CHAPITRE lU
tive comme tordus Tun sur l'autre d'un demi-tour, et ne se touchent qu'à leurs extrémités , où ils s'articulent latéralement entre eux.
Par Teffet de cette disposition, le radius conserve la faculté de tourner par son extrémité inférieure autour du cubitus, en se détordant avec lui pour lui devenir parallèle, position où son extrémité inférieure est, comme la supérieure, en dehors et un peu en avant du cubitus. Cette disposition si simple et les mouvements de rotation si ingé- MiEusEMENT OBTENUS daus Tavaut-bras , où le radius entraîne la maia avec lui ; cet os fait exécuter à celle-ci un mouvement de volte pour lui faire présenter selon le besoin la paume ou le dos en dessus, mouvement surtout bien marqué chez VHonime et les Singes^ qui se servent principalement de leurs mains pour saisir les objets dans toutes les positions; cette rotation de l'avant-bras pouvant aller chez eux jusqu'à un demi-tour ou un peu plus ; tandis que chez le Chat et ses congénères , etc. , qui saisissent également avec leurs mains, mais d'ordinaire seulement au devant d'eux , ce mouvement n'est que d'un quart de tour; ce qui leur suiQt pour l'usage qu'ils ont à faire de leurs membres antérieurs , c'est-à-dire que, d'horizontal que se trouve le plat de leur main , ils peuvent le placer dans une position verticale , la paume en dedans. Ce mouvement est ensuite plus limité encore chez les autres mammifères, qui emploient peu leurs mains à la préhension ; et il est non-seulement presque insensible chez les espèces dont les membres antérieurs ne servent qu'à la marche , mais les deux os de l'avant-bras sont même soudés entre eux dans les Ruminants et les Solipèdes , afin de leur donner la plus grande fixité , dont ces animaux ont besoin dans la course; vu que la facilité avec laquelle ces os tournent Tun sur l'autre exposeraient l'animal à des entorses, accidents que ces animaux eussent été obligés de prévenir par des efforts constants des muscles qui s'y opposent; efforts qui causeraient une fatigue qui devien-
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drait bientôt douloureuse et insupportable. Cette sage PRÉCAUTION , qui prive ainsi des animaux d'une faculté qui , ne s' accordant pas avec le reste de leur organisation , leur deviendrait même contraire et funeste , nous montre encore dans ceci avec quels soins bienveillants l'Intelligence
CRÉATRICE EST DESCENDUE JUSQUE DANS LES PLUS PETITS DÉTAILS DE PRÉVISION DE TOUT CE QUI PEUT ÊTRE AVANTAGEUX OU DÉFAVORABLE A CHAQUE ÊTRE.
Quant k la forme et k la disposition de la Main , on remarque dans les divers genres de Mammifères des différences encore plus grandes que dans le reste du membre ; différences qui dépendent, d'une part, de l'usage que ces animaux doivent en faire , k l'égard des êtres extérieurs , ou pour la locomotion; et, d'autre part, de la marche de gradation que les membres suivent d'une famille animale k l'autre, et par laquelle ces membres se transforment graduellement d'organes préhenseurs en organes locomoteurs par excellence , et enfin en organes du vol ou même de natation , dernière fonction où ils ne conservent toutefois qu'une action accessoire, devenant presque entièrement rudimentaire.
Dans l'espèce humaine , où les membres antérieurs présentent la condition la plus parfaite comme organes de préhension , ils ne servent aucunement a la marche ; aussi l'homme se tient- il naturellement debout, ne se mouvant que sur ses membres postérieurs. Les antérieurs , restant ainsi indépendants de cette fonction, ne sont employés qu'k saisir les objets, et cela dans toutes les directions' où ils peuvent se trouver; et ont a cet effet reçu une