‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 28 sur 58 · II · texte numérisé non relu

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cerveau est le même qu^ la condition accidentelle dans laquelle se trouvent l.es personnes peu intelligentes, sans même descendre tout à fait jusqu'au crétin.

En e£fet, si Ton examine le degré d'intelligence dont les divers animaux sont capa))les, on arrive également par une série innombrable de spécialités à toutes les modifications imaginables ^ depuis les degrés les plus bas, où les espèces semblent, sous ce rapport, différer fort peu des végétaux, jusqu'à cejax ou se trouvent jes animaux les plus favorisés, qui produisent des actes où il est impossible de ne pas reconnaître de véritables abstractions, sans qu'ils puissent ^toutefoi^ jamais atteindre, à beaucoup près, les degrés d'une raison transcendante auxquels l'Homme seu) s'élève. On concevra d'ailleurs que si , ainsi que cela me parait trèsprobable , il n'existe aucune différence dans l'essence des Esprits qui animent les Animaux sans distinction de classes ou d'espèces, les attributs.de leur Esprit ne peuvent toutefois être connus qu'indirectement par l'observation desefiets qu'il produitdans chaque espèce; ces effets dépendant, ainsi que je yiens de le dire, de la nature des organes qui les produisent; d'où l'on doit nécessairement attribuer ces différences a ces derniers : vu qu'on en a des preuves , et non à la nature même de l'Esprit , qui nous est complètement inconnue. C'est absolument, ainsi que je l'ai déjà dit au commence* ment de cet ouvrage, comme si l'on chargeait un très^habiie pianiste de jouer sur divers instruments de qualités différentes, surtout plus ou Qioins incomplets et diversement discords. Ne pouvant juger du mérite de cet artiste que par les effets qu'il produit , on serait disposé à croire qu'il y en a plusieurs de talents fort différents, dont les uns^ infiniment inférieurs aux autres, ne peuvent rien produire qui ait de la suite , et ne peuvent même faire entendre.que toujours le même son, si l'instrument n'est qu'un monocorde; et cependant ce sera partout le même artiste d'un talent supérieur qui paraîtra fort différentselon l'instrument dont il joue.

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Je dois répondre ici d'avance à une queslion qu'on peut faire à l'égard de ce que je viens de dire , sur les moyens de manifestation que l'Esprit peut avoir dans les diverses espèces animales ; celle de savoir s'il ne serait pas possible que l'Ame et l'Esprit ne fussent que la même chose , et que l'absence des facultés intellectuelles chez les Plantes ne soit simplement due qu'au manque d'organes par lesquels ces facultés se manifestent.

Cette question pourrait être résolue affirmativement s'il ne s'agissait que de TAmè des Végétaux, qui ne préside qu'aux fonctions de nutrition; mais comme ces mêmes fonctions existent également chez tous les animaux » et par conséquent aussi chez l'homme, il s'ensuit qu'il ne peut être admis, que les agents désignés sous les deux noms soient un seul et même Être , vu que par cela que TËsprit est capable d'éprouver des impressions sensitives , il aurait connaissance de tous les actes autpmatiques qui se passent dans le corps de l'animal ^ cet esprit présidant également k ses actes sous le nom d'Ame, ce qui n'a pas lieu; doù,il faut nécessairement conclure que ce sont deux Êtres différents et que l'Esprit seul est sensible. Si , dans certains cas de surexcitation, les organes automatiques, tels que les in-. testins, soumis a l'influence de l'Ame seule, deviennent sensibles et même fort douloureux, cet effet est dû aux communications existant entre les deux systèmes nerveux , dont Tun, ou le grand sympathique, est sous l'influence de l'Âme, et l'autre, ou le système cérébro-spinal i sous celle de TEsprit; communications asse;^ faibles pour ne fournir h l'Esprit que des incitations si légères, que dans létat ordinaire elles lui sont inappréciables.

Je dois faire remarquer, en outre, quil existe une diffé-rence remarquable, graduée, entre ces trois agents qui agis*, sent sur la matière; différence dépendant de leurs facultés.

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VArchée^ force invariablement inhérente à la matière brute, n'est qu'une simple puissance , ainsi que son nom rindique, qui ne peut produire que des effets mathématiquement déterminés par des lois immuables , d'où résultent diverses propriétés secondaires dépendant de la combinaison des propriétés primitives.

L'iime, d'une essence plus élevée que TÂrchée, mais non intelligente, a cependant le pouvoir de mettre la matière en œuvre , en l'organisant pour la disposer à pouvoir produire des phénomènes spéciau^L entièrement différents de ceux dusà l'Archée, ce qui .constitue de sa part déjà une espèce de création. Mais privée d'intelligence , elle ne peut pas se mettre en rapport avec le monde extérieur, et ne fait guère que disposer selon le besoin des substances introduites dans l'organisme, en dirigeant ces matériaux selon des principes qui lui sont rigoureusement imposés, et dont elle ne pent s'affranchir. C'est ainsi quesous son influence les organes se forment et exécutent leurs remarquables fonctions, sans jamais pouvoir produire que la même chose dans la même partie de l'organisme.

L'ESPRIT, plus élevé encore que Tàme, emploie les instruments formés par celle-ci , sans en produire lui-même aucun , mais agit comme puissance créatrice sur le monde extérieur, avec lequel il se met en relation par les sens, en agissant sur lui par sa Volonté ^ au moyen des organes capables de lui donner, k cet effet, le pouvoir nécessaire. C'est ainsi que, plus puissant encore que l'âme, il mettes objets extérieurs en œuvre, et crée y en dehors de l'individu, en les employant comme matière brute, une foule d'objets nouveaux de forme et d'action différentes , ayant sonvent la plus grande analogie avec les Êtres organisés , soit par leur structure, soit par leurs fonctions ; et cela au point que ceux désignés sous le nom de Mécaniques remplacent fK)uvent l'action volontaire des animaux , quoique la volonté, conséquence de l'intelligence, leur manque. Or ces produc-

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tions de l'Esprit ûé sont daes , ainsi que Je Viens de le dire , qu*k la mise en œuvre de matériaux, fournis tout faits par la faculté productrice de Tarchée et de Tàme, et même de l'esprit, capable de pouvoir servir k ces objets. Mais il n'appartient qu'a Dieu de créer de rien.

L'opinion que je viens d'émettre snr l'identité de TEsprit dans tous les Animaux , blessera peut-être , ainsi que je l'ai déjà dit, la susceptibilité de bien des personnes qui , se fondant sur le texte de l'Ancien Testament, croient que Tespèce humaine a été créée à Timage de la Divinité, d'où sa race est infiniment plus noble que celles des autres espèces animales. Horrible blasphème, où l'on ne s'aperçoit pas qu'on rabaisse , par cette orgueilleuse prétention , non-seulement l'Éternel-Dieu , k la misérable condition de Tune de ses plus minimes créatures, mais qu'on l'assimile mêmek la brute, vu l'immense analogie de formes et de facultés qui lie celle-ci à rbomme, qui n'est, au même titre que le plus imper-* ceptible ciron , qu'une faible créature dont l'existence est .due à la volonté du Très-Haut; l'homme n'étant qu'un simple atome dans cet immense univers, que par une seule pensée Dieu a tiré du néant , avec ses innombrables Astres auxquels sa main toute-puissante a tracé avec tant de rigueur, pour le temps et pour le lieu , les limites qu'ils ne pourront jamais dépasser dans les incommensurables or^ bites qu'ils parcourent dans l'espace.

Si Moïses a cru devoir, par cette orgueilleuse assertion » flatter l'amour-propre de son peuple grossier et barbare, pour l'engager k se rendre , par ses vertus , digne d'une aussi haute distinction , il n'appartient plus k des hommes civilisés , capables de concevoir l'infinie distance qui les sépare du maitre du monde, de croire k une aussi haute dignité , et ils n'ont qu'à se prosterner devant lui dans la poussière , dont ils ne sont que de minimes parcelles , pour rendre , dans une profonde humilité, hommage et gloire k la toute-puissance, à la sagesse et k la miséricordieuse bonté de leur Créateur,

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oa h'naïQmàUTi ra l'ame et de l'esprit.

Vner autre question de la plus haute importance, mais bien difficile k traiter, est celle de savoir si les trois agents qui animent la matière, créés par TÉternel , sont ^ jamais permanents , ou sujets à la destruction comme les corps qui en sont le siégé. Quant à YÀrchée , l'observation de tous les phénomènes de la Nature nous prouve qu'elle est éternelle; ses effets, tout en variant dans leurs formes, restant rigoureu* sèment les mêmes dans leurs principes ; depuis que l'univers existe 2 et malgré les modifications que la matière éprouve par ses combinaisons , dans la composition et la décomposition des corps.

Quant à Y Ame et à Y Esprit^ Tobservation ne nous fournit, dans l'état actuel des sciences , aucune preuve matérielle directe de leur permanence éternelle, ou comme on est couvenu de dire k leur égard , de leur Ibimortalité ; preuves que la Physiologie et la Psychologie , mieux étudiées dans leurs principes transcendants , pourront peut- êtl-e fournir un jour, mais qui , peu cultivées jusqu'k présent , ne nous enseignent presque rien sur les fonctions intellectuelles , et moins encore sur l'influence que TAme et l'Esprit ont , soit sur le sujet qu'ils animent, soit sur d'autres individus. Que savonsnous, par exemple, sur l'étendue de la sphère d'activité de ces deux agents de la vie, pour être en état d'apprécier jusqu'où peut aller leur influence ^ et savoir quels effets ils peuvent produire? Très-peu de chose sans doUte, sinon presque rien.

Or ces grandes questions de haute Physiologie et de Psychologie expérimentales ne pourront être traitées un jour que par des hommes qui, libres de tous préjugés et habiles

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dans l'art de rexpérimentation , auront fait une étude approfondie de ces sciences , en les tirant des mains des charlatans qui les exploitent dans un honteux intérêt pécuniaire, sons les noms de Magnétisme animal ou de Mesmérisme* Espérons toutefois que cette science , cultivée enfin par des savants probes, et capables d'apprécier h leur juste valeur les phénomènes que rexpérience peut faire connaître, sortira bientôt des ténèbres dans lesquelles elle est retenue, soit par^ ceux qui cherchent à en faire un moyen de tromper le public, soit par la crainte qu'ont les savants consciencieux de se voir confondus avec ces mêmes charlatans. C'est, je ii'en doute pas, de l'étude de ces phénomènes du mesmérisme que jaillira un jour la lumière qui éclairera la vraie religion. en faisant connaître les rapports qui peuvent exister entre TAme, l'Esprit et le Créateur.

Mais quoi qu'il en soit de l'état actuel de la Physiologie et de la Psychologie, sciences encore bien arriérées sous le rapport de la connaissance des phénomènes dans lesquels l'Ame et l'Esprit peuvent se manifester h nos sens, nous pouvons cependant arriver, par diverses inductions, à prouver que réellement ces deux agents sont, comme l'Archée, également éternels. En effet, déjk la simple analogie avec cette dernière indique qu'ils doivent , comme elle , être ^ jamais permanents ; et cette probabilité devient encore plus grande par cela que tious reconnaissons leur existence par leurs effets, tandis que nous n'avons aucune preuve de leur destruction. Nous voyons bien périr et se décomposer les corps qu'ils ont animés , et dont ils sont par Ik obligés de se séparer, mais rien né nous montre qù*eux-mêmes périssent ; et comme , en bonne logique, on ne doit croire que ce dont on a des preuves ; rien ne nous autorise à admettre que l'Ame et l'Esprit cessent d'exister avec l'individualité du corps qu'ils ont vivifié, et qui se décompose sous nos yeux. J'en Bppelleral en outre, h ce sujet, au sentiment instinctif que le Gréalteur a mis dans l'intelligence de tous les

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hommes , par lequel , même ceux les moins capables par leur état de complète incivilisation , de concevoir ce que c'est qu*un Être métaphysique, croient qu*au moment de la mort d'une personne son corps seul périt , tandis que TEsprit qui l'anime persiste après, pour aller occuper des lieux où il jouira, selon ses mérites , d'une félicité plus ou moins grande , ^ laquelle l'Être suprême le destine. Mais nous trouvons des preuves plus grandes dans les attributs mêmes de la Divinité; attributs qui nous obligent y pour être conséquents, de croire avec la plus fervente foi à l'immortalité de Y Âme , et plus particulièrement à celle de Y Esprit.

En effet, les preuves si nombreuses que nous avons de l'existence de la toute-puissance, de la sublime sagesse et de l'ineffable bonté de l'Être Suprême , nous donnent, ainsi

QUE JE l'ai déjà fait VOIR PLUS HAUT, LA CERTITUDE DE SON IMMUABLE JUSTICE ET DE SA MISÉRICORDE. Or UOUS avOUS de

si nombreuxexemples de personnes qui, nées dans les souffrances et le malheur où elles ont toujours vécu jusqu'à leur mort, n'ont jainais pu avoir commis la moindre faute par laquelle elles auraient ptf avoir mérité un châtiment quelconque, et moins encore les affreux tourments qu'elles ont constamment endurés. Or, par cela seul que ces faits sont contraires aux dogmes de la justice , de l'indicible bonté et de la miséricorde divine , IL EST NÉCESSAIREMENT VRAI QUE L'ESPRIT SURVIT AU CORPS, pour trouver

DANS LA BÉATITUDE ÉTERNELLE , AU SEIN DE SON CRÉATEUR, UN DÉDOMMAGEMENT AUX MALHEURS DONT LE HASARD l'a AC- CABLÉ DANS CE MONDE.

Cette même justice immuable du Très-Haut nous donne en outre lacertitude que les hommes, dont toute l'existence dans êe monde n'a souvent été qu'une série de fautes et de crimes , doivent au moins en rendre compte après leur mort devant Dieu, leur juge suprême, à qui rien ne saurait rester caché dans ce monde; certitude d'où ressort également la VÉRITÉ DU DOGME DE L'IMMORTALITÉ DE L'ESPRIT.

Eufin si, par Teffet de la mort, il y a, ainsi qu'on doit l'admettre, simplement séparation des principes canstitutifs de rËtre vivant, l'un matériel et les autres spirituels, sans destruction d'aucuns, le Corps ^ devenu indépendant de Y Ame qui contre-balangait les propriétés de la matière en empêchant celle-ci de se combiner autrement, se trouve simplement abandonné aux effets physiques de ces mêmes propriétés ; d'où résulte sa décomposition, mais jamais sa destruction comme matière. Mais VAme et YEsprit, qui né sont évidemment pas matériels , ne peuvent pas se décom^ poser en se séparant du corps ; vu qu'ils ne sont point formés de divers éléments qui puissent entrer en d'autres combinaisons : ce que d'ailleurs personne n'a jamais pensé ; et ce ne serait, du reste, que par une siinple hypothèse bien gratuite , qu'en admettant sans nécessité cette opinion qui n'offre pas la plus faible probabilité; tandis que les phénomènes observables qui se rapportent à ce grand événement de la vie viennent , au contraire, b l'appui de la croyance que Y Ame et Y Esprit ne périssent point.

En effet, si par une cause quelconque , telle que l'absence de nourriture trop longtemps prolongée , les fonctions assimilatrices sont entravées ou suspendues , c'est la partie matérielle du corps qui en souffre en perdant ses facultés fonctionnelles; et que ne pouvant à la fin plus remplir les conditions voulues pour que son union avec Y Ame puisse avoir lieu , ces deux principes se séparent et déterminent par là aussi la séparation de l'Esprit ; et il en est de même pour toute autre fonction vitale essentielle.

Dans la syncope et la mort apparente , l'action de Y Ame et de YEsprii sur le corps est simplement très-affaiblie ou suspendue par une entrave quelconque ; suspension qui , trop prolongée, laisse pendant ce laps de temps ce dernier sous rittfluence exclusive des propriétés physiques de la matière qui déterminant sa décomposition le mettent hors iYéi^i de pouvoir être rerois en activité par les deux agents

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vivifiants, et leur séparation s'effectue à ta fiu dëfiDÎtivement. Or tout, dans ces divers cas , montre la destruction organique du Corps seul , mais non l'anéantissement de VAtm ei de V Esprit.

Si la Foi en l'Être Sufrémb et en ses sublimes perfbc* TiONs constitue le premier principe, le principe fondà-^

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