CHAPITRE 11. o
das8 sa bouche ; or daas beaucoup d*iiisectes, et notamment chez les Liépi4optères et les Muscides, les palpes se trouvant 10 dehors de la trompe , fort éloignés de Torifice de cet organe, tes liquides dont ces animaux se nourrissent n*y tOQcbent jamais. On pourrait penser qu'ils servent au sens de Todorat, qui serait ainsi réparti sur trois organes différents, les Palpeg nuixillaires ^ les Galea et les Palpes la-biaux; et il est en effet plus probable que le goût réside dans les parois de la bouche où se distribuent de forts troncs nerveux, ainsi que je Tai constaté.
Quant aux Antennes , on a généralement admis que c'étaient les organes du toucher des animaux articulés; mais j'ai également fait voir dans mes ouvrages précédents que cela n'était pas possible , vu que beaucoup de ces animaux ne touchaient jamais les corps avec ces filets multiarticulés de leur tête; et j'ai avancé l'opinion qu'il était plus probable qu'ils remplissaient les fonctions d'Oreille^ organe du reste inconnu chez les insectes , tandis que par leur forme et leur disposition ils pouvaient très -facilement se mettre en harmonie de vibration avec l'élément ambiant, et transmettre ainsi les sons au cerveau par l'entremise des nerfs extrêmement gros qu'ils renferment; nerfs qui pour cette grosseur même ne peuvent servir qu'à un sens. Il serait cependant possible aussi que les Antennes fussent les organes de 101faclion , vu que les individus qu'on en a privés ne se dirigent plus vers les objets dont l'odeur les attire habituellement. Ce qui ressort de l'expérience suivante : les mâles du Bombyx dispar, papillons d'une extrême vivacité qui recherchent leurs femelles avec la plus vive ardeur, et les découvrent facilement dans les lieux les mieux cachés où elles se trouvent, ce qui prouve que le sens de l'odorat est très-subtil chez eux , deviennent tout à coup complètement indifférents pour cette recherche , même à la plus petite distance , lorsqu'on enduit leurs antennes d'un vernis qui, empêchant l'accès de l'air, les rend incapables de remplir leur fonction olfactive. Mais
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si les antennes sont les organes de l*odorat, k qnel sens sèr* vent les Palpes ? Il est évident que ce sont des organes sènsi^ tifs , la grosseur énorme des nerfs qui y pénètrent ne permet pas d'en douter.
Mais quel que soit le nombre des sens dont la Providence a GRATIFIÉ tel ou tel animal, il n'en est pas moins certain qu'elle les leur a accordés en conséquence de la faculté qu'elle a mise en eux de discerner letir individualité de tout autre objet; car ce n'est que par ces mêmes sens qu'ils sont en état d'apprécier cette différence.
Avant d*aller plus loin dans l'enchaînement des conséquences par lesquelles la Sagesse éternelle a si savamment établi des organes aussi admirablement codipliqués que l'observation nous fait connaître dans les animaux ; je dois 4 pour être plus facilement compris des personnes peu versées dans la connaissance de Tanatomie et de la physiô^ logie, faire connaître en peu de mots comment les ani^ maux arrivent b cette connaissance du monde extérieur. C'est t ainsi que je l'ai déjà dit, dans l'immense appareil do Système nerveux que réside cette éminente faculté qui distingue les Animaux des Plantes. Il est formé dans V Hommes ainsi que dans tous les Mammifères, que je prends ici pour exemple , et d'ailleurs chez tous les Animaux vertébrés , d'un organe central fort compliqué , nommé le Cerveau , remplissant toute la cavité du crâne. C'est dans cet organe que se trouve , ainsi que le prouvent l'observation et l'expérience, le siège de l'Être intellectuel qui anime chaque individu en par^ ticulier; c'est du moins là qu'est le centre d'action d*où il agit sur tout le reste de l'organisme. C'est-à-dire que c'est par l'intermédiaire du cerveau, qui lui sert d'instrument immédiat, que l'Être intellectuel agit sur tous les organes, sans que , du reste , nous puissions savoir comment cette action a lieu; ce moyen, qui restera, ainsi qu'une foule d'autres éternellement inconnu aux hommes, étant de beau* coup au-dessus de l'intelligence humaine; aussi ne pouvons*
DODs considérer cette action que eimpleinem oomme un fait démontré par les résultats » sans espoir de pouvoir jamais lexplîquer.
Cet organe central du système nerveux produit dans sa partie infrapostérieure un gros prolongement en forme de tige impaire 4 mais symétrique k droite et à gauche, connue sous le nom de Moelle ÉpimàHB < descendant dans un canal osseux ménagé a cet efiet dans FËpine du dos»
De la base du cerveau et tout. le long des cétés de la moelle épinière, partent ensuite une quarantaine de paires de branches de même nature i constituant les Tronc$ ner^ veux pritnilifi (1) qui vont^ en se ramifiant plus ou moins, se distribuer dans toutes les parties du corps, au point que pas une, même la plus petite, en soit complètement dépourvue. C'est par ces branches de nerfs que 1 agent de rintelligence porte l'action de la vie intellecluelle dans tout rorganisme et perçoit les impressions sensitives. Ces nerfs se distinguent ainsi déjà par Ik en deux catégories : ceux de Tune, ou les Nerfs eensiiifSf transmettent au cerveau les impressions que les corps étrangers font sur eux , afin de les y soumettre au jugement de llntellect ou du Moi ; tandis que par ceux de la seconde catégorie ou les Nerfs moteurs , ce dernier réagit au contraire sur les organes capables de mouvem^nts pour les faire agir, en raison de la détermination qu'il a prise; mais il n'existe du reste aucune difiérence appréciable entre les deux espèces de nerfs, dont les rameaux sont le plus souvent confondus sous les mêmes tuniques»
Pour faire mieux comprendre cette double action , je me permettrai ici une comparaison qui me parait fort juste; en disant que tout Toi^anisme est semblable k un état politique dont le chef ayant son siège dans la capitale, envoie ses
(1) U no faut pu confondre, comme le fait le Tulgaire, les nerfs avec les tendons, cordes blanches et coriaces qui terminent les muscles. Les nerfs sont paiement blancs , mais plus jaunâtres, et mous comme le cerveau dont ils sont ies prtllongemeats.
ordres dans toutes les directions par les fils des télégraphes électriques , jusque dans les provinces les plus éloignées, et en reçoit par les mêmes moyens les dépêches d*après lesquelles il se détermine. Il en est de même pour l'Esprit qui a son centre d'action dans le cerveau , d*où il envoie aux organes, au moyen d'un fluide (nerveux) qui les parcourt, l'ordre d'agir de telle ou telle façon ; et en reçoit de même le signalement des impressions que les organes des sens ont reçus. Cette comparaison entre les deux appareils est même d'autant plus juste, qu'il existe en réalité la plus grande analogie entre les fluides galvaniques et nerveux.
C'est par cette double voie nerveuse que s'exécutent toutes les fonctions organiques dont l'individu a conscience. Si un objet quelconque agit sur une partie du corps, et que son action puisse être défavorable , l'organe du sens qni y réside le signale à l'instant au cerveau qui réagit, si l'Esprit le trouve convenable, en envoyant par les nerfs moteurs l'ordre à tel organe d'agir en conséquence de cet effet.
Mais on conçoit toutefois que les fonctions organiques qui peuvent s'exercer sans que Tindividu en ait conscience, ne devaient par Ik même point être soumises à la volonté chez les Animaux , \u qu'ils n'ont pas à y intervenir ; et de ce nombre sont celles dont les analogues existent également dans les Plantes, telles que V Absorption, la Circulation et surtout Y Élaboration des sucs nutritifs^ qu'on nomme chez les Animaux plus particulièrement la Sanguification. Et en eflet , toutes ces fonctions ont lieu sans que l'animal en ait la moindre connaissance; et cela non - seulement parce que c'est inutile , mais surtout parce que le sentiment qu'il
EN AURAIT POURRAIT DEVENIR UNE CAUSE DE TROUBLE , aiusi
que cela arrive quelquefois dans certaines maladies, comme, par exemple, lorsque les pulsations du cœur et la très-grande
agitaliondu sang deviennent sensibles et par là douloureuses. Aussi la Nature créatrice , toujours si admirablement BONNE DANS SA SUBLIME SAGESSE , a-t-ellc OU cffét soustrait