‹ Théologie de la natureChapitre 19 sur 119 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

contraire , généralement dans la direction de cette résultante ; et cela est surtout remarquable chez Ie3 espèces trèsagiles et sautantes , où leur longueur et leur disposition sont fort différentes de celles des espèces lentes et lourdes , où ces mêmes prolongements sont d'ordinaire autrement disposés ; caractère qu'on peut par Ik même reconnaître à l'inspection du sqnelette seul de ces animaux.

Dans les Mammifères lents et lourds , les apophyses épineuses et transverses de la colonne vertébrale sont généralement courtes , larges , et par Ik fort rapprochées d'une vertèbre à l'autre ; leur déplacement angulaire devant être très-borné dans les mouvements de ces os , n'exigent pas un plus grand écartement, et d'ordinaire elles sont perpendiculaires à l'axe des vertèbres ; tandis que chez les espèces agiles, et par conséquent légères, ces mêmes apophyses sont au contraire grêles , et la plupart obliques à l'axe de l'os , pendant que leur longueur varie suivant l'effet qu'elles doivent produire comme leviers.

Dans les espèces sauteuses par excellence , telles que le Chai , qui s'élancent non-seulement par l'extension subite des membres locomoteurs préalablement fléchis, mais aussi par le débandement de la colonne vertébrale, où celle-ci, d'abord fortement arquée, s'é tendant rapidement, contribue puissamment k la projection du corps au loin.

Cette action de la colonne vertébrale ayant lieu de ses deux extrémités vers le milieu, c'est dans ces deux sens opposés que les muscles agissent ; et c'est aussi dans cette même direction que sont placées les apophyses des deux parties; c'est-k-dire, que celles de sa portion antérieure le sont obliquement en arrière , et celles de la région postérieure obliquement en avant ; de manière que l'apophyse moyenne , celle appartenant k la vertèbre vers laquelle les deux mouvements ont lieu reste droit. Quant k la longueur et k la force de toutes ces apophyses, elles sont d'autant

plus grandes , qu'elles sont plus éloignées de ce centre de mouvement ou Nœud vers lequel la force se concentre; et c*est en conséquence aussi l'apophyse épineuse de la vertèbre moyenne qui est la plus courte.

Quant aux apophyses transverses, généralement horizontales et perpendiculaires à l'axe de leurs vertèbres respectives, dans les espèces qui ne débandent pas leur rachis en sautant; elles sont d*ÂUTANT plus larges et plus LONGUES chez celles-ci , qu'elles ont un plus grand poids A supporter. Dans les espèces au contraire qui sautent au moyen de Texlension de la colonne vertébrale, ces mêmes apophyses sont grêles, et dirigées plus ou moins obliquement vers les vertèbres occupant le nœud de mouvement du rachis; et d'autant plus longues qu'elles s'éloignent davantage de celle dernière , si toutefois d'autres causes AUXQUELLES ELLES SONT SOUMISES ne modifient point l'effet de celle loi .

Celte disposition des apophyses des vertèbres présente quelques exceptions considérées comme caractères des espèces sauteuses , vu qu'on la trouve également chez certains mammifères non sauteurs ; mais toutefois très-souples dans les mouvements de leur colonne vertébrale ; tels que les Ours; tandis que jamais une espèce débandant sa colonne vertébrale dans le saut n'a ces apophyses courtes et perpendiculaires à Taxe de l'os.

Ces deux conditions dans lesquelles se trouvent les apophyses de la colonne vertébrale, se remarquent entre autres aussi chez l'Homme. Le corps étant vertical les muscles postérieurs de Tépine du dos, agissant tous de bas en haut sur les vertèbres , afin de maintenir le corps redressé : les apophyses épineuses de toute la colonne vertébrale sont fortement dirigées en bas ; tandis que les transverscs , sollicitées à la fois par des muscles qui les tirent les uns en bas et les autres en haut, restent transversales.

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