‹ Théologie de la natureChapitre 14 sur 119 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

pi examioé également au microscope les fibres musculaires d'autres animaux et j'ai trouvé la même conformation non- seulement chez tous les Animaux articulés, mais aussi chez les Aigles. Une structure si remarquable dans des animaux si différents , m'a fait penser qu'elle devait avoir rapport k la faculté encore inexpliquée qu'ont ces fibres de pouvoir se raccourcir par l'efiet de l'influence , nerveuse, et comme le fluide nerveux a la plus grande analogie avec le fluide galvanique , j'ai pensé qu'il serait possible que chaque fibre musculaire ne fût en principe qu'une espèce de pile voltaîque , ayant, comme elle, la propriété de se raccourcir lors de sa décharge, par l'effet de la traction qu'exercent les unes sur les autres les plaques ou éléments qui les composent ; d*où résulterait le raccourcissement dans les piles musculeuses, raccourcissement d'autant plus fort que, les plaques étant molles , se trouvent fortement comprimées par leur attraction.

L'éleclro-aimant ayant été découvert depuis i823 , époque à laquelle j'ai fait connaître, devant l'Académie, le fait que je viens d'indiquer, cet appareil m'a paru avoir infiniment plus d'analogie encore avec les fibres musculaires par la force prodigieuse d'attraction dont il est capable sous l'influence du fluide galvanique. La théorie serait la même, et la différence se trouverait, d'une part, dans les deux agents excitateurs, le fluide galvanique et le fluide nerveux, qui ont toutefois déjà la plus grande analogie entre eux, le premier produisant comme le second , et avec la même force , des contractions musculaires, même sur les cadavres; et de Fautre , dans la matière sur laquelle ils agissent ; matière qui est le fer dans l'électro-aimant , et la substance musculaire dans les muscles. En effet , si par l'irritation nerveuse, les articles des fibres musculaires ont, comme le fer dans l'électro-aimant, la faculté de s'attirer avec une force déterminée, ces articles étant compressibles par leur état de mollesse, ils se rapprocheraient d'autant plus fortement les

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uns des autres, et les mouvements, quelque petits qu*ils soient, se trouvant répétés de Fun à Tautre, produiraient un raccourcissement notable dans la longueur totale de la fibre, et cela avec une force considérable.

En comparant les fibres musculaires aux piles voltaïques elles-mêmes, il restait à expliquer la permanence de la contraction, qui ne devait être qu'instantanée dans cette hypo • thèse, comme le sont les décharges de ces piles; tandis que leur analogie avec les électro<aimants explique parfaitement la continuation de la contraction aussi longtemps que la volonté maintient Tinfluence nerveuse dans l'organe.

Cette opinion me paraît expliquer fort bien l'un des phénomènes les plus remarquables de la physiologie animale, qui rentre par 1^ dans le domaine de la physique expérimentale; phénomène dont la cacse et les effets ont été

AINSI CONNUS DU CRÉATEUR, QUI LES A DÉTERMINÉS LONGTEMPS AVANT qu'il n'ait ÉTÉ POSSIBLE AUX HOMMES DE LES CONCE- VOIR et d'écarter enfin le voile, en apparence mystérieux, qui couvrait les causes de cet étonnant résultat (1).

Pouvant ainsi faire usage de forces considérables dans un très-petit espace, le Créateur a employé les organes qui

LES PRODUISENT, "DANS UNE FOULE DE CIRCONSTANCES OU IL T AVAIT DE LA FORCE OU DES MOUVEMENTS A METTRE EN AC- TION; CIRCONSTANCES OU BRILLENT PARTOUT LA CONNAISSANCE LA PLUS TRANSCENDANTE DE LA MÉGANIQUE , AINSI QUE LE GÉNIE LE PLUS SUBLIME DE L'INVENTION.

L'observation et l'expérience ont fait voir que les muscles, outre la propriété qu'ils ont de pouvoir se contracter activement sous l'empire de la volonté ou d'un agent stimulant, jouissent aussi d'une certaine force de contraction passive^ due à leur élasticité. naturelle, par l'effet de

fi) J'ai soumis celte opinion, le 19 février 1849. au jugement de VAic$r riêmi#» de» prieriez*». Vovm la note n» 12.

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laquelle ils se raccourcissent assez fortement au delà de leur longueur normale de repos lorsqu'ils sont coupes transversalement. Cette contraction permanente agissant dans les muscles antagonistes, les plus puissants, forçant les plus faibles, les obligent de s'allonger jusqu'à ce que, parleur réaction, qui va dans ce cas toujours en augmentant, ils finissent par faire équilibre à cet excès de force de contraction passive. 1! résulte de cet effet, que lorsqu'un muscle se trouve allongé par le raccourcissement volontaire de son antagoniste, il ramène par son élasticité la partie mise en mouvement à sa première disposition, lorsque Taclion volontaire vient à cesser; état où les deux forcer opposées d'élasticité se font équilibre. Or, ce terme moyen peut se trouver, suivant les conditions dans lesquelles se trouvent les muscles et les parties qu'ils meuvent, dan^ divers degrés de flexion àe ces dernières ; d'où il résulte qu'il faut souvent une action très*puissante pour changer cet état normal des jdrlies du corps. Cet effet va même souvent jusqu'au point que, malgré le poids du corps» diverses parties des membres , déjà plus ou moins fléchies les unes par les autres , restent dans cette disposition sans se fléchir davantage; la force de ce poids ajoutée à la traclioa passive ou d'élasticité des muscles fléchisseurs, faisant exactement équilibre à la traction également passive des extenseurs; résultats dont on observe souvent les remarquables effets dans la statique animale et dont j'aurai à signaler plus tard divers cas.

Ces muscles prennent, ainsi que je l'aî déjà dît, des formes différentes selon le besoi?<. Les plus simples sont des faisceaux prismatiques de fibres parallèles, suivant la longueur de ces organes, et directement attachés par leurs deux extrémités aux pièces qu'elles doivent rapprocher ou mouvoir. Dans ces faisceaux, dont la forme et la longueur dépendent naturellement des lieux où ils s'attachent et de la distance des parties qu'ils réunissent; ayant leurs fibres

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parallèles à la direction de la traction qne le muscle doit exercer dans son ensemble; on conçoit que chaque fibre qui le compose agit avec toute sa force sur l'organe mobile; d'où résulte que ces muscles sont dans les conditions les plus avantageuses pour exercer toute leur force. Mais d'or* dinaire la forme des parties , leur disposition , et le plus souvent Tespace qu'elles peuvent offrir a l'insertion des fibres musculaires , exigent que les muscles aient une autre forme que celle que je viens d'indiquer.

On conçoit, en effet , qu'il doit arriver que tel muscle ne trouvant pas à Tune de ses attaches, ou bien k toutes les deux , des surfaces suffisantes pour y fixer toutes ses fibres » il était nécessaire d'AviSER a d'autres moyens mécaniques que dans les muscles prismatiques, pour leur donner la puissance dont ils ont besoin , afin de pouvoir exercer la fonction à laquelle ils sont destinés. C'est en partie dans ces nombreuses circonstances que nous découvrons dans les divers organismes des animaux, ces hautes vues et cette sublime sagesse du Créateur , qui a présidé k ces merveilleuses compositions du corps des animaux si variés dans leurs espèces:

Lorsque l'organe où le muscle prend son attache fixe , lui offre un espace suffisant k l'insertion de ses fibres, tandis que l'organe qu'il doit mettre en mouvement, ne saurait , soit par sa petitesse , soit par sa disposition , ou d autres causes encore , lui présenter qu'un emplacement fort petit, les fibres reçoivent une autre disposition, et le muscle prend de Ik aussi une ^ptre forme. Les fibres , au lieu d'être parallèles , convergent alors de leur point d'insertion sur la partie fixe , vers une lame ou une tige également fibreuse, mais d'une autre nature que le muscle, et non contractile qu'on nomme dans le premier cas VApofiévrose terminale du muscle ; et dans le second , le Tendon terminal. Ce sont ces derniers que le vulgaire désigne d'ordinaire sous le faux nom de Nerfs.

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Ces aponévroses et ces tendons, qui au fond, sont la même chose , Tune étant seulement élargie en membrane , et Tautre en forme de cordon , ne devant point jouir par eni-mêmes de la faculté de se contracter, sont formés de fibres d'un blanc nacré brillant, et d'une force extrêmement grande , sans être sensiblement extensibles par la traction. Leurs fibres, toujours parallèles entre elles dans les tendons, sont au contraire très-souvent convergentes dans les aponévroses. Les fibres musculaires s'insèrent k ces corps fibreux , soit d'un côté seulement, soit k tous les deux, soit uniquement k l'un des bords des aponévroses , en se continuant avec leurs fibres propres, dans lesquelles elles semblent se transformer graduellement en approchant de l'insertion.

Les fibres musculaires rencontrant le tendon ou l'aponévrose sous des angles plus ou moins aigus , perdent par Ik une partie plus ou moins grande de leur puissance réelle ; cette force étant , ainsi qu'on le démontre par le calcul , proportionnelle au cosinus (1) de l'angle d'insertion, c'estk-dire égale k sa puissance entière , lorsque cet angle est le plus petit ou zéro; et le plus faible, ou zéro y lorsque la fibre musculaire est perpendiculaire k la direction du tendon ou de Taponévrose. On conçoit de Ik que la Nature, toujours si ADMIRABLEMENT CONSÉQUENTE daus SCS principes, n'a jamais dû donner cette dernière direction aux fibres musculaires ; et en eflet , ce cas ne se présente nulle part ; tandis que la disposition contraire , celle où les deux espèces de fibres sont dans la même direction, ou k peu près, est très -fréquente comme la plus favorable; et entre ces deux extrêmes , on trouve ensuite , selon la nécessité , toutes les modifications possibles ; mais toujours la plus avantageuse.

De ces divers genres d'insertions des fibres des muscles selon les circonstances dans lesquelles ces organes se trouvent par rapport aux parties avoisinantes , naissent

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(1) Voyez U note n« 8.

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plusieurs formes qui ont également reçu des noms dans la science , afin de mieux faire comprendre les descriptions qu*OD en a faites. Lorsque les fibres musculaires se rendent directement de leur attache fixe k la pièce mobile , il peut arriver que le faisceau soit Cylindrique 5 ce qui constitue une simple modification des muscles prismatiques. Si au contraire, les fibres vont s'insérer sous un angle quelconque au bord d'une aponévrose , ou un peu plus loin \k ses surfaces, le muscle devenant par là plat et mince comme cette dernière, reçoit le nom de Muscle membranextx. Quand elles s'insèrent aux deux bords opposés d*un simple tendon , en imitant la disposition des barbes de plumes fixées k la tige , elles forment des muscles Penniformes , et Semi-penniformes, lorsqu'elles ne s'y attachent que d'un côté. D'autres fois , elles s'insèrent tout autour du tendon , de manière k former un Muscle conique ou pyramidal , dont le tendon sort du sommet.

Mais il arrive fort souvent aussi que les fibres d*un muscle qui doit exercer une force considérable , ne trouvent pas k leur attache fixe un emplacement suffisant pour s'y insérer toutes. Dans ce cas , le Créateur a pourvu les muscles également k leur attache fixe de tendons ou d'aponévroses , qui reçoivent de Ik le nom de Tendons ou d'Aponévroses d'origine, qui difl^rent d'ordinaire des terminaux , en ce qu'ils se subdivisent davantage en lames , pénétrant dans l'intérieur du muscle pour y offrir une plus grande surface d'insertion k ses fibres; ce qui arrive d'ailleurs aussi aux tendons terminaux , mais plus rarement.

De cette nouvelle disposition naissent encore plusieurs autres formes spéciales dans les muscles, dont la plus ordinaire est celle des Fusiformes , dont les fibres s'étagent aux deux bouts sur les tendons ou les aponévroses. Dans certains cas aussi une masse musculeusc est suivie d*une autre dans la même direction ; c'est-k-dire que la seconde prenant ses points d'attache sur le tendon terminal de la

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première , forme ii sa suite un second muscle fusîforme séparé du premier par un tendon plus ou moins court ; ce qui a fait donner k cette forme le nom de muscle Digastrique ou à deux ventres. Cette espèce est très-rare chez THomme et les Animaux supérieurs, et au contraire fort commune chez les Serpents , qui ont même des muscles Trigastriques ou k trois ventres successifs.

Dans beaucoup de cas, la partie où le muscle prend son attache fixe étant trop peu étendue , soit pour offrir des insertions suflisantes k toutes les fibres dont ce dernier a besoin dans sa fonction , soit que l'espace environnant ne permette pas de loger la masse du muscle ; la Nature toujours SI INGÉNIEUSE DANS SES RESSOURCES, ET SACHANT TIRER PARTIE DE TOUT, EMPLOIE AVEC UNE ADMIRABLE ÉCONOMIE,

tous les espaces où il est possible de loger quelque organe utile, et fort souvent des muscles dont elle fait les accessoires d'un autre insuffisant, en le réunissant à celui-ci par les tendons terminaux , d*où résultent des muscles composés , formés de plusieurs masses ou Chefs , souvent au nombre de trois ou de quatre, et même plus. Enfln, il est des muscles circulaires, nommés Sphincters^ comme servant à rétrécir des ouvertures qu*ils entourent. Leurs fibres s'insèrent d*ordinaire immédiatement par leurs deux extrémités aux parois du canal ou de l'orifice qu ils doivent resserrer, le plus souvent sans en faire complètement le tour, d'autres fibres, s'écbelonnant les unes sur les autres, pour former dans l'ensemble un anneau plus ou moins épais.

Lorsqu'un muscle et le tendon qui le termine ne peuvent pas se rendre directement au lieu où leur force doit agir, on voit le tendon se dévier de sa direction droite , en se réfléchissant dans des espèces de poulies de renvoi , pour porter sa partie terminale dans la direction la plus favorable vers l'organe qu'il doit mouvoir ; et cela , souvent dans des conditions accessoires les plus remarquables, pour at- TEmDRB LB BUT VOULU. G'cst surtout ddns les cas si nom-

breux où les muscles doivent porter leur actioo sur des parties fort éloignées, qui ne présentent qu*une très-petite surface pour l'insertion de leurs tendons, qu*on remarque

ces SOINS d'une si minutieuse prévoyance , DES CONDITIONS

d'existence ou le Créateur nous offre des exemples db LA Sublime Sagesse avec LAQysLLE il a tout prévu , jusqu'aux moindres inconvénients dus k des causes trèséloignées.

Là oti les tendons ont & franchir des espaces très-grands , oi^ , souvent serrés entre les parties avoisinantes , ils éprouveraient dans leurs mouvements des frottements qui , en gênant Taction , feraient perdre une grande partie de sa force au muscle; ces tendons sont, pour parer a cet inconvénient, renfermés dans des gaines fibreuses, de même nature que les Aponévroses , et dont la force prévient le déplacement du tendon dans le cas de grands efforts; et pour que le glissement s*y fasse avec facilité, ces gaines sont doublées k Tintérieur d*une membrane extrêmement mince et fine, qui se prolonge de part et d*autre au delà de la gaine fibreuse , en formant au tendon une tunique qui Tenioure et s*y fixe k une distance plus que suffisante pour lui

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