CHAPITRE
reconnaît le mieux Tapplication des diverses lois de gradation dont il a été parlé k la fin du chapitre précédent; les pièces osseuses qui le composent, formant le plus souvent des séries nombreuses où elles se modifient diversement, en établissant difiërenles branches suivant les formes que ces pièces prennent et les fonctions qu'elles remplissent; d'où résultent, dans Tensemble de l'organisme de ces animaux, les différences les plus remarquables, suivant les conditions dans lesquelles ces animaux se trouvent.
A l'une des extrémités de Téchelle zoologique occupée par VEspêce humaine, le squelette se compose d'un nombre considérable de pièces osseuses dont la plupart sont plus ou moins mobiles , pour mieux servir de leviers aux muscles qui s'y insèrent.
Cette charpente est, ainsi que tout le corps auquel elle sert de soutien, partagée en deux parties latérales semblables, séparée par un plan fictif médian-verlical, vers lequel tous les organes convergent pour y prendre leurs points d'appni sur la partie moyenne, occupée ordinairement par des organes impairs, mais symétriques en eux-mêmes, surtout quant aux pièces du squelette.
A la région dorsale , postérietfire chez V Homme seul (qiïi marche debout), mais supérieure chez tous les autres Animaux, le squelette présente au plan médian une série plus ou moins nombreuse, selon Tespèce animale, de pièces impaires, connues sous le nom de vertèbres (PI. Il , A, B, et C, D), dont l'ensemble forme ce qu'on appelle de là la Ca^ lonne vertébrale, VÊpine du dos on le Rachis. Cette série d'os se modifie ensuite de l'une à l'autre pièce, dans le même animal, suivant la sixième loi que je viens d'indiquer; et cela d'après les fonctions que chaque vertèbre a spécialement à remplir; de manière que celles occupant les deuï extrémités, n'offrent plus aucune ressemblance; au point que ce n'est que dans ces derniers temps que leur analogie aoatomiqne a été enfin reconnue.
Ces mêmes os subissent ensuite , conformément à la même loi, une transformation successive d*une Famille animale k Tautre, transformation surtout fort remarquable suivant les Classes, et d'après laquelle on peut facilement reconnaître à laquelle de ces grandes divisions du Règne animal l'espèce dont provient telle vertèbre appartient; et cela toujours en conséquence des fondions qu'elles doivent remplir.
Pour laisser au corps toute la liberté de mouvements dont il peut avoir besoin, TÉpine du dos a surtout dû conserver, malgré son état osseux , la faculté de se fléchir plus ou moins facilement dans toutes les directions, excepté toutefois Ik où Tinflexibililé était nécessaire : comme le prouve Tobservation. Le moyen bien naturel d'atteindre ce but, était de donner aux vertèbres qui la composent une longueur d'autant moins considérable que les flexions devaient être moins brusques^ et d'unir ces os entre eux par des articulations peu mobiles; mais dont le mouvement répété d*une vertèbre k l'autre, produit, en s* ajoutant ainsi aux autres,' un déplacement angulaire, ou de rotation assez considérable, selon le besoin; mouvements dans les détails desquels j'entrerai, en parlant des fonctions spéciales qu'exerce chaque partie de la colonne rachidienne, dans Jes diverses Classes d'animaux, où cette colonne présente, selon ces mêmes fonctions, des formes et des dispositions différentes.
Les vertèbres sont, en thèse générale, des os dont la principale partie ou le Corps (a) est un tronçon de cylindre uni par ses bases aux vertèbres qui Tavoisinent immédiatement; et cela au moyen d'un tissu ligamenteux plus ou moins élastique, qui permet k ces* os un mouvement plus ou moins sensible de flexion ou de rotation. Vers la face dorsale, le corps de vertèbres est surmonté d'un anneau osseux (e) , faisant corps avec lui chez les individus adultes; mais distinct dans le jeune âge. C'est la succession d'une vertèbre k lautre de ces arcades, qui constitue, dans son ensemble, le Canal rachidiet^ renfermant la moelle épinière; et extérieure-