‹ Theologie de la nature (volume 5)Chapitre 29 sur 58 · MENTAL DE TOUTE RELIGION, LA CROYANCE À L*IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

MENTAL DE TOUTE RELIGION, LA CROYANCE À L*IMMORTALITÉ

i^E l'Esprit ET DE l'Ame forme le second, tout aussi essentiel au bonheur des hommes, en leur donnant la certitude fon* dée sur l'infinie Miséricorde et l'immuable Justice de PÉternel, que s'ils souffrent dans ce monde des peines non méritées, ils en trouveront dans la vie future le dédommagement dans un bonheur perpétuel désigné spécialement sous le nom de Béatitude; bonheur qui doit être sans retour, par cela que l'homme étant affranchi de ses passions mondaines ne peut plus pécher contre la Divinité dans le sens que nous attachons i ce mot. •

Quant à la question de savoir de quelle nature peut être cette félicité éternelle de l'Esprit après avoir quitté sa dépouille mortelle, on conçoit qu'il est entièrement impossible de pouvoir se la représenter pour en donner une idée k d'autres, vu qu'on ne pourrait que l'assimiler aux jouissances physiques de ce monde , ainsi que le font en effet eertaines sectes religieuses, et entre autres les Mahométans; jouissances qui n'existant que pour les organes qui en sont le siège , disparaissent nécessairement avec eux; d'oàil est impossibled'en faire eoncevoird'autres. Ce serait comme si l'on voulait faire comprendre k un aveugle de naissance le charme qu'on éprouve par les effets de lumière, les beaux sites on par l'éclat et l'harmonie des couleurs; comme si l'on cherchait à faire concevoir k un sourd-né les jouissances que nous trouvons dans la musique; toutes jouissanees délicieuses pour lesquelles ces infortunés n'ont point reçu de séné.

Or comme les facultés sensitives dont je viens de parler,

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ainsi qae les autres qui nous permettent de jouir sous plusieurs rapports des propriétés des objets matériels qui nous entourent, dépendent des organes du corps et disparaissent au moment de la mort, il ne peut pas y avoir de doute que les jouissances, ou bien les peines que notre Esprit peut éprouver après notre trépas, ne sauraient être assimilées aux satisfactions et aux souffrances de notre vie terrestre, si toutefois elles ne sont pas purement mentales; encore celles-ci se rattachent-elles ici-bas toujours plus ou moins à des ob^ jets physiques qui n'existent plus alors ; d'où il résulte que même le bonheur mroral de la béatitude éternelle ne saurait élre semblable à celui que nous éprouvons dans ce monde. Il ne reste de là plus que l'hypothèse, et c'est à celle-ci que je m'arrête pour moi, en laissant k tout le monde la liberté d'y croire ou de la rejeter, que notre Esprit acquiert, en

SE séparant du corps , DES FACULTÉS PAR LESQUELLES IL DEVIENT APTE ÀPERGEVOm DES JOUISSANCES d'uNE TOUT AUTRE RATURE QUE CELLE QUE NOUS AVONS PAR NOS SENS ACTUELS , FACULTÉS QUI LE RENDENT GAPARLE d'ÉPROUVER UN BONHEUR

ÉTEBNEL QUE LA JUSTICE DU Très-Haut graduc suivaut le mérite des vertus des hommes dans ce monde.

Si j'avais k faire comprendre ma croyance h ce sujet par une comparaison, je reviendrais k dire que, c'est absolument comme si étant tous aveugles de naissance, notre Esprit acquérait, au moment de notre mort , des yeux par lesquels il serait tout à coup capable d'admirer non-seulement les effets éclatants de la lumière et de l'harmonie des couleurs, mais infiniment mieux encore de jouir de l'indicible bonheur de contempler Dieu même, le bienfaiteur de l'univers; et c'est en effet en cela sans doUte que doit consister la félicité éternelle.

Comme il n'existe qu'un seul Dieu , et qu'une seule vérité en toute chose, il ne peut y avoir aussi qu'une seule doctrine religieuse, et de là qu'un seul culte digne d'être rendu au Créateurr Or cette Beligion naturelle conformea la raison , ne

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doit être fondée, d'après ce que nous ayons vu, que sur les deux dogmes fondamentaux démontrés plus haut, ceux de la croyance en un Être Suprême et de l'immortalité de l'Esprit; croyance qui se retrouve en effet, ainsi que je l'ai déjà dit, instinctivement cbeztous les peuples, même les moins civilisés.

Cette double base sur laquelle repose la religion natu* relie est aussi tout ce qu'il faut pour rendre à Dieu l'hommage qui lui est exclusivement dû, ainsi que pour le seul culte qui puisse lui être agréable : toute croyance, ou simplem^t tout acte extérieur du culte ne devant être , au fond , que la conséquence rigoureuse de ces principes fondamentaux, ou n'être que de simples accessoires, généralement inutiles k toute espèce de résultats pour la morale et les devoirs k remplir, soit envers Diei^ soit envers le prochain, soit enfiD envers soi-n^ême.

En effet, de la seule croyance k l'existence de l'Être Suprême créateui*, ressortent naturellement , ainsi qu'on Ta déjk vu plus haut, comme conséquence immédiate , celles de son éternité, de sa toute-puissance, de sa toute-science, de sa sagesse infinie et de son ineffable bonté ; et de celles-ci ressortent les princi[>es de sa parfaite justice et de sa miséricorde envers ceux qui ont pu manquer à leurs devoirs envers lui : mais qui lui en demandent le sincère pardon avec le regret assez fort pour ne plus retomber dans la même faute. Enfin c'est de tous ces attributs de la Divinité que naît naturellement envers Dieu le sentiment d'amour et du dévouement le plus parfait, de la part de ceux qui ont reconnu ces vérités fondamentales de toute doctrine religieuse.

Quant aux différences qui peuvent exister sans inconvénient entre les diverses croyances religieuses , elles ne doivent porter que sur de simples accessoires, au fond sans importance; mais malheureusement beaucoup de personnes de tous les cultes, et surtout les fanatiques et les hypocrites, considérant ces objets accessoires comme essentiels , attachent plus d'importance a la partie purement cérémoniale ou de

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simple discipline, qu*aux véritables principes fondamentaux qu'elles négligent assez généralement, et ne suivent d'ordinaire que fort peu , les prescriptions de morale et de probité que les. véritables dogmes commandent. C'est ainsi qu'on voit une foule de personnes s*adonner k la prière avec l'apparence d'une ferveur qu'on croit ne pouvoir trouver que chez les personnes les plus éminemment pieuses et vertueuses , tandis qu'immédiatement avant ou après , elles se permettent toutes espèces d'actes évidemment contraires h la volonté divine ; pensant avoir tout arrangé avec le ciel par le peu de paroles qu'elles ont prononcées, ou par quelques gestes qu'elles ont faits, même sans y avoir attaché la moindre attention.

Or, comme les principes fondamentaux dont j'ai parlé ^e trouvent dans les croyances religieuses de tous les peuples, les personnes sincèrement pieuses, quel que soit le degré de leur civilisation, rendant hommage à la Divinité, suivant le culte qu'elles professent, doivent en conséquence être toutes également agréables a l'Être Suprême ; ces hommages remontant toujours jusqu'à lui. Ces hommages doivent être d'autant plus conformes h la volonté de Dieu qu'ils sont plus purs et plus exempts d'actes ou de sentiments contraires h la charité envers les autres hommes qui tous sont k égal titre, les enfants de ce même Père céleste , et de là également dignes de sa bonté et de sa miséricorde. Aussi personne ne peut-il se prévaloir d'un droit quelconque à sa bienveillance spéciale, quand même on réunirait toutes les vertus; le plus parfait des hommes ne remplissant par ses actes de vertu qu'un simple devoir, pour lequel on ne peut , sans un reprochable orgueil, réclamer la moindre rémunération.

Cette croyance erronée à un droit acquis a une récompense de l'Éternel , eèt d'ailleurs blâmée par tous les Philosophes et les Moralistes, et surtout par Jésus-Christ qui Ta relevée dans sa parabole du Pharisien. (Évangile de .mnt^ Luc, XVm,vmeHO.)

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Or ce sont, ainsi que je l'ai déjà dit, ces principes, bases de toutes les religions , qui doivent constituer exclusivement celle de la Religion naturelle ou rationnelle ; tous les autres dogmes, même les plus simples actes du culte à rendre k rÊtre Suprême, n'en devant être que les conséquences qui s'en déduisent par la logique la plus rigoureuse, sans pouvoir jamais devenir par eux-mêmes des articles de foi ; et leur importance dans la, doctrine ou le cult^doit, de là, pouvoir toujours être discutée pour savoir s'il est convenable de les admettre ou non , selon les preuves que la raison peut fournir de leur vérité. C est ainsi que tout principe qui ne

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