II. H
16S TUEOLOOIE 09 14 NATURE.
également ^m Ie& PuieUe$y animaux voisins, sous beaueaiip d*ai|treg rapporta encore, des OreiUês de mer.
(ja grfinâe différenee qui existe , comme oa voit , dans la forme des organes masticateurs des Gastéropodes, montre combien ils sont devenus vagues : variation qui constitue généi:alement le signe d'une prochaine disparition , ou d*une transformation, essentielle; et en effet, déjà beauèoup de ces animaux sont complètement privés d'organes buccaux ; et dans la classe des Acéphales qui suit , la bouche en est dépourvue sans exception.
Le Tube intesiinal forme toutefois encore d'assez nombreux replis , ainsi que cela est ordinaire chez les animaux à corps court, el se dilate également fort souvent en di^ verses poqhes t qu'on peut considérer comme des Jabots , des Estomacs et des Cœcum^ mais variant d'ailleurs aussi considérablement d'un genre à l'autre pour la forme , et surtout pour la position de XAnus , qui est tantôt au bout du corps et tantôt en avant, ou bien sur le côté.
Le Foie , toujours fort volumineux chez ces animaux , et les organes 5a2imir^$, lorsqu'il en existe, sont constamment des glandes conglomérées , comme chez les Vertébrés ; forme qui, ainsi que je l'ai fait remarquer ailleurs, est une conséquence du mode de circulation du sang, ne pouvant exister que là où cette humeur , coulant dans des vaisseaux clos , peut facilement pénétrer lea masses volumineuses de ces organes ; tandis que , par la raison contraire , ees glandes doivent nécessairement être plus ou moins subdivisées, ainsi que cela est ebez les Animaux articulés.
Dans les Limaces qui n'ont point de coquilles extérieures , et, en conséquament, pas de sac herniaire, la cavité viscérale se continue jusque dans l'extrémité de la queue. Chez les espèces , au contraire , dont cette cavité forme une hernie dans la coquille, hernie dans laquelle pénètre une no» table partie des intestins, c'est là aussi où se trouve plus particulièrement le foie ; la cavité viscérale ne se prolongeant
da corps.
Oalre les humeur^ dig^tiyes y«dF«^e^ ds^pii le o^aal mtestioal , les Gastéropçt^es ep furei^n^sei^t encqre diverses autres parement excrémentttîelles. ^uivai^t Cuyier , \% piatière yU^ qqeuse qui recottYre le çQrp9i des X^imaee^ 0t clea £$caf • $^0^5, etc., serait produite dans une poche pils^cée dans Iti dos de ces animaux, squs le milieu ^f; la capsule de la coquille , et cet organe produirait m ^^^\ ew^ éleur qui ae porte à droite poui^*, ^'auvrir an deltpra ^uprèf; de l'anus ; mai^ c'efit i^iie f r^ e^r : );i m^ti^re q\ie cette pQ<;be renferme n'est nu^eç^e^t la YisfiPfité qui recpu\re l§ i?arp^ ; celle-ci est une buiqeur ^mii^f^q^ent YiaqqeM^e, qw se m^éle difficilement à l'eau, et, se 4î^$<>^t plH^ difficileni^ent encqre dans Talcool et les bujle^. Cfitte matière sq^t en sibond^^Bce d'une foule de pores plaçéf) sivi fQod des nombreux plis rentrants que forment les tégumeE\(^. de ces animaqi^ ; et varie en couleur selon les espèce^. EUq est j^une dQré chez la Linme^ jaune , noire chez la Limctce noire , et incolore dans la gris^ et les EscargaH , tous ces ani(4W^ ayant des téguments par eux-mêmes, k peu prèsd'vfl Wanc grisjitre, teiBt§ par celte même Yiseosité.
La substance quereqferpie )a pocbe dq^t pf^rl^ Çvy\m est, au contraire, de 1^ cop^istap,ce d'une b^nillie fort liquide, de couleur brunâtre; elle n'est nullement Yisqueuse et se délaye facilenieut da^^ l'eau Qt j^utres menstrues. L'ovgane qui la produit est bien évid^U^ent le représentant de la Bourse à V Encre des; Céphalap^odes, mais dont l'analogie n'a pas été reconnue par CuYi?îii , cette in«tière n'étant, que je sache , jamais noire chez aucun Gastéropqde^
Une troisième sub;$t^nce est sécrétéie squs; le§ bords du manteau , et sert k la production^ de la coquille. C'est un liquide muqueux contenant beaucoup de carbonate de chau^ en dissolution , et qui se trouve diverçiement colprée selon le lieu et le moment où elle doit être déposée ; d'où naissent
16i THÉOLOCnt DE l* HilTDRB.
les diffêrentes teintes et les tacbes dont les coquilles soot colorées.
Chez les Patelles , la surface da dos comprise dans l'ëcbancrure du muscle qui fixe l'animal k sa coquille , est enduite d'une substance onctueuse noire qui paraît sécrétée par de nombreuses petites glandes placées sur les bords de cette partie du manteau.
l'ai déj^ dit plus haut que le Système nerveux des Mollusques avait la plus grande analogie avec celui des Animauit articulés, dont il n'est qu'une modification, conformément k deux des lois de relation auxquelles il est soumis. Cette vérité se présente surtout dans tout son jour chez les Gastéropoues, et plus particulièrement dans certaines espèces telles que les lÂmaces, où la moelle épinière, placée dans la partie ventrale du corps , forme encore une chaîne de plusieurs paires de ganglions saccessifs, mais tons refoulés en avant, et rassemblés sons l'œsophage, en produisant des paires de nerfs absolument disposés comme dans les animaux articulés.
Dans d'antres espèces placées vers la fin de la classe , la moelle épinière se prolonge encore plus en arrière, et son premier renflement est souvent fort éloigné du cerveau; mais cependant sans exception , sous le canal alimentaire ; et le collier de l'cesopbage est alors considérablement allongé.
Il n'y a que peu de chose îi dire sur les organes des Sens des Gastéropodes; cette partie de leur Organisme n'ayant encore été que fort peu étudiée , ii cause de l'extrême petitesse des parties. Je ferai seulement remarquer que le sens ilii Tact général est fort délicat chez ces animaux, dont le corps , en majeure partie nu , se trouve exposé i l'action des objets extérieurs, dont ils ne sont garantis que faiblement [lar la viscosité qui les recouvre.
Les parois de la bourbe reçoivent généralement de Irh- ■^n» troncs de Is'trfi gvslati^, formant chez la Limnre une
CHAfITRS V, 165
forte paire partant du cerveau ; et une branche de ces nerfs se rend dans la petite tentacule qu'elle remplit presqu'en entier, en offrant un volume beaucoup trop considérable pour ne servir qu'à la fonction des très-petits muscles que ces organes renferment; d*où il n*y a point de doute que ces tentacules ne soient le siège de quelque sens , et probable* ment de V Odorat j qui a en effet beaucoup d'analogie avec celui du goût ; ce qui expliquerait pourquoi les nerfs gustatifs ont une même origine que ceux de ces tentacules.
Les grandes Tentacules recevant également des nerfs énormes , il est de même évident que ce sont des organes seositifs; et en effet, elles sont, comme les petites, d'une extrême sensibilité, se contractant au moindre attouchement; mais ni Tune ni l'autre paiçe ne parait être les organes principaux du Toucher actif par lequel ces animaux explorent les objets , ne touchant qu'accidentellement les corps voisins avec ces tentacules ; et il parait bien plus probable que ce sens se trouve dans la. partie antérieure du pied avec laquelle l'animal parcourt en réalité les corps sur lesquels il rampe , région où se rendent en effet un nombre de nerfs beaucoup plus considérable qu'il ne le faut pour servir seulement aux fonctions des muscles de cette partie du pied.
Les Yeu^ se trouvent, chez les Limaces , les Escargots et un grand nombre d'autres espèces encore, a l'extrémité des grandes tentacules, où ils forment un renflement globuleux avec un point noir au milieu ; couleur due au Pigmentum qui enduit la cavité de cet organe , comme constituant la condition de toute bonne vision ; et se retrouvant dans les yeux de tous les animaux. Mais ces organes , généralement réduits à de simples points chez tous les Gastéropodes, n'ont, pour cause de cette extrême petitesse , pas encore été étudiés dans leur composition.
Ces yeux simples étant placés à l'extrémité des tentacules donneraient la raison de la grosseur considérable des nerfs que celles-ci reçoivent ; mai$ dans d'autres espèces » telles
166 THÉOLOUI DK tA HATURB.
que leîi LimntÈUs, les yfeax se trouVfetità la base de ces tentacules; enfin beaiicoap de Gastéropodes paraissent être aveugles, va qu'en n'a pas eftcorfe déct^ttvert d'yeux chez eux.
De la Classe des Gàstéropodei^ on est conduit par une nouvelle dégradation de t^ut To^ganisme à celle des âcépiIales, mais toutefois par une transition un peu brusque; les genres t)ar lesquels les deux dasses s'avoisinent n*ayant que des analogies adàez éloignées , quoique fort remarquables. Je dois cependant ftiire observer q^e l'organisation de tous ces animant est encot*e trtdp peu connue pour qu'on puisse arrêter ttne opinion sut* èeti^e question ; et les analogies de transition que Je vai^ indiquer, je lie les ai fait connaître que depuis peu d'atonées seulement.
Nous avons vu pins baut que la Classa des Acéphales se divisait en deux Om^AES, les Ostracodërmes et les TcniotEfts, mais dont le premier, auquel appartiennent VBuître et la Mûult , est bien plus nombreux que le second , formant la classe presque tout ehtièf e ; et ces deux divisions diffèrent même tellement qu'on pOn)rralt en fiaiire deux Classes distinctes. •
• Lés OKTRAGt^DÊRMÉ^, généiTàlement contins sbus te nom de Mbllnsque^ Bivalves^ ont en effet pouf caractère principal • d'avoir le corps plus on moins comprînié, et placé entre deux valves calcaires latérales qni le protègent contre les dangers extérieurs. Ces valves sont doublées de deux grandes lames membraneuses adhérentes au dos de l'animal et formant son Xkmtean.
Le corps, d'ordinaire plus ou tnoîns large et comprimé, ne laisse apercevoir ancim indice de tête, formiant simplement en avant un angle souv^t peu marqué, entre les bords antérieurs et supérieuïnes ou dorsal, où se trouve, au-dessous de la commissure de$ deux lames d^ manteau , rOH/Ice buccal , simple ouverture sans aucun Organe masticateur ; et VAnus est généralement ^ f^itrémUé opposée i i^lenEieot dans le plan niédian*
CHAnTRE V. i07
Aur deux côtés du corps se trouvent sous le manteau, deux lames membraoeuses formant les Brmchm ; el le Cœur est toujours placé dans la région dorsale entre cos dernières.
Beaucoup de ces animaux ont encore ce qu'on appelle irn Pied, consistant en une masse musculense formant utie forte cfête le long de la ligne ventrale du corps, rappelant par sa position et quelquefois encore par sa forme, celui des Gastélopodes. Enfin il n'y a plus chez les Acéphales do véritable cavité abdominale; tous les viscères adhérant les uns aux autres sont enfoncés dans la masse du eorf» , quelle que soit la partie, et j adhèrent de toute part ; s'avançant en bas jusqu'au bord du pied lorsqu'il en existe un ; mais sOM y pénétrer, ainsi que l'affirme Cuvier.
Le Sffstérm nervmss ressemble . par sa disposition et sa forme , à celui des Gastéropodes > et par conséquent égak^ meut à celui des Animaux articulés, ayant sa première paire de renflements antéreure eentrale ou Cerveau, placée en arrière delà bouche, au-dessus de l'œsophage; et le second, constituant la Meelk éfiniêre , sous le canal intestinal , m|ti$ souvent fort en arrière ; et ces deux masses communiquant par des cordoM nerveux latéraux formant l'analogue &à CoUier de VoBêOpkinge,
Telle est en peu de mots presque tout l'organisme des Acéphales OsT&AjcôoEHiift» dans ce qui est commun à tous ; mais quil est toutefois nécessaire de décrire avec quel<}ues détails, pour le faire mieux concevoir.
Les ^en% Vo^es latérales qui constituent la coquille de ces aDimaux, et que tout le monde conuait dans la Mouie d&$ Êtai^s, ont chacune eneoi>e ceci de commun arec celle des Gastéropodes, qu'elles soot de même oontournëes en spirale dans la plupart des e^èces , Y Huir$ ei plufiieurs autres fai^sant exception ; et les tours de spire grandissant très-rapirdément s'envi^loppejit le plu^ souvent aà point; que dans quelques espèces seulemefit h spire fait saillie.
La for^ des viilv^ varie ^m^itS^bkmni Umt inxir
168 THÉOLOGU DB LA NATURI.
Tensemble que pour les détails ; et c'est principalement sur les différences qu'elles présentent qu'on a fondé les subdivisions de ces animaux en Familles et en Genres; surtout avant ces derniers temps, oi^ toute l'étude qu'on faisait des Mollusques consistait k déterminer la forme de leurs coquilles, dont on faisait collection pour l'élégance de leurs formes et la beauté de leurs couleurs ; d'où cette partie de la zoologie reçut plus spécialement le nom de Conchyliologie , rétude de l'organisation des animaux étant alors peu suivie ; et aujourd'hui encore fort peu connue.
Les deux coquilles, ordinairement égales, sont cependant aussi souvent inégales ; c'est-k-dire plus bombées l'une que l'autre; d'où un grand manque de symétrie entre les deux moitiés latérales du corps, qui, du reste, sont assez sem« blables. Dans certaines espèces, et surtout dans les Huîtres^ les coquilles , et par suite la forme générale du corps , sont même fort irrégulières d'un individu k l'autre.
Dans le plus grand nombre d'espèces , les deux valves s'appliquent parfaitement l'une k l'autre dans tout leur pourtour, où elles présentent souvent des dentelures et des courbures qui s'entre-croisent si bien qu'il ue reste aucun espace entre, mais d'où résulte toutefois une véritable inégalité entre les deux valves, vu que chaque partie saillante dans l'une doit nécessairement correspondre k une concave dans l'autre.
Les coquilles se joignent toujours le long du bord supérieur, soit qu'elles se touchent simplement , soit qu'elles s'y articulent entre elles par une véritable Charnière formée de part et d'autre de plusieurs saillies et de creux sur les bords des valves , s'engrenant les uns dans les autres avec une telle précision , que bien rarement on parvient k réunir deux valves d'individus différents; aussi sont-elles si bien ajustées que la coquille étant fermée , aucun mouvement latéral n'est possible entre les detix pièces.
Leç valves étant entièrement extérieures k l'anima], celui-
ci les rapproche « pour elore sa demeure , au moyen de muscles vigoureux qui les unissent k son corps; or dans cette disposition , Técartement des valves , pour permettre a ranimai de subvenir k ses besoins, serait fort difficile, vu qu'aucune partie du corps ne peut faire levier pour, produire cet effet. Mais la sublime prévoyance du Créateur a pourvu
À CETTE nécessité , EN UNISSANT LES VALVES À LEUR BORD BORSAL AU MOYEN D*UN LIGAMENT CORNÉ, DEMI-CYLINDRIQUE, QUI , FIXÉ À l'une et à l'autre , TEND CONSTAMMENT k LE»
Faire écarter par l'effet de son élasticité. Il résulte de Taetion permanente de ce ligament que , "dans son état ordinaire de repos, la coquille est constamment entr'ouverte pour laisser librement arriver l'eau attirée par les branchies , et amenant fortuitement des parcelles de substances nutritives que ces animaux saisissent au passage avec leur bouche.
Les valves étant généralement assez fortement bombées entons sens pour donner de la place au corps de l'animal, et commençant, dans le jeune âge, par la partie moyenne dorsale, qui constitue alors toute la coquille, ces deux circonstances font qu'elles doivent nécessairement s'enrouler k leur point d'origine k mesure que l'animal les augmente par leurs bords; car si au commencement la courbe que les valves forment au bord opposé était un arc de cercle, cet aro continué formerait un très-petit cylindre bientôt clos ; et si c'est au contraire, ainsi que cela doit nécessairement être, un arc de spirale pour que l'animal puisse grandir considérablement , cette forme continuée produit évidemment l'enroulement de la coquille près de la charnière; enroulement qu'on nomme les Nates ou les Crochets. Quelques coquilles formant le genre Anodont^ ne s'enroulent toutefois pas : c'est qu'étant , d'une part , peu bombées , et augmentant de l'autre a la fois dans toute leur périphérie, les valves ne tournent pas, ou du moins fort peu sur leur bord dorsal lorsque l'animal les agrandit; exception qui, par sa condition spéciale, vient précisément k confirmer
la cause qui produit renroulement dans les autres espèces.
Les deux lames du Mùnîeau adhèrent légèrement par leurs bords à ceux de leur valve respective, excepté le long du dos, où les deux lames se continuent librement Tune par Tautre^ Mais, outre cette adhérence, le corps proprement dit de l'animal est principalement fixé aux deux valves par plusieurs faisceaux musculeux plus ou moins forts, dont le plus puissant , et souvent il y en a deux paires , se rend transversalement d'une valve à Tautre, et sert k les rapprocher ave(; forcer pour clore la coquille lorsque Tanim^ est en danger. Les deux knusoles formant chaque paire, allant plus ou moins directement à la rencontre Tnn de l'autre, se confondent dans le plan iliédîan . où ils sont plus ou moins distincts par un raphéi
Loraqu'il n'y a qu'une arale de ces paires de muscles, elle est d'ordinaire placée an milieu des valves, un peu plus en avant) et un peu plus rapprochée du dos que des côtés oppoisés; et lorsqu'il y en a deux. Tune est plus en avant et l'autre plus en arrière.
Oatre ces muscles «toienrs, il existe encore quelques autres paires plus petite , différant tant pour le nombre que pour la disposition «I la force , tonjonrs fixées aux valves , près de leur commissure; d'où chaque faisceau musiaileux se porte en avant, en daisous ou en arrière sur la surface du corps de l'animal, en épanouissant leurs fibres, quiy s'entrecr^sant de diverses maQiëres , forment la masse fondamentale du corps de ees Mollusques , susceptible par Ik d'être plus ou nH)ins déplacé dans sa coquille , selon cenx de ces muscles qu'il contraole.
Dans les espèces qui ont un Ptfd, celui-ci est formé de fibres musculaires croisées dans une fouie de sens, et mêlées avec les fibres des autres muscles formant les parois du corps; le tout constituant une masse plus ou isoins volumineitse comprimée, longeant le dessous du corps, et présentiwt un- Imi inférieur nngnleux souvent creusé 4>n c^Hiil
loDgititdiDal , tu moyen duquel Tapiinal peut s*atcrocher un peu pour se pousser en avant.
Dans certains Ostracodermes, tels ({ue les Moules de tner^ le pied prend une autre forme, celle de deux petites tiges eylindriques unies pnr les côtés, courbées en crochets, et ter* minées par utie petite partie déprimée creusée d*un sillon.
P^èë de la base de ce pied , se troute la Filière , organe propre à toute la famille des Moules, ainsi que divers autres Ostrtttîodermes encore , et produisant une espèce de soie ou Bpèm^ au moyen de laquelle ces animaux se fixent aux corps étrangers.
Cette filière, qui varie assez considérablement d*un genre ï Tautre , a , daHs la Moule de mer. la forme d'une grande tige libre dirigée en avant sous le pied , et arquée en haut vers ce dernier. Cette tige, & téguments légèrement cornés , est garnie, dans toute sa face inférieure et la partie terminale de la supérienfre, d*un nombre considérables de petits iabes coniques cornés , dont chacun émet un fil de Byssus , iilaulent soyeux très-flexible , d*une couleur d'acier dans cet aaitttal, et Jaune brun dans le6 JénUMmneaum ^ etc.
Cest au moyen de l'extrémité de son pied que la Moule dirige et fixe ces filaments aux corps auxquels elte veut s'attacher.
Dans d'autres Ostracodermes, tels que VHnitre eom$minei le pied manque complètement.
Chez la plupart des Ostracodermes , le Manteau forme , ainsi que je l'ai déjti dît , de chaque c6lé une grande lamé membraneuse adhérente , par son bord libre , au bord de la valve correspondante, mais dont il se sépare asses facilement. Le long du dos, sous la charnière, les deux lames du Manteau se continuent librement Tuue par l'autre, et sont souvent aussi unies au bord postérieur, en y présentant alors, dana leur commissure, vis-à-vis de l'anus, tantôt une simple fente pour laiftser échapper les excréiftents , et tanMt les borda de cette ouverture êe prot<(»i^en( et) ^n ^^he mw^
culeux plus ou moins .long, dirigé en arrière pour porter les excréments hors de la coquille.
Dans les espèces les mieux organisées, les Vénus par exemple, coquillage si connu sur les bords de la Méditerra-née sous le nom de Clovisse , il existe en outre un second tube semblable placé un peu plus bas , et servant k conduire l'eau dans la cavité respiratoire, formée latéralement cQtre la partie moyenne du Manteau et le corps; cavité renfermant les branchies, et du reste seulement ouverte en dessous.
Les Branchies forment généralement de chaque côté deux grandes lames membraneuses très-minces , réticulées par Teffet des vaisseaux sapguins qui les parcourent, et de petites cloisons intérieures unissent les deux feuillets de chaque lame. Ces branchies, placées ainsi entre les flancs de ranimai et le manteau, adhèrent au corps le long de sa ligne dorsale.
Le CiBur^ constamment placé k la ligne médiane du dos, un peu en arrière du milieu, est formé, comme chez les Gastéropodes scutibranches , d'un Ventricule pyriforme enfermé dans un Péricarde et surmonté de deux OreilUttes symétriquement placées à droite et k gauche, recevant le sang des branchies pour le verser dans le ventricule, qui le pousse çnsuite dans tout le corps; c'est-à-dire que c'est également, comme chez la plupart des Gastéropodes, les Cyclostomes exceptés , un cœur artériel , et cet organe présente en outre , chez la plupart des espèces (Y Huître exceptée), la même singularité que chez les Oreiïles de mer^ que le ventricule est traversé par le rectum.
Le Canal intestinal , fort long , ainsi que cela est ordinaire chez les animaux à corps court , est du reste extrêmement simple dans ses parties composantes. Chez les Vénus ^ l'un des genres les mieux organisés de l'ordre des Ostracodermes , le tube digestif commençant k la Bouche^ qui n'est que l'orifice de l'œsophage dépourvu de tout organe de piastication et même d'un Pharynx, Cet œsophage, géoé-
raiement fort eourt, donne de suite dans une grande poche formant nn Jabot ou un Estomac , et de celui-ci naît ensuite un Intestin assez grêle et fort long , plusieurs fois repHé sur lai-même dans tout le corps avant de s'ouvrir par l'Anus à rextrémité de ce dernier.
Ce canal intestinal, creusé en grande partie dans le foie, qui est très- volumineux chez tous les Acéphales, en est enveloppé presque de toute part , et lui adhère si fortement ainsi qu'aux parties environnantes, qu'il est impossible de Ten séparer.
D'après ce qui vient d'être dît, on voit qu'il y a d'assez grandes analogies entre les Acéphales ostracodermes et les Gastéropodes Scutibranches (Oreilles de mer). Chez les uns et les autres , le canal intestinal est creusé comme une simple galerie dans les autres organes du corps , et spécialement dans le foie et l'ovaire , et le cœur est formé de part et d'autre d'un ventricule traversé par le rectum et surmonté de deux oreillettes.
Enfin ces animaux sont, ainsi qu'on le verra plus tard, des hermaphrodites parfaits; c'est-à-dire que chaque indiifidn portant a la fois les organes des deux sexes , féconde lui-même ses propres œufs. Reste à faire voir l'analogie qui existe entre les coquilles dans ces deux ordres de Mollusques.
Nous avons vu que les Gastéropodes Nudibranches et Inférobranches étaient complètement dépourvus de coquilles; que cette pièce commençait à paraître chez les Tectibranches et quelque^ Pulmonés comme rudiments, sous la forme d^une simple lamelle calcaire ovale cachée dans une cavité close de l'épaisseur du manteau , et dont aucune partie n'est encore enroulée en spirale ; mais que déjà, dans d'autres genres de l'ordre des Tectibranches, cette pièce solide prenant un plus grand développement commençait déjh à s'enrouler plus ou moins en spirale, et à se dégager de la cavité du manteau qui s'ouvre au milieu
174 TliOL(H^|l AI |»4 NATURB.
pour loi dopner pas8$gQ ; que c^tte coquille devequ<^ ainsi ei^^ér^qi^ se développait de ptusi ea phisi eN» les PulmoBës, ^i eaQn que c'éliiii surtQUt daus VOr^hs des. Pe^tiaibrasches qu'elle arrivait au ipaximum de sa perfecli^p , qûa-seulement sous le rapport de sa grandeur el de |a implication de sa Corme, mais eqeore par une seconde pièo^ ou op^ercule qui s'y ajoutait , pour servir à clore FonverlMrB lorsque Tauiipal ç$.t renferipé d^^us 3^ coquille pripcipale. Nous sivons vq aussi que dp ce point eulipinant de ^ perfection , la coquille décroissait de nouveau dans TOrdre des Sculibraue)ies, où Qonrseuleineqt elle pef^ son QP^^nle, maia ou la coquille principale ne forme plDa qu'un petit nopibre de lours à spire très-peu saillante et à ouverture si Urgefu^nt ouv^rt^ que cette pièce prend la foruie d*uu simple bouclier recouvrant le dos de r^^ujiual; et enfin uous ^voqs vu cette coquille, devenant plus sjinple encore , pe plqs fori^er ebez les CycloliraBcbes (Patelles) qu'un bouclier conique très-élevé.sa^i^ plus ^ucuqe trace de spire, en revenant ainsi de nouyes^u presque k soq état priqoiitif ; avec cette digerepce qu'elle pst beaucoup plus grande que les coquilles des (.ima^^s pt des 4plymi qu'elle est extérieure ^u lieu d'être intérieure, et cpqiqqe pour mieux abriter l ^ninpal qu'elle recquvre eq epûer, au U^u de urètre qu'une siruple lamelle irréguli^r^ipent pl^ne^ sans fonetioa bien évidente.
Nous avon^ vu que chez les Scutibrsiucbes qui, sous d'autres rapports, formaient I9 trapsitioq ^ux Mollusque^ Acéphales, \^ coquille était percée, ds^us le genre OreiHe de mer, sur le milieu des trous d'une série de plusieurs trou»? par lesquels l'eau arrivait dans la cavité branchiale placée sous le n^anteau , et que dans les Fis&urelle$ , formant la passage aux Patelles , la coquille était déjà conique avec une ouverture au sommet donnant k la fois passage aux excréments et a l'eau servant à la respiration , et que les branchies étaient symétriquement placées k droite et k gauche dans la cavité respiratoire située sur le dos et ouverte en avant
pour Teolrée de Vwi. Enfin , dans le genre Êmargmule du meniez (urdre des Seitibruiebes, la coquille, également oa*nique, n*a simplement qu^une petite fente k son berd antérieur pour le pacage de Teau.
Or si, d'après cesdiBérenteseonditiona dans lesquelles se trouvent les trois genres de Seutibranches , nous en fuîmes tons, par hypothèse, un quatrième, où toute la série des trous des Oreilles de mer, formerait une seule fente coupant la coquille en deux parties égales , fente commencée dans les Êmarginules, dont la coquille est symétrique et les branchies égales des deux eôtés , nous aurions pour ce qui concerne ees dernières , ainsi que pour la coquille , tout k fait les conditions que présentent en effet les Acéphales Ostracodermes auxquels les Scutibranches font la transition : ces deux ordres formant une série continue où il ne manque que le seul genre que j'ai supposé exister.
Le second Oanai: des Acéphales, ou celui des Tunioiers, o*a été réuni dans la même Classs avec les Ostracodermes , que parce que ne formant qu'un petit nombre de genres , et appartenant à rËmbrancbement des Mollusques plutôt qu'à tout autre , ej) même temps qu'ils diffèrent, quant aux caractères généraux , le moins des Ostracodermes ^ on les a rapr proches de ceux-ci quoiqu'ils en difièrent considérablement, ne rappelant même , dans l'ensemble de leur fornie , aucun earactère bien apparent des Acéphales OsTRAcauERiiBa ou Testacés; et il serait de Ik plus naturel qu'on en fit une classe a part.
Nous avons vu que parmi les Ostracodermes, quelques genres, tels que les Solen , et avec eux tous les genres de la famille des Enfermés r avaient, avec les formes ordinaires, le manteau fermé sous le ventre , ne présentant qu*one ouver* ture soit en avant , soit en bas , pour permettre la sortie du pied. Dans les TuNiciERs on retrouve la même condition du manteau, fermé même de toute part, prenant dans les Àsch aies, leur principal genre, la forme d'une bouteille, dont
176 THÉOLOG» Dt tA RATVRS.
rorifice peut être complètement clos en se fronçant ; mais la coquille a disparu , de manière que le manteau forme Tenvelôppe extérieure ; ce qui éloigne , comme on voit déjk , ces animaux considérablement des Acéphales Ostracodermes caractérisés par leurs coquilles à deux battants.
Daus les Biphores , animaux k peu près cylindriques , le manteau est ouvert aux deux bouts; Touverture antérieure avoisinant la bouche, et la postérieure Tanus; on retrouve encore chez ces animaux,^ du côté du dos , dans l'épaisseur du manteau , une plaque très-molle , rappelant la coquiUe intérieure des Seiches et des Limaces^ dont elle est sans doute une analogue; ce qui semble même rapprocher ces animaux des Céphalopodes , dont le manteau est de même fermé en sac ; et c'est aussi dans Tintérieur du tube que forme le manteau des Biphores que se trouvent les Branchies. Mais ces animaux n'ont plus aucun organe masticateur ni aucun membre servant à la locomotion ; fonction qui s'exerce au moyen de l'eau que les Biphores font entrer par l'ouverture postérieure de leur manteau, et sortir par l'antérieure*; mouvement facilité au moyen d'une soupape, qui fermant la première, permet 'à l'eau d'entrer, et s'oppose à sa sortie.
Les Ascidies , le second genre principal des Tuniciers , est formé par des animaux fort remarquables par la singularité de leur organisation , et déjà par Tensemble de leur forme extérieure.
V Ascidie microcosme j Tespèce la plus commune sur nos côtés , ne peut être mieux comparée qu'à une vieille Pomme de terre complètement ridée. Elle a la forme d'une poire , dont le gros bout, ou l'inférieur, est fixé au sol par plusieurs prolongements ressemblant tout à fait aux racines d'un oignon , mais qui , du reste, ne paraissent pas avoir les mêmes fonctions. L'extrémitésupérieurerétrécie estterminée par un petit orifice froncé souvent fermé, et par conséquent difficile à apercevoir, formant rentrée de la cavité respira-
toire ; et sur l'un des côtés se trouve une seconde légère saillie, terminée également par un orifice semblable froncé, formant Y Anus. Telle est la forme générale du manteau, dont les parois assez épaisses sont revêtues d'un tégument coriace et dur, fortement ridées en tous sens, et de couleur brune, comme la peau des pommes de terre, auxquelles j'ai comparé ce singulier animal.
Cette Ascidie, invariablement enracinée dans le sol, est non-seulement privée de locomotion , mais laisse h peine apercevoir, par quelques mouvements de contraction de ses deux orifices, qu*eUe est animée; au point que les pêcheurs de coquillages, qui en prennent tous les jours, la considèrent comme une simple racine ; mais si par leur forme extérieiire ces animaux ont Tapparence d'une si grande simplicité, ils n'en sont pour cela pas moins très-compliqués dans leur intérieure.
L'enveloppe extérieure forme sous la tunique cornée une membrane fibreuse molle ; et sous celle-ci est une couche musculeuse composée même de plusieurs lames dont les fibres sont dirigées en diverses directions ; ce qui permet à ces animaux de contracter leur sac en tous sens.
Le corps proprement dit, au lieu d'adhérer par toute sa face dorsale ou sac , comme chez les Céphalopodes et les Ostracodermes Enfermés , est lui-même en forme de bourse ovale , librement suspendu dans le sac extérieur, au moyen de deux prolongements tubuleux , dont l'un , ou Tube resptratoire partant de son extrémité supérieure , se rend k l'orifice terminal; et dont l'autre ou Tube anal, part près de rextrémité inférieure du corps, et se porte presque horizontalement k l'orifice latéral du sac.
Les parois du corps sont également formées d'une tunique musculeuse fort épaisse , composée de deux principales couches , dont Tune à fibres verticales , descendant du tube respiratoire pour s'étaler sur la partie dilatée de la bourse ; et dont les autres horizontales , venant du tube anal , recouvrent