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ESPÈCE DE TREILLIS, À TRAVERS LEQUEL LES SONS PEUVENT

TRÈS-BIEN SE TRANSMETTRE À l'oreille ; taudis qu'ellcs empêchent l'accès de l'eau et même de Tair froid.

Le Tympan^ à fleur de tête, ferme, comme chez les IMfammifères, la Caisse^ qui ne renferme qu'un seul osselet, au lieu de quatre formant la chaîne entre cette membrane et l'orifice du Labyrinthe, Celui-ci se compose également d'un Vestibule, de trois Canaux semi-circulaires et du Limaçon, mais dont les rapports ne sont pas les mêmes que chez les Mammifères : le Limaçon diffère surtout en ce qu'il ne forme plus la spirale , mais simplement un ergot conique un peu arqué, et tout cet appareil est plongé dans du tissa

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cellulaire osseux très-léger formant Tintërieur des os du erâne« et dans lequel Tair extérieur a accès.

Quoique YOEU des Oiseaux soit formé absolument sur le même plan que celui des Mammifères , il en diflère toutefois par une plus grande complication , et en conséquence par une plus grande perfection.

Le Globe , au lieu d'être sphérique , a la forme d'une courge très-courte, dont le goulet, placé entre la Cornée et le Cristallin , est garni tout autour d'un cercle de plaques osseuses , unies par des fibres musculaires , de manière à pouvoir être rapprochées pour étreindre cette partie de l'œil ; resserrement qui produit k la fois l'allongement de Tœil, une forte convexité de la cornée, et, par suite, un changement notable dans la distance focale du cristallin.

Il existe, comme chez l'homme, six muscles, quatre droits, disposés de même, et deux obliques, mais ceux-ci, autrement placés , ayant leur point d'attache sur la partie antérieure du fond de l'orbite, d'où le supérieur se porte en haut, en dehors et en arrière, pour s'insérer directement, sans se détourner dans une poulie, en dessus k la sclérotique. L'inférieur, qui nait sous le supérieur, se porte en dehors , en dessous et en arrière , pour s'insérer en dessous k la sclérotique. Ces deux muscles doivent également comprimer le globe.

Le Cristallin est beaucoup moins convexe que chez les Mammifères ; condition conforme au genre de vie de ces

ANIMAUX, QUI S'ÉLEVANT À DE GRANDES HAUTEURS DANS l'aIR,«

doivent ÊTRE PRESBYTES ; gcnrc de vue où la réfraction des humeurs de l'œil est la plus faible ; et comme les Oiseaux

DOIVENT CEPENDANT AVOIR AUSSI LA FACULTÉ DE BIEN DISTIN- GUER les OBJETS qu'ils TOUCHENT, IL ÉTAIT ÉGALEMENT NÉ- CESSAIRE QUE LA DISTANCE FOCALE DU CRISTALLIN PUT CONSI- DÉRABLEMENT varier; et c'est à quoi sert la complication de la partie antérieure de l'œil par les plaques osseuses. La vue des Oiseaux, et surtout des Rapaces, est si perçante,

qu*ils voient, }k des hauteurs de pliis de cent mètres , le plus petit animal courir à terre, et sur lequel ils fondent comme un trait pour le saisir.

Une complication de Tœil des Oiseauk qu*on n'a pas encore expliquée, consiste dans ce qu'on nomme le Peigne^ expansion vasculaire d'une membrane analogue k la choroïde, et très -régulièrement plissée, qui, placé dans la partie inférieure du globe, s'y insère suivant une ligne qui part de l'entrée du nerf optique , et se dirige vefs le bord inférieur du cristallin qu'elle n'atteint lé plus souvent pas. Cette membrane, enduite, comme la choroïde, d'un vernis noir, s'élève de là verticalement dans l'humeur vitrée, dans laquelle elle est maintenue par la résistance de celte dernière. Il est bien évident que l'Intelligence créatIiice i

DONNÉ CET organe AUX OISEAUX POUR V REMPLIR UNE FOÎIC-

tion; mais il a été, jusqu'à présent, impossible aux Physiciens et aux Physiologistes de la découvrir.

Une autre complication de l'appareil de la vision des Oiseaux consiste dans la Membrane clignotante , troisième paupière que ces animaux peuvent faire passel* coinme un rideau devant leur œil , pour diminuer la itop grande intensité de la lumière lorsqu'ils fixent des objets très-brillants, tels que le ciel et surtout le soleil. Elle est formée par un repli vertical à demi transparent delà conjonctive de l'angle interne de l'œil, dont il n'existe qu'un simple rudiment immobile chez certains Mammifères, tels que les Chiens^ et surtout distinct dans les vieux sujets, où cette meibbrane forme une petite expansion partant de l'angle interne de l'œil, en s' avançant plus ou moins sur le globe.

Cetle membrane clignotante des Oiseaux est suRTOLn* remarquable sous LE rapport DES MOYENS MÉCANIQUES TRÈS- INGÉNIEUX EMPLOYÉS POUR LA FAIRE MOUVOIR. C'CSt Un Véritable rideau, disposé comme ceux des fenêtres, et rassemblé, à l'état de repos, dans l'angle interne de l'œil, sous les deux paupières , où il est fixé supérieurement ^ la voûte de l'or-

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bite, les deux feuillets se contUiuânl M bord interbe avec la conjonctive des paupières transversales et celle du globe de rœll. Le bord externe est libre , et Tinférieur forme Un petit bourrelet élastique, qui fait qU*abandonnée à elle-même, la membrane clignotante reste plissée dans Tangle interne de rœil.

Pour faire mouvoir le rideau dans les denx sens opposés, il aurait fallu deux autres muscles antagonistes qui tirassent ce dernier en dehors et en dedans ; mais comme tout muscle ne peut se contracter que dans une étendue proportionnelle à sa longueur, il aurait fallu qu'il existât h droite et à gauche de chaque globe un espace assez considérable, suffisant pour l'emplacement de ces organes. Or les dimensions de l'orbite ne le permettant pas, TÏNtELLiGENCE Suprême a

EN CONSÉQUENCE EMPLOYÉ LN AUTRE MOYEN FOttT REHAft-

Ot^ABLE PAR SA SAVANTE SIMPLICITÉ. Pour le musclc intcmc qui doit ramener la membrane clignotante à sob état de repos, la chose était facile : il a suffi de lé Remplacer par

LE ligament élastique OCCUPANT TOtt LE BORD INFÉRIEUR

DE CETTE MEMBRANE dont je victtS dc parler. Par Teffet de ce ligament, le mouvement de retrait devient facile, prompt et même passif, ce qui dispense Toiseau de faire aucun effort pour maintenir le rideau ouvert. Mais la difficulté était plus grande pour le mouvement opposé, qui devait nécessairement être actif, et par conséquent produit par des iDuscles volontaires ; et cela dans une assess grande étendue de mouvement. Mais comme rien ne put être difficile au

CftÉATEUR , IL A PRODUIT l'efPET MÉCANIQUE VODLtJ , EN REN- DANT LE MUSCLE AVEC SON TENDON QUI IP'AIT AVANCER LE ftlDEAU,

RÉELLEMENT CIRCULAIRE. Pour ccla, cc musclc sc trouvc placé sur la partie interne du globe de Tœil , où il s'insère ii la Sclérotique elle-même , et se porte horizontalement en arrière et en haut, vers le nerf optique qu'il contourne en-dessus en s'y déviant dans une coulisse que lui forme un second muscle. Son tendon, après avoir décrit cet arc, se dirige en

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dessous , passe sous la partie infra-externe du globe de Tceil. Arrivé k la face antérieure de ce dernier, il se dirige horizontalement en dedans pour aller s'insérer k la partie inférieure de la membrane clignotante, en s'y continuant avec son ligament élastique, dont le principal faisceau se recourbe ensuite subitement en dessous et en arrière , contourne de nouveau le globe dans sa partie inférieure, et va se fixer après k la face interne postérieure et inférieure de la Sclérotique, en dedans et un peu au-dessus de l'origine du muscle ; de manière que ce dernier, avec son tendon , fait un cercle irrégulier complet, en se déviant trois fois. Dans ce long trajet, le tendon est maintenu en place par du tissu cellulaire qui le bride. Bien que la partie charnue de ce muscle moteur de la membrane clignotante soit assez longue, elle ne l'est cependant pas assez pour pouvoir faire exécuter k cette dernière une course qui la fasse passer sur toute la cornée, et il a fallu employer en conséquence

UN MOYEN accessoire QUI AUGMENTAT CETTE ÉTENDUE DE MOU- VEMENT. Ce MOYEN TRÈS-INGÉNIEUX ET FORT SIMPLE , COUSiste

en un second muscle court et large placé k la face supra-postérieure de la Sclérotique , k laquelle il adhère par son bord supérieur. De Ik la lame musculeuse se porte en bas vers le nerf optique, où son bord inférieur forme la coulisse dans laquelle passe le tendon du premier muscle. Au moyen de la combinaison de ces deux muscles qui , sans se faire réellement suite, ajoutent cependant leurs actions, le second» qui ne parait être qu'un simple accessoire du premier, est précisément celui qui agit le plus efficacement dans le raccourcissement du tendon , agissant k la fois sur les deux bouts réfléchis de ce dernier, en faisant dévier ce muscle de sa direction arquée. C'est un moyen mécanique semblable k celui par lequel le tendon élastique du muscle deltoïde des Oiseaux est dévié de sa direction droite par un autre tendon élastique qui lui est perpendiculaire , afin de faire plus fortement fléchir Taile pour la placer au repos.

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Les Oiseaux s'ëlevant h de grandes hauteurs daus les airs» d*où ils doivent distinguer les objets placés au loin autour â*eux, Téclat du ciel et surtout la lumière du soleil irritent trop fortement leur rétine; ils diminuent l'intensité de celle TÎve lumière, en voilant leurs yeux au moyen de leurs membranes clignotantes , à travers lesquelles ils regardent.

Les Oiseaux rapaces ont, outre cette troisième paupière , nn autre organe qui ménage leur vue contre Téclat du ciel, afin de leur permettre de bien distinguer, à de très-grandes hauteurs où ils planent, la proie qu'ils cherchent à terre. C'est une simple petite visière formée par une saillie

ARQUÉE, très-proéminente DU BORD SUPÉRIEUR DE LEURS ORBITES , s' AVANÇANT POUR OMBRAGER LA PUPILLE , AFIN QUE LA LUMIÈRE DIFFUSE DU CIEL NE TROUBLE LA NETTETÉ DE l'i-

mage peinte sur la rétine.

Les Oiseaux devant distinctement voir à des distances fort varu6lbs, et surtout de très-haut dans un air plus OU MoiNs RARÉFIÉ, dout la dcusité est très-différente de celle de l'humeur aqueuse de 1 œil , la réfraction k la surface de la cornée est plus forte que chez les Mammitères ; d'où il résulte que, si le Cristallin était aussi convexe que chez ces derniers, le foyer de cette lentille en serait trèsrapproché; aussi Hntelligenge créatrice a, dans la prévision DE CE résultat, DONNÉ AU CRISTALLIN UNE CONVEXITÉ TRÈS-FAlBLE , EN MÊME TEMPS QU'eLLE A RENDU LA CORNÉE FORT VARIABLE DANS LA SIENNE PAR l' EFFET DES PLAQUES OSSEUSES QUI l'entourent, AFIN DE LAISSER À L'aNIMAL LA FACULTÉ DE VOIR DE LOIN ET DE PRÈS , SELON LES CONDITIONS BANS LESQUELLES IL SE TROUVE.

Les organes des sens des Reptiles et des Chéloniens ne présentent rien de remarquable qui les distingue de ceux des Mammifères et des Oiseaux, dont ils offrent à peu près le terme moyen , comme d'ailleurs sous tous les autres rapports. Je ferai seulement remarquer que les Serpents, étant

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condamnés a ramper k terre, au-dessus de laquelle ils ne peuvent guère s*élever, où ils sont obligés de se frayer leur chemin à travers une infinité d'obstacles qui pour raient blesser leurs yeux et les priver ainsi à jamais de la vue, si leur conjonctive était, comme dans les animaui supérieurs , une membrane délicate et molle ; ces animaux

ONT REÇU DE LA PROVIDENCE , POUR PARER À CET INCONVÉ- NIENT, UNE CONJONCTIVE CORNÉE, SÈCHE ET DE LÀ RÉSIS- TANTE , que de faibles froissements auxquels elle est exposée ne peuvent endommager. Cependant comme par Teffet des saletés qui s'y attachent, ou par le frottement réitéré des corps étrangers avec lesquels cette partie de ToBil se trouve souvent en contact, la limpidité de sa transparence peut être altérée, cette même Providence a soumis la conjonctive

CORNÉE de ces ANIMAUX À DES MUES PÉRIODIQUES ASSEZ RAP- PROCHÉES PAR LESQUELLES ELLE SE DÉTACHE AVEC l'ÉPIDERME

DE TOUT LE CORPS, cu mettant k découvert une nouvelle conjonctive parfaitement pure et limpide.

Ce même état corné, rendant les Paupières inutiles, comme protectrices de l'œil, ces organes ont en conséquence ÉTÉ SUPPRIMÉES, d'où Ics ycux dcs serpents sont constamment ouverts.

Les Poissons étant obligés de vivre au milieu des eaux,

LEURS ORGANES SENSITIFS ONT ÉTÉ EN CONSÉQUENCE ÉGALE- MENT MODIFIÉS EN VUE DE CETTE CONDITION FONDAMENTALE DE LEUR EXISTENCE.

Le Tact ou le Toucher général paraît peu développé chez ces animaux , dont le corps est revêtu d'écailles fort (fures, capables de résister aux légères atteintes qu'il peut éprouver; encore ces effets peuvent-ils être facilement transmis par les mêmes écailles aux téguments sensibles placés dessous pour avertir Tanimal des causes qui les produisent ; de même que chez les Mammifères et les Oiseaux le plus léger attouchement des poils et des plumes devient sensible. On peut s*en convaincre facilement en touchant

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