CHAPITRE III
PBEUTES DE L*EXIST£NG£ DE blED ET DE SES ATTRIBUTS , TIRÉES DE L^ORGANISME DES ANIMAUX VERTÉBRÉS £11 PARTICULIER.
Nous D*avons considf^.ré jusqu*k présent Torganisation dés animaux que d'une manière générale, sans entrer que là où il Ta Tallu absolument dans aucune explication de détails relatifs aux diverses formes qu'elle prend dans les innombrables espèces animales qui constituent Téchelle zoologiqué. Or c'est plus particulièrement dans les nombreuses modifications que les divers appareils organiques éprouvent dans toute la série animale, qu'on découvre surtout ces soins minutieux que le Créateur a apportés, dans son adorable sagesse, ii pourvoir chaque espèce de tout ce qui peut contribuer k lui faire atteindre le but qu'il lui a prescrit; modifications d'autant plus remarquables que, s'enchainant les unes aux autres, suivant certaines lois de gradation, les organes finissent tous par se transformer au point qu'ils ne ressemblent plusk ce qu'ils ont été dans d'autres espèces^ avant de disparaître complètement pour être remplacés par d'autres, s'il y a lieu, en présentant partout l'harmonie la plus parfaite dans leurs formes et leurs fonctions , suivant les conditions dans lesquelles chaque espèce doit se trouver.
Ne pouvant pas entrer ici dans tous les détails des variations que subissent les animaux, objet qui fera le sujet de la Note N"" 7 placée à la fin de cet ouvrage, et à laquelle je renvoie, il est toutefois nécessaire d'indiquer ici simplement les caractères par lesquels les animaux se distinguent suivant les premières grandes divisions du Règne animal, afin de faire mieux comprendre la composition de leur corps.
En étudiant autant que possible, pour notre époque, I. 7
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rorganisme de tous les animaux, on est arrivé à reconnaître ^'î<8 se distinguent d'abord en deux premières grandes divisions, ceux dont le corps se compose de deux parties k peu près égales, placées à côlé Tune de l'autre, et ceux formés de plus de deux parties semblables , ordinairement cinq , ou plutôt cinq paires rayonnant sur un centre commun.
La première de ces divisions comprend ensuite trois Embranchements caractérisés ainsi qu'il suit :
PREMIER EMBRANCHEMENT, ou celui des Vertébrés , animaux dont le corps est formé de deux parties latérales semblables , soutenues par une charpente intérieure osseuse ou Squelette; celui-ci divisé en un grand nombre de pièces articulées entre elles , et ayant pour partie centrale une série de pièces courtes f impaires^ nommées Vertèbres, formant une colonne placée le long de la ligne médiane dorsale. Le tronc du système nerveux ou Moelle épinière, placé également le long du dos , traversant la colonne vertébrale. Jamais plus de deux paires de membres locomoteurs. Sang rouge , circulant dans deux systèmes de vaisseaux^ dont lun centrifuge ou artériel, et l'autre centripète ou veineux. Canal intestinal à deux orifices , la Bouche et l'Anus , placés le premier à r extrémité antérieure du tronc , le second à son extrémité postérieure ^ à la base de la queue. Sexes séparés.
Cette première division du Règne animal se décompose çnsuite en cinq Classes, dont la première, ou celle des Mammifères, k laquelle appartient Tespèce humaine, a le sang chaud et rouge; circulation double^ parfaite (le sang venant de diverses parties du corps par les veines , arrive au cœur droit, d'où il se rend par Tartère pulmonaire dans le poumon ; revient ensuite par la veine pulmonaire au cœur gauche , qui le pousse de nouveau par les artères dans toutes les parties du corps ) , sans que le sang des deux circulations se mêle; le cœur droit et le cœur gauche ne communiquent pas entre eux. Respiration aérienne par des poumons.
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Gestation utérine (où le Fœlus est greffé sur la mère, et se nourrit de son sang). Ils allaitent leurs jeunes.
La seconde Classe , celle des Oiseaux , a le sang chaud et rouge; une circulation double, parfaite , sans mélange de sang artériel et veineux; une Respiration aérienne par poumons; et toutes les espèces sont ovipares.
La troisième Classe , ou des Reptiles , a le sang rouge /V*otd (température de l'élément ambiant) ; Circulation double^ imparfaite; le sang veineux et le sang artériel se mêlant (ordinairement dans le cœur, par la communication des deux ventricules). Membres y deux paires^ une paire, ou nuls ; mais toujours en dehors du thorax,
La quatrième Classe , les Chéloniens. Ou<^r^ membres, dont les épaules et U bassin sont enveloppés par les côtes ^ et par conséquent placés dans le thorax. Du reste, organisés comme les Reptiles ^ quatre membres.
La cinquième et dernière Classe, celle des Poissons, a une Circulation simple^ le cœur artériel ayant disparu, et la veine branchiale se continuant directement avec l'aorte. Respiration aquatique par branchies.
L'Embranchement des Vertébrés se composant des espèces animales les plus richement organisées, la plupart des Tonclions organiques s'accomplissent chez eux de la manière la plus parfaite, surtout celle de la locomotion; aussi est-ce dans la partie essentiellement mécanique de leur corps qu'on trouve Tapplication la plus savante des faits dépendant des lois mathématiques du mouvement et de la statique. C*est surtout chez les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles, que les muscles destinés ^ mouvoir les nombreuses jâèces du squelette, agissent le plus souvent isolément; et quelquefois seulement ils agissent sur eux-mêmes, en formant k la fois la partie active et la partie passive de l'appareil qu'ils constituent; tandis que dans les animaux inférieurs, la majeure partie du système musculaire ne forme plus qu'un lacis de fibres , dirigées dans tous les sens; d'où
leurs coatractions produisent simplement un déplacement lent du corps entier.
Dans le plus grand nombre de cas cependant, et surtout chez les Animaux supérieurs » tels que les Vertébrés et les Articulés, ces organes actifs du mouvement sont généralement mieux distingués en Muscles spéciaux y dont chacun a une action particulière; s*attachant d*une part à quelque partie fixe, et de l'autre à une mobile, qu'ils sont destinés k mettre en mouvement; celle-ci faisant le plus souvent ellemême les fonctions de levier ou A' organe passif de la locomotion, afin de produire par lui des mouvements plus étendus, mais surtout plus rapides ; et cela souvent dans les lieux où les muscles eux-mêmes ne sauraient se trouver. G*est par d'innombrables combinaisons de ces agents actifs et passifs du mouvement que Hntelligenge créatrice a composé cette multitude d'appareils de locomotion qui fonctionnent dans les animaux de toutes les Classes, en les variant progressivement d'une famille animale k Tautre; et cela au point qu'ils changent k la fin totalement de forme, de disposition, et par Ik même, très-souvent de fonction.
Lorsqu'un muscle doit produire un mouvement fort étendu mais peu puissant, ses fibres devant, k cet effet, avoir la plus grande longueur possible , afin que leur raccourcissement par la contraction soit le plus grand , elles sont en conséquence k peu près parallèles entre elles. Lorsqu'au contraire ces organes doivent produire une force considérable, avec peu d'étendue dans le mouvement, il est essentiel que les fibres soient très-nombreuses, sans être pour cela trèslongues; il suffit qu'elles puissent faire exécuter au levier le mouvement voulu par sa fonction ;, aussi dans ce cas, le muscle présente-t-il en effet, le plus souvent, dans son ensemble, plusieurs chefs, dont les fibres, plus ou moins courtes dans chacun , se rendent sur un tendon spécial , qui s'unit k* d'autres et en dernier lieu en un seul , allant se fixer k la pièce mobile.
ouapiti(e m. loi
Dans chacun de ces chefs , les fibres musculaires ont d'ordinaire reçu des dispositions fort différentes , selon le
LIED ou elles peuvent PRENDRE LEUR POINT FIXE , CU SC dirigeant de tous côtés , plus ou moins obliquement sous divers angles, sur leurs tendons respectifs; angles qui sont toutefois tels que retendue du mouvement du tendon soit suffisant pour l'effet qu'il doit produire ; le tout parfaitement CALCULÉ d'après les pertes que le mouvement et la force définitifs éprouvent par l'effet de l'obliquité des fibres qui les produisent, et de celle des tendons qui les transmettent à la pièce mobile; mouvement et force qui sont, ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, proportionnels au cosinus de l'angle d'incidence de chaque fibre sur le tendon spécial de son chef; de celui de l'angle de chacun de ces tendons en particulier sur le tendon commun ; et enfin de celui de ce dernier sur la direction du levier que le muscle met en mouvement. C'est-à-dire que, dans chaque cas particulier, la perte est dans la proportion de ce cosinus de Vangle avec Vunitè ou contraction absolue de la fibre. Si l'on suppose, par exemple , que le raccourcissement d'une fibre musculaire soit de. 7s de sa longueur, et que le cosinus de son angle dincidence sur le tendon soit Vt> 1^ retrait de ce dernier ne sera que le Vio de la longueur de la fibre, et égal k la course du bras de levier mis en mouvement.
L'Intelligence suprême a ainsi calculé mathématiquevent toutes les conditions spéciales dans lesquelles doit se trouver chaque muscle à l'égard du levier sur lequel il agit, afin que le résultat réponde rigoureusement k leffet qu'elle a voulu produire, sans omettre la moindre condition favorable, même dans les plus minutieux détails de la structure de ses appareils.
Le Créateur a établi ainsi dans les Animaux dits Vertébrés^ une^harpente solide constituant ce qu'on nomme leur Squelette (PI. II, /îg. 1 , 2 et 3), formée de pièces ajustées les unes aux autres , et la plupart mobiles , afin de les faire
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servir de leviers dans une foule de circonstances où leurs mouvements doivent produire quelque effet prévu dans une fonction organique quelconque. Ce squelette a, en général» pour but essenliel de servir de soutien au corps, qui sans cela s^affaisserait sous son propre poids , et ne saurait être en conséquence que fort petit, ce qui a lien en effet chez tous les animaux dont le corps n'est formé que de parties molles (1). Au moyen de cette charpente, au contraire, la grandeur des animaux qui en sont pourvus a pu être portée jusqu'aux dimensions considérables que nous offrent TJ^léphant et la Baleine^ dont la taille parait toutefois appro* cher de la limite de la possibilité, dans le premier comme animal terrestre, et dans la seconde comme espèce aqua-« tique.
Cette opinion que j'avance ici paraîtra peut-être un peu hardie , rien , à ce qu il semble , ne pouvant limiter le |jouvoir de la puissance créatrice de V Être suprême; et cela est en effet ainsi pour tout, excepté lorsqu'il s'agit d'objets dont les conditions d^existence seraient contraires aux lois de la Nature, que I'Ëternel a lui-même établies en créant l'univers.
Mais outre cette grande fonction de servir de soutien au corps, le squelette a encore pour autre objet, ainsi que je Tai déjk dit, de présenter dans ses diverses parties, d'une part, des points d'appui aux nombreux muscles qui s'y fixent, et de constituer de l'autre des leviers sur lesquels ceux-ci agissent dans la locomotion : fonctions particulières pour lesquelles chaque pièce a reçu une forme, une disposition et une solidité spéciales, propres k lui faire remplir ces conditions; objet dont il sera question un peu plus loin avec quelques détails, pour faire ressortir ce qu'il y a de savant et d'admirable dans ces formes et ces dispositions.
C'est surtout dans \e squelette des animaux vertébrés qu'on ■ Il 1 1 II» I ■ — — ^11— — ■ — —
(0 Voyes la note Q* 30«