CHAPITRE III
UD seul poil sur le dos d*un Chat en état de tranquille të parfaite, l'animal remuant aussitôt la partiç correspondante de sa peau pour chasser l'objet qui vient ^e Tirriter. Les Oiseaux éprouvent même un sentiment de satisfaction lorsqu'on caresse légèreipent leurs plumes.
Les Poissons paraissent toutefois jouir d'une sensibilité exquise dans les membranes de leurs nageoires , surtout dans celle de la queue, où vient se distribuer le grand nerf latéral du corps, propre à ces animaux, et venant du cerveau. La grande, sensibilité d^ cet^e nageoire se conçoit fa • cilemçnt en considérant que le poisson doit avoir le sentiment le plus délicat de la résistance que l'eau exerce sur cet organe, pour la directioi^ que le corps doit prendre dans la nage, et que l'animal doit régler avec précision.
Le sens du Goût parait, au contraire, très-obtus chez les Poissons , tous avalant leur nourriture aussitôt qu'ils l'ont saisie, sans la savourer.
Le sens de VOdorat offre la particularité remarquable qu'il ne saurait être ce qu'il est che? les animaux aériens. Ces animaux ne respirant pqint par les narines, les fosses nasales ne communiquent plus avec le pharynx, et ne forment que de petites fossettes placées au bout ^u museau , et seulement ouvertes en dehors. Si npus attachons au sens de l'olfaction Tidée que Tor^ane qui en est le siège perçoit rimpression des particules des ,corps dissoutes dans l'air , ce sens ne peut plus exister chez les, Poissons qui vivent dans Teau; et si nous considérons ce liquide cbmipe remplaçant Tair, en servant de véhicule k ces mêmes substances odorantes, ce sens ne doit pas dififérer de celui du goût, qui a cette spécialité chez les animaux supérieurs. Enfin, on ne conçoit pas non plus comment il est possible que les particules odorantes des corps puissent se transporter assez promplement au loin , dans Teau , pour avertir les poissons de la présence et de la direction où sont placés ces corps ; et cependant l'on voit ces animaux se diriger assez
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promptement vers les endroits où ces corps se trouvent , lorsqu'il leur convient de s*en approcher.
L'Ouïe présente cette particularité que son appareil manque de toute la partie extérieure formant le Pavillon de il'oreille, le conduit auditif, le tympan, la caisse et les osselets renfermés dans cette dernière; cet appareil étant rédoit exclusivement au Labyrinthe , dont seul on retrouve les diverses parties, même fort développées. Cette absence de l'oreille extérieure et moyenne s'explique par LiL QtE CES PARTIES SONT INUTILES, VU quc Ics vibralions de Veau se transmettent plus facilement aux os du crâne , et par ceux-ci h la pulpe auditive, que ne le font les vibralions de Tair, qui ont besoin d'être d'abord concentrées par le pavillon, et renforcées par la membrane du tympan; et qu'en
CONSÉQUENCE CE MOYEN DE RENFORCEMENT n'a POINT ÉTÉ EMPLOYÉ.
Les Yeux des Poissons, toujours composés d'après le même plan que chez les autres vertébrés, n'offrent que peu de chose qui mérite d'être remarqué, quoique ces appareils soient, comme tous les autres, conformés de manière À remplir RIGOUREUSEMENT LES FONCTIONS QUI LEUR SONT PRES- , CRITES DANS LES CONDITIONS OÙ CES ANIMAUX SONT PLACÉS.
Les Poissons vivant dans l'eau, où la conjonctive se trouve constamment humectée par ce liquide, il n'y a point chez eux de glande lacrymale, ni de paupière destinée \k répandre les larmes sur le globe de l'œil ; aussi la peau de la tête passe-t-elle librement sur l'œil, sans former d'ordinaire aucun repli ; en devenant simplement transparente sur la cornée.
L'eau ayant une densité égale h celle de l'humeur aqueuse de l'œil, la lumière ne saurait être réfractée à son passage k travers la cornée; aussi celle-ci est-elle entièrement
PLANE ; ET LA CONCENTRATION DES RAYONS LUMINEUX NE POU- VANT EN CONSÉQUENCE ÊTRE PRODUITE QUE PAR LE CRISTALLIN, CELUI-CI EST, AU CONTRAIRE, FORT CONVEXE ET MÊME ENTIÈ-
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REMENT SPHÉRIQUE ; forme qu*OD retrouve généralement » POUR Là même raison, chez tous les animaux aquatiques, k quelque classe quils appartiennent
Avant de terminer ici Tindication de ce que le système nerveui et ses dépendances offrent de plus remarquable chez les Animaux vertébrés, je dois faire mention d*une singulière faculté qui s*y rattache aussi bien qu'aux fonctions sécrétoires, mais qu on ne connaît encore que dans cinq espèces de Poissons appartenant k autant de genres différents : ceux des Torpilles^ des Narcines , des Gymnotes, des Tétraodons et de& Malaplirures , faculté qui consiste dans le pouvoir qu*ont ces animaux de lancer, k distance et k volonté sur tel objet, des commotions électriques, ou plutôt galvaniques , souvent d une force extraordinaire; et Torgane qui produit cet effet varie de forme et de disposition selon chaque espèce.
Chez la Torpille, où cette faculté est connue depuis longtemps, Tapparetl qui en est le siège est placé k la partie antéro-snpérieure du corps , entre la tête et les nageoires pectorales. Cest un assemblage de petits tuyaux membraneux parallèles entre eux, coupés par des cloisons transversales en un assez grand nombre de cellules remplies d'une certaine humeur. Dans le Gymnote^ cet appareil est au contraire situé sous la peau. '
Quand même l'organisation de cet appareil extraordinaire serait parfaitement connue, on ne concevrait encore pas comment il est possible que ces animaux puissent lancer lé* fluide électrique k distance k travers l'eau , sur tel objet DO tel animal , qu'ils veulent foudroyer pour en faire leur proie. Ces faits, certifiés par plusieurs observateurs, et entre autres par M. de Humboldt, qui a faits es expériences sur le Gymnote^ nous prouvent toutefois que le Créateur qui a
ÉTABLI CES APPAREILS, EN LEUR ATTACHANT LA REMARQUABLE PROPRIÉTÉ' DONT JE VJENS DE PARLER, CONNAISSAIT NON- SEULEMENT LE FLUIDE ÉLECTRIQUE, MAIS AUSSI PARFAITEMENT
582 THiOLOGIB DE LA NATURE.
LES LOIS AUXQUELLES IL EST SOUMIS; ET CELA À UN DEGRÉ DE TRANSCENDANCE BIEN AU-DESSUS DE TOUTE CONCEPTION HU- MAINE.
Nous venons de considérer les fonctions du système nerveux SOUS le rapport des facultés automatiques, locomotrices et sensitives ; if nous reste encore à en apprécier les facultés intellectuelles. C'est, ainsi qu'il a déjk été dit, dans FEncépliale que TEsprit a son centre d'activilé, et spécialement dans le cerveau , par lequel il agit au moyen des nerfs sur tons les organes pour les mettre en activité. J'ai dit qu on pensait aussi que c'étaient plus particulièrement les deux tlémisphêres cérébraux qui constituent Torgaue immédiat de son action; d'une part, parce que cette partie de l'encéphale ne produit aucun nerf; d'où Ton conclut que sa fonction réside exclusivement clans cet organe même , et ne saurait être en conséquence qu'une fonction intellectuelle, quoique le Cervelet soit dans le même cas; et, d'autre part, on admet cette opinion avec d'autant plus de probabilité, que les Hémisphères présentent précisément le plus grand volume relatif dans l'^omm^, l'espèce la plus intelligente de tout le Règne animal, quoiqu'il existé aussi des animaux dont cette partie de TEncéphale est très -volumineuse, sans que pour cela ils se distinguent par l'éminence de leur inteiKgehce! Enfin, si ces deux faits indiquent que le cerveau est le siège des facultés intellectuelles ou du Moi, il parait du moins ne pas l'être exclusivement, vu que certains Animaux vertébrîês privés de leur tête ont donné des signes non équivoques de la conscience qu'ils avaient de leur existence, par les mouvements précis qu'ils ont exécutés, conformément aux circonstances' dans lesquelles ils se sont trouvés. C'est ainsi que des Oiseaux , auxquels on venait de couper la tête, ont encore couru fort loin sans tomber. Mais quoi qu'il en soit, nous devons admettre jusqu'à la preuve au contraire, que le cerveau et plus spécialement les Hémisphères sont le siège, ou du