PERMETTRE LE DÉPLACEMENT DONT IL A BESOIN DANS SA
fonction , en même temps que cette tunique sécrète une humeur visqueuse ou Synovie, assez semblable k du blanc d*œuf , qui facilite considérablement le mouvement, en remplissant les conditions de Thuile dont on fait usage dans les mécaniques ordinaires.
Munie de ces différentes espèces d'instrument, d*une puissance active si considérable, TIntelligenge suprême les a EMPLOYÉES comme forces motrices dans une infinité d'appareils dynamiques qui donnent aux animaux, nonseulement la faculté d'exécuter volontairement les mouvements les plus variés , et surtout les moyens de changer de place avec plus ou moins de rapidité » mais elle a encore fait entrer ces agents de la force active dans beaucoup d'autres
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apiMureils , oh ils agissent simplement comme agents accessoires de la fonction principale qoi y est exercée.
L'observation noos montre aussi partoot qoe le ToutpnssANT, EN CRÉANT le vastc édifice du monde, et en particulier les Êtres organisés , y a suivi un plan dont les détails , subordonnés en principe les uns aux autres jusqu'aux plus petits y s'enchainent tellement , que chaque objet suit dans ses analogues , non-seulement pour la série des espèces animales, mais encore dans tous les organes du même Être , des gradations ascendantes ou descendantes , par lesquelles chaque partie parcourt une échelle de grada^ tion en passant par presque tous les degrés de possibilité ptiysiqae , ^t peut-être sans exception , mais dont tous les faits ne sont pas arrivés k notre connaissance.
C'est surtout pans cet enchaînement des formes et des motens que la nature nous montre partout la plus
remarquable ÉCONOMIE, CONSERVANT TOUJOURS LE MÊME ORGANE DANS SA SÉRIE , TANT QUE PAR DE SIMPLES MODIFICA- TIONS, IL PEUT ÊTRE ADAPTÉ A LA FONCTION QU'lL EST DESTINÉ A remplir; et lorsque enfin sa PREMIÈRE FONCTION CSt
supprimée par une raison quelconque, l'organe est changé dans sa constitution, de façon k en remplir une autre devenue nécessaire, afin de n'introduire dans l'organisme aucune partie nouvelle, qu'autant que le besoin l'exige absolument. C'est ainsi que nous voyons chaque organe parcourir une gradation, où il commence souvent par paraître simplement sous une forme très-imparfaite, en remplissant toutefois déjà une fonction distincte ; et se développant ensuite , soit d'une espèce animale k une autre , soit dans ses analogues sur le même individu , lorsque cet organe y forme des séries ; de manière k arriver ainsi au point le plus élevé de sa perfection, où il remplit le plus complètement la fonction k laquelle il est destiné , et descendre ensuite graduellement avec plus ou moins de rapidité, pour disparaître totalement en dernier lieu , après avoir
M THiOLO«IB n LA RATUM.
encore figuré V la fin de sa série sous la forme de véritable rudiment sans foncUon , comme pour faire encore acte de présence avant de s*éteindre tout à fait.
C'est par cette loi de substitution que tout organe nooTeao, ou tout appareil qui doit en remplacer un autre dans la série animale, commence toujours par paraître sous une forme quelconque , coexistant d^abord sur le même animal avec celui auquel il doit être substitué; et remplissant souvent déj^ la même fonction ou une fonction analogue , avant d*en être chargé exclusivement.
En résumant ce qui vient d*étre dit sur la marche de gradation que subissent les organes, on arrive aux lois suivantes, que j'ai, pour la première fois, formulées dans mes Considérations générales sur VAnatomie comparée des animaux articulés , pages 1 et suivantes , et surtout dans mon Anatomie descriptive et comparative du chat y t. I, p. 39 , où ces lois sont rapportées de la manière suivante :
< PREMIÈRE LOI. La loi la plus générale qu'on reconnaît dans l'organisation des animaux est que tous les appareils sont soumis à une variation de forme et même de fonction , en passant d'une famille à une autre.
> C'est de l'ensemble de toutes ces gradations des organes que dépend l'ordre de prééminence des animaux, et par suite l'échelle naturelle de classification de ces derniers.
> Cette variation des organes est tantôt assez régulière et tantôt irrégulière, relativement k celle d'autres organes.
» L'observation montre que cette loi générale de variations se modifie dans plusieurs circonstances.
» Premier corollaire. Suivant les fonctions que les organes doivent remplir.
» Deuxième corollaire. Diaprés les circonstances dans lesquelles ils se trouvent les uns à l'égard des autres.
n Troisième corollaire. Selon que ces organes sont plus ou moins sous Vinfluence de catues étrangères au corps de FanimaL
cBàymM u. SK
» La loi générale se divisetle Ik en plusieurs lois particulières , dont les unes sont communes k tous les organes , et dont les antres ne marquent que de simples relations en indiquant les rapports qui existent entre deux appareils pris séparément.
> DEUXIÈME LOI. Lorsqu'un organe est devenu tellement imparfait par la dégradation qu'il a subie , quHl ne peut plus remplir sa fonction primitive , tandis qu'il est cependant nécessaire de maintenir celle-ci , le premier appareil se trouve remplacé^ soit par un nouveau^ soit par un autre déjà existant y modifié pour être accommodé à ce nouvel usage.
» TROISIÈME LOI. Lorsque la nouvelle fonction exige une plus grande complication dans la composition de l'organe qui la produit j celui-ci V acquiert successivement par des parties qui s'y ajoutent d'abord sous forme de rudiments , et se développent ensuite progressivement sur d'autres espèces su sur d'autres paires.
» QUATRIÈME LOI. La même fonction peut être exercée par des appareils analomiquement tout à fait différents.
» CINQUIÈME LOL A l'une des extrémités de leur échelle les organes ont toujours une fonction évidente , tandis qu'à t autre extrémité ils sont généralement rudimentaires , sans [onction , et finissent même par disparaître.
» On peut distinguer ici deux cas : dans le premier, les organes se présentent k la tête de leur échelle arec le degré le plus élevé de développement qu1ls sont susceptibles d'atteindre , et décroissent ensuite insensiblement jusqu'à Fantre extrémité de Téchelle. Dans le second cas , ils ne se présentent point k la tête de Téchelle k l'état le plus développé, et ne l'acquièrent que par degré.
> SIXIÈME LOI. Dans les organes qui forment des séries sisr le même animal j la gradation est d'ordinaire double; c'est-à-dire qwe, d'une part ^ elle est relative à la succession des genres et des familles , et, de Vautre , elle est relative au rang que chaque partie occupe sur le corps.
M THÀ)E(M»B DE LA NATURB.
» SEPTIÈME LOI. Les icheOes de gradation des organes sont simples ou rameuses.
> Dans les premières, les modifications ont lieu d'après an même principe; dans les secondes, le principe diffère dans les diverses branches, et cette différence détermine naturellement des rameaux plus ou moins distincts dans le système de classification.
» HUITIÈME LOI. Souvent les organes se dominent les uns les autres ; alors ceu^x-ci suivent la même marche de gradation que V organe dominateur \ et^ quand enfin ce dernier disparait ^ ceux qui lui étaient subordonnés reprennent subitement leur forme primitive^ modifiée suivant la gradation qu'Us ont dû suivre par eux-mêmes.
» C'est principalement par cette loi que Ton peut reconnaître si un organe qui manque à une espèce a disparu par l'effet de sa dégradation , ou bien s'il ne manque que par un simple avortement spécifique ; dans ce dernier cas , tout ce qui était exclusivement subordonné k cet organe reste dans le même état comme s'il existait encore , et surtout si les organes subordonnés ont déjk éprouvé une transformation très-notable par l'effet de la loi de variation k laquelle ils étaient soumis pendant que l'orgafie dominateur a agi sur eux , et qu'ils fussent obligés de subir un trop grand chanr gement pour revenir k leur forme primitive.
> NEUVIÈME LOI. La forme de plusieurs organes dépend de certains agents extérieurs auxquelg ils sont liés par leur fonction f et en suivent les variations. »
CHAPITRB lit. ^1
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