CHAPITRE m
marche bipède dont il présente le type, et pour lesquelles il a plutôt besoin d'une grande force dans les reins , afin de pouvoir exécuter les efforts variés auxquels il est obligé dans les travaux qu'il a h faire par Teffet de son industrie, conséquence de sa raison. D*autre part, si cette même flexibilité permet aux mammifères supérieurs de porter leur bouche ou leurs pattes sur toutes les parties de leur corps pour se soulager de quelque douleur qu'ils y ressentent , la forme et la disposition des membres antérieurs de Thomme lui permettent d'y suppléer parfaitement. De même encore tous les Mammifères, ^ l'exception de l'espèce humaine, ont, entre autres, été pourvus d'un grand muscle membraneux placé immédiatement sous les téguments, et qui fixé, d'une part, au milieu de l'os du bras, étale en partant de là ses fibres sur tout le tronc, depuis les épaules jusqu'à la queue ; en insérant l'extrémité de ses innombrables fibres, à tous les points de la peau, que ce muscle sert à contracter, soit en tout, soit en partie. C'est au moyen de ce muscle que les animaux secouent violemment leur peau , pour chasser de leur poil Feau qui les mouillent , ou bien les insectes qui les incommodent, en ne contractant la peau que partiellement ; tandis que chez l'homme cet immense muscle n'existe pas du tout, comme lui étant inutile , pouvant également sup[)lécr à ses fonctions , soit par les mains, soit par son industrie. Enfin, ses mains devant lui prêter les plus éminenls secours pour l'exécution des déterminations qu'il prend par son intelligence , cela semble exiger qu'elles doivent pouvoir se mouvoir avec une extrême facilité, et la plus grande précision dans chacune de ses parties; mais les facultés de ces admirables organes n'avaient cependant pas besoin, pour cela, d'être ni si variées ni si promptes que dans le chat et ses congénères, animaux pour lesquels les pattes sont presque tout. Aussi trouvons- nous dans les mains de l'homme, non-seulement moins d'organes, tels que des os, des liiraments et des
mascles , mais encore moins d*isolement et de netteté entre toutes ces parties; et même certaines espèces d*organes d*une nature spéciale , telles que les ligaments élastiques qui manquent complètement comme inutiles; tandis qu'au contraire on les trouve dans les pattes du chat avec des fonctions admirablement établies. Il existe d'ailleurs aussi, dans la main du chat, un osselet de plus au carpe que dans celle de Tbomme ; osselet que j*ai le premier décrit sons le nom de Phaedide placé en dedans k la base du premier os métacarpien.
Le Métacarpe se compose de même de cinq os longs portant chacun un Doigt , avec cette différence toutefois que la main ne devant plus servir exclusivement à manier les objets , mais simplement à les saisir et plus particulièrement à la locomotion, elle présente déjà sous le rapport de sa fonction primitive dans l'espèce humaine, placée îi Textrémité la plus élevée de la Classe, un premier degré de dégradation et de modification de fonctions dans les digitigrades, pour arriver plus loin chez les Ruminants et les Solipèdes au type parfait d'organes de locomotion et de station; mais ce premier degré de modification n'exclut pas nécessairement ragilité.
A ce môme degré de dégradation de la main, comme organe de préhension, le pouce, qui doit disparaître le premier des cinq doigts , est déjk plus court et plus relevé que dans Thomme et les singes, ne touchant même plus sur le sol dans la locomotion , en même temps qu*il n'est surtout plus opposable aux autres doigts, pour former avec eux cette puissante pince avec laquelle ces espèces supérieures empoignent si fortement les objets.
Les autres Métacarpiens, ainsi que les quatre doigts externes qu'ils portent, devant servir à appuyer sur le sol, conservent au contraire leur longueur respective, comme dans l'espèce humaine , où cette longueur et la grosseur indiquent déjà l'ordre dans lequel ils doivent successivement
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disparaître dans la série des Mammifères. Mais, comme organes de locomotion , les doigts offrent au contraire une complication très-remarquable de plus que chez Fhomme, où les mains ne servent pas à cette fonction. Les Phalanges soot \k peu près dans les mêmes conditions, si ce n'est la troisième qui prend chez les espèces du genre Chat, ainsi que dans quelques autres genres voisins à angles rétractiles, une forme et une disposition particulières, en