un doute sur le pouvoir qu'il ne crnt pas avoir de convaincre le peuple, la colère de l'Eternel s'embrasa^ absolument comme cela peut arriver à un simple mortel, qui s'impatiente; et Dieu ajoute : Verset \6. t^Etil

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(Aaron) parlera pour toi au peuple , et ainsi il sera ta bouche , et tu lui seras à la place de Dieu. »

C'est-^-dire que Dieu n'avait réellement pas le pouvoir de faire bien parler Moïses lui-même, et qu'il fat nécessaire qu'il lui adjoignit son frère le bon orateur.

Moïses s'apprétant à retourner en Egypte » l'Éternel loi dit:

Verset 21 . « Prends garde à tous Us miracles que fm

mis dans ta main ; tu les feras devant Pharaon; mais fendw' cirai son cœur, et il ne laissera point aJler le peuple. »

Ainsi Dieu , le tout-puissant , au lieu de bien disposer le cœur du roi pour les Israélites, dit qu'il Vendurcira, au contraire; c'est-k-dire qu'il se créera lui-même des obstacles i son projet de ramener son peuple dans le pays qu'il loi avait cependant si souvent promis de donner ; idée absurde, que l'auteur répète plusieurs fois de suite , avec les conséquences non moins absurdes qui en découlent naturellement. L'Éternel ordonne de Ik k Moïses de se présenter devant le Pbaraon et de lui demander la faveur de laisser sortir les Israélites d'Egypte , et , en cas de refus , de le menaça* de faire mourir son fils.

Mais ce qui est le plus singulier est le fait rapporté an Verset 24 , où il est dit : a Or, il arriva que comme Mdise$ était sur le chemin dans une hôtellerie^ V Éternel le rencontra et chercha à le faire mourir, y 2S. « EtSèphoraprit un covAem tranchant , et en coupa le prépuce de son fils, et le jeta à ses pieds, et dit : Certainement, tu m'es un époux de sang. *

26. « Alors VÉtemd le laissa. Et Séphora dit : Tu m'es m époux dssang, à cause de la circoncision. »

Comment les plus habiles orthodoxes pourraient-ils expliquer convenablement ce passage où il est dit que Die», après avoir fait choix de Moïses pour l'envoyer en Egypte délivrer les Israélites, se porte sur son chemin pour chercher au contraire à le faire mourir, pendant qu'il est en voyage pour y aller. Ensuite toujours cette singulière maflière de

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faire jouer à l'Être Suprême le rôle d'un simple mortel ; qne cette fois-ci même Fauteur l'abaisse jusqu'au rêle des malfaiteurs, cherchant à commettre le crime d' cunassinat sur uu homme , mais, heureusement, sans avoir pu y parvenir. Il ressort enfin de ce passage que, jusqu'alors du moins, Moïses n'a point observé bien scrupuleusement les lois de sa religion , ayant laissé un de ses fils incîrconcis jusqu'à Tàge où sa mère a pu voyager ; opération que la femme de Moïses exécuta elle-même, dans un acte de colère, en reprochant à son mari d'avoir à le faire pour apaiser la Divinité ; ce qui prouve qu'il n'était nullement convenu entre les époux que la circoncision, ce sacrement fondamental des Hébreux, serait pratiquée sur leurs enfants.

En arrivant en Egypte, Moïses et Aaron rassemblèrent les chefs des Israélites et firent devant eux les miracles dont l'Etemel leur avait donné le pouvoir, et ils crurent.

Les deux frères se rendent ensuite auprès du roi , afin de Uii demander la permission de conduire le peuple dlsraêl au désert , pour y sacrifier k Y Étemel , le Dieu d'Israël. (Cbap. V, i).

2. c Mais Pharaon dit : Qui est VÊtemel (léhova), que j'obéisse à sa v(Ax^ pour laisser aller Israël? Je ne connais pom< r Éternel y et je ne laisserai point aller Israël. »

D'après ce qui est dit dans ce verset , le roi d'Egypte ne connaûsail pas même le nom de Iéhovà , le Dieu des Hébreux. En effet, ce nom ne fut créé qu'alors par Moïses, pour désigner le vbâi Dieu, autre qu'OsiRis, le Dieu des Egyptiens. Ce qui s'accorde avec ce qui a été dit au Chantre III , 13 : que Moïses et tout le peuple israêlite ne connaissaient même pas ce nom. Fait formellement confirmé par le Verset 3 du Chap. YI, où l'Être Suprême, parlant à Moï- ^ , dit : « Je suis apparu comme le Dieu fort , toutr-puissant , à Abraham f à Isaac et à lacob ; mais je n'ai point été connu d'eux par mon nom d'Étemel (léhova). » Nom que Dieu endigua en effet pour la première fois, en lui pariant dans le

8M THioUMIB M Là II4TURS.

boisson ardent, loi disant (Cbap. III, 10) : c JE SUIS CB* LUI QUI SUIS. » Termes dont Moïses forma le nom de lÉHOYA (1)» « il dit : Tu dirai aussi aux enfànU SIwréR: Celui qui s'appelle JE SUIS m'a eiH9oyë vers vùus. »

Or il est souvent dit dans la Genèse qne Diea, en parlant k Abraham, Isaac et laeob leur dit : Je suis r Éternel; c'estk-dire que Moïses , qni aurait créé le mot Iêhova lors de la sortie d'Egypte , s*en aérait toutefois senri en rédigeant plus tard la Genèse i sans s'apercevoir qu'il commettait n anachronisme, et se trahit ici hii^méme dans TEtode.

Le Pharaon en effet, an lieu d'accorder aux bmëlites la permission d*aller seulement pendant trois jours an désert, sacrifier k leur Dieu , les surdiargea, an contraiie, de travail , dans Tunique intention de ne leur hdsser aocnn temps de loisir pour songer k leur projet de sacrifier k lear Dieu; et cela , par la raison politique dont il a déjk été parlé plus haut.

Mais Dien répéta encore k Moïses , Verset 4 , etc. , qu'il avait conclu une alliance avec Abraham, Isaac et laoob, k qii il promit le pays de Ghanaan , et qu'ayant entendu les saaglots de son peuple opprimé par les Égyptiens , il s*esl souvent! de cette ancienne alliance ; qu'il voulait les retirer de cette servitude et les prendre pour son peuple^ afin qn'il Irar lott Dieu^ et les ferait enirer dons le paye po«r lequel U «fat( levé sa main. Mais malgré toutes ces belles promesses , les Israélites n'icmUérent point Mdises, (Verset 9).

Moïses et Âaron retournèrent auprès du Pharaon pour loi renouveler la demande de sortir du pays ; mais Dieu endureU encore le cœur du rei qui refusa de nouveau ; et Dieu en psmU V Egypte en donnant k Moïses le pouvoir de frapper ce pa^ de plusieurs plaies. Cestk-dire que Dieu empédiu le roi de laisser partir les Israélites, et en punit, non pas sa personne, mais le payé entier , fort innocent dans tonte cette aflbire.

(1) Voyex la mie H* U«

CÉAPltRlE XIV. 5S7

C'est, comme on voit, encore une de ces fâcheuses idées que l'auteur de l'Exode donne de la Divinité; et cela fut, dit-on, écrit par ordre de Dien .

Moïses et Aaron étant arrivés devant le roi, Aarcmjeta sa verge deteinî Pharaon et def>ant ses serviteurs et ette devint tm dragon (Chap. VII, 10).

Verset 1 1 . <t Mais Pharaon fit venir aussi les sages et hs mehanteurs ; et ces magiciens d* Egypte firent la même chose par leurs em^ntements. »

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