CHAPITRE IIK
ment le même anneau présente plusieurs prolongemenU osseux plus ou moins grêles ou apophyses (b^Cy d), auxqaels s'insèrent, comme à des bras de leviers, un grand nombre de muscles qui mettent la colonne vertébrale en mouvement, ou la maintiennent fixe, en agissant plusieurs , simultanément, en opposition les uns avec les autres.
C'est en exécutant ainsi des mouvements très-faibles d'une vertèbre k l'autre , mais fort rapprochés , pour ne pas gêner les fonctions de la moelle épinière ^ que le corps entier peut cependant se fléchir ou tourner sensiblement sur lui-même dans toute sa longueur.
La colonne vertébrale remplit ainsi deux principales fonctions : l'une de servir de centre de réunion à toutes les autres parties du squelette; et l'autre, de constituer une enveloppe solide à la partie centrale du système nerveux formée par l'Encéphale ou Cerveau , et la Moelle épinière dont les vertèbres suivent les modifications , comme leur étant subordonnées , d'après la sixième loi énoncée ci-dessus.
Cette subordination des organes est même telle pour tous les os, que, bien qu'ils constituent les parties les plus dures de tout le corps , ils cèdent cependant facilement la place à la substance nerveuse , pour lui faciliter le développement; et k cet égard la Sagesse divine est allée jusqu'au point, dans sa minutieuse prévoyance, d'avoir fait que les os cèdent la place à tous les autres organes, même aux veines, les moins résistants de tous, dont les plus faibles ramuscules se creusent des canaux dans les os les plus compactes.
La Volonté créatrice ayant placé le foyer de toutes les facultés intellectuelles dans la partie la plus antérieure de la partie centrale du Système nerveux , celle-ci prenant de Ik un très-grand développement, forme une grosse masse ou Y Encéphale j composée du Cerveau , du Cervelet et de leurs annexes. Ce renflement du Système nerveux se trouvant placé dans trois vertèbres, la portion du canal rachidien qui lui correspond, s'élargit considérablement, k cet effet, en
MM THiOLOGIt DB LA RATURE.
formant ce qn*on nomme la Boîte crânienne ou simplement le Crâne (Fig. 1, 2 et3,a6).
Les organes des sens spéciaux , ajant également été placés à cette même extrémité de la colonne vertébrale, ces appareils localisés dans des espaces nettement circonscrits, occupent des emplacements plus ou moins grands où ils se trouvent convenablement prolégés par d'autres parties des Vertèbres crâniennes, ainsi que par plusieurs de leurs appendices, qui ont, a cet effet, également reçu des formes et des dispositions particulières propres à cet usage; parties qui constituent avec le crâne Tensemble de la Tête,
Cette première division du Rachis devait former dans sa partie crânienne un tout dont les pièces osseuses fussent fixes, afin que leur mouvement, quelque faible qu'il fAt, ne causât pas de compression sur l'Encéphale; la pfus légère pouvant être funeste à lindividu : aussi les os du crâne sont-ils constamment immobiles chez tons les animaux.
Quanta la Tête entière, il était nécessaire qu'elle fAt au contraire mobile, comme elle Test en effet, afin de pouvoir être dirigée de tous côtés; afin que d'une part, les yeux, qui ne peuvent par eux-mêmes pas changer assez la direction de leur axe visuel , pour faire promptement apercevoir les objets placés â Tentonr , puissent cependant être facilement tournés vers eux; et d'autre part, la mobilité de la tête est d*iine grande importance pour la plupart des animaux, comme portant également la bouche , avec laquelle ces derniers ont à saisir non -seulement leur nourriture placée autour d'eux dans diverses directions; mais aussi parce que c*est prind^ paiement avec les dents que les animaux attaquent ceux qu'ils ont à combattre et se défendent contre eux.
C'est pour cette cause de simple u^f/tr^, que la Providence parait avoir laissé une très grande liberté de mouvement à la seconde région de la colonne vertébrale , celle qui constitue le Cou , où le squelette se trouve réduit à la seule colonne vertébrale, portant quelques petits appendices immédiats
cHAmiiB m. lOT
qin géDent peu ses mouvements de flexion dans tons les sens, afin de permettre à la tête de se fléchir selon le besoin daos toutes les directions.
Ces divers mouvements de la tète sont eiécutës an moyen d'an PORT rNGÉNiEUx mécapïisme , qui permet à celle-ci de se fléchir et de tourner, sans que la moelle épinière que le canal racbidien des vertèbres renferme n*éprouve aucune gène qui puisse entraver ses fonctions.
Les vertèbres qui concourent par leur réunion à former la tête , sont au nombre de cinq : une incomplète, antérieure au erâne, ne contribue en rien k former Tenveloppe de Teneéphate ; la seconde ferme simplement la cavité crânienne en avant, et les trois suivantes, constituent, ainsi que je Fai déj^ dit, proprement cette dernière. Ce nombre, bien dis* tinct chez les Poissons, est partout le même pour les quatre vertèbres crâniennes; et l'analogie des piirties indique que la vertèbre la plus antérieure , quoique non distincte dans son corps , chez les Mammifères , les Oiseaux et les Reptiles , doit cependant exister aussi chez eux ; les autres pièces qui entrent dans sa composition s'y trouvant représentées.
Quant aux vertèbres dn Cou (fig. 1 et 2 , 6 e), elles sont, sans qu'on en connaisse la raison , constamment au nombre de sept , chez tous les Mammifères , k l'exception de la seule espèce de l'Aï (Bradypus tridactylns) qui en a neuf; comme pour faire voir que ce chiflre n'existe point par l'effet d'une loi de la nature.
Ce nombre varie au contraire considérablement chez les antres animaux , selon que leur cou devait être plus long , ou plus court, conformément au genre de vie auquel chaque espèce est appelée : objet sur lequel j'aurai k revenir plus bas, 2i I occasion des causes et des eflets que chaque mode d'organisation présente.
Chez les Mammifères, la tête devant jouir d'une grande facilité de mouvement, se meut principalement sur les deux premières vertèbres du cou , qui prennent pour cela une
i08 THÉOLOGIE DK LA ?IATURE.
forme particulière, en constituant ensemble une articulation compliquée fort remarquable. Les Vertèbres ordinaires n'ayant entre elles qu'un mouvement obscur de flexion, il ▲ ÉTÉ FAIT UNE EXCEPTION pour celIcs ci , afin de donner k la tête toute la liberté de mouvement dont elle a besoin, et surtout celui de circumduction , qui suppose en principe qu'il a lieu dans une articulation orbiculaire ; forme que les mécaniciens appellent en genou, mais qui ne pouvait être que difficilement appliquée ici , k cause du peu de fixité doni ce genre d'articulation est susceptible ; à moins de l'envelopper de muscles très-puissants : mais la Nature, toujours si ingénieuse DANS SES MOYENS, j a suppléé par dcux articulations, à mouvements de simple flexion dans un même plan, od Ginglyme , dont les axes de mouvement sont très-rapprochés , et croisés à angle droit. C'est de la combinaison de ces deux flexions que résulte un mouvement qui approche beaucoup, pour l'effet, de la circumduction. Pour cela, la tète s'articule directement avec la première vertèbre ou Atlas ^ au moyen de deux saillies ou Condyles, comprimées d*avant en arrière, placées immédiatement à côté de l'ouverture du crâne , par où sort la moelle épinière; saillies représentant ensemble deux portions d'un même arc de cercle, et s*emboitant exactement dans deux cavités de piême forme de la partie supra-latérale de la vertèbre; mais non avec le corps de celle-ci , ainsi que cela a lieu dans le reste de l'Épine du dos; corps qui n'a reçu que la plus faible hauteur possible, afin de mieux rapprocher de la tête l'articulation entre les deux premières vertèbres; et, par ce moyen seul, la tête ne peut se fléchir que vers les côtés.
L'articulation entre la première vertèbre et la seconde ou Axis, est au contraire tout autrement faite, et toute diflérente aussi de celles qui existent ailleurs entre les vertèbres du reste du rachis. Ce n'est également que par les parties latérales de ces deux os qu'elle a lieu , mais au moyeu de deux f^cettps articulaires, portions d'une même calotte sphérique
' CHAPITRE tll. 109
fort obtiise, en saillie sur la seconde vertèbre, et en creiix sur la première. Quoique cette forme permette le mouvement en toos sens , la flexron est cependant très-bornée vers les côtés , par reffet de ligaments très-forts qui s*y opposent , tandis quelle est plus étendue d*avant en arrière, et permet en même temps un mouvement facile de rotation de la tête, qui entraîne la première vertèbre avec elle. Pour que le déplacement des deux vertèbres ne soit toutefois pas trop fort , et que les mouvemeuts soient mieux réglés, Taxis présente au milieu de la base antérieure de son corps , une forte dent arrondie qui s*élève sur elle dans la direction de son axe , pour servir de pivot autour duquel tourne Tatlas en entraioant la tête. Ce pivot pénètre dans Tintérieur de la cavité de cette première vertèbre, dont le corps , en forme de petite barre transversale, appuie en avant contre lui; tandis qu'en arrière, le pivot appuie contre un ligament également transversal, traversant cette cavité, et donne, par une légère élasticité dont il est capable, de la souplesse aux flexions de la tête en avant.
La moelle épinière devant nécessairement se prêter aux divers mouvements qui s* exécutent dans les deux articulations dont je viens de parler, se trouverait fort souvent tiraillée ou comprimée par les os qu'elle traverse, si cet inconvénient, toujours très-grave pour la vie de l'individu, n'était pas prévenu , comme d'ailleurs tout autre , et ici encore de la manière la plus simple; il a suffi, pour cela, de donner au canal vertébral un diamètre beaucoup plus grand qu'il ne le faut, pour loger la moelle épinière; de manière que celle-ci peut suivre les flexions assez grandes des deux vertèbres sans être gênée par elles.
Ces deux articulations si compliquées, de l'Atlas et de l'Axis se continuant l'une par l'autre dans leurs cavités , n'en forment réellement qu'une, sont garnies intérieurement de poches synoviales, également communiquantes, semblables pour leur texture, et la faculté qu'elles ont ukçue de sécréter
410 th^oun;» pm u matdrb.
de la syQOYÎe ; de manière quecaUe humeur visqueuse qa*elle« renferment, peut facilement passer d^ns tous leurs compartiments, pour remplir les vides qui s'y forment instantanément, par Teffet des mouve^nents, et prévient ainsi les moindres résistances qui pourraient en résulter; dispositions qu*il est impossible dUmiter dans les mécaniques artificielles, en toutes choses infiniment plus imparfaites que celles offertes k notre admiration dans Torganisme animal.
Cet ingénieux em[»loi de la synovie, renfermée ainsi dans des poches sans ouverture , tapissant les caviiés articulaires , se retrouve du reste partout ailleurs, où le mouvement des os les uns sur les autres, doit être très-facile; et, dans certaines articulations , telles que celles qui unissent les corps de vertèbre chez les Poissons cette humeur ayant même été rendue élastique , cette propriété contribue par là puissam* ment à faciliter les mouvements et surtout la natation de ces animaux , ainsi que je le ferai voir en parlant de la lo* comotion de ces derniers.
Entre les autres vertèbres du cou, les mouvements sont cependant encore assez faciles , quoique beaucoup moins que dans les deux premières ; ces os s'articulant non-seulement par des facettes latérales , plus petites et presque planes , mais encore par les bases de leurs corps. Ici, toutefois, le mouvement de Tune k l'autre vertèbre est fort obscur; ces os étant intimement liés par des fibres ligamenteuses fort courtes, de la nature de celles des tendons , qui en s'insérant aux deux os , les empêchent de s'écarter beaucoup ; mais leur permettent aussi un faible mouvement de rotation.
Encore ici nous trouvons un exemple de ces nombreux MOYENS INGÉNIEUX par IcsqucIs la Nature créatrice est
ARRIVÉE SI PARFAITEMENT AU BUT QU'eLLE S* EST PROPOSÉ. Le
mouvement entre deux vertèbres consécutives devant être très-borné , pour empêcher leurs luxations toujours funestes , il s'exécute toutefois en tous sens; résultat obtenu par l'union , ainsi que je viens de le dire , des corps des vertèbres ,
C«APII«B III* lli
Vk moyen de fibres ligaoïentea&es, formant dans leur ensemble un anneau placé à la péripUérie des bases de ces os, el subdivisées en plusieurs cercles concentriques» dontcbacaa est composé de petits faisceaux, obliques à ces deax hases, et alternativement au sens opposé, d'un anneau partiel à Fautre. L*obliquité de ces fibres^permet, d'une part, parla très-faible extensibilité dont elles sont capables , aux deux vertèbres de^s'écarter un peu d'un côté, et de se rapprocher de 1 autre, par la coippression de ces mêmes fibres; effet favorisé par une synovie d'une qualité particulière, qui remplit le centre de l'anneau ligamenteux, en pénétrant partout entre ses faisceaux; cette humeur étant moins fluide que celles des articulations mobiles , et éminemment élastique; de manière que se trouvant comprimée d'un côté, cette synovie porte par son élasticité ses efforts vers le côté opposé, en y produisant l'écartement des deux os. Enfin Tobliquité des fibres ligamenteuses permet aux deux vertèbres d'exécuter de faibles mouvements de rotation l'une sur l'autre. Les muscles, en tordant la colonne vertébrale, tiraillent les faisceaux ligamenteux disposés dans la même direction, qui, quoique fort peu extensibles, se prélent toutefois à ce mouvement, par reiïet de leur obliquité; seulement, les deux vertèbres se rapprochent un peu, en comprimant les ligaments et la synovie élastique pulpeuse, qui , de leur côté, s'opposent à une trop forte torsion.
Nous retrouvons cette même espèce de ligaments entre tontes les autres vertèbres des Mammifères , et surtout chez les Poissons, où ils remplissent leur fonction au plus haut degré de perfection, tandis qu'elle n existe point dans les Oiseaux et les Serpents, dont les vertèbres ayant besoin d'une plus grande mobilité, présentent, a cet effet, 0* AUTRES CONDITIONS, aiusi qu'ou le verra plus loin.
La troisième partie du corps des mammifères, répondant à ce qu'on appelle la Région dorsale du rachis (PI. Il, fig. 1, cd), a principalement été destinée k renfermer les Pou--
mons , appareil de la respiration , et le Cœur^ Tagent essentiellement actif de la circulation sanguine, organes qui auraient pu , autant que cela nous parait au premier abord , être placés ailleurs; mais le Créateur les a disposés ainsi , sans que nous puissions en trouver la raison , ni dans la forme, ni dans les fonctions de ces appareils eux-mêmes; mais il me paraît que c'est plutôt dans des conditions de statique qui s'accordent le mieux avec cette disposition de ces appareils , que se trouve le motif qui a voulu tju'ils fussent placés là.
En effet, la presque totalité des animaux vertébrés ayant leur corps disposé horizontalement dans leur état ordinaire , et appuyé vers ses deux extrémités sur deux paires de membres locomoteurs , ce corps eût trop facilement fléchi dans le milieu, et eût par là rendu la station et la marche sur ces membres impossibles, s'il n'était soutenu par un moyen quelconque; et le plus naturel était, de donner k la partie de l'épine du dos, correspondant à l'intervalle de ces membres, la forme d'un arc sous-tendu par une assez forte corde ; et c'est en effet le moyen qui y fut employé , avec toutes les conditions de solidité que les circonstances spéciales permettaient; mais pour peu que cet arc eût été un peu long, le poids du corps qu'il aurait eu k soutenir eût été tellement grand , que la corde qui le sous tend eût eu à supporter une très-forte traction ; et le mieux était de donner également k cette corde la forme d'un arc courbé en sens opposé; de manière qu'en tendant k s'effacer, ces deux arcs se Ossent, autant que possible, équilibre, 'et pour cela il a fallu les tenir écartés dans le milieu par des arc-boutants qui passant de l'un k l'autre : dispositions qu'on trouve en effet appliquées de la manière la plus savante dans la conformation du Thorax , troisième partie du corps dont il est ici question.
Pour cet effet, il a été placé a la ligne médiane inférieure du corps, un second arc formé dans sa partie antérieure
CHAPITiUI III. 113
par une chaîne d*0St constitoant le Sternum (fig. i, hi); commençant au niveau de Textrémité postérieure du cou , et s'étendant jusque vers le milieu k peu près de la longueur de Tare vertébral , comprenant aussi la quatrième partie du corps, ou Y Abdomen, destiné a renfermer la majeure partie de la masse des viscères , et soutenu dans le dos par la quatrième région de la colonne rachidienne.
L'extrémité antérieure du sternum est écartée à petite distance de Tare formé par le rachis , au moyen des deux Côtes de la première paire (j) : os grêles , mais assez forts , articulés latéralement avec Tun et avec l'autre , en laissant entre eux un espace formant l'ouverture antérieure du thorax. Ces côtes, toujours les plus courtes de toute leur série, s'articulent en haut avec la partie latérale de la première vertèbre dorsale, qui suit la dernière du cou. Cette paire de c6tes est maintenue fortement en place par plusieurs muscles puissants qni, s'attachant à loute sa longueur, se rendent de là aux diverses vertèbres du cou , auxquelles ils s'insèrent, en formant ainsi des étais qui empêchent les côtes de fléchir en arrière. C^est ainsi que sur ces deux premières côtes s'appuient réciproquement les extrémités antérieures des deux arcs formés par le rachis et le sternum. Les côtes suivantes , variables en nombre, suivant l'espèce animale, se rendent de même , par paires , des autres vertèbres dorsales sur le sternum , en formant également entre eux des arcs-boutants courbes convexes en dehors , et dont la courbure de plus en plus forte, et la longueur graduellement plus grande, donnent à l'ensemble des parties la forme d'une espèce de cage osseuse en cône tronqué, allant en s' élargissant depuis le cou jusqu'au milieu k peu près du tronc; soutenue le long du dos par le rachis , inférieurement par le sternum , et formée latéralement par plusieurs paires de côtes k peu près parallèles entre elles.
Les quelques paires de côtes les plus postérieures sont toujours incomplètes : c'est-k-dire qu'en partant, comme
f14 THÉ0L06IB DB LA EYATURX.
les autres du rachis, où elles s'articnlent avec lears vertèbres respectives, elles sont de nouveau graduellement de plus en plus courtes, et n'atteignent pas le sternum, d*où elle sont nommées Fausses tôtes, pour les distinguer des antérieures, appelées Vraies côtes, qui se prolongent au contraire jusqu*au sternum.
Ces fausses côtes se trouvant déjk sur la partie rentrante de la branche postérieure de Tare que forme le rachis , leur force, comme arc-boutant, devient inutile, vu que les dernières vraies côtes soutenant les deux arcs dans leur plus grand écartement , la partie postérieure du rachis prend naturellement la forme arquée par TeiTet de son élasticité et de son poids , auquel s'ajoute celui de la portion postérieure du corps entier, qui tend k la faire fléchir en dessous; en même temps qu'elle est tirée en avant et en dessous par une chaîne de muscles qui continue Tare du sternum , en allant se fixer au bassin : celui-ci formant une forte ceinture osseuse entourant ta partie postérieure du tronc, en s*articulant sur Tare vertébral ; pendant que la convexité de la partie molle postérieure de l'arc du sternum est maintenue par le poids des viscères qui pèse sur elle.
L'ensemble du thorax et de l'abdomen prend ainsi la forme d'un gros fuseau très-renflé , distendu par les côtes dans sa moitié antérieure seulement; tandis que la postérieure a ses parois latérales et inférieures formées simplement de muscles et autres parties molles , conditions exigées par les fonctions que chacune de ces parties remplit dans la mécanique animale : la première , pour donner de la fixité au corps dans la station ; et la seconde , pour lui laisser toute la mobilité nécessaire dans la locomotion. Mais k ces deux causes de pure mécanique , se joignent encore d'autres de simples convenances, ou l'on voit que le Créateur a tiré
ADMIRABLEMENT PARTI DE CES DISPOSITIONS , pOUr la distribution des divers appareils des fonctions essentielles de l'organisme animal , ainsi qu'on le verra plus tard. Il suffît de faire
remarquer ici , d*aprè8 la eourte deseription que je viens de faire de la partie moyeane du corps , comprenant le thorai et Fabdomen , que le premier a dû prendre, ainsi qu'il vient d'être dit, par une simple condition de statique, la forme d'une cage osseuse , qui était par là aussi parfaitement propre à recevoir l'appareil de la Respiration, dont la fonction de*mandait cette même disposition ; et c'est en effet là ou uc Créateur l'a placé.
Quant à la seconde partie moyenne du tronc (deit) ou V Abdomen , elle n'est simplement formée, contrairement au thorax qu'elle suit immédiatement, que de parties molles, soutenues seulement par une portion de la colonne vertébrale , constituant sa région lombaire , qui lui permet de fléchir en tous sens , pour se prêter à tous les mouvements de ces animaux. Cette partie ayant par là aussi la faculté de pouvoir se dilater et de se resserrer plus ou moins, suivant le volume des organes qui s'y trouvent renfermés , elle se prêtait , très-bien aussi , à recevoir tous les appareils organiques sujets à cette sorte de variation , tels que ceux servant à la digestion et à la gestation ; et c'est en effet à cet usage que l'abdomen a été employé. .
Mais quoique le volume et surtout le poids des viscères soient susceptibles de devenir fort considérables , tandis que la région lombaire de la colonne vertébrale, qui seule sou*^ tient l'abdomen , est nécessairement plus faible que la thora* dque , qui cependant ne renferme que les poumons et le cœur, incomparablement plus légers , le Créateur a paré a CE GRAKD incoNvÉNiENT, résultant de la faiblesse de la colonne vertébrale, en lui faisant former, comme il a déjà été dit, la seconde branche de l'arc vertébral sous-tendu par la corde, ou plutôt par l'arc opposé formé par le sternum et les puissants muscles longitudinaux du milieu du ventre, insérés au bord infra-antérieur du bassin. i
Cette faculté de pouvoir varier de volume pour s'accommoder à celui de la masse des viscères , joi'est point ainsi ,
Ii6 THEOLOCIR DE LA RATURE.
comme on pourrait le penser, le seal motif pour lequel Fabdomen n'a pas dû renfermer d'os dans ses parois; mais la principale raison est que les animaux n'auraient pas pu fléchir leur corps pour faciliter les mouvements de locomotion , si , k l'instar du thorax, l'abdomen avait ses parois soutenues par des côtes ; cette flexion devant surtout être facile et étendue chez ceux qui , tels que les carnivores et les grimpeurs , ont besoin d'une grande souplesse de mouvements en tous sens pour le genre de vie auquel les animaux ont été appelés par le Créateur ; et en efiet ^ ces conditions ont été si bien PRISES EM CONSIDÉRATION k l'égard dcs diverses espèces, que, partout où cela devait être autrement, les inconvénients QUI EN sont résultés SONT PARFAITEMENT PRÉVENUS
d'une ou d'autre manière.
Lorsque la région lombaire des rachis a dû être longue et très-flexible , ainsi que cela est dans tous les mammifères qui vivent de chasse, les sauteurs, etc., cette partie de la colonne vertébrale forme avec celle répondant au thorax un arc fortement cintré , afin de mieux porter et prévenir l'affaissement du corps sous son propre poids, qui, sans cela, fléchirait trop facilement. Lk, au contraire, où cette grande souplesse n'est point nécessaire , mais où le poids des viscères est considérable , la région lombaire est fort courie ; ou bien , le bassin qui pour d'autres raisons borne Tabdomen en arrière , se prolonge obliquement en avant dans sa partie supérieure pour supporter en grande partie ce poids: tel est le cas chez plusieurs Mammifères, et surtout chez les Oiseaux. Enfin les minutieuses précautions vont jusqu'au point que , dans toutes les grandes espèces , telles que les Ruminants et les Chevaux^ dont le contenu de l'abdomen est fort lourd , les vertèbres lombaires présentent latéralement des lames osseuses ou Apophyses transverses très-longues, dirigées directement en dehors , pour étendre plus au loin les points de suspension des parois de l'abdomen; afin que ces dernières ne compriment que le moins possible les viscères :
CHAPITRB III. 117
disposition qui se retrouve aussi chez les Cétacés , où le bassin, réduit à un simple rudiment, ne peut, en conséquence , pas servir à maintenir les parois abdominales.
Les mammifères terrestres , devant marcher sur deux paires de membres, la première (opqrst) prend ses points d'appui sur les parties latérales antérieures du thorax ; et la seconde, devant soutenir la région postérieure du corps, prend les siens sur la colonne vertébrale , par l'intermédiaire du bassin , ceinture osseuse qui entoure l'extrémité postérieure de l'abdomen. Pour cela, plusieurs vertèbres (ef) qui suivent les lombes ont été soudées ensemble pour entrer comme pièce moyenne dans la composition de ce Bassin (klmn) pour offrir plus de solidité k l'appui des membres postérieurs (nuvxy). Sur les côtés de cette pièce osseuse ou os Sacrée s'articulent les os CoxauXy très-fortes pièces contournant l'abdomen pour se joindre entre eux à la ligne médiane inférieure. C'est sur ce bassin , véritable base de tout l'édifice organique, que s'appuient toutes les parties du squelette; et que rayonnent, en définitive, toutes les séries de muscles , comme véritable partie centrale du corps.
Dans l'attitude redressée de Yhomme , le bassin se trouvant naturellement placé sous la masse des viscères, et constituant la base de la colonne vertébrale, plusieurs Anthropotomistes virent dans la forme, la disposition et la grande force de ces os , un fait très-remarquable de statique dont ils admirèrent les conditions savantes ; mais comme ce fait n'est réellement qu'une spécialité tout exceptionnelle, les autres mammifères ayant le corps horizontal , il est impossible dadmettre que ces conditions de statique soient le principal motif sur lequel est fondée la composition du bassin ; mais bien une savante modification que le créateur a fait subir au bassin des mammifères quadrupèdes , pour l'accommoder k la fonction spéciale k laquelle il sert dans l'espèce humaine , fonction qui n'est au fond ellemême qu'une simple modification de celle que cette cein-
ii8 THiOLO»» M LA WATUM.
tare osseuse exerce ebe2 les anifnsltii vertébrés de totitei les Classes , où elle sert prînei paiement de point d'appui aux membres postérieurs auxquels elle est subordonnée, secondairement seulement, de moyen de suspension à Tabdomen, et chez Thomme, de support inférieur aux visières.
Enfin la dernière région de la colonne vertébrale, ou la Qîiêue (fg), placée au delà du bassin , ne forme plus qu'une tige plus ou moins longue , composée de vertèbres senle^ ment, accompagnée souvent , vers son origine , de quelques rudiments d*os a|)pendiculaires analogues aUx côtea dont ils sont les dernières traces. Cette queue, ainsi articulée, n'est plus que la fin de la série des vertèbres , qui déjà fort avancées dans leur dégradation, finissent, li l'extrémité, par ne plus être que de simples rudiments , généralement sans usage. Chez certaines espèces toutefois , la Nature , toujours si ingénieuse dans ses moyens, et si admirablement économe dans ses ressources, emploie cette partie réellement terminale du corps à divers usages qui nous offrent plusieurs exemples de ces moyens de haute science et de sagesse par lesquelles Tlntelligence suprême arrive au but qu'elle s*est proposé dans la création des Êtres; et cela toujours selon les circonstances dans lesquelles il lui a plu de placer chaque espèce animale.
Parmi les diverses lois d'organisation qu'il m'a été possible de découvrir, et rapportées plus haut (page 94), je rappellerai ici la sixième, qui trouve entre autres son application dans la marche de gradation que suivent les vertèbres A la lête de l'échelle , les premières vertèbres , b Tétat presque complètement rudimenlaire, forment, par leur corps, la Cloison des fosses nasales; et par leurs appendices, d'autres parties des mêmes cavités, servent de réceptacle au sens de Todorat, en remplissant ainsi encore une fonction. A la fin de la vsorîe formant la queue, les vertèbres, après avoir passé graduellement par plusieurs transformations, finissent , au contraire, tion-seulement par perdre tous leurs
CHAPITRB m. 119
appendices, mais leur corps même, allant toujour s eo dé gradant , finit par être réduit h un simple grain osseux» 6an$ plus aucune fonction : véritable caractère du rudiment.
Cette dégradation finale est plus ou moins rapide chez les diverses espèces animales, où la queue n*a d'ordinaire aucune fonction bien établie , sauf quelques exceptions spécifiques, ou bien propres à quelques familles, dont je parlerai plus bas ; aussi ne peut-on considérer cet appendice du corps, que comme simplement dépourvu de fonctions. Ainsi , déjk dansVJIomm^, la queue se trouve réduite à quatre petits rudiments de corps de vertèbres formant la pointe du Coccyx , dont l'extrémité, ne dépassant pas la masse des chairs qu'elle traverse, n'est en rien visible au dehors ; et se trouve en outre dépourvue de toute espèce de mouvement volontaire. D'autres espèces, comme les Roussettes j n'en ont même pas du tout. Un grand nombre de mammifères ont au contraire des queues plus ou moins longues, en forme de tige grêle, trèsflexibles en tous sens; composées souvent de plus de 20 ou 30 vertèbres ; et même de 43 dans les Pancolins , sans pour cela servir k aucune fonction connue. Dans quelques espèces toutefois, la Nature .▲ transformé 1a queue en un fort bon organe de préheiision , ou plutôt de suspension ; car ce n'est que pour cet usage qu'elle lui a donné la faculté de pouvoir s'enrouler par son extrémité autour des corps , avec une force telle, que l'animal s'y suspend facilement en entier, et y jouit, à cet effet, d'un tact tout aussi délicat que celui de l'homme dans ses doigts , k en juger du moins par l'adresse avec laquelle ces animaux savent trouver et saisir les objets auxquels ils s'accrochent par derrière sans les voir.
Le Castor se sert de sa grande queue , élargie en truelle » pour maçonner les constructions qu'il bâtit dans l'eau ; les Kanguroos et les Gerboises , dont les membres postérieurs sont démesurément plus longs que les antérieurs , ce qui gène infiniment leur marche , et les oblige k sauter sur leurs grandes jambes, ont pour compenser cet inconvénient.
190 rnsoLOGiB ds la nâturb.
une queue longue et très-forte, sur laquelle ils s'appuient dans la station comme sur un troisième pied ; et qui leur sert en même temps de ressort pour mieux s*élancer dans le saut. Enfin dans toute la Famille des Cétacés souffleurs , comprenant les Baleines , et les Dauphins , la queue acquérant le maximum de tout son développement , est aussi grosse k sa base que Textrémité de la région viscérale du corps k laquelle elle fait insensiblement suite, et devient, comme dans les Poissons , dont ces animaux imitent la forme et le mode de natation , le principal agent de la nage ; fonction à laquelle la queue sert essentiellement cbez les animaux nageurs par excellence; ainsi qu'on le verra quand il sera question de ce genre de locomotion.
C'est ainsi que chez la plupart des mammifères , la queue n'est qu'un appendice plus ou moins rudimeutaire du corps, destiné k devenir au contraire , dans d'autres Classes , le principal agent de l'une des fonctions les plus importantes des animaux; quoique k son extrémité, les vertèbres dont elle se compose soient constamment rudimentaires, sinon pour le volume, du moins pour leur forme, leur composition et leur fonction active; et si elle est conservée, longue et fort mobile dans la plupart des mammifères , c'est pour ne pas l'abandonner en principe, afin de la retrouver au besoin dans la grande série des animaux vertébrés , où elle doit au contraire arriver k son plus haut degré de développe^ ment, tant sous le rapport de son volume que sous celui de sa fonction. C'est-k-dire que la Nature, toujours rigoureuse DANS SON principe , dc uc poiut abandonner entièrement un organe dans son échelle de gradation , tant qu'il peut encore être utile pour une fonction quelconque , conserve ici ce grand appendice du corps pour le faire servir, plus loin , k la natation et même au vol , ainsi qu'on le verra plus bas; et s'il disparait quelquefois, dans certaines espèces, c'est tantôt dans des branches latérales, où sa dégradation marche plus vite ; ou bien , parce qu'il n'est pour le
CHAPITRB 111. i2i
moment d'aucune importance ; et dans ce cas on le voit deleùir incertain dans son existence , en disparaissant et en menant alternativement, sans aucune régularité, avant de s'éranouir complètement.
Quelques Physiologistes , voulant tout expliquer, ont pensé que la longue queue des mammifères faisait chez eux les fonctions d*un balancier qui les maintient en équilibre dans la course et le saut; mais c'est vraiment vouloir forcer les conséquences ; car pourquoi telle espèce de singe , comme les Guenons j aurait-elle une queue extrêmement longue, tandis que les Magots y qui ont le même genre de vie, n'en ont pas du tout? Et quel effet de balancier peut faire la queue da Rat, qui n'a pas moins de 26 vertèbres? Et celle si grêle ie Y Éléphant^ qui se compose de 24?
Nous avons dit plus haut comment le Créateur a prévenu la flexion du corps des quadrupèdes dans son milieu , en donnant aux régions dorsales et lombaires de la colonne vertébrale , la disposition d'un arc sous-tendu par une corde formée par le sternum et les muscles de la ligne médiane de Tabdomen , et soutenu par les deux séries des côtes ; disposition si parfaitement établie pour former, d'une part, la cavité thoracique destinée à loger les poumons et le cœur ; et de l'autre , celle de l'abdomen destinée à contenir les viscères, variables dans leur volume.
Si l'on considère exclusivement les conditions de statique qni ont nécessité cette disposition, et qu'on les examine également dans les autres parties du corps , on retrouve dans tontes, la même prévoyance des conditions d'équilibre, si parfaitement calculées pour que l'existence des animaux soit possible, qu'on est bien obligé de reconnaître l'intervention d'une haute Intelligence qui a établi ces dispositions SELON l'usage QUE CHAQUE PARTIE DU CORPS DOIT
REMPLIR. Eo effet, si, comme il a été dit plus haut, le corps des quadrupèdes formait simplement dans les deux régions de la colonne vertébrale répondant h l'intervalle des quatre
ifS THioLOGn 1» LA RATURE.
membres , une voûte plus ou moins cintrée, pour empèeber la flexion du corps sous son propre poids , il en résulterait que les deux extrémités de la colonne vertébrale seraient dirigées obliquement en dessous.
Mais comme la bouche et les organes des sens , les yeux surtout, devaient être placés à l'extrémité antérieure de corps , il a fallu que cette partie fût au contraire dirigée en avant, et plus ou moins relevée, afin que l'animal pftt voir de plus loin et apercevoir les objets placés devant lui pour les saisir avec sa bouche : c'est-k-dire qu'il a fallu pour cela que la partie correspondante du rachis fût de nouveau re* courbée en haut, en formant, ainsi que cela est en effet dans la région du cou placée au devant des membres antérieurs, un arc concave en dessus, en sens inverse de celui que forme la région dorsale; et, pour produire ce résultat, IL A BNTiiE AUTRES ÉTÉ PLACÉ au^dcssus du COU uue grande masse de muscles fixée k toutes ses vertèbres ainsi qu'à celles du dos et k la tête; muscles dont la force considérable produit cette courbure.
Mais cette inflexion du cou ne suffit pas encore : la t^ , placée tout k fait k Textrémité du corps , étant nécessaire* ment plus ou moins lourde , par la masse des organes qu'elle porte , et pesant en conséquence fortement sur Textrémitë libre du cou , elle devait par Ik être soutenue , non*seulement par les puissants muscles de la nuque , dont je viens de parler, mais elle devait être en outre appuyée par en dessous dans sa partie postérieure , afin de diminuer, autant que pos* sible , la longueur nécessaire du bras du levier sur lequel pèse son centre de gravité, qui, toutefois, la fait plus ou moins fléchir vers le bas , en lui faisant faire ainsi une dernière inflexion concave en dessous , ainsi que cela existe en effet chez toutes les espèces, et facilite infiniment les fonctions de la bouche, qui doitsaisir principalementdesobjetis placéskterre.
La tête des Mammifères pesant ainsi k l'extrémité d*an cou plus ou moins long, elle exigeait pour être maintenue
CHAPITRI III. It3
releTée, un emploi de force considérable. Cette paissance se trouve bien , en grande partie , dans les muscles postérieors du cou; mais la force qu'ils ont k produire li cet effet surpasse d'ordinaire de beaucoup celle de l'excès de leur contraction passive, sur celle des muscles abaisseurs du cou, agoutée au poids de la tête, d*oii le surplus de cette puissance devait être produit par Taction de la force volontaire des muselés de la nuque. Or cette contraction permanente eût été très-fatigante pour Tanimal , et de Ik bientôt insupportable. Ce résultat ayant été prévu par l'omnisciengb du Créateur , il fut paré a cette difficulté , en donnant , d'une part, k ces muscles une puissance considérable > et de l'autre , en les faisant agir en même temps , pour augmenter leur force , sur des bras de levier très«longs ; c'est-kdire» en les fixant k leur origine k des apbopliyses épineuses très-longues et fortes des premières vertèbres dorsales , et en les insérant k leur terminaison k la partie supra-posté* rieure de la tête, qui présente k cet effet, suivant le besoin , des lames plus ou moins saillantes, auxquelles les muscles s'attachent : et Ik où ses moyens ne suffirent pas, il a été placé entre ces muscles un faisceau ligamenteux élastique qui , par sa force de contraction purement passive , ajoutée k la puissance également passive des muscles , est capable de maintenir la tête soulevée , en même temps que ce . ligament . cédant par son élasticité k la force de contraction volontaire des muscles inférieurs du cou , permet k l'animal de baisser facilement la tête; tandis quelle se relève d'ellemême sitôt que cet acte volontaire cesse.
Ce Ligament cervical varie ensuite dans sa grosseur, suivant la force qu*il doit produire chez chaque espèce animale. Dans l'homme , la tête étant appuyée en dessous , se trouve de Ik par elle-même presque en équilibre sur le cou , d*où la contraction passive des muscles de la nuque a suffi pour l'empêcher de fléchir en avant , et le ligament cervical a été entièrement supprimé. Il en est k peu près de même pour
toutes les espèces digitigrades à cou court , chez lesquelles ce ligament élastique est tout au plus représenté par un simple raphé filiforme , existant entre les muscles superficiels ; ces organes étant généralement très-puissants chez les animaux , et agissant d'ordinaire sur des bras de leviers fort longs , ils sufiisent pour maintenir la léte relevée. Enfin chez les espèces k cou fort long ou k tête très-pesante, ce ligament existe toujours, et sa force est, comme on peut le penser, proportionnée pour la grosseur k la puissance qu'il a k produire. Dans les Ruminants, il part du sommet des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, en passant de l'une k l'autre, en devenant de plus en plus fort; et de la première , son principal tronc se porte directement vers la région supérieure du crâne, où il s'implante ; et de ce tronc partent ensuite des branches allant s'insérer aux sommets des apophyses épineuses des vertèbres du cou , aussi pour les maintenir relevés.Dans VÊléphant^ dont la tête est fort lourde, ce ligament est d'une grosseur énorme ; et nous verrons plus bas, qu'il existe également chez les oiseaux, mais avec des modifications très-remarquables relativement k sa disposition etk son emploi.
Quant k la partie postérieure du corps qui , dans la même supposition que j'ai faite plus haut, devrait pencher obliquement en dessous dans les régions sacrée et caudale du rachis, en faisant suite k la branche postérieure de l'arc (jorsal et lombaire de ce dernier ; elle produit toutefois en réalité un arc concave en dessus dans la partie sacrée et postérieure des lombes, et cela, non par l'effet de la volonté créatrice, comme on pourrait également le croire, mais uniquement par celui de la traction, qu'exerce sur les vertèbres de cette partie du corps la puissance des muscles , dont la présence et la prépondérance de force sont toutefois dues k la fonction que ces mêmes parties exercent dans la locomotion , en vue
DE LAQUELLE CES MUSCLES Y ONT ÉTÉ PLACÉS. Eu effet, IcS
animaux quadrupèdes devant, soit dans la course, soit dans
CUAPITRB liU it5
le saat y se redresser h chaque bond , plus ou moins , sur leurs membres postérieurs ; ils ont, pour cela, besoin de pouvoir soutenir, pendant ces moments , leur corps relevé, en empêchant la colonne vertébrale de fléchir, etc., surtout dans sa région lombaire,' qui est la plus faible. Or il a fallu plageh
POUR CELA SUR LE SACRUM ET LES LOMBES UNE MASSE DB MUSCLES TRÈS-PUISSANTS CAPABLES DE PRODUIRE CET EFFET,
en rinsérant de part et d'autre aux apophyses épineuses de toutes tes vertèbres de ces régions , et même, plus loin , aux vertèbres dorsales et premières caudales. Ces muscles puissants , en tendant k rapprocher, par leur traction active et même passive , les vertèbres les unes des autres à leur face supérieure, produisent nécessairement par h une courbure concave en dessus, dans la partie correspondante du rachis, traction qui fait relever le sacrum en arrière.
Enfin la queue , plus ou moins faible dans sa partie libre chez la plupart des animaux , n'obéissant qu'à l'action de son poids, se fléchit naturellement en dessous et fait faire de là une dernière courbure convexe en dessus à la colonne rachidienne.
Cest ainsi que s'explique naturellement la forme que prend la colonne vertébrale chez les Mammifères quadrupèdes ; ici par l'efiet de la volonté créatrice qui a voulu PRODUIRE tel résultat ; là par le simple efiet de la traction active ou passive des muscles , ou bien uniquement par le poids des organes; c'est-à-dire, pour^ces derniers cas, par des causes purement dynamiques , sans qu'on puisse y voir précisément pour celal'influenced'une volonté déterminante.
Si Ton examine de même , sous le rapport de Téquilibre , les conditions d'existence de l'espèce humaine, qui se tient et marche debout, altitude toute difierente de celle des quadrupèdes , on arrive cependant exactement aux mêmes résultats.
En considérant l'épine du dos comme exempte de toute influence étrangère, elle se présente comme une tige droite.
IS6 ruàiOLoaa m la ■▲torb.
élefëe sar le milieu da bord po&térieur du bassin qui lai sert de base. Mais, comme la masse des viscères et autres parties du corps se trouvent placées au devant de cette tige, le centre de gravité s'y trouve en conséquence aussi , et tend k faire fléchir le corps en avant ; de Ik la nécessité de placer, tout le long , en arrière de la colonne vertébrale , une série échelonnée de muscles dont la traction , en sens opposé , est capable de faire équilibre au poids agissant au centre de gravité. Or ces muscles ayant un effort d'autant plus grand k faire qu'ils s'insèrent plus bas sur la colonne vertébrale, les plus inférieurs ont nécessairement dû être les plus puissants ; et , comme cet effort est constant , ils doivent tendre k faire fléchir en arrière les premières vertèbres inférieures comprenant le sacrum et les lombes, en leur faisant faire un arc postérieurement concave : ces muscles étant plus puissants que ceux placés k la face antérieure de la colonne vertébrale, dont la force n'est que le complément de celle du poids du corps que les muscles postérieurs contre-balancent ; poids qui étant appliqué k la partie supé* rieure du corps et k une certaine distance du rachis, n'agit que médiatement sur les vertèbres lombaires , et ne s'oppose, en conséquence, pas k la courbure qu'elle forme.
Les vertèbres dorsales , placées un peu plus haut que les lombaires , se trouvant sous ce rapport dan» les conditions semblables , seraient de Ik disposées , en cédant aux mêmes efforts , k prendre également cette direction , en continuant l'arc Concave en arrière ; mais intervient ici une autre force. La double série des côtes, formant des arcs-boutants transversaux, qui se rendent de chaque vertèbre dorsale en avant sur le sternum, et celui-ci se trouvant tiré en bas, d'une part, par les muscles du bas-ventre, attachée au bord antérieur du bassin , et d'autre part par le poids des viscères suspendu aux côtes, et au sternum; ces forces réunies tendent non-seulement k faire courber la région dorsale du rachis en avant, mais elle la force k sarquer dans cette
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direction par lear action snr les c6tes ; c'est-à-dire que le stanum , étant tiré en bas, tend k prendre une direction verticale ; et repoussant par là les côtes d'autant plus en arrière qne celles-ci sont plus longues et en conséquence plus inférieures, la partie dorsale du rachis prend par ces divers efforts une courbure convexe en arrière, et entraînerait les Teitèbres du cou dans la même direction si celles-ci n'étaient pas: sollicitées par d'autres forces.
La tète, placée k Textrémité du cou, ayant un poids plus ou moins considérable , mais toujours beaucoup plus grand que celui d'une seule vertèbre , tend aussi à faire fléchir le €on en avant ; et, pour la maintenir en équilibre , il a fallu que son poids fût contre-balancé par la force des muscles puissants ou des ligaments placés à la nuque , où ils prennent leiir point d'appui , soit sur les vertèbres du cou , soit sur les dorsales supérieures; d'où leur effort, produit sur la région des vertèbres du cou , a le même effet que ceux du bas du tronc sar la région lombaire, c'est-à-dire qu'elle la fait arquer en arrière. Enfin le poids absolu de la tête , dont le centre de gravité spécial est aussi en avant de son point d'appui sur l'atlas, ramène encore la série des vertèbres eéphaliques en avant.
Quant aux vertèbres de la queue , réduites chez l'homme à quatre osselets, formant ensemble la petite pointe du €occyXf cette partie qui ne dépasse pas les r.hairs, est fortement tirée en avant par les muscles du périné dans les quels elle est engagée ; et de là fléchit vers le devant , en formant, comme chez les quadrupèdes , également un arc eottvexe en arrière.
On voit, d'après ce court exposé des forces principales qui agissent sur la colonne vertébrale de Thomme , que les courbures alternatives en arrière et en avant qu'elle forme , sont également dues, comme dans les Mammifère^ quadrupèdes , en grande partie à l'effet dynamique des muscles , agissant sur les vertèbres par des causes différentes, et sont
i98 THEOLOGIE DB LA NATURB.
cependant exactement les mêmes ; et la preuve que ces inflexions ne sont dues qu'k la traction des muscles , c^est que, dans le fœtus , la colonne vertébrale est parfaitement droite avant que les muscles n'aient acquis la force de traction dont ils sont plus tard capables.
Nous avons vu plus haut que les divers os dont se compose le squelette , et notamment les vertèbres , présentaient divers prolongements plus ou moins longs et forts ou Àpophyses , afin d'offrir, d'une part, une plus grande surface aux attaches des muscles , et faire de l'autre Toffice de leviers, sur lesquels ces muscles agissent alors avec plus d'eiBcacité. La direction qu ont reçue ces apophyses est en ellemême fort remarquable, étant généralement dans le
SENS DE LA RÉSULTANTE DE TOUTES LES FORCES MUSCULAIRES QUI AGISSENT SUR CES DFVERS PROLONGEMENTS OSSEUX , autaDt
du moins que Toeil peut en juger , cette force ne pouvant pas être exactement appréciée. Les exceptions k cette loi, dans les cas où une raison quelconque Ta exigé autrement, prouvent que cette direction des apophyses ne doit pas être considérée comme un simple effet dynamique produit par la traction des muscles, mais bien comme celui d*une SAVANTE INTENTION QUI l'a VOULU AINSI. Car pourquoi Tapophyse du coude, par exemple, est -elle dans la direction du cubitus dont elle fait partie, et non pas dans celle des muscles extenseurs de i*avant-bras chez les quadrupèdes , où elle fait au contraire un angle très-grand avec la direction de ces muscles ? De même aussi , pourquoi Tapophyse formant le talon , est-elle dirigée obliquement en dessous chez rhomme, pour servir de principal appui au corps dans la station, et non directement en haut, dans le sens des muscles extenseurs du pied qui agissent exclusivement sur elle? pourquoi dans les quadrupèdes reste-t-elle dans Taxe du pied, au lieu de prendre la direction de ces mêmes muscles ? et je pourrais citer encore d'autres cas fort nombreux. Les apophyses de la colonne vertébrale et autres sont, au