Lorsque vous entrez pour vous présenter devant ma
6ot2 THÉOLOGIE DE LA NATURE.
face , qui a requis cela de vous , que vous fouliez de vos pieds mes parois? y>
17. <i Ne continvsz plus de nC apporter des obligations de néant; le parfum m* est en abominaiion; et pour ce qui est des nouvelles lunes et les sabbats , et de la publication de vos convocations , je nen puis plus porter f ennui , ni de vos assemblées solennelles ;i> etc., etc. Mais il tâche de faire comprendre aux Israélites que c'est le repentir de leurs péchés et une conduite louable que Dieu leur demande, ajoutant : Verset 16. € Lavez-vous ^ nettoyez-vous, ôtez devant mes yeux la malice de vos actions ^ cessez de mal faire; » etc. Voilk ce que le prophète leur présente comme agréable ï FÈtre Suprême ; mais lui , comme tous ceux qui l'ont précédé ainsi que la plupart de ceux qui Tont suivi jusqu^à nos jours , continuèrent à représenter partout l'Être Suprême comme un homme violent dont on doit craindre la colère , et qui, bien qu'il soit tout-puissant par son pouvoir physique illimité , est très-faible de caractère , se laissant facilement fléchir par de simples simagrées de dévotion ; quoique léschaïa commence par faire dire à l'Éternel qu'il est ennuyé^ rassasié d'holocaustes. Tout le premier chapitre est même fort curieux parles ridicules remarques qu'il fait faire a Dieu sur les péchés de son soi-disant peuple de prédilection.
Le Chap. IV est une prophétie qu'on ne comprend pas, vu qu'elle n'a aucun sens en elle-même , et ne fait surtout en rien allusion à ce qui est arrivé depuis , quoique les théologues aient cru y voir la prédiction d'un libérateur, ainsi qu'on a voulu le faire croire.
Au Chap. Y léschaïa menace le peuple de calamités et parle de captivité; mais on ne saurait en conclure qu'il entendait par Ik celle arrivée longtemps après sous Sédécias, où les Juifs furent conduits à Babylone , ne parlant de captivité que simplement comme d'un malheur à ajouter a toutes ces autres calamités qu'il énumère.
léschaïa raconte , au Chap. VI, une vision et probable-
CHAPITHB XIV. 653
tnent nh rêve, où TÉternel lui apparaît dans le temple , et lui parle en le chargeant de rapporter au peuple des malédictions dont il Ta couvert.
Au Chap. VII , le prophète prédit diverses calamités et parle en termes très-positifs, au Verset â, d'une coalition contre les rois de Syrie et de Samarie contre Achaz, roi dlehouda k qui Dieu offrit un signe de protection contre ces ennemis- (Verset 13.) « Alors léschdia dit : Écoutez mainie-' nant , ô maison de David : Vous , est-ce peu de chose de travailler les hommes j sans que vous travailliez av^si mon Dieu ? »
14. « Cest pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici ^ une Vierge sera enceinte^ et elle enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel. »
16. (( Mais avant que V enfant sache rejeter le mal et choisir le bienj le pays pour lequel tu as de V aversion sera abandonné par ses deux rois. »
1 7. (( Mais V Éternel fera venir sur toi , et sur ton peuple, et sur la maison de ton père , par le moyen du roi d'Assyrie, des jours tels quil n'y en a point eu de semblables , depuis le jour quÊphrdimse sépara d'avec lehouda.n
Suivent des détails singuliers sur les calamités qui arriveront alors , oïL le prophète parle de mouches du fond de TÉgypte, et de guêpes d'Assyrie, qui viendront désoler le pajs '
en même temps que (Verset 20) « le Seigneur rasera avec
un rasoir pris à louage au delà du fleuve , savoir, avec le roi d'Assyrie , la tête et les poils des pieds , et il achèvera aussi la barbe, » etc. , etc.
Or, comme les Juifs parlaient a Dieu à l^ première personne, en disant au peuple au Verset 13, vous travailliez aussi mon Dieu, cette fornie indique encore la singulière idée que léschaïa se faisait de TÉtre Suprén^e.
Jésus-Chrit ayant été désigné par TÉvangéliste saint Luc , sous lenom d'EMMANUËL, et cela probablement en faisant allusion à ce passage du prophète léschaïa, quoique Jésus-Christ
he së soit jamais 1*66116016111 appelé ainsi , l6S théologiens ont voulu voir dâtls l6 tonteriu du Verset 14, que je viens de rapporter, la prédiction de la venue du Messie ; tnais ils n'ont pas remarqué que cet Emmanuel devait naîtte avant la chute du royaiime dëSàmarié (Israël), et qu'en conséquence il ne saurait s*agir ici de Jésus-Christ. Ce pasisage prouve en outre qtle saint Luc, qui , ainsi qu'on le verra plus tard, a tout compilé sans jugement pour composer son Évangile, a aussi mal interprété ce pai^sage d'tëschaïa , en appliquant le noni d'Emmanuel h Jésus-Christ.
léschaïa prédit (Verset 8) la destruction d'Éphraïm ; mais comme cet événement arriva de son vivant , du temps du règnfe d'Achaz rOi dlebouda , il à faciletaent pu en parler quand il rédigea ses prophéties. Il prédit de mêriae, au Chaï». VIII , la destruction de tout le royauttie d'Israël , ce qui est au IHond la même chose, mais dans des teriHes figurés, k ce qu il parait, assimilant les Assyriens aux éàut de l'Euphrate, qui débordent. Mais tout ce chapitre est tellfeûient embrouillé de phrases intohërentés , qu'on ne saurait y trouver un sens raisohnable.
Aux Chap. IX et X, léschiaïa faisant allusion k la destruction du royanhiB d'Israël par les Alssyriens, ttienàcédu même malheur le royaume d'Iehouda, en ajoutatat toutefois (Cûap. X, 24) rjuè h peupté de Sion (Jérusalem) ne doit rien draindre pt)ur M, de !a part des Assyriens ; et il a cependant criiellettient souffeî*t dans la prise de cette ville par Nébucadnelsar; ce qtii prouve que celte menace n'était pas une véritable prophétie, mais simplement avancée comme un événement malheureux possible, dont il menaça le peuple pour tâcher de le ramener k ses devoirs envers l'Éternel.
Le prophète annonce , au Chap . XI , la venue d'un libérateur issu de la race d'IsAÏ ( père de David ) , qui régnera avec une telle justice sur les hommes et les animaux , que les plus féroces vivront dans la meilleure intelligence avec les plus paisibles^ au point que le Lion mangera du fourrag
comme le Bœuf (VerseU 6-8). Or on n'a pas nlanqué de voir encore dans ce passage la prédiction de la naissance de Jésus-Christ ; mais , malheureusement poiir cette prétendue jjrophétie , ce libérateur devait affranchir les Juifs du joug des Assyriens ( Versets 10 , 16). Il vaincra tous les peuples voisins que le peuple pillera (14, 15 ). Or ce libérateur conquérant n'a point apparu , et n'a surtout pas été Jésus- Christ.
Au Chap. XIII , léschaïa prédit là destruction prochaine de Babylone par les Mèdes : mais quoique cette ville et tout l'empire des Assyriens aient été soumis bien longtemps après par les Perses, il n'y a point eu de sac , comme le prophète le dit en termes terribles.
La dernière année du règne d'Achaz, roi d'Iehouda (Chap. XIV, 23 ) , léschaïa prédit la destruction de Babylone et le retour des Hébreux ; mais il n'y a point de doute qu'il a entendu parler de la captivité du peuple du royaume d'Israël , arrivée du temps de ce roi , et non de la captivité des Juifs , par Nébucadnelsar , et de leur retour sous Cyrus ; captivité arrivée après la mort d'Iéschaïa , d'où il serait ridicule de croire qu'il a parlé de la délivrance d*un peuple sans parler d'abord de sa captivité ; et quoique le retour des Hébreux du royaume d'Israël dût lui paraître un événement probable dans un temps indéterminé , cet événement ne s'est toutefois pas réalisé delà manière qu'il l'a annoncé, ce qui prouve (ju'iln'en savait rien.
Aux Chap. XV a XVIII, le prophète prédit toutes sortes de malheurs qui arriveront aux royaumes de Moab et de Damas , et même à toute la Syrie et a l'Assyrie; le tout fort ridiculement exposé, ftiais qui, heureusement, ne s'est nullement réalisé.
Une autre prophétie, au Chap. XIX, contre l'Egypte, n'est qu'un indigne exposé des calamités que l'Éternel veut faire venir sur^;e pays en y allumant la guerre civile , en faisant dessécher les fleuves et même la mer ( Verset 3) 5 et
6tS6 TKtoLOGIB DB LA NATUBS.
un peu plus loin, TÉternel prononce ( Verset 25) sa bénédiction sur VÉgypte , qu*il appelle son peuple.
Les Chap. XX et XXIII sont des prophéties contre l'Egypte , Babylone , Tyr et Jérusalem , conçues en phrases tellement décousues qu*on n'y trouve aucun sens raisonnable.
Enfin, au Chap. XXIV, léscfaaîa parle réellement de la destruction de Jérusalem et de ses habitants conduits en captivité, et cela d'abord en parlant au futur. Mais déjà, au quatrième Verset, il parle au passé, ce qui prouve que ce chapitre a été écrit après l'événement , et qu'il est par conséquent interpolé, léschaïa étant déjk mort lors de la prise de la ville par Nébucadnetsar.
Les Chap. XXV et XXVI sont des cantiques en action de .grâces^ où l'auteur remercie l'Éternel d'avoir détruit la ville (Chap. XXV), si toutefois il s'agit i^i de Jérusalem.
Les Chap. XXVII à XXXV, ce ne sont que des prophéties des malheui^s qui devaient arriver aux Juifs ; le tout dans un style tellement décousu, qu'il est impossible d'y trouver un sens. Les Chap. XXXVI à XXXIX sont relatifs k finvasion de l'armée des Assyriens sous Sapcherïb ; la maladie et la guérison du roi Ézécbias, faits déjà rapportés aux Chroniques et au Livre des Rois, mais avec quelques additions de plus; surtout celle où ce roi dit, dans sa prière à l'Éternel , en lui demandant de prolonger son existence , Chap. XXXVIII, 18 : « Car le sépulcre ne te célébrera point, la niQ^l ne te louera point, ceux qui descendent dans le tombeau ne s'attendent plu^ à la fidélité. »
19. « Mais le vivant , le vivant te célébrera comme je fais aujourd'hui. » Ce qui montre encore une fois que, même sous ce roi et au temps d'Iéschaïa , les Israélites ne crurent point h la vie future, et que pour eux tout^tait uni k la mort.
Les chapitres suivants ont pour sujet de faire ressortir la toute-puissance de Dieu, et sa boulé po- x Israël k qui il ,pardonnetoutpourran\ftur.desoiL*<nême-, le tout en diverses
allocutions où léschaïa fait parler rÉternel en termes fort ridicules..Je dois toutefois faire remarquer qu* au Chap.XLIY, 28, léschaïa dit que c'est Dieu « qui dit de Cyrus : C'est mon pasteur; il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusa-r. lem : Tu sera^ rachetée ; et au Temple : Tu seras fondé, » Et Châp. XLV, i : « Ainsi a dit V Éternel à son oint^ à Cyrus, que fai pris par la main droite , afin que je renverse les nations devant lui, et quefôte la force aux rois, afin quon ouvre devant lui les portes , et qu elles ne soient point fermées, etc. » Enfin, au Chap. XLIV, 10 et H , Tauteur parle encore de la destruction de Jérusalem et de Tincendie de son temple. Ce passage prouve , avec la dernière évidence , qu'il a été écrit après le retour de la captivité des Juifs à Babylone; Fauteur , parlant de Cyrus au passé , et non au futur , ainsi que cela doit nécessairement être dans une prophétie. Or léschaïa est né plus de deux cent quarante ans avant ce grand événement ; il a commencé k prophétiser sous le règne de HoziAS , roi de lehouda , et si Ton admet , ce qui est parfaitement naturel, qu'il avait vingt ans k la mort de ce roi, dont les successeurs , jusqu'à la captivité, ont ensemble régné cent soixante et onze ans (II. Chro., XXVII, i ; XXVIII, i ; XXIX, 1 ; XXX, 1, 21 ; XXXIV, 1 ; XXXVI, 2, 5, 9, H) , chiffré auquel il faut ajouter soixante -dix ans qu'a duré la captivité , jusqu'au règne de Cyrus , on arrive au nombre de deux cent quarante ans qu'aurait eus au moins léschaïa k cette époque. Et quoi que dise la Bible de la grande longévité de certains hommes qui auraient vécu jusqu'k neuf cents ans : Moïses et Aaron cent vingt, Joseph cent dix, etc., on se rappelle que David dit au contraire formellement que , de son temps , les hommes arrivaient au plus k quatre-vingts ans, absolument comme aujourd'hui; d'où l'on doit conclure que cela a été toujours ainsi. Ce qui prouve que le passage de léschaïa dont je viens de parler a nécessairement été fait après lui. Et quelle confiance peut-on ajouter alors a ses prétendues prophéties, qui, d'ailleurs, ne