‹ Théologie de la natureChapitre 13 sur 119 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cependant jamais s*ëlever jusqu'à connaître Tessence de ces trois principes qui animent les corps, leur nature devant probablement rester à jamais inconnue à l'homme, k qui il soflBt de connaître Faction et les effets de ces principes.

> L*ÂRCHÉE réside, de même que dans les substances inorganiques , dans chaque molécule dont se compose le corps des animaux et des plantes. Quant à TAme , il parait, d'après l'observation, qu'elle a chez les animsuix supérieurs son siège, on du moins son centre d'activité, dans le système nerveux sympathique ou de la vie automatique, qui préside , ainsi que nous l'avons vu , k toutes les fonctions soustraites k la connaissance du Moi ou de l'Esprit. Ce système n'étant pas distinct dans les Classes les plus inférieures, n'y offrant du moins aucuns centres, ni aucun tronc nerveux connu, y parait disséminé dans tous les organes; ce qui semble être aussi le cas dans lequel se trouvent les végétaux, vu qu'aucune trace d'un système d'organes , siège du principe vital , n'y a encore été découvert, quoiqu'il doive exister, par la raison que les effets de l'agent vivifiant s'y manifestent. Enfin l'Esprit , exclusivement propre aux animaux, a , ainsi qu'il a été dit, son centre d'activité dans le système nerveux céphalo-rachidien ; et chez les Mamiiifères , plus spécialenrent dans Y Encéphale j ainsi que l'observation et l'expérience tendent k le prouver. Mais cette localisation parait être déjk moins restreinte chez les antres Vertébrés, où le centre des fonctions sensitives et volontaires parait s'étendre également k toute la moelle épinièîe. Enfin, dans les animaux inférieurs, et spécialem^nt déjk chez les Articulés , où l'encéphale se subdivise en se distribuant dans toutes les principales parties du corps , ainsi que nous le verrons plus loin ; il en résulte que le corps de ces animaux pent être divisé, sans qu'aucune partie soit de suite privée ni du sentiment , ni de sa force vitale.

Ce dernier fait est prouvé par cela que plusieurs organes I. (i

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automatiques continuent encore leur action fonctionnelle pendant quelque temps, quoique Tanimal ait cessé de vivre. C*est ainsi que le cœur des Mammifères , enlevé immédiatement après la mort , puise encore avec force quoiqu'il soit détaché du système nerveux automatique dont il reçoit ses nerfs.

En accordant aux animaux les facultés de Tlnstinct et de rintelligence, ces deux llamheaux de la vie qui doivent les guider dans leurs actes, il est évident que c'eût été sans utilité et sans but si ces Êtres n'eussent pas été également doués de la faculté d'agir par eux-mêmes, conformément aux déterminations qu'ils sont capables de prendre par ce même instinct et celte intelligence; aussi aucune espèce animale n'est-elle privée du mouvement volontaire. Cette faculté résidant activement dans les organes de la locomotion, dont l'ensemble constitue le \2iS\e Système muscu-latre, les animaux l'emploient, selon le besoin, dans tons les actes éclairés par Tinstinct et l'intelligence; à cet effet ce système d'organes se subdivise en un nombre considérable d*agents spéciaux ou Muscles, dont chacun a en lui-même la simple faculté de se raccourcir d'une certaine quantité, sous l-empire de la volonté , pour mettre par là en mon^ vement les organes auxquels ces muscles se iSxent. Dans nombre de cas, plusieurs de ces desniers dirigés dans divers sens, combinent leurs actions pour ne produire qu'an seni effet comme résultat, et sont suscoptibles de modifications, selon le nombre, la direction et la force de ces organes; assemblages qu'on appelle plus spécialement A»s Appareils musculaires. Ou bien ils entrent comme puissance dynamique dans la composition de certains appareils organiques. Pour arriver k ces résultats , le Créateur a résolu un des problèmes les plus remarquables de la physiologie, en fai* sant de chaque muscle un agent de force active , dont la puissance no devient réelle que par l'effet de la volonté du sujet, et cela pour un temps limité, souvent extrêmement

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court; mais pouvant se renouveler k tout instant, k des intervalles très-rapprocbés.

Chacun de ces remarquables organes forme une masse de chair (la chair rouge des animaux supérieurs) , diversement configurée , selon le besoin ; composée d*une infinité de filaments extrêmement fins, variant en grosseur chez les grands animaux, d'un centième à un cinquantième de millimètre; placés à peu près parallèlement les uns aux autres, ou convergeant plus ou moins vers le même point où ils se réunissent. Chacune de ces fibres ou élément de muscles , est en elle-même douée de la propriété de pouvoir se contracter et de se relâcher sous 1 inBuence de la volonté, en persistant'dans Tun ou dans Vautre état, tant que cette même volonté le commande; sans pouvoir toutefois rester contracté pendant un temps très-considérable.

Toutes les fibres d*un même muscle , dont le nombre peut dépasser plusieurs millions, agissant de concert, peuvent, malgré leur extrême ténuité, produire ainsi une force considérable que le calcul peut difiicilement apprécier, vu que les données qu'on a pour cela ne sont pas rigoureusement connues et que la force réelle de chaque fibre varie surtout beaucoup, et par conséquent celle du muscle entier, suivant les individus; cette force dépendant déjii de Tétat normal de ce dernier, puib de son degré d'épuisement par les maladies ou autres, et varie enfin considérablement par Texercice modéré qu'on fait faire aux muscles. Il résulte toutefois d'expériences que j'ai faites sur un simple Insecte de nos forêts, le firandnCetf -volant ( Lucanus Cervus), que le muscle qui sert à rapprocher ses mandibules en forme de pinces, peut produire une traction de 6 kilogrammes, quoique ce muscle pyramidal, dont la base a environ 9 millimètres de diamètre et la longueur, 8 millimètres , ne pèse pas 20 centigrammes (1). Or, comme les fibres sont dis-

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(1) Voyexla note n^ 17.

posées obliquement autour du tendon, formant Taxe du muscle, dans la direction duquel cet organe agit; il s'ensuit que chacune perdant par Ik k peu près le sixième de sa force réelle , d*où la somme de toutes ces forces spéciales ou la puissance effective absolue de tout le muscle est d'environ 7,2 kilogrammes; force prodigieuse pour un si petit organe, dont la traction serait égale à 36,000 fois son propre poids.

On a formé diverses conjectures sur la cause déterminante de la contraction des muscles : les uns ont cru voir sur des animaux vivants, et spécialement sur des Grenouilles (1), que les fibres musculaires se fléchissaient en zigzag pour se raccourcir parlk, et que tous les angles rentrants correspondaient k des anses nerveuses, placées k un centimètre de distance l'une de ('autre. Ce fait, fût-il vrai, n'expliquerait pas encore la véritable cause de la contraction musculaire ; car on ne comprend pas pourquoi le fluide nerveux en passant dans ces anses produirait des inflexions dans les muscles ; et d'ailleurs si chaque fibre était accompagnée de ces anses, il n'y en aurait que fort peu sur la longueur de celle-ci , ne s'y trouvant que de centimètre en centimètre , et surtout un bien petit nombre dans le muscle qui a servi k l'expérience dans les grenouilles , qui n'a en tout que d'un k deux centimètres de long. Enfin les fibres musculaires étant extrêmement ténues , on ne saurait pas non plus concevoir comment il a été possible de distinguer chacune de ces anses k part et voir quelle était leur disposition par rapport k chacune de ces fibres.

En étudiant l'organisation des muscles des Insectes , j'ai remarqué que ces organes étaient composés de fibres articulées; c'est-k-dire que chacune de ces dernières formait une pile de petites rondelles superposées présentant un double pli , comme un W. Frappé de cette forme singulière,

(f) Prévost et Dumas. Jawm, de phyiiol. esp^.; par H. Hagendie, Paris, 1823^ p. a.

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