VWBRES TOUS LES MOUVEMENTS OÊNÉRAUX DONT 11.$ OI<T
BESOIN. Pour raccourcir le membre, Tanimal contracte toutes les fibres longitudinales à la fois ; pour les fléchir, celles d'un côté seulement; et lorsqu'il veut au contraire I$s i^longer, il contracte les fibres transversales ainsi que les rayonnées , moyen toutefois semblable à celui employé dans les mouvements de la langue des Mammifères et de la trompe de l'Éléphant. Or si les fibres transverses agissaient seules , elles resserreraient le canal central » ce qui générait la fonction des vaisseaux et des nerfs que ce dernier renferme. C'est en prévoyant cet inconvénient que u Créateur a placé dans ces membres les fibres rayonni^es
OUI compriment simplement les parois du tube , MAIN- TIENNENT SA CAVITÉ niSTENUUE.
Lea Ventouses devant jouir de mouvements variés et assez précis , afin de pouvoir s'accommoder a la disposition et k la forme des corps sur lesquels elles doivent s'appliquer, sont mises en totalité en mouvement pai* plusieurs muscles spéciaux circonscrits , partant de leur pourtour, pour se rendre dans difi'éreiites directions sur la tige des membres por-
tant ces oi|[ane3 de prAMsion ; nrateUt m nay«n deiqu«b ils peuvent être dirigés et fléchis dsns tous les sens.
Quant aux ventouses elles-mêmes , elles sont principale* ment formées de deux ordres de fibres musculaires; les unes , disposées eirculairement , constituent leur principale nasse, et surtout le bord arrondi en bourrelet, au moyen duquel ces Tentouses appuient sur les corps et les ressenrent ; tandis que d'autres fibres rayonnées , partant du centre du godet, se perdent dans ses bords. C'est au moyen de celles-ci que lecentre du godet est retiré et rendu concave pour faire le ride par lequel la ventouse se fixe au corps. C'est , comme on voit, toujours le même système mécanique employé partout où il s'est agi de former des ventouses ; de même que nous re^ trouvons partout remploi combiné des fibres longitudinales, transversales et circulaires, selon les convenances, pour produire l'allongement, le raccourcissement et les flexions des corps purement diamos , telles que la langue ,1a trompe de l'Éléphant; ou bien pour produire les mouvements du corps des vers et spécialement de la Sangsue ; moyen qu'on retrouve en outre dans une foule de cas chez les Mollusques et les Zoophytes des diverses classes.
Le système circulatoire du sang étant arrivé , chez les Annélides, k un degré assez inférieur de dégradation , où le cœur, comme organe propulseur du sang , est peu différent, poar la forme et la masse, des gros vaisseaux qui y aboutissent; mais où ces mêmes vaisseaux forment cependant encore un système complet dans leur circuit, les uns transportant le sang dans toutes les parties du corps , et les autres le ramenant de nouveau au cœur. La Nature s'est élevée en partant de là de nouveau , dans tout rEMBRANCuEMENT des Mollusques, k un mode de circulation du sang plu» com^ piiqué et plus parfait , mais toutefois avec des modifications qui caractérisent ces animaux dans chacune de leurs classes, ne revenant jamais sur ce qu'elle a une fois abandonné. C'est ainsi que le Ceéàtbue ▲ reformé des gcburs artériel^
440 THiOLO^IE DB LA NATURE.
ET VEINEUX AUSSI PARFAtTfiMEKT CONSTITUÉS QUE CEUX 0ES VEHTÉBRÉ6 SUPÉRIEURS» QUOIQUE FORT piPPÉRENTS POUR LEUR ORGANISATION.
Chez le^ Céphalopodes il existe même trois cœurs : un artériel et deux veineux ; tous les trois sans OreHiettes y et par conséquent simplement réduits aux Ventricules. Ces organes sont en outre éloignés les uns des autres au lieu d'être juxtaposés comme dans les Mammifères et les Oiseaux, où ils sont destinés k se confond^re en un seul, en dégradant dans les Reptiles , les Chéloniens et les Poissons , où le cœur aortique finit même p^r disparaître complètement.
Le Cœur artériel des Poulpes^ placé dans le fond du corps, dans le plan médian de ce dernier, présente une masse musculeuse triangulaire, proportionnellement trèsgrande, dont les parois fort épaisses, sont formées intérieurement de colonnes charnues , dirigées dans tous les sens.
Ce cœur donne naissance à cinq vaisseaux : V Aorte sortant de Tangle postérieur gauche , et portant le sang dans tout le corps ; et deux Veines branchiales qui amènent le saqg des branchies et s'y ouvrent sur les angles latéjçaux. Les deux autres vaisseaux sont des troncs artériels assez faibles.
. Les deux Cœurs veineux sont au contraire placés latéralement dans le milieu de la cavité viscérale du corps , près de la base des branchies. Us ont une forme ovoïde ; leurs parois, très-musculeuses et épaisses, sont toutefois plus faibles et moins fermes que celles du cœur aortique. Us produisent chacun deux vaisseaux , une Veine cave , qui reçoit le sang veineux de tout le corps , et une Artère branchiale , qui conduit le sang dans la brancbie voisine.
J'ai déjà eu occasion de dire plus haut que les Branchies des Céphalopodes avaient la forme de deux pyramides de lamelles membraneuses fort minces, placées latéralement dans le milieu de la cavité moyenne du sac ; disposition fort différente de celle que cette sorte d'appareil respiratoire af- : fecte chez les autres animaux. Nous avons vu que, chez les
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Reptiles Batraciens , où ils appariassent poiur la première fois dans l*échelle animale, ces organes présentaient la forme de petits arbuscules membraneux placés latéralement sur le cou ; que dans tonte la classe des Poissons ils formaient des appendices foliacés de l'os hyoïde , destiné k les porter, et placés constamment derrière la tête dans la cai^té des Oiiies.
Jasque-lk la disposition des branchies est constante , et même leur forme ne varie que fort peu , étant toujours , Ht peu de chose près, la même dans chaque classe; ne diff^ rant pas essentiellement chez les Chondroptérygiens comparés aux Poissons osseux ; du moins pas plus que tous les autres organes. Mais il n*en est plus de même dans les trois autres Embranchements du Règne animal ; et déjk dans la classe des Annélides ces organes offrent de grandes diffé* rences, étant, comme organes spédaux, complètement nids ehez les Annélides Abranches , où la fonction de la respiration est remplie par les téguments de toute la surface du corps ; de manière que sous le rapport anatomique les ana* logues des branchies des Poissons ont réellement disparu. Mais ces organes , ou plutôt des organes spéciaux de même fonction , ont été bientôt de nouveau introduits dans l'organisme des^ autres Annélides sous la forme de divers petits appareils diversement conformés , placés tantôt par paires sur la région dorsale de chaque segment du corps , et tantôt sur les segments les plus antérieurs seulement, ou bien sui la tête , si , comme on le panse , les panaches de tentacules garnissant cette dernière sont réellement des organes respiratoires, ainsi que Cuvier et autres le pensaient.
Mais dans tout TEsibrànghehent des Moli.usques> ce genre d'organes respiratoires devient beaucoup plus incei*taio, tant pour son emplacement que pour sa forme et même pour sa fonction, devenant subitement un véritable Poumon dans un ordre tout entier de Gastéropodes , ainsi qu'on le verra ufi peu plus bas ( et le manque de fixité dans cetappardl existe eneore plus dans le quatrième et dernier
t49 THBOLOGlï Dl LA MATURS.
Embraochemeot du Rigne animal, celai des Zoophitês.
Cet appareil de la respiration , devenu ainsi très-vague , prend» chez les Céphalopodss, la forme de deux pyramides de lamelles placées non plus sur lé dos , comme ches les AnnéUdes , mais sous le venire» et renfermées dans le sac , qui n'est loi-*méme que le représentant du manteau^ qui pa« rait déjà chea les Sêi^ubi ^ parmi les Annélides , et se retrouve ensuite partout chex ïes Mollusquis. Dans la daase des Céphalopodes ce manteau prés^te cette particularieé d'être fermé en sac smié le ventre « formé qu'on reirôttfê plus loin dans d'autres Mollusques » tels que les 5o(èn m Manekés dé tùutMU^ de la classe des Acéphales.
Le Syêtimê neivêux des Céphalopodib offre^ comme dans tous les Mollusques» ainsi que je l'ai déjk dit, le même caractère que chez les Animaui articulés» d'avoir son principal renflement antérieur ou le Cerveau^ placé au-*dessu$ de Tœ* sophage « tandis que les autres parties centrales constituant la ilTosIl^ épifUére , se trouvent sons le canal intestinal , mais refoulée sur elle-même en une seule paire de ganglions placée , chez les Céphalopodes, sous l'œsophage» et renfermée, avec le cerveau, dans l'anneau que forme le cartilage cépha- Uque. Ces deux principales parties du système nerveux sont réunies sur les côtés» comme chez lés Animant articulés, par des cordons nerveui fort courts, embrassant l'oesophage en formant ce qu'on nomme son Collier.
Le cerveau produit les Nm-fà optiquei^ les GuitaHfk et quelques autres petits troncs se rendant dans la tête. Mais outre ces divers troncs cérébraux» il en produit de ohaqoe côté deux autres fort gros et courts » constituant ce même CoUm de Vmiùphagê, en se rendant sur la masse nerveuse souS'KÉSophagienne, ell^même formée de deux paites de ganglions juxtaposées» dont chacune répond h une de» bran*ches du collier.
La pAire inférieure la plus f approdiée de la boudie fournit quatrs pitf^es de nerfs fort gros se readani^Ms les hait
ÔHAPITIIS T. ' Mi
piedâ, et se troavmt réunis, av&nt d'y pëftéirer, pM une ebaine de branches latérales allant de Tun k l'antre, de manière k former un annéaU autour de ta bouche. Je ferai sur-^ tout remorquer cette disposition comme rappelant la forme que prend toute la partie centrale du ^ystènte nerveut che2 les Animaux raisonnes de PEmbranchement des Zoopfaytes, auxquels les Céphalopodes semblent l^ire la transition par la forme r&yonnée que prend Textrëmité céphaiique de leof corps.
La seconde paire de ganglions de la m#elie ëpinière produit, de son côté, plusieurs paires de nerfs plus ou moins forts se rendant dans le reste du corps ^ et entre autres sur les viscères.
Outre les ganglions principaux dont je viens de parler, on en trouve encore quelques autres paires dispersées dans le corps , mais rattachées toutefois k la moelle épinière par quelques nerfs de communication , et fournissant des branches h divers organes. Il parait que ces ganglions épars ont quelque analogie aveo ceux du système sympathique des Vertébrés et des Articulés, et qu'on retrouve du reste également dans les autres Mollusques.
La Classe des Ptéropodes n'est formée que d'un petit nombre de genres d'animaux qui , tout en appartenant , par leur organisation, à rEMBiiÀNGHfiMENT des Mollusques, dif« fèrent cependant par des caractères essentiels des animaux des anirea classes , se distinguant des Céphalopodes en ce qu'ila n'ont pas la tôte couronnée de ces grands tentacules servant de pieds; et des Gastéropodes, comme n'ayant pas la faculté de ramper sur leur ventre ; aussi ces animaux sont-' ilsexclùstvement nageurs, en se mouvant dans l'eau au moyen de deux grandes expansions membraneuses des cAtés de leur tête qui font les fonctions d'ailes. Us diffèrent en outre des Céphalopodes par l'absence du bec, dont la bouche de ceux - ci est munie , par la forme dn manteau , qui n'eât pûint en sac lorsqu'il existe. Enftn le^Brànehieê sont des dé^
pendanees des irames, ou plutôt ces mêmes rames en font la fonction ; ou bien ces orgsines respiratoires sont placés sur l'arrière du corps ou sous les bords du manteau.
Plusieurs sont munis d'une coquille diversement conformée , dans laquelle une partie de leur corps est renfermée.
Ces animaux tous petits et ne formant que peu de genres, sont encore fort peu connus sous le rapport de leur organisation , qui n*a jamais été étudiée que d'une manière trèssuperficielle.
Les GASTÉROP0DE&, troisième Classe des Mollusques , ont généralement le corps médiocrement allongé , plus ou mpins cylindrique en dessus, et d'ordinaire aplati en dessous en un large disque occupant toute sa face ventrale, disque sur lequel ces animaux rampent, et qu'on a nommé delà leur Pied , mai& qui se rétrécit dans quelques genre» en une simple crête longitudinale.
Le corps est tronqué à son extrémité antérieure où se trouve la JSouche, et y porte de deux à six Tentacules sensitifç, et deux petits Yeux simples qui manquent quelquefois; mais cette Tête n'est d'ailleurs aucunement distincte du reste du corps.
A son extrémité postérieure le corps s'atténue en une languette.triangulaire formant ce qu'on nomme la Queue, quoique le pied, ainsi que la cavité viscérale, se prolonge souvent jusqu'à son extrémité.
J'ai dit plus haut que ces animaux avaient égalemcAt d'assez grandes analogies avec les Annélides , mais sous d'autres rapports que les Céphalopodes : ceux-ci par leurs membres locomoteurs couronnant la tête comme le font les tentacules des Annélides ; et ceux-là par leur corps allongé encore réellement articulé dans les muscles sous-ventraux du pied. Cette analogie est surtout remarquable che/ les espèces telles que les lAmactis , dont le corps allongé n'est encore pourvu que d'un rudiment de coquille cachée sous tes téguments du dos, et dont la moelle épinière est encore bien
distiuctement formée d'une double série de ganglions, ramassés toutefois dans la partie la plus antérieure du corps , mais rappelant entièrement celle des Animaux articulés.
En effet, les Gastéropodes sont par ces mêmes caractères, mieux encore que les Céphalopodes, à considérer comme appartenant au même type que les Animaux articulés, mais pu les segments, même fort nombreux du corps, se sont confondus en un seul dans la région dorsale seulement , en conservant encore la forme articulée a la face ventrale, pour les muscles superficiels. Quant aux téguments même ils n'offrent plus cette disposition d'une manière apparente; cette enveloppe générale ^ déjà fort mince et molle mais bien distincte encore chez les Annélides et les Céphalopodes , étant arrivée par une dégradation plus grande qu'elle a éprouvée chez les Gastéropodes , à un degré de mollesse et d'imperfection, telle qu'on ne peut même plus la détacher facilement de la couche de muscles placés dessous, dont elle ne se distingue que par un tissu plus serré et une couleur plus grisâtre. VÊpiderme parait avoir même disparu; d'où résulte que les parties dont se compose le corps sont confluentes et en conséqunce indistinctes.
Dans les Limaces, qui constituent l'un des genres de transition entre les Gastéropodes et les Annélides, le corps est cylindrique au - dessus dans sa partie antérieure et atténué en pointe à la postérieure, dans laquelle la cavité viscérale se prolonge jusqu'au bout. Quoiqu'on n'aperçoive plus extérieurement dans les téguments aucune trace d'articulation indiquant que le corps est divisé en segments, cette composition devient cependant parfaitement apparente le long du milieu du disque du pied, lorsquon fait ramper un de ces animaux, ou bien un Escargot sur une lame de verre, afin de le voir par la face ventrale pendant qu'il chemine. On voit alors parfaitement que le dessous de son corps présente dans le milieu une large bande longitudinale dans la.iuelle ir. 10
446 tmioLOG» dk la tiATuAt.
se forment à la fois <}e dix k douze ondulations mobiles , se transmettant d*ayant en arrière, et dues au déplacement successif de Nombreuses petites bandes transversales de muscles , au moyen desquelles Tanimal lève les parties correspondantes de son corps pour les porter en avant et les poser de nouveau, afln de les faire servir à leur tour de points d'appui à celles soulevées immédiatement après; action absolument semblable à cellç qui a lieu chez des Serpents mouvant les bandes écailleuses sous-ventrales , lorsqu'ils rampent, et mieux encore à celles qu'on remarque dans les nombreuses petites pattes des Iules qui marchent.
Les muscles qui forment ainsi la chaîne dans les pieds des Limaces sont toutefois si peu distincts que je n'ai jamais pu les voir séparément les uns des autres en les disséquant ; les fibres qui les composent paraissant comme feutrées et confondues avec celle du reste du tissu musculaire formant toute cette partie dû corps. En faisant toutefois séjourner ces animaux pendant quelque temps dans de l'esprit-de-vin qui contracte leurs chairs, cette partie du disque ventral devient saillante, en formant une bande longitudinale allant d'une extrémité du corps à l'autre, en occupant h peu près le tiers moyen de la largeur du disque; les bords latéraux paraissant formés d'un tissu musculaire différent, capable de se contracter en tous les sens, mais n'agissant pas dans les mouvements de locomotion. Ce tissu de fibres irrégulières paraît aussi former toutes les autres parties superficielles du corps, sans distinction de régions.
Le Manteau qui recouvre plus ou moins le corps des Gastéropodes est un disque charnu à bords libres qu'on trouve déjà chez les Serpules, etc., parmi les Annélides, et qui, en se fermant sur lui-même à la face ventrale de l'animal, forme le sac dans lequel le corps des Céphalopodes est renfermé.
C'est dans l'épaisseur de ce Manteau que se développe, comme dans les Céphalopodes, la Coquilïe de ces animaux, ou bien a sa surface, lorsque cette nièce est extérieure. Cette
eoquilie, toujours calcaire, prend ensuite des formes et des difliensions différentes selon les espèces.
Lk où elle est intérieure, elle est assez généralement petite, fort mince, et se trouve renfermée, sans aucune adhérence, dans une cavité spéciale , d'ordinaire plus grande qu'elle, dont les parois en sécrètent la substance.
Cette coquille intérieure n'est chez beaucoup d'espèces, surtout chez les limaces, qu'une simple lamelle ovale, h peu près plane, tant soit peu concave en dessous, sans aucune trace de la forme spirale , qu'elle prend dans tous les genres souvent très-voisins où elle est extérieure.
La paroi supérieure de sa capsule est généralement formée, chez tous les Gastéropodes, par les téguments qui y prennent une plus forte épaisseur; tandis que Tinférieure est toujours très-mince, n'étant formée que par une membrane propre , revêtue par le péritoine qui tapisse toute la eavité viscérale placée dessous.
Dans le genre Àpiysia et autres , de I'Ordris des Tecti- BRANCHES, dont la coquille est également intérieure, cette pièce est quelquefois aussi simple que dans les Limacefi, en commençant cependant déjh k se compliquer dans certaines espèces, en se roulant de plus en plus en spirale, faisant même plusieurs tours sur elle-même. C'est dans cet ordre aassi , et spécialement dans le genre Apiysia , qu'on la voit devenir graduellement extérieure; c'esl-k-dire sortir de sa capsule par une ouverture qui se forme au milieu, pour prendre la disposition qu'elle offre dans la plupart des autres Gastéropodes, ainsi que chez les Céphalopodes.
C'est ainsi que d2insY Apiysia CameliiSy animal qui offre h l'extérieur une forme rappelant celle d'une très-grosse Limace, la coquille encore entièrement intérieure présente aussi à peu près la même forme que chez ce dernier animal,
n'étant qu'un peu plus bombée , en formant toutefois déjà
k son extrémité postérieure un petit euMe-sac constituant
le premier commencement de l'enroulemeitt spiral.
Dans YAplysia punctata la capsule de la coquille ofiPre , au contraire, en dessus, dans son milieu, une ouverture assez grande par où la coquille se montre à Textérieur ; et dans les Gastéropodes, où cette ouverture est aussi grande que la coquille elle-même, celle-ci se trouve par Ik complètement a Fextérieur et appliquée simplement sur la partie de la capsule qui répond à la face inférieure de celle-ci, formée d'une membrane fort mince et très-molle que la coquille continue à protéger contre l'action de corps étrangers; condition qu'elle présente exclusivement chez les Paielles de TOrdre des Cyclobranches, le dernier de la classe des Gastéropodes ; après avoir parcouru dans sa forme et sa disposition une échelle de gradation d'abord ascendapte, puis descendante, par laquelle cette pièce revient pour ainsi dire à sa première forme.
Or, comme cette coquille qui arrive ainsi k recouvrir entièrement l'animal, s'en serait séparée très- facilement, le
DtVm AUTEUR DE TOUTE CHOSE l'a FIXÉE AU MOYEN DE MUSCLES DIFFÉREMMENT DISPOSÉS SELON LE BESOIN.
Dans la plupart des Gastéropodes Pulmonés plusieurs Tectibranghes et tous les Pegtinibranches , ces derniers constituant Tordre k beaucoup près le plus nombreux en espèces de toute la classe, cette coquille s'enroule de plus en plus et prend, comme chez les Céphalopodes , la forme d'un cône contourné en spirale, mais jamais entièrement dans le même plan, comme chez ces derniers , mais dans une direc* tion oblique ; de manière que le centre de la spire fait saillie d'un côté , et cela généralement k droite, et fort rarement à gauche (1), saillie qui présente également tous les degrés, depuis celui qu'elle offre dans les Planorbes où les tours sont presque dans le même plan jusqu'aux Vis , où leur saillie forme un cône spiral fort aigu.
C'est dans le même ordre des Pegtinibranches que les
(1) Voyea la note n. 26.
CBjunxRB V. 149
coquilles offrent encore un autre degré de perfectionnement qui permet k l'animal de respirer librement, quand même il est contracté et refoulé dans le fond de sa coquille. Déjh chez les PuLMONÉs, qui respirent Tair, rorifice de la cavité pulmonaire A ÉTÉ PLACÉ DE FAÇON , QUE L*ANIMAL ENTIÈREILBNT RENTRÉ DANS LUI-MÊME , LA PARTIE QUI ÉTAIT AU DEHORS SE
PLAGE SOUS LA CAVITÉ PULMONAIRE occupaut SOUS le mantoau la moitié antérieure du dernier tour de spire, et que l'orifice DE CETTE CAVITÉ SE TROUVE LIBRE AU CÔTÉ DROIT PRÈS DU BORD DE LA COQUILLE.
Dans les Pectinibranches, qui respirent l'eau, la cavité branchiale est disposée de même que celle des Poumons chez les Pulmonés ; mais comme plusieurs de ces animaux étant rentrés ferment l'ouverture de leur coquille par iin opercule, leur respiration eût été empêchée, si la sublime
SAGESSE DU CRÉATEUR n'EÛT PRÉVENU CET INCONVÉNIENT, EN DONNANT À LA COQUILLE UNE FORME QUI PERMET A L*EAU D*A1I-
RivER D*AUTRE PART. C'est aiusi qu*il a suffi dans certaines espèces , comme les Tonnes , de ménager une simple écbancnire sur le bord antérieur de l'ouverture de la coquille, le plus près de l'orifice de la cavité branchiale, pour que Teau pût arriver facilement dans cette dernière , disposition déjà prise chez ces animaux qui n*ont toutefois pas encore d'opercule, comme pour préparer simplement le perfectionnement qui arrive à son plus haut terme dans les Murex et les genres voisins k coquilles operculées. Ici cette échancrure se prolonge en un canal plus ou moins long renfermant un tube membraneux formant un prolongement du manteau , et par lequel Teau entre et sort librement pour servir à la respiration. Enfin c'est aussi dans cet ordre des Pectinibranches que les coquilles offrent diverses complications de simples ornements , telles que des bourrelets qui renforcent Touverture et forment un certain nombre de saillies répétées selon l'âge de l'individu ; Tanimal prolongeant à certaines époques les bords de sa coquille, en enveloppant les tours pré-
i^ TnioLOGIIt et LA «ATURK.
cédents. Chez d'autres, diver^eg parties de la coquille, mais portant ces mêmes bourrelets terminaux , sont surmontées de différents prolongements en forme d'épines ou de lamelles feuilletées, souvent fort élégamment compliquées, sans que cela paraisse être de la moindre utilité h Tanimal.
Arrivé à ce point culminant de leur perfection, les coquilles des Gastéropodes dégradent de nouveau promptement dans les ûeux derniers Ordres, ceux des Tecti- BRANCHES ct dcs Cyglobranches, qui terminent la classe, en formant la transition aux Mollusques Acéphalbis.
Dans le ^3remier de ces deux wdres, la coquille perd nonseulement ses appendices de simple ornement, mais aussi son canal conducteur de l'eau ainsi que l'opercule, quoique dans le principal genre , celui des Oreilles de mer^ elle présente encore la forme spirale ; mais les tours qu elle fait sont toutefois beaucoup moins nombreux , et augmentent si rapidement de diamètre , que le dernier forme la capsule presque entière ; le tout représentant une forme de bouclier ovale peu concave, recouvrant presqu'en entier tout le corps de Taaimal , dont une partie du nianleau et du large pied déborde de toute part, sans pouvoir entrer complètement dans la coquille trop petite pour les recevoir.
La coquille des Oreilles de mer présente en outre la particularité qu'elle est percée sur le milieu de ses tours , d'une série de trous , dont les postérieurs sont bouchés, et les antérieurs ouverts pour laisser passage à l'eau servant il la respiration; et, pour cet effet, le manteau offre le long de cette ligne une fente communiquant avec la cavité branchiale placée dessous, comme chez les Pectinibranches qui précèdent; mais dans laquelle les branchies sont encore , vu la forme spirale de la coquille, portées vers le cété gauche.
Chez les Fissurelles du même Ordre des Scutibranches, la coquille n'est même plus spirale, et ne présente que la forme d'un large cône très-élevé, recouvrant le milieu du corps de ranimai, et la aérie des troua ae réduit k due $eqio oiifW*
CHAPinS T. 151
ture placée au sommet du cône , et par laquelle sortent les excréments et Teau servant à la respiration.
Les ÊmarginuleSj autre genre du même Ordre, n*ont h leur coquille , conique comme celle des Fissur elles ^ qu'une simple petite fente placée au bord antérieur, pouvant k peine livrer passage k une très-petite quantité d'eau, qui, du reste, entre largement, par un orifice antérieur de la cavité branchiale, au-dessus de la tête de Tanimal.
Enfin, dans les Gyclograihghes , le dernier Ordre des Gastéropodes , la coquille se simplifie plus encore , ne formant dans le priiicipkl genre, celui des Patelles , qu*un large eône trés-évasé , sans aucune ouverture ni fissure , et débordant de toute part le corps de Tanimal qui s'y abrite entièrement.
Le second genre, celui des Oscabrions^ a le corps couvert, au lieu â*une seule coquille, de plusieurs lames transversales succesâives également calcaires , qui permettent k ces animaux de se rouler sur eux-mêmes, et leur donne quelque ressemblance avec les animaux articulés, dont ils difi'èrent du reste sous tous les rapports, eu approchant le plus des Patelles, k eôté desquelles oti les a aussi placés ; mais l'organisation de ces Gastéropddes excetitriques est encore peu connue.
La cavité de la plupart des coquilles des Gastéropodes, étant plus du moins prolongée et contournée en spirale, renferme un pr<)longement de même forme que présente le eorps, prolongement qui n'est, en réalité, qu'une simple hernie Naturelle que fait la partie centrale de la lame inférieure de la capsule de la coquille, la seule qui subsiste encore ; et qui soit formée, ainsi qu'il a été dit , par une membrane mitiee et molle, protégée par la coquille; et , dans le sac herniaire i entre, comme dans une hernie accidentelle , une grande partie des viscères de l'animal.
Tous les Naturalistes et CuYiER lui-même, considéraient la coquille des Mollusô13£s comme, faisant partie de leur corps, e'est-k-dire comme m véritable organe; mais j'ai
loi THÉOLOGIE DB LA MATURE.
fait voir, daDs mes ouvrages précédents, que c'était une erreur simplement fondée sur l'apparence; les coquilles, à quelque classe de Mollusques que Tanimal appartienne, n'étant que des corps dont la formation est simplement due à des dépôts d'nne substance calcaire sécrétée par ce dernier ; dépôts ajoutés les uns aux autres uniquement par juxtaposition , et dus même à une véritable construction. En effet, partout où les coquilles sont intérieures, c'est-k-dire maintenues en place par la capsule qui les renferme , ces pièces calcaires sont parfaitement libres de toute adhérence. Gela est ainsi chez les Seiches , aussi bien que chez les Lima4^es et genres voisins , ainsi que dans les Aplysia et autres; ce qui aurait dû faire mieux comprendre au célèbre Cuvier, qui ayant publié des Mémoires anatomiques sur ces trois genres de Mollusques devait connaître ce fait , que les coquilles de ces animaux n'étaient point de véritables organes, mais uniquement de simples concrétions formées par des dépôts non organisés, et qu'en conséquence leurs analogues extérieures devaient être dans le même cas. Or, je l'ai également prouvé pour ces dernières, en faisant voir que celles des Gastéropodes n'étaient même adhérentes à l'animal que dans certaiins temps seulement; ceux où elle ne subit pas d'accroiscroissement; augmentation qui n'a lieu qu'à des époques déterminées, variables selon les espèces. Ce fait, que Cuvier n'a sans doute pas connu , peut être facilement vérifié sur les Escargots , dont la coquille est détachée pendant tout le temps que Tanimal est occupé à en augmenter la cavité, en prolongeant les bords de aon ouverture , ce qui se reconnaît à la minceur papyracée de ces derniers ; tandis qu'il y adhère vers le milieu de la spire aux époques où la lèvre de l'ouverture a un bord épais et un peu recourbé; alors que l'animal ne l'augmente pas.
Si l'on y avait réfléchi , on eût pu se convaincre que cette idée que la coquille était un véritable organe inhérent au corps de l'animal devait être fausse, car son adhérence,
lorsqu'elle ei^iste , a lieu non au sommet de la spire , ainsi que cela devrait être si elle existait depuis la naissance de ranimai, mais bien au milieu de sa longueur; dans une partie qui n'existe que depuis un certain temps; et ce qui prouve d'ailleurs encore que la coquille extérieure est réellement construite par son habitant, est que celui-ci la raccommode lorsqu'elle est cassée : il suffit que ce soit au dernier tour de spire , là où il peut atteindre avec le bord de son manteau , instrument quMl emploie k ce travail ; vu que c'est sous ce bord que suinte la matière dont cette coquille est formée. C'est en appliquant cette partie du corps contre la lèvre de l'ouverture de la coquille , ou de la brèche , que l'animal y dépose , d'abord sous la forme d'une simple pellicule, les premières parties du prolongement qu'il y fait, et doublant ensuite plusieurs fois cette lamelle, il lui donne l'épaisseur et la forme qu'elle doit avoir.
C'est dans l'examen de la production de ces coquilles , souvent admirablement peintes des couleurs les plus variées, formant des dessins parfaitement réguliers, et constamment les mêmes dans chaque espèce animale , en présentant en outre les formes les plus remarquables par la diversité de leurs complications , leur élégance et leur disposition , qu'on est , plus encore que pour la riche coloration du plumage des Oiseaux et des téguments des Insectes , forcé d'admirer l'étonnante constance que présentent sous tous ces rapports les productions de la Nature.
Quoique les procédés physiologiques employés dans la coloration des Oiseaux et des Insectes dévoilent les plus savants principes du calcul appliqués k ces merveilleux eifets de Chimie et de Physique transcendantes, sans que nous puissions en concevoir la théorie , il y a du moins encore là le fait de la fixité des organes jusque dans leurs plus minutieux détails, pour produire chacune en ce qui lui est propre les diverses parties de chaque tache qui doit être formée ;