CHAPITRE III. i
fonction; circonstances où nons trouvons encore de nombreux exemples de ces soins minutieux , avec lesquels tout est si admirablement prévu.
Pour que les mouvements soient le plus faciles possible dans l'articulation de l'épaule , comme d'ailleurs dans toutes les autres permettant une très-grande mobilité, le Créateur A REVÊTU les surfaces articulaires des os d'une couche de substance cartilagineuse d'un tissu très-fin , serré , à surface lisse, et d'un poli brillant, au moyen de laquelle les os glissent les uns sur les autres avec fa plus grande facilité ; et cela d'autant mieux que TIntelligence suprême, qui
NON-SEULEMENT CONNAIT TOUT, MAIS NE MANQUE NULLE PART d'établir SES OEUVRES DANS LES CONDITIONS LES PLUS PAR- FAITES qu'elles COMPORTENT, SELON LE BUT QU'eLLE S'eST PROPOSÉE , A EU SOIN DE BAIGNER ICI l' INTÉRIEUR DE l'aR-
ticulation , ainsi que toutes autres , de cette même Synovie , dont il a été question en parlant plus haut du
MOUVEMENT DES TENDONS DANS LEURS GaInES. CcttC humCUr
visqueuse remplissant au degré le plus éminent les usages de l'huile dans les mécaniques artificielles, est sécrétée, comme dans les gaines des tendons , par les parois d'une membrane très-mince, formant une poche sans ouverture, qui tapisse tout l'intérieur des articulations, absolument comme les gaines synoviales dont elles sont les analogues. Cotte tunique , après avoir revêtu les têtes cartilagineuses des os , passe de 1 une à l'autre en doublant intérieurement le ligament capsulaire.
Mais la synovie ne sert pas seulement k faciliter ainsi le mouvement des os les uns sur les autres, dont le frottement est souvent très-fort dans les grands efforts que ces pièces ont à supporter en agissant comme levier ; elle sert encore, par l'effet de sa fluidité, k remplir promptemeutles parties de la cavité articulaire qui, par le déplacement des os , pourraient rester vides ; vacuités qui s'opposeraient k la* facilité des mouvements et les rendraient
même j[)resque impossibles. C'est ainsi qu'au moyen d'un seul agent, la Nature a su éviter deux inconvénients,
EN MÊME TEMPS Qu'eLLE à PU S' AFFRANCHIR DE LA NÉCESSnÉ DE DONNER AUX PARTIES ARTICULAIRES DES OS LA FORME
rigoureusement GÉOMÉTRIQUE , auxquelles les plus habiles ingénieurs sont obligés dans la composition de leurs mécaniques ; tandis que dans les articulations des os, rien n'est, ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, jamais ni parfaitement sphérique, ni exactement cylindrique , cela n'étant pas nécessaire ; et la Nature a pu laisser par Ik beaucoup aux effets des circonstances fortuites y sans inconvénients pour Texécution des mouvements, même les plus précis.
Le bras de Thomme entièrement libre dans toute sa longueur, afin de pouvoir être dirigé facilement de tous côtés, obéissant simplement k son poids , est naturellement dirigé verticalement en bas, en faisant un angle droit avec l'axe des épaules.
Mais pour que le bras, placé le long du corps, trouvât UN APPUI SUFFISANT AU-DESSUS DE SA TÊTE , qui ue s'articulc que par le côté avec Textrémité du corps de l'omoplate ; celle-ci présente au milieu de sa face postérieure une forte crête très-saillante dirigée de dedans en dehors, et se prolonge au delk de la cavité articulaire en un fort élargissement appelé Acromion^ passant au dessus de la tête de rhumérus pour lui fournir un appui. Enfin pour donner TOUTE LA fixité DÉSIRABLE au bras, en lui laissant toutefois Félasticité nécessaire à la souplesse des mouvements, il existe, tant chez V Homme que chez tous les quadrupèdes qui ont de grands efforts à faire av^ leurs bras, une Clavicule en forme de tige plus ou moins forte, dont il a déjà été parlé, se rendant du sommet de Tacromion transversalement en dedans, pour s'articuler à son autre extrémité avec le bout du sternum , et sert à maintenir les épaules toujours écartées au même point, en faisant Tarc-boutant contre toute force qui tend h les rapprocher.
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Lexistence de la cla?icule dans tout son développement caractérise généralement les animaux obligés à faire de grands efforts d'adduction avec leurs bras; tels que les grimpeurs, les fouisseurs, les volants, et ceux qui manient les objets avec leurs mains.
Cette règle offre cependant quelques exceptions difficiles k expliquer, probablement parce que nous ne con* naissons pas totites les conditions qui exigent que ces os soient très-développés. C'est ainsi que les Lapins y qui creusent des terriers, n'ont cependant que des clavicules imparfaites , suspendues simplement dans les chairs ; et il en est de même des Chats, qui grimpent avec facilité; enfin dans les Ours, animaux qui exercent une force énorme dans l'adduction de leurs membres antérieurs, en combattant leurs ennemis qu'ils étreignent dans leurs bras, n ont cependant qu'un simple petit rudiment de clavicule également suspendue dans les muscles au devant de Té* paole.
A son extrémité inférieure, Tos du bras s'articule chez tous les Mammifères k la fois avec les deux os soutenant
Tavant-bras, comme lui é<;alement dirigé en bas dans Tétat de repos , et un peu fléchi en dedans chez V Homme. Pour cela, 1 humérus présente deux forts renflements placés à côté l'un de l'autre, formant ensemble plus de la moitié d'ooe grosse poulie, dont les Saillies ou Condyles sont di-> rigées obliquement en dessous et en avant. Entre ces deux saillies s'articule en arrière l'un des, deux os de l'Avantbras ou le Cubitus, dont l'extrémité, dépassant la poulie, forme la saillie du Coude. De son côté , cet os présente également une articulation en arc de poulie, mais concave, s'emboitant dans celle de Thumérus.
On voit de suite que , par la forme de cette articulation des deux os, le mouvement que Tavant-bras peut exécuter De saurait avoir lieu que dans un seul plan vertical, dirigé d'arrière ep avant.
Ces mouvements alternatifs de Tarticulation sont solidement assurés , d'abord par la profondeur de Temboitement des parties , et ensuite par de puissants ligaments qui unissent les deux os ; ligaments qui s'implantent latéralement k ces derniers; du côté du cubitus, le plus près possible du milieu du bord de son échancrure articulaire et du côté de l'humérus, k l'extrémité de Taxe de mouvement de l'articulation ; c'est-k-dire de chaque côté, au centre de l'arc de poulie que forment les condyles. Ces ligaments latéraux , ainsi inséi'és conformément aux principes mathématiques DE LA MÉCANIQUE, n'éprouvcut par Ik aucun tiraillement pendant le déplacement des os, d'où pourrait résulter la moindre gêne dans les mouvements du cubitus que ces ligaments suivent , comme un rayon parcourt la circonférence d'un cercle ; tout en tenant ainsi constamment les os parfaitement unis. Cet emploi de ligaments latéraux, disposés dans ces conditions , se retrouve d'ailleurs k toutes les articulations k mouvements alternatifs ou ginglynoîdes chez tous les animaux pourvus d'un squelette intérieur,
COMME ÉTANT LE MOYEN LE PLUS SIMPLE ET LE PLUS EPPIGACE DE RÉGLER CES MOUVEMENTS.
Le second os de l'avant-bras ou le Raditis est placé le long de la face antérieure du premier, qu'il croise un peu obliquement; c'est-k-dire que supérieurement il s'articule par son extrémité tronquée présentant une petite facette articulaire concave arrondie, avec la grosse saillie externe de l'humérus seulement , sur laquelle le radius peut ainsi k la fois tourner en rotation , et glisser le long de cet arc de poulie, en suivant le cubitus, auquel il est lié latéralement par des ligaments , et entre autres par un anneau ligamen* teux entourant sa tête cylindrique, anneau qui lui laisse la facilité de tourner ainsi sur lui-même.
L'extrémité inférieure du radius est au contraire placée en dedans, et un peu au devant de celle du cubitus; de pianière que ces deux os sont dans leur disposition respec-