RESSORT PAS NATURELLEMENT DES ATTRIRUTS ESSENTIELS DE
LA Divinité doit être rejeté gomme radicalement faux, quand même on le présenterait sous le nom captieux de mystère . titre sous lequel on cherche partout à faire accepter xme foule de croyances superstitieuses ; se croyant être par la dispensé de Jes appuyer autrement qu'en ajoutant que , bien qu'on ne saurait concevoir ni la justesse ni la possibilité du fait , on doit y croire sans examen. Mystères qui ne sont en réalité que les Antres ténébreux où va se cacher 1-ignorance poursuivie par la raison ; car en bonne logique, en toute philosophie franche et morale , on ne peut admettre de semblables moyens , tout devant être susceptible de démonstration. Aussi tout principe ou toute croyance qui ne peut être appuyé de preuves, et qu'on veut faire passer ainsi sous le titre de Mystère , ne saurait jamais être présenté à personne comme devant servir de règle de conduite, vu qu'on ne peut pas se conformer à des prescriptions qu'on ne connaît pas ou qui répugnent à la raison.
Les deux croyances fondamentales , celles à l'existence d'un Être Suprême et à l'immortalité de l'Esprit, ont toutefois pris différentes (ormes, selon qu on les a envisagées. Comme il est impossible de se faire une idée juste d'un objet inconnu quelconque sans le comparer a quelque chose de connu, ce qu'on appelle se figurer cet objet , et qu'on a déjà de la
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peine k concevoir l'existence des Êtres métaphysiques , tels que Dieu et F Ame, il est naturel que non-seulement les peuples sauvages , mais encore ceux arrivés même à des degrés très-élevés de civilisation, doivent se les représenter sous des formes qui semblent devoir approcher le plus de la vérité. C est ainsi que d'ordinaire on se figure TËsprit et TAme de Tbomme , et même Dieu , sous Timage d'un Être humain , la plus noble de toutes. Quant à TAme et k TEsprit, il est assez naturel qu*on se les représente sous la forme des objets qu'ils animent, devant être, en quelque sorte , considérés comme moulés dans leur corps, quoiqu'il soit trèspossible que l'uQ et Tautre, mais surtout le second, n'aient que leur centre d'activité dans les corps organisés ; absolument comme le musicien n'est pas dans le piano sur lequel il manifeste son talent. C'est par cette condition qu'on peqt expliquer comment . des Êtres organisés vivants, peuvent avoir de l'influence l'un sur Tautre à des distances plus ou moins grandes, ainsi qu'on le prelend. Cette manière de se représenter les Êtres métaphysiques devient au contraire tout à fait absurde à l'égard de la Divinité, a laquelle, on ne saurait assigner aucune forme autrement que par fictions, telle que celle d'une figure humaine, ainsi qu'on le fait généralement, comme étant également la plus convenable; et dans ce cas, celle d'un Homme convient seule, vu que dans toutes les langues le nom de l'Eternel est masculin ; en même temps qu'on doit le représenter sous les traits d'un vieillard, pour exprimer sous cette figure la plus vénérable l'idée d'éternité, de sagesse et de loutescience , ses principaux attributs. Mais cette image a ceci de malheureux que , représentant plus particulièrement un simple mortel , non-seulement les personnes peu capables de s'élever à l'idée qu'on doit se faire de la Divinité , mais encore un nombre d'autres, d'une intelligence bien cultivée, s'habituent tellement k cette fiction que , la prenant pour la réalité, elles ne voient plus dans l]Éternel qu'un homme d'une
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grande puissance , dont la parfaite bonté va jusqu'à la fai-^ blesse , et qui peut de là se laisser fléchir, non-seulement par l'expression d'un repentir sincère des fautes qu'on a commises^ mais même par des prières simplement récitées en nombre plus ou moins considérable , sans qu'il soit nécessaire que k cùBur et V esprit y prennent la moindre part.
La vérité de ce que j- avance ici , avouée par le plus grand nombre de personnes , est d'ailleurs prouvée par ce fait qu'on croit qu'il suffit de dire ainsi des prières apprises par coeur, qu'on débite avec une telle rapidité qu'il est impossible quon ait le temps de réfléchir le moins du monde à ce qu'on dit^ et pas même d'y penser, afin de se débarrasser le plus promptement de la peine quon s'est imposée.
Ce que je dis ici pourrait paraître une exagération , si tout le monde ne le savait parfaitement. Or cela serait encore excusable de h part de ceux dont Tintelligence bornée ou le manque de connaissance ne permet pas d'apprécier la valeur que de telles prières peuvent avoir auprès de rËtre Suprême; niais on a lieu d'être plus qu*ëtonné de voir que des hommes chargés de diriger leurs semblables dans la voie de la vertu , ne blâment non-seulement pas ce culte hypocrite, mais le recommandent même , ainsi qu'une foule d'autres gestes et manœuvres, en assurant que ces pratiques purement mécaniques ont une telle valeur auprès de TEternel, qu'on obtient sûrement par Ih des indulgences, et même la complète rémission des péchés , dont on reçoit l'absolution. Or c'est en cela qu'on veut faire consister essentiellement le culte qu'on doit au Dieu éternel, le bienfaiteur de toute créature.
Est-il étonnant alors qu'avec de tels principes, un nombre malheureusement considérable d-'hommes, déjà faibles dans leur foi, voyant toute la vanité de ces cultes purement matériels qu'on leur recommande de rendre à la Divinité, refusent de croire k leur efficacité, et rompant par là avec la société religieuse h laquelle ils appartiennent parleur famille, repous*