‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 13 sur 58 · TANDIS QUE DANS LÀ FORMATION ET LA COLORATION DES GO · texte numérisé non relu

TANDIS QUE DANS LÀ FORMATION ET LA COLORATION DES GO

ibA THSOLOGIB DB L4 NÀTURK.

QUILLES, CET ATANTA6E n'BXISTE MÊME PAS^ l'ORGANB QUE

l'animal emploie pour produire ces divers effets Étant

MOBILE À son gré, ET PAR LÀ CAPABLE 0K POUVOIR ÊTRE DÉPLACÉ NON-SEULEMENT PAR CETTE MÉBIE VOLONTÉ, MAIS ENCORE PAR UNE FOULE DE CAUSES PUREMENT ACCIDENTELLES QUI PEUVENT AGIR DE l'eXTÉRIEUR , ET TROUBLER LA PARFAITE RÉGULARITÉ DE DISt^OSlTION ET d' ACTION t)E CET ORGANE, À LA FOIS PRODUCTEUR DE LA SUBSTANCE ET CONSTRUCTEUR DE LA COQUILLE ; EFFET QU'ON NE PEUT EXPLIQUER QUE PAR LA PLUS ÉTONNANTE PRÉCISION QUE LE CRÉATEUR AMISE DANS L*INST1NCT DE CES ANIMAUX, PLACÉS DÉJÀ SI BAS DANS L*ÉOHELLE DES ÊTRES , AFIN QUE DANS AtjCUN CAS ILS NE VARIENt EN RIEN LES PROCÉDÉS QUI LEUR SO^T PRESCRITS POUR EXÉCUTER AVEC CETTE IN(:0NCETABLB JUSTESSE l'aGTB SI COMPLIQUÉ DE LA PROliUCTiON DE LEURS COQUILLES.

Dans la plupart des espèces de Gastéropodes , la cavité de la coquille est assez ample pont que Tanimal t)uisse s*y reùrermer en entier, en s'y retirant au moyen du plus étonnant renversement de son corps, celui-ci rentrant k cet effet dans lui*ibéme par la tète , comme on renverse un doigt de gant. Dans plusieurs genres cepefidant, la coquille trop petite ne peut recevoir qu'une sitnple partie du corps; mais toujours cellecomp^enant les organes de la respiration et le eœur. De manière que ëou6 ce rapport, comme sous tous

LES autres , ON TROUVE DANS LA SÉRIE DES GENRES TOUS LES DEGRÉS DE GRANDEUR ET DE FORME POUR AINSI DlRE POS- SIBLES DANS LËGHELbE DE GRADATION Ï>ES COQUILLES.

Enfin, dansTORDRË des PectinibrancheS^où Torgani- ^ation des Gastéropodes arrivé^ sous toiis les rapports, à son état le plus parfait, la coquille formé non - seulement une èavité assez ample poui^ abriter Tabimal en entier} mais il existe encore une autre pièce, une véritable seébnde coquille, d'ordinaire en simple petit disque, souvent méaie formée en spirale qui àdbère au edté de la queue, et qui se trouve dis- (>osée de façon que, rentrant lu dernière dans la première co^

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quille, elle en ferme exactement l'ouverture ; opercule qui, dans certaine espèce où il est le mieux conformé , rappelle la dualité de la coquille des Acéphales ou Bivàheêt condition à laquelle elles semblent faire la transition.

Dans le disque inférieur du corps formant le Pied sur lequel les Gastéropodes rampent, les parois de la cavité viscérale sont formées d'une épaisse couche de fibres mnseulaires dirigées en diflTérents sens, sans ofirir des couches spéciales bien apparentes qu'on tfouve encore chee les Céphalopodes. Dans la région dorsale, les parois sont moins épaisses encore, et formées également de fibres musculaires confuses, se confondant, comme |)artout, Insensiblement avec celles propres aux téguments.

Mais, outre cette partie musculeuse formant les parois du corps , il existe cependant encore Chez ces ahimau^ quelques muscles spéciaux , ayant principalement pour fonction de faire rentrer le corps ddns la coquille lorsqu'elle est ex té* rieure; ou du moins de faire rentrer l'apimal eh partie dans lai-même, et gela par une disposition ingénieuse dont on retrouve ici le premier exemple.

Dans Y Escargot y animal sur lequel tout le moâde peut facilement reconnaître la disposition si remarquable des muscle^ rétracteurs du corps i il en existe un pfediief destiné k faire rentrer le corps entier dans la coquille. Il nait sous la forme d'une large bande sur la partie postérieure du mi^nteau , an bord correspondant au sac herniaire, d*où ce fnuscle se porte en haut, en pénétrant dans ce dernier, contourne l'axe de la coquille et s'y fixe après avoir fait un tour de spire.

Une paire de muscles plus longs et plus vigoureux naissent sur le même pdint de la coquille où le premier s'attache, contournent comme lui Taxe de la spire < et pénètrent dans le corps proprement dit| vers la partie antérieure du sac herniaire, où se fléchissant en avants les deux muscles se séparent pour se porter chacun de son eôté dans la partie antéro-latérîile du corps, et s'y djviseqten plusjeiirs cheft

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placés au devant les ubs des autres , pour aller se confondre enfin avec les fibres musculaires de la partie latérale dn pied dans tonte la région antérieure du corps.

Dans leur action, ces deux muscles raccourcissent nonseulement le corps, mais le font en même temps entrer dans la coquille. Les deux chefs les plus antérieurs de chacun de ces muscles pénètrent dans les deux tentacules du même côté pour s'insérer k leur extrémité, en constituant ainsi les rétracteurs spéciaux de ces organes. Sur cette paire de faisceaux musculeux en est appliquée une troisième, d*abord confondue en une seule bande impaire, ayant la même insertion sur l'axe de la coquille et descendant également dans le sac herniaire pour pénétrer avec eux dans la partie antérieure du corps, où ils se prolongent jusqu'auprès du cerveau. Là les deux muscles se séparent, en embrassant l'œsophage au-dessus duquel leur bande commune est d'abord placée ; passent avec lui dans le collier de l'œsophage et vont s'insérer k l'extrémité postérieure de la masse musculeuse que forme le pharynx , qu'ils tirent en arrière , et avec elle la tête entière en la faisant rentrer en elle-même.

Enfin le Muscle rétracteur de la verge est également un faisceau spécial, mais fort grêle, en forme de simple fil , fixé au manteau près du bord antérieur du sac, herniaire; d'où il se porte en avant et k droite vers la partie latérale de la tête, où se trouvent les organes génitaux de ces animaux, pour s'insérer k la verge.

C'est k ces six muscles isolés, et k quelques autres entrant dans la composition du pharynx , que se bornent tous les muscles spéciaux distincts de ces animaux.

On les retrouve k très peu de chose près chez les Limaces, animaux k coquille rudimentaire intérieure, avec cette différence qu'ils ont leur point d'attache au bord du manteau, et ne peuvent produire qu'une contraction partielle du corps, consistant k faire rentrer la tête et les tentacules en elles-

D'après la courte description que je viens de fdce de ces muscles rétracteurs , on conçoit qu'ils doivent produire le raccourcissement des parties du corps auxquelles ils s'insèrent et les faire rentrer dans la coquille. Au premier aperçu il semble que, par l'effet de ces muscles, ces mêmes parties devraient simplement se froncer sans précisément rentrer sur elles-mêmes. Mais cet effet est produit d'une manière

REMARQUABLE ET FORT SAVANTE , PAR LE CONCOURS SIMULTANÉ DES FIBRES MUSCULAIRES CONSTITUANT LES PAROIS DU CORPS.

En effet , si les muscles rétracteurs agissaient seuls , il est évident qu'ils ne produiraient qu'un simple froncement dans la partie sur laquelle ils agiraient; mais l'animal contracte en même temps les parois en faisant agir exclusivement leurs fibres transversales, et c'est par là que le ren* versement est produit. Supposons que ce ne soit que pour UD simple tentacule. En contractant toutes les fibres circulaires de cet organe , cette contraction produit son allongement en même temps que le tentacule se roidit ; effet qui est absolument celui qui a lieu par le même moyen dans rallongement de la langue de l'homme et du corps de la Sangsue j etc., etc.; mais le mollusque, en roidissant ainsi son tentacule , laisse son extrémité seule relâchée; et contractant le muscle rétracteur, il force cette extrémité molle à rentrer dans celle qui précède; relâchant ensuite successivement les fibres circulaires suivantes, le même effet est produit sur la partie du tentacule qui leur correspond , et ainsi jusqu'à la base de l'organe; et le corps entier rentre en lui-même par une action tout a fait semblable au moyen des muscles rétracteurs du pharynx et des parties antérieures du corps.

Quant à sa sortie de la coquille et au développeipent du corps et des tentacules, c'est uniquement en contractant les fibres musculaires transversales que l'effet est produit., en commençant par les plus postérieures et continuant succes-sivement jusqu'à l'extrémité antérieure.

I8è tÉ^L0«t1l »k LÀ KATUtlt.

La coquilte des Or9iUei de mer ne formant plus qn'uû large bouclier fort aplati, sous lequel tout le corps n'est mêflûie plus abrité, l'animal en conséquence n*a pas non plus ses muscles rétracteurs du corps disposés comme dans V Escargot et autres Gastéropodes à grande coquille, dans laquelle ces animaux peuvent rentrer, mais simplement h leur place un gros tronc musculeux fort court, fixé au milieu h peu près de la coquille, d'où il descend verticalement sur le milieu du manteau formé uniquement , sons cette coquille , d'une lame tégumentaire mince et molle, tandis que sur ses bords, dépassant la coquille , il est épais et musculeux.

Datis les Cyclobranches (Patelles) , et déjh chez les Fissurelles et les Êmarginules de I'Ordre des Scutibranches , la coquille n'étant même plus en spirale, mais simplement en cône très évasé , recouvrant d'ailleurs de même le corps, \k peu près comme dans les Oreilles de mer, le niuscle qui fixe l'animal à la coquille prend, ainsi que je Tai déjk dit plus haut, encore une autre disposition, celle d'un fer à cheval contournant le corps; et l'animal, débordé de toute part par sa coquille, s'y trouve parfaitement abrité, en la serrant contre l'objet auquel il s'est attaché par son pied.

C'est cette dernière disposition , et plus encore celle que présente le muscle central des Scutibranches , qui forme , sous ce rapport, la transition aux Mollusques Acéphales, dont il sera question un peu plus loin.

Les organes de la respiration, devenus également fort irréguliers tant pour la forme que pour la disposition, et même la fonction, ne sont pas plus constants chez les Gastéropodes que dans la classe des Arachnides , les uns respirant l'air et les autres l'eau. Dans I'Ordre desNuniBRANCHES et celui des Hété- ROPODES , les Branchies , ramifiées en arbuscules , sont placées sur diverses parties du dos. Chez les Inférobranches , ellsont, au contraire, la forme de petites lamelles placées sous les bords latéraux du manteau. Dans I'Ordris: des Tectibran- CHES, ces organes, devenus plus irréguliers encore, n'existent

(}ue sur le côt^ droit du corps, où ils forment de nombreuses petites lamelles plus ou moins subdivisées. Dans les Ctclo- BRANCHEs, ce sont également des séries de lamelles ou de pyramides placées sous les deux bords du manteau. Dans les Pectinibranches et les Scutibranches, les branchies ont, au contraire, la forme de peignes, et se trouvent renfermées dans une cavité spéciale sous le bord antérieur du manteau. Enfin, dans les Pulmonés, les organes respiratoires ne sont plus des branchies, mais une cavité pulmonaire située, comme celle renfermant les branchies chez les Pectinibranches, sous la moitié antérieure du manteau; mais ne communiquant au dehors que par un simple orifice assez petit, situé sous Je bord droit du manteau. C'est sur les parois de cette cavité que viennent ramper les vaisseaux sanguins pour mettre le sang en communication avec Tair.

V Appareil de la circulalion , aussi complet que chez les Aunélides et les Céphalopodes , auxquels les Gastéropodes font suite , est formé de même de deux ordres de vaisseaux , des Veines et des Artères; mais avec cette différence notable que, le sang n*est mis en mouvement que par un seul Cœur à ventricule aortique unique^ assez semblable, pour la forme, 2i celui des Reptiles ; formant un corps plus ou moins pyriforme surmonté d'une ou de deux oreillettes en forme de vésicules; et non en enveloppant le ventricule comme dans les Crustacés et les Arachnides. Ce cœur est également renfermé, comme chez les Vertébrés, dans un véritable péricarde membraneux. Quant k son emplacement, il est devenu , comme lés branchies , tellement variable selon les familles, qu'on ne peut rien indiquer de général k ce sujet, si ce n'est qu'il est d'ordinaire placé près de ces organes de la respiration.

Chez les Pulmonés {Limaces^ Escargots, etc.), le cœur est placé k peu près dans le milieu de la région dorsale du corps, sous la partie postérieure du manteau. Il n'est formé que d'un seul Ventricule et d'une seule Oreillette ; celle-ci en

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forme de vésicule, qui reçoit le sang venant des organes de la respiration, et le transmet dans le ventricule, qui le pousse ensuite dans tout le corps par les artères , d'où il revient au poumon au moyen des veines qui s'y distribuent, formant les ramifications de Y Artère pulmonaire , dont les ramuscules se réunissent de nonveau pour former la Veine pulmonaire. Système circulatoire où il n'y a, comme on voit, point de cœur interposé entre les Veines caves et les Artères pulmonaires; le contraire de ce qui existe chez les Poissons, et analogue à celui propre aux Crustacés.

Chez les Scutibrjinches {Oreilles de mer) et les Cyclobranches (Pateïles)y le cœur est au contraire situé vers le côté gauche; chez les premiers, en arrière de la cavité bronchiale, et, chez les seconds, vers l'extrémité antérieure du corps. Dans l'un et dans l'autre de ces genres, le ventricule est surmonté de deux Oreillettes, dont l'une, k gauche (chez les Patelles), reçoit le sang venant des branchies, et l'autre, à droite, le s^ang venant du reste du corps par la veine cave; de manière que les deux sangs se mêlent dans le ventricule absolument comme chez les Reptiles Sauriens; disposition fort remarquable où nous voyons le même moyen, abandonné depuis si longtemps, rétabli de nouveau chez des animaux si différents et si éloignés dans l'échelle animale ; fait qui prouve encore que les formes et les

DISPOSITIONS des ORGANES, AINSI QUE LES FONCTIONS QUE CEUX-CI REMPLISSENT , NE SONT POINT DUES À DES LOIS INHÉ- RENTES À LA MATIÈRE , ET COMME TELLES INVARIABLES , MAIS SEULEMENT À LA VOLONTÉ TOUTE -PUISSANTE DU CRÉATEUR, QUI A PRODUIT LES MÊMES CONDITIONS PARTOUT OÙ DANS SA SU- BLIME SAGESSE IL l'a trouvé convenable, SANS ÊTRE AS- TREINT 1 AUCUNE OBLIGATION.

Dans les Oreilles de mer, le cœur présente la singularité que le ventricule est traversé d'arrière en avant par le rectum; disposition qu'on retrouve plus loin dans un grand nombre de Mollusques Acéphales, tels que les Moules, les

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YémSy etc. auxquels les Oreilles de mer font la transition.

Quoique Y Appareil digestif soit encore fort développé pour ce qui concerne le tube intestinal proprement dit et ses accessoires, tels que le Foie et certaines glandes Salitaires^ il n*en est plus de même quant aux organes buccaux. Nous avons déjà vu que chez les Céphalopodes, les organes inté-' nears de la bouche consistaient en une masse musculeuse ovale, creuse, suspendue dans la partie antérieure de la tété, et formant à la fois le Pharynx et les muscles moteurs des deux mandibules cornées en forme de bec , insérées sur cette masse. Cette masse musculeuse ou Pharynx, se retrouve également partout chez les Gastéropodes , mais les organes de la mastication y deviennent ou plus simples en finissant par disparaître, ou prennent un tout autre caractère.

Dans.le genre Tritonia, de Tordre des Nudibranches , on retrouve même encore une véritable paire de Mâchoires latérales cornées et tranchantes , allant k la rencontre Tune de Tautre par les côtés comme chez les Animaux articulés, dont les Tritonia sont en effet encore assez voisins.

Chez les Limaces et les Escargots, la même masse muscu-^ leuse et mobile formant le Pharynx, ne porte plus qu'une seule mâchoire impaire, implantée dans la lèvre supérieure, et formée d'une petite pièce calcaire presque plane, k bord libre en arc de cercle concave et denté. C'est avec ce simple instrument de mastication que ces animaux rongent leâ plantes dont ils se nourrissent.

Chez les Oreilles de mer, l'orifice de la Bouche est placé ^ l'extrémité antérieure du corps, au bout d'une courte trompe, et renferme, comme organe de mastication, une langue très-longue et fort extensible, soutenue par deux filets cornés au moyen desquels l'animal peut la faire sortir hors de sa bouche. Cette langue est hérissée d'une foule de petits crçH chets cornés, disposés en plusieurs séries. C'est au moyen de cette langue hérissée que ces animaux entament le corps des animaux. Une disposition k peu près semblable se trouve

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