CHAPITRE m
La colonne vertébrale formant, ainsi qu'il a été dit plus hant, la partie centrale de la charpente osseuse qui soutient le corps, et détermine sa forme et ses proportions chez tous les ANiM Aox VERTÉBRÉS , c'cst sur ccttc séric d'ôs impairs qae viennent 8'apt>oyer latéralement tous les autres os da corps formant leurs appendices directs ou indirects constituant le reste du squelette. Or, de même que les vertèbres, ces diverses pièces osseuses se modifient gradueUementJdans leurs séries d'analogues , d'une part d*après la loi de gradation à laquelle elles sont soumises comme toas les antres organes en passant d*une fâhilLe h l'autre dans toute la chaîne des animaux vertébrés ; et d'autre part, suivant les conditions spéciales dans lesquelles elles se trouvent snccessivienient dans leurs rangs sur le même animal ; et cela an point de changer souvent tellement de forme qu'on a de h peine à reconnaître leur analogie. C'est dans ces derniers temps seulement que le célèbre Naturaliste allemand Oken a reconnu que les os de la tête n'étaient autre cbose qu'une série de vertèbres accompagnées de lears appendices immédiats et médiats analogues & ceu\ des vertèbres du trône.
Quoique les transformations qu'ont subies les vertèbres de la tête et leurs appendices soient les plus fortes , et de là les pins remarquables , je m'abstiens de les indiquer ici , ne pouvant pas accompagner leur description des figures nécessaires i en faire comprendre la forme, la théorie et les fonctions ; ol^et ponr lequel je renvoie k mon travail sur Tanatomie du Chat^ me bornant ^ indiquer uniquement ici ces appendices pour le reste de la colonne vertébrale , où beaueonp plus simples, on en suit facilement la série; en même temps qu'on reconnaît, sans difficulté, les raisons
SCIEfiTiFIQUES QUI EN ONT DÉTÉRIORÉ LES HOBIPICATIONS.
C'est k la région dorsale de la colonne épinière , que ces ^pendices vertébraui sont le mieux caractérisés comme tel», et qn'on peut le plus convehaMeraent les prendre pour
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type, afln de les faire servir de terme de comparaison. Ces appendices, connus sous le nom de Cdtes, forment, ainsi qu'on Ta déjà vu , de longues tiges grêles , arquées par ellesmêmes, p'our entourer transversalement le tronc, et se rejoindre par paires , au devant de la poitrine , sur la série d'une autre chaîne d'os mitoyens , constituant le sternum.
Ces côtes se composent, chez. les Mahmifères , de trois pièces consécutives, auxquelles se joint encore un appendice latéral chez les Oiseaux et les Poissons.
La première de ces pièces , ceUe qui s'attache à la vertèbre, est très-petite, ne formant qu'un simple grain en ca* lotte sphérique , constituant la tête articulaire sur laquelle la côte se meut. La seconde est au contraire une très-longue tige , dont la première n'est qu'un petit appendice , plus tard soudé avec elle; et la troisième» qui n'est que la continuation de la seconde , ne s'en distingue , qu'en ce qu'elle reste presque toujours cartilagineuse ; et c'est celle-ci qui joint le sternum.
Aux vertèbres du cou , les côtes ne sont représentées que par une partie surajoutée k leurs apophyses transverses, sans jamais former une pièce spéciale; mais qu'on reconnaît comme telle, par son analogie avec des parties semblables dans les Reptiles sauriens et les Oiseaux.
Aux lombes, région qui fait suite au dos.^ les appendices costaux manquent complètement chez les Mammifères ; mais se retrouvent également sous forme de rudiments , et même bien mobiles , chez les Reptiles et les Oiseaux. Enfin aux vertèbres sacrées qui , à leur tour, suivent les lombaires , ces appendices reparaissent, au contraire, plus développés que partout ailleurs ; comme employés, ainsi que je l'ai dit, k former la partie centrale du squelette , sur laquelle toutes les autres, même la colonne vertébrale, prennent leur appui.
Ces vertèbres sacrées, au nombre d'une ou de plusieurs : (sept dans la Taupe ^ cinq ehez Y Homme ^ trois dans le Ch€U
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et une sente chez le Kanguroê^ ponr donner plus de solidité an bassin dont elles forment la partie moyenne postérieure, se soudent entre elles , en ne formant qu'une seule pièce ou Sacrum; et leurs appendices constituent les parties latérales du bassin où Ton distingue toujours au moins trois pièces anatomiquement analogues aux côtes; pièces bien distinctes dans les jeunes sujets, mais soudées plus tard. Ce sont les deux os Ilium, formant la partie latérale postérieure du bassin ou les hanches ; les Pubis , qui , partant de ceux-ci , se portent en ayant , et se joignent dans la ligne médiane ; et les /scAion, qui, placés à la suite des deux premières paires, constituent la partie anale du bassin. Dans les espèces du genre Chatj on distingue en outre encore une quatrième paire d'os , bien plus petits , placée au point de rencontre des trois grands , au fond de la cavité articulaire de la cuisse. Enfin , j'ai découvert dans le même animal encore une autre paire d'osselets, également très-petits; mais distincte seulement dans le très-jeune âge ; placés entre la première apophyse transverse du sacrum et l'os de la hanche.
Quoiqu'il soit fort difiBcile de déterminer exactement l'analogie que ces cinq paires d'os ont avec les côtes dorsales qu'ils représentent bien évidemment, on peut toutefois, en se fondant simplement sur leur disposition , reconnaître que la dernière petite pièce dont je viens de parler, est l'analogue de la première pièce de la côte dorsale , formant sa tète articulaire; que l'os de la hanche se rapporte à la principale pièce de la côte ; les Pubis , aux cartilages costaux; l'osselet propre aux Chats ^ à l'appendice costal des Oiseaux; et que les Ischion représentent une seconde paire Ah cartilages costaux, dont les pièces postérieures manquent.
Enfin on retrouve aux vertèbres caudales, encore des appendices latéraux, ordinairement fort petits, représentant les côtes , et devenant même fort grands chez les espèees dont la qheue agit avec force dans quelques fonctions;
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aiosi que cela existe dans les«Jiran9tiroo« et les Cétacés.
Ces analogies dont je viens de parler, sont du reste parfaitement prouvées par la série non interrompue de ces appendices vertébraux , chez les Reptiles sauriens , où ils conservent, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, parfaitement leur caractère de côtes ; et si dans les autres animaux ces appendices varient fortement suivant leur rang et leur fonction, ils montrent avec quel soin ingénieux l'Intelligence suprême a su les accomiioder partout a l'usage auquel elle les a destinés.
Nous avons vu plus haut que les Mammifères affectaient deux principales attitudes ; celle de l'espèce humaine, dont le corps est redressé verticalement, et celle des autres espèces, dont le corps est horizontal. Cette différence est simplement une conséquence physiologique de la fonction des deux paires de membres, dont la première, exclusivement destinée a la préhension dans Tbomme, a eu besoin d'être libre dans les principaux actes de la vie, pour être toujours prête a saisir les objets; et que la seconde paire seule, destinée k la locomotion , appuie sur le sol pour soutenir le corps; tandis que dans la plupart des autres Familles de la même Classe , les quatre membres devant servir k la locomotion , posent nécessairement à terre ; d'où le corps a dû prendre une disposition horizontale. Enfin chez les espèces où la transformation de la main en organe de locomotion a lieu , on voit aussi tout le corps prendre graduellement, dans chacune de ses parties, les caractères qu'il doit avoir chez les quadrupèdes.
Par cela même que les membres antérieurs ne servent dans ï Homme qu'à la préhension, ils ont dû être non-seulement libres, mais encore composés de plusieurs parties consécutives, alin de pouvoir être dirigés de tous côtés pour saisir; et Ton verra plus loin, que cette même subdivision en plusieurs parties, des mêmes membres, est aussi nécessaire chez les quadrupèdes.
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Dans toute la Classe des MAHHiFÈRiis , les membres antérieurs se composent de cinq parties consécutives bien distinctes par leur mobilité : Y Épaule^ soutenue par Tos de V Omoplate (PI. II. fig. i. o) et la Clavicule (p), quand celle-ci existe; le Bras y que soutient Y Humérus (pq); Y Avantbras (qr)^ où se trouvent les os du Cubitus et du Radius; la Palmure (rs)^ soutenue intérieurement par plusieurs petits osselets, au nombre de huit au plus, placés k sa base, et constituant ce qu'on nomme le Carpe; et de plusieurs petits os longs , en nombre égal k celui des doigts ; mais jamais de plus de cinq, ou os Métacarpiens placés vers l'extrémité. Enfin le membre est terminé par les Doigts («O» ^^ nombre variable, de un Jusqu'à cinq, selon l'espèce; dont chacun des quatre externes renferme trois Phalanges osseuses ; et le premier ou l'interne, lorsqu'il existe, deux seulement; règle générale pour tous les Mammifères , k l'exception toutefois des Cétacés souffleurs , qui offrent un plus grand nombre de phalanges k leurs doigts ; probablement par leur voisinage avec les Reptiles, où le nombre de ces osselets n'est plus aussi généralement fixe.
V Épaule forme dans Y Homme une masse charnue élargie en grande palette, renfermant l'omoplate et appliquée postérieurement contre la partie supérieure du thorax, auquel elle est unie par de puissants muscles , tandis que par son extrémité externe elle est fixée au sternum au moyen de la Clavicule; os long se rendant de l'angle externe de l'omoplate , avec lequel elle forme le moignon de l'épaule , transversalement en dedans pour s'articuler par son autre extrémité avec la partie supérieure du sternum.
Le principal muscle qui fixe Tépaule est le Grand dentelé^ lame charnue en forme d'éventail tronqué au sommet, où ee muscle se fixe au bord postérieur de Tomoplate, et se dirige dé Ik en dedans et au-dessous, entre cet os et les côtes, en s'élargissant beaucoup pour s'insérer k ces dernières par plusieurs digitations.
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Par ce puissant moyen d'upion de Tépaule au thorax , elle conserve la faculté de glisser plus ou moins sur ce dernier, en se mouvant sur la clavicule, qui peut elle-même céder sensiblement, par sa mobilité sur le sternum , en permettant k Tépaule de s'élever, de s'abaisser, et de se porter même un peu en avant; mouvements produits par plusieurs autres muscles encore, insérés soit à Tomoplate , soit à la clavicule , et même au bras , en prenant leurs points fixes sur la colonne vertébrale , la tête ou les parties antérieures du thorax : mouvements qui se réduisent toutefois simple-ment à des glissements en tous sens sur ce dernier.
L'os de l'omoplate , lui-même élargi en grande palette triangulaire, fort mince, dans sa partie tournée vers l'épine du dos , est au contraire renflé à son angle externe , où il se termine par une large troncature concave, formant une cavité en portion de sphère, dans laquelle s'articule l'os du bras ou Humérus. Celui-ci y est terminé k cet effet par un renflement dont la partie interne est également en portion de sphère, s'emboitant dans cette cavité de l'omoplate dans laquelle l'humérus se meut en tous sens ; et ces deux os sont unis entre eux spécialement par un large ligament circulaire ou Capsule articulaire , fixée k chacun autour de sa surface articulaire. Cette capsule très-forte, comme partout où les os ont de grands efforts k exercer, est ici surtout ample et l&che , afin de permettre au bras un mouvement de circumduction très-étendu , qui lui permet de pouvoir être dirigé de tout côté. Hais pour l'empêcher toutefois de sortir DE son emboîtement , ccttc capsulc est puissamment soutenue tout autour par de nombreux et larges muscles qui y adhèrent par leurs tendons.
Aux autres articulations du membre, ces capsules sont généralement plus faibles, étant partout proportionnées aux efforts que les os qu'elles unissent ont k supporter, et deviennent même nulles, lorsque les articulations sont entourées d'organes capables de les suppléer dans leur