CHAPITRE II
ces fonctions k la connaissaDce de Tindividu , les plaçant sous Finflaence d*uD second système nerveux connu dans les aniniaux supérieurs sous le nom de Système nerveux sympa- Ikique ; qui doit avoir son analogue chez les végétaux , quoiqu'il y soit encore complètement inconnu. Je dis qu'il est probable qu'il existe aussi dans les plantes , vu que l'agent de la vie de développement doit y avoir son siège dans un système d'organe quelconque , par lequel il agit comme dans les animaux sur tous les autres organes pour leur trans* mettre sa puissance vivifiante.
Dans les ânikaux vertébrés , le Système sympathique est formé d'une chaîne de petits renflements nerveux ou Ganglions , situés de chaque côté de la colonne vertébrale, le long du cou , ainsi que dans l'intérieur du thorax et de l'abdomen ; et réunis par des filets de même nature, allant des uns aux autres. De ces ganglions plus ou moins nombreux , selon l'espèce de l'animal , partent ensuite de nombreux rameaux nerveux, se rendant dans tous les organes, dont la fonction est soustraite à la conscience de l'individu , pour y porter l'action de la vie proprement dite ou de pur développement, vie qui existe aussi dans les végétaux , et qu'on désigne sous le nom de Vie automatique , i)our la distinguer de celle que les animaux possèdent en plus , et qu'on appelle de Ik la Vie animale ou de relaiton.
Pourvus du pouvoir de distinguer leur individualité de tout ce qui ne lui appartient pas , et de reconnaître dans les antres Êtres de la nature quelles sont plusieurs de leurs propriétés spéciales, les animaux ont par cela même été susceptibles d'être doués encore d'un grand nombre d'autres facultés impossibles chez les plantes ; et d'être ainsi élevés k des degrés fort différents de complication, avec un grand nombre de qualités qui en dépendent ; et c'est en effet dans ces innombrables formes et conditions d'existence des animaux que l'étude de la zoologie fait connaître que nous trouvons ainsi matériellement non-seulement les preuves les plus
58 TUBOLOGIB 91 LA MATURE.
éTÎdenteS qu'une IlSTELtlGERCE suprême , T0UTE't>Ul6dANtE , A PRÉSIDÉ A l'ORGAHIBATION DE CHAQUE ESPÈCE AlVlMAtB , jusqu'à la PLUS MINIME , QUI ÉCHAPPE DE BEAUCOUP A NOTRB
vue; mais encore que cette mêHb puissance a PARToitt
ÉTABLI LA PLUS SUBLIME HARMONIE ENTRE TOUTES LES FONQ* TIONS POUR LES FAIRE LE MIEUX CONTRIBUER AU BUT FINAL QUE CHACUNE DE CES ESPÈCES DOIT ATTEINDRE , Stlitâtlt le
degré de Téchelle zoo]ogique auquel il a plu au Très-Haut de la placer, en montrant partout que, dans sa toute- puié*sance, le Créateur est resté admirablement conséquent dans les principes immuables qu'il a établis dans sa hauts sagesse
et son INEXPRIMABLE BONTÉ.
En effet « par cela même que la Nature créatrice a formé un nombre infini d'espèces animales destinées h peupler lé monde , sous la condition de naître et de se développëf ; elle a dû aussi , sans tomber dans des inconséquences k l'égafd de SOS propres lois , les préserver autant que possible de tout ce qui aurait pu amene^ leur prochaine destruction. Quant aux plantes, Étrés laissés, k un degré inférieur, à Tétat pU'rement passif, la destruction des individus ne put être pté^ venue que par la faculté qui leur fut donnée, oti àû tûoin^ à la plupart , de pouvoir facilement régénérer les parties dé leur (îorps qu'une drconstance quelconque leur ^luit perdre ; ou bien aux plus faibles, de pouvoir Céder à la puiteance qui menace leur existence, pour reprendre ensuite leur condition primitive, favorable k leur existence, sitôt que la cause des • tructive disparaît ; ou bien encore en lui résistant par sa foH^ d'inertie. Ghes les animaul , au contraire , doués de la conscience de leur existence, les moyens d'éviter leur destruction purent être en partie laissés k leurs propres soins, en leur accordant la faculté de fuir le danger sitôt qu'il s'en sentiraient menacés. Cela était non-seulement une conséquence du principe de la conservation de leur individualité, mais encore, une conséquence de la bonté du Créateur; vu que l'etistenoe dé ces Êtres sensibles eût ét0 une condition hor-
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riblei si en leur donnant le sentiment du mal il les e&t laisflës dans Timpossibilité de se soustraire aux innombrables causes de souffrance et de destruction dont ils sont constamment menacés.
En effet, chez tous les Êtres dont l'animalité est bien constatée , on trouve le pouvoir de la Locomotion par lequel ils ont an moyen d'une détermination qui leur est propre , et qu'on nomme la Yolokté , le moyen de changer en tout ou du Oioins en partie de place « afin d^évitar le danger dont ils se sentent entourés. Ce mouvement volontaire n*a d'ailleurs pas été seulement accordé aux animaux pour leur permettre de fuir les sensations désagréables» mais encore en vue d'un nombre considérable d'autres facultés principales ou aeeondaireft, dont j'aurai k parler ; d'où la locomotion de«vient une des conditions les plus éminentes de leur existence; aussi l'appareil au moyen duquel elle s'exécute eonstitue-t-il d'ordinaire , la plus grande partie de la masse du corps des animaux.
Or la Nature, toujours si parfaitement conséquente dans tOQt, a non-seulement accordé à tous les Animaux cette faculté de pouvoir éviter ainsi par leurs mouvements ce qui pourrait contribuer k leur être défavorable ; mais pour mieux assurer encore la persistance de leur être, elle leur a de plus inspiré le sentiment instinctif de Thorreur de la mort; sentiment dont ils suivent les conséquences sans en concevoir le but, vu que chez tous, l'espèce humaine exceptée, Tabsence de la raison ne leur permet pas de connaître et d'apprécier ce que c'est que la privation de la vie ; horreur que l'homme éprouve d'ailleurs également sans pouvoir s'en rendre compte, I'Instingt qui l'inspire étant un penchant naturel^ inni^ qui le porte comme les animaux à tel ou tel acte $an$ qu*il en connaisse la conséquence finale. C'est ainsi que le Poussin qui vient de naître fuit avec frayeur devant l'oiseau de proie qui traverse l'air, tandis qu'il ne manifeste aucune crainte lorsque l'oiseau est inoffensif. C'est également
pai* le même sentiment instinctif qu'en général tous les animaux faibles fuient non-seulement devant leurs ennemis naturels « mais encore par le seul effet d'un simple bruit qui semblie annoncer le danger, pendant qu'ils ne manifestent au contraire aucune appréhension à l'approche de tout Être dont il n'ont rien de mal à* attendre. C'est encore par instinct que les oiseaux organisés pour la nage se lancent hardiment à l'eau k peine qu'ils sont nés, sans crainte de s'y noyer, tandis que les autres n*osent pas se mouiller les pieds. Enfln tous les animaux connaissent, par le même sentiment intérieur, l'espèce de nourriture qu'ils doivent prendre , en évitant soigneusement celle qui pourrait leur nuire ; et beaucoup sont même si intimement attachés, par ce même instinct , à telle qualité spéciale d'aliments , qu'ils se laisseraient plutôt mourir de faim que d'en prendre d'autres pour lesquels ils ne se sentent aucun penchant , aucun appétit. Cela existe surtout chez une foule d'Insectes , tel que le Ver à soie^ qui ne mange que la feuille du Mûrier, et, par le grand besoin , celle de la Laitue et de la Scorsonère. C'est par le même instinct encore que les animaux , k l'état libre ou sauvage, reconnaissent i,es individus de leur espèce avec lesquels seuls ils s'accouplent , pour la perpétuation pure de leur race.
En thèse générale , c'est en accordant aux animaux cette étonnante faculté de l'Instinct, que l'Intelligence suprême leur a indiqué ce qui peut leur être favorable ou nuisible , sans quHls aient besoin de créer aurcun moyen nouveau d'arriver à leurs /{ns, et surtout sans avoir besoin de chercher à connaître les rapports qui peuvent exister entre plusieurs faits (ces rapports étant indiqués par le penchant instinctif lui-même), sans que l'animal en tire aucune conséquence, prenne aucune détermination et forme aucune volonté ; ces derniers actes dépendant de Y Intelligence dont tous les animaux sont plus ou moins doués ; faculté que beaucoup de personnes , et même des Philosophes , ont souvent con-
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fondue a^ec rinstinct , en mêlant les faits relatifs k l'uu k ceax dépendant de l'autre ; < TIntelligenge étant la Puissance de TEspf it par laquelle il apprécie Vimpariance d'un ou de plusieurs faits , d'après les circonstances dans les* quelles ils ont lieu; d*en déduire les rapports , et se déterminer à leur sujet, suivant ces conséquences y afln de prendre une volonté dagir^ et de gréer les moyens d'exécuter cette dernière^ pour arriver au résultat définitif auquel on veut parvenir. »
Enfin « la Raison , attribut de l'homme seul , est cette même intelligence appliquée à des faits abstraits » degré éminent auquel les animaux ne sauraient parvenir (1), » ou du moins bien dii&cilement.
D'après la définition que je viens de donner de l'intelii* gence, on conçoit que cette faculté doit varier considérablement, suivant le nombre de faits que l'animal peut embrasser à la f(riSy le degré d'importance qu'il est susceptible d'y atta* cher, la diversité des circonstances qu'il peut concevoir, l'étendue des rapports qu'il reconnaît entre les faits, h justesse des conséquences directes ou indirectes qu'il est capable d'en tirer, et enfin suivant le degré i*imagination qu'il a pour créer les moyens qui doivent le conduire au résultat désiré.
c En appliquant ce que nous venons de dire k l'homme même, qui est essentiellement doué d'intelligence, nous trouvons chez les divers individus, déjk toute la différence que nous venons de signaler, et nous la retrouvons également chez les animaux , mais à des degrés beaucoup moins élevés.
» L'homme se distingue ensuite principalement de la brute , par la Raison ou la faculté de pouvoir tirer des eot^
(1) Yoyei, poar les déflnitionB deTInsUnet, de rinteUigesee et de la Raifon, mes Comidérat. génér. sur VAnat. comp. des Ànim, ortie. , page 880 , 1828. Ces définitions ont été adoptées par M. Joordan dans son JHctiannaire des termes tuxtés dans^l^ scUncêi naturelles , 1834 , mais sans indiquer la fsoQfte où 11 les a prises.
M TmEoLoaiB bi la nature.
êiquenœs hs unes des autres jusqu'à l'infini ; de s^ile^er ainsi à des considérations abstraites , et de peser des faits qui ne tombent pas sous les sens, tandis que l'animal ne peut guère tirer qu'une seconde conséquence d'une première, et peut-être jamais une troisième d'une seconde , ce qui de* vient déjà abstrait.
L'observation nous laisse entrevoir que la Nature a suivi à regard des facultés intellectuelles et instinctives, de même que dans les modes d*organisation , des gradations très-éten« dues dans la série des Êtres, depuis les Végétaux qui sont entièrement privés de l'une et de l'autre de ces facultés , jusqu'à l'espèce humaine qui s'élève aux conceptions les plus transcendantes de la raison.
» À mesure que l'intelligence diminue chez les animaux, la Nature y a suppléé par Tinstinct, sans que ces deux facultés se trouvent précisément en raison inverse Tune de l'autre chez la même espèce; elle en a au contraire considérablement varié l'étendue , suivant les conditions dans lesquelles chaque animal a été placé. »
Ces deux facultés, destinées k se suppléer réciproquement , on t la plus grande influence l'une sur l'autre ; l'instinct étant un penchant inné , agit sur les actions comme cause primitive, et l'intelligence comme cause modifiante. D'une part, cette dernière se trouvant plus ou moins en opposition avec les penchants, leur cède souvent, et perd ainsi de son énergie; et d'une autre, l'instinct déterminant rintelligence k se porter sur un sujet plutôt que sur un autre , lui prête sa puissance et lui donne par Ik une plus grande force; et 1 intelligence, k son tour, régularise, modifie, développe ou domine, suivant les circonstances, les impressions fournies par l'instinct : et c'est surtout chez l'homme que cette influence est la plus grande , et que les modifications sont les plus nombreuses d'un individu k l'autre.
Nous avons vu un peu plus haut, en parlant de la difiërencequi existait entre les Plantes et les Animaux, que les
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fonetioiis inhérentes au Système nerveux pouvaient être distîBgoées en trois classes : les Adtovàtiques qui s'eçcicutent MRS la participation de la volonti de Vindividu , et dont il n'a p<M cameience; les Sensitives passives qui s'exécutent $an$ $a volonti , mais dont il a connaissance , et par les quelles H est mis en relation avec le monde exlërieur, et enfin celles dont rexicution dépend exclusivement de la volonté de r Animal y ou les Facultés locomotrices , celles des Sbns actifs et les Facultés intellectuelles.
Ces trois grandes fonctions sont exécutées d'une manière à jamais inconcevable pour l'intelligence humaine par le Système organique nerveux^ dont le centre d'activité est, ainsi qa'il a déjà été dit, dans V Encéphale ^ nommé vulgairement le Cerveau y qui n'est que sa partie principale, et placé dans le cr&ne chez tous les Animaux vertébrés ; mais il est toutefois fort probable que la faculté locomotrice réside aussi , du moins en partie , dans la Moelle ipiniêre , prolongement rachidien de l'Encéphale; et nous avons également vu que c'est au moyen des Nerfs , nombreuses ramifications qui se rendent de ces parties centrales dans tous les organes, que ceux-ci sont mis en action; nerfs qui se distinguent de Ih , par leurs fonctions mêmes , également en trois classes , les automatiques , les sensitîfs et les moteurs ou volontaires.
Le Cerveau, centre commun de ces trois espèces de nerfs, ne constituant qu'une masse, dans laquelle ces trois fonctions ne sont pas localisées , ou dont plutôt le centre spécial de chacune n'est point encore connu comme tel , quoique ce viscère soit divisé en plusieurs parties bien distinctes , les Anatomistes n'ont*considéré jusqu'à présent ce viscère que simplement comme un tout, dans lequel ils ont uniquement cherché k déterminer, autant que possible , quelles étaient les parties qui pourraient être considérées comme le siège spécial de telle ou telle faculté en particulier ; recherches où Ton n'est encore arrivé qu'k des opinions plus ou
m THÉOLOGIE DK LA NATURE.
moins hypothétiques, et par suite fortement controversées entre les Naturalistes. Cestde Tensembledeces hypothèses, admises comme plus ou moins fondées, qu*est née la science de la Phrénologie ou Système de Gall , par laquelle on a pensé poqvoir reconnaître l*éminence 4es facultés de chaque individu , d'après le développement que prend telle ou telle partie du cerveau , et qui se traduit à Fextérieur par les dimensions et les saillies du crâne ; système qui parait être vrai dans ses principes généraux, mais bien évidem^ ment faux dans à son application, en tant que donnant à connaître les facultés de chaque personne ; objet sur lequel j'aurai à revenir ailleurs (1).
Enfin d'autres nerfs encore , constituant le Système du Grand Sympathique^ dont il a déjà été parlé, forment de chaque côté de la colonne vertébrale un tronc commun s*étendant depuis le dessous de la tète jusque vers la partie postérieure du corps, en se reliant au cerveau et kla moelle épinière par diverses branches de communication ; en même temps que d'autres troncs nombreux se distribuent spécialement aux viscères dont les fonctions sont soustraites à la volonté et au sentiment.
Quoiqu'il résulte de ce qui vient d'être dit que le système nerveux préside à quatre classes de fonctions différentes; les automatiques^ les volontaires ou locomotrices ^ les sensiHves et les intellectuelles , ces fonctions peuvent toutefois être ramenées h deux principales : celles qui s'exercent sans la conscience de l'individu (les Automatiques), et qu'on retrouve, autant que nécessaires aussi chez les Végétaux; et celles dont l'individu a conscience, et qui distinguent essentiellement les ANIMAUX qui seuls en sont pourvus, des Plantes qui en sont privées. Les premières de ces fonctions paraissant avoir, ainsi qu'il a été dit , exclusivement leur centre d'action dans le Système nerveux ganglionnaire ou du Grand
(1) Voyez la note n* 28.
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Sympathique j et les secondes, le leur dans V Encéphale et h Moelle épinière^ ces deux derniers formant ensemble le système cérébro-spinal ou céphalo-rachidien.
Le système nerveux, qui préside à toutes les facultés fonctionnelles des autres appareils du corps, est, du reste, comme ceux-ci, soumis k certaines lois d'organisation desquelles dépendent sa disposition, sa forme et les fonctions spécialement propres k chacune de ses parties ; lois dont j*ai déjk formulé les plus essentielles dans mes ouvrages précédents (I), et montrant que le nombre et la grosseur des divers troncs nerveux dépendent toujours de la fonction des organes auxquels ils se rendent ; c'est-k-dire que les plus forts sont destinés aux organes des sens ; ceux d'une grosseur secorhdaire , aux muscles volontaires ; et les plus faibles , aux organes automatiques. Cette grosseur des nerfs dépend en outre d'autres causes qui influent sur elle; de manière que cette première loi générale , que je viens d'indiquer, semble éprouver d'assez nombreuses exceptions.
c Dans les organes des sens , la grosseur des nerfs parait être en outre en raison inverse de la densité de Vagent qui doit être perçu; et comme la lumière est le corps le plus subtil dont l'animal doit distinguer les variations, ce sont, toutes choses égales d'ailleurs, les yeux qui reçoivent les nerfs sensitifs les plus forts. »
c Les nerfs de la seconde grosseur sont généralement ceux des Antennes ^ organes que je regarde comme renfermant le sens de l'ouie (et peut-être celui de l'odorat , ainsi qu'on Ta vu plus haut) ; viennent ensuite ceux des Palpes maxillaires et labiaux y qui paraissent les uns et les autres servir k un sens qui n'est pas connu. Les nerfs mandtfrulairesy dans lesquels réside en partie la perception du goût, ont une grosseur moins forte encore; les Pattes ^ comme organes du toucher proprement dit, reçoivent des nerfs
(I) CimiidéraHoni génér, 9wrVÀtyU. eùtnp. des Ànim, artic, p. 361, 1828. I. S
THiOLOGiS PB LA HATUAI.
très-coDsidérables. Enfin, la Peau^ organe du Uraeh^ général, ne reçoit que des branches nerveuses extrêmement faibles chez toutes les espèces dont les téguments sont solides, ce sens devant y être nécessairement plus obtus. »
c Le$ nerfs des sens sont en second lieu toujours froportionnis au volume de Vorgane auquel ils se refid#fi( , et leur grosseur est en outre relative à la plus ou tnoins grande complication de l'organe comparé à ses analogueê d'une espèce à l'autre. »
« Enfin ^ la grosseur des nerfs des sens doit naturellement être en rapport avec le degré de sensibilité de l'organe comparé d'une espèce à Vautre. •
c Quant aux muscles qui reçoivent toujours un grand nombre de troncs nerveux, comme formant la masse la plua considérable des organes, de la vie de relation, leurs nerfs sont , dune part , proportionnés au volume des muscles , et de Tautre, ils sont en raison de leur activité. A masses égales , ce sont en conséquence les muscles les plus exercés qui reçoivent les nerfs les plus forts. »
c Les organes automatiques ne reçoivent que do très* faibles troncs nerveux , dont les plus forts se rendent dans les muscles respiratoires , mixtes entre ceux de relation et ceux de la vie automatique ; ceux de seconde force se rendent dans les muscles automatiques proprement dits , et ceux de troisième grosseur se distribuent aux organes secrétaires ; la grosseur de ces nerfs est en outre proportionnée, comme dans les appareils de la vie de relation , au volume et à ractivité des organes. »
c D'après ce que je viens de dire, on conçoit qu*on ne peut pas juger de la nature des organes par la grosseur des nerfs qu'ils reçoivent, en ne considérant exclusivement qu'une seule des causes que je viens d'indiquer, vu qu'ils ne se trouvent jamais sous l'influence d'une seule d'entre elles. »
C'est, ainsi que je Tai déjà dit pins haut, dans cet
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ooTrage, par lea facultés inhérentes au système nenreux I
cérébro-spinal, que )es ^imaux se mettent ^n rapport avec les objets extérieur^ ; 6*^t-k-dire qi|*un^ partie des nerfs de ,
ee système , ou les se^sUifi , a la faculté de recevoir les impressions que ces objets font sur le CQrps , et de les transmettre à la partie ceqtrale du systèn^e pour les soumettre au jugement de l'individu oq du voi qui y réside, lequel réagit ensuite de son c6\é sur le monde extérieur au moyen de divers organes du corps , qui reçoiyeut leur activité des nerfs moteurs , afin de prendre las dispositions que ce même mqi juge convenable.
Cette action, qui a lieu dans les éfres organisés pour faire exécuter à chacune dp i^urs parties l^s fonctions qui lui sont propres, ne dépend exclusivement, suivant les Philosophes maiérialistes, que des propriétés inl^érentes à la partie matérielle des prganes , et surtout du système nerveux, agissant en conséquence uniquement comme corps bruts , conformément au)^ lois qui régissent ces derniers , vu que cette action ne peut être, suivant cette opinion, que Teffet des propriétés des substances inorgqniqws ou minérales qui entrent dans la composition dçs prgapes-
Les Philosophes sfiritua^siss , au contraire , ne pensent pas que les facultés vitale^ , et surtout les intellectuelles , puissent être le résultat de l^ combinaison pure et simple des propriétés physiques et chimiques propres à la matière brute , et croient de Ik devoir admettre qu'outre ces dernières propriétés, les Êtres organisés pos^dent encore un principe spécial , cause de la vie , duquel dépendent les phénomènes qu'on leur voit produire, soit en eux-mêmes, soit dans leurs rdations avec le monde extérieur, principe qui, ne tombant pas directement sous les. sens et n'étant connu que par ses effets , est considéré p^r là comme immatériel et ne résidant dans ces Êtres que pendant un temps déterminé , celui oii ils vivent , ei disparait pour toujours lorsque les conditions qui le lient au corps cessent d'être remplies , laissant
ce dernier ^ l'état morty en proie aux influences des propriétés physiques qui agissent alors seules sur lui , comme sur la matière brute, dont il ne diffère plus.
« Ce principe immatériel, admis par la plupart des Philosophes, même déjk de la plus haute antiquité, a reçu diverses dénominations; et chacun , cherchant à le définir à sa manière, et à faire concevoir comment il agit sur la partie matérielle du corps , il en est résulté une telle confusion quil est souvent difficile de comprendre ce que chacun a voulu dire, quoiqu'on voie que tous ont d*ordinaire bien conçu son existence. Les plus anciens Tout appelé âme, du grec anémos (souffle)^ terme par lequel on a voulu exprimer sa nature éthérée, immatérielle; d'autres Tout nommé Esprit du latin spiritus, pour exprimer son extrême subtilité; et d'autres encore, plus modernes, ont admis en outre un second Être qui anime la matière , et auquel ils donnèrent le nom d'ARCHÉE, pris du grec, qui signifie Force ^ Principe , Origine , Puissance , Cause première.
D'après son étymologie , cette Ârchée fut d*abord considérée comme un agent universel agissant dans tous les corps, et plus spécialement dans les plantes; mais plus tard on Tadmit aussi dans les animaux comme principe de leur vitalité, et surtout par Yàm Helmont, qui le considéra comme un Être distinct de l'Ame , et ayant son siège dans Testomac. »
« Chacun admettant ou rejetant ensuite en tout ou en partie les diverses croyances avancées à ce sujet, selon qu'on crut que ces trois principes agissaient ensemble ou isolément dans les Êtres des trois règnes de la nature, il est résulté de toutes ces opinions mêlées entre elles , et des diverses attributions mal définies admises dans ces trois agents, que personne n'attachait plus k leurs noms aucune pensée déterminée. Si l'on examine cependant, d'une part, l'idée plus ou moins vague que les Philosophes, et même le vulgaire, attachenft k ces dénominations, et si , de