‹ Théologie de la natureChapitre 33 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

00 trouve de si nombreux exemplesdans l'organisine auimai.

Nous avons vu que dans l'homme et les singes , qui se servent de leurs mains pour empoigner, les os métacarpiens et les phalanges des doigts sont placés bout a bout dans la même direction. Chez les animaux de Tordre des Plantigrades, qui forment la transition des Quadrumanes aux Carnivores , et marchent comme eux constamment sur les doigts , la main appuie de même que chez ceux-ci sur le sol par Textrémité des métacarpiens , ainsi que par les doigts ; mais ces derniers restent encore presque entièrement étendus, en commençant toutefois déjà k se fléchir un peu dans leurs articulations , pour se préparer à la nouvelle disposition qu*ils doivent prendre dans Tordre suivant, celui des Carnivores , animaux essenUeliement digitigrades. C'est-àdire que la première phalange des quatre doigts externes se dirige en avant sur le sol, en se relevant un peu à son extrémité, où elle s'articule avec la deuxième phalange : que eelle*€i , portée également en avant , est un peu fléchie en dessous , pour revenir toucher le sol par son extrémité , où elle s'arlieule à son tour avec la phalange terminale dirigée horizontalement en avant ; de manière que la grifie , dont Textrémité de celle-ci est chaussée , s' arquant en dessous , touche sur le sol par sa pointe, et ne sert principalement qu'à permettre k Tanimal de mieux s'y cramponner dans ia marche et la course, ou bien k fouir la terre.

Chez les Carnivores et autres digitiglrades, qui n'ont pas de griffes rétractiles comme les chats , les phalanges prennent la même disposition , seulement langle que les deux premières font entre elles est beaucoup plus prononcé; e'est-k-dire que la première est fortement portée en avant et en haut , la seconde en avant et un peu en dessous , et la dernière en avant, ayant son extrémité portant la grifie qui Tenveloppe arquée vers le bas , de manière que le dessous des doigts forme une voûte capable de pouvoir légèrement s'étendre par le redressement des phalanges , et offre ainsi ,

d'une part , plus d'élasticité k ranimai dans son appui sur le sol; et, d*autre part » un appui plus ferme sur la dernière phalange , et , si le besoin Texige , sur le bout même de la griffe , qui ne sert ici qu'à cela , comme dans les plantigrades.

Enfin , dans le genre Chat, et autres digitigrades à griffes rétractiles, les deux dernières phalanges prennent k cet effet une autre disposition Tort remarquable. La phalange moyenne est verticalement dirigée en dessous, et même un peu en arrière , ce qui contribue déjh beaucoup k donner k la patte cette brièveté qu'on lui connaît ; et au lieu de former, comme dans les autres Mammifères , une tête articulaire arrondie, creusée en poulie peu profonde , dont la facette est dirigée en avant dans Taxe de la phalange; cette tête, quoique arrondie de même, est portée de côté, en dehors de Taxe de la phalange , comme par une anomalie de forme , provenant d'un déplacement latéral de la tète de l'os. Enfin cette phalange, au lieu d*étre symétriquement droite , est concave au même côté externe.

Quant k la phalange unguéale , elle se modifie encore plus. Sa base est beaucoup plus large verticalement que dans les digitigrades marchant sur les griffes, afin d'offrir un plus long bras de levier au muscle fléchisseur des doigts , qui s'insère k son angle infra-postérieur en même temps que cet angle forme une forte tubérosité, sur laquelle seule le doigt appuie dans la station. Au-dessus de cette tubérosité , la base de cette phalange porte la facette articulaire concave , par laquelle elle s'articule avec la tête de la seconde plialange; et comme celle-ci est placée de côté, la phalange terminale peut se relever au point de croiser la seconde , en se plaçant k son côté ; d'où résulte que le crochet portant la

griffe A SA POINTE DIRIGÉE* EN AVANT ET EN HAUT ; dlSpOSition

quelle prend dans l'état de repos . afin que cette deknière CONSERVE TOUJOURS SON ACUITÉ , uc sc fléchîssant en avant et en dessous qu'k la volonté de l'animal , par un mouvement fort étendu sur la seconde phalange , et celle ci augmente

cHAi^iTftK m. 19)

^core .la projection de la griffe » en s'étendanl elle-même assez fortement sur la première phalange.

Dans l'espèce humaine , qui ne se sert de ses mains que pour saisir momentanément les objets , la compression que les tendons, et les ligaments de la face palmaire des doigts éprouvent , étant de trop petite durée pour que cela puisse y produire une inflammation , et par suite la confusion de ces parties, il n'a été pris aucune précaution pour l'em pécher ; mus îl n'en est pas de même chez les quadrupèdes. Ces animaux appuyant de tout leur poids sur la petite surface que présente l'extrémité inférieure des os métacarpiens et de la base des premières phalanges, la compression qui en résulterait sur les tendons des muscles fléchisseurs des doigts générait d'abord considérablement leur glissement, en y produisant bientôt leur union avec les parties voisines et par conséquent leur fixité. Mais cet accident aussi est prévenu d'une manière fort remarquable chez tous les quadrupèdes aa moyen d'une petite portion de canal osseux dans lequel ces tendons sont logés, canal lui-même mobile, et disposé de façon que dans quelque degré de flexion que se trouvent les doigts , cette portion de canal soit toujours sur l'angle que FORMENT LES DEUX OS. Cc cRual ost formé par deux petits osselets sisamoides , ayant k peu près la forme d'un pépin d'orange, placés k côté 1 un de l'autre, de manière k laisser entre eux uB petit espace formant la gouttière , dans laquelle est logé le tendon. Ces paires d'osselets sont placées sous les extrémités de chaque os métacarpien , qui appuie dessus par les côtés de sa tête articulaire seulement, et se meut sur eux par une articulation très-mobile ; c'est-k-dire que ces osselets, unis entre eux par un fort ligament formant le fond de la gouttière, ne peuvent pas s'écarter par l'eflet de la pression du poids du corps, et se trouvent unis k leurs métacarpiens respectifs au moyen de deux petits ligaments latéraux, réglant leur mouvement de glissement sous la tête de ce dernier os. Outre cette union avec le métacarpien , I. \^

ebacon des sésamoîdes est aussi articulé eu avant avec U partie inférieure de la tête de la phalange , dont ils sont dçs appen^içeii continuant en arrière la cavité articulaire , dont ils forment à peu près la moitié postérieure. Ces osselets sont liés k cette phalange» d'une part, par des tigaments latéraux qui maintiennent les parties toujours en contact , en laissant aux sésamoïdes la liberté d^ mouvement nécessaire pour qu'ils puissent constamment rester appliqués sur la tête articulaire du métacarpien, et, d'autre part, au moyen de ligaments plus forts , placés k la partie inférieure de ces osselets. C'est ainsi que par le moyen de ces deux petits os appendiculaires , la cavité articulaire de la phalange est considérablement prolongée en arrière, et en même tçmps brisée, afin de rester toujours parfaitement moulée sur la tête arrondie du métacarpien»

Enfin ils sont encore unis entre eux k leurs bords inférieurs par un fort ligament arqué passant de l'une k l'autre , en complétant le canal dans lequel le tendon du muscle fiécbisseur glisse librement , sans y éprouver la moindre compression pendant la station ou la marche ; ce qui augmente déjk le remarquable mécanisme de la patte du cJM, pour ce qui concerne seulement la forme et la disposition des os qui constituent les doigts.

Quant aux ligaments qui unissent les os, ils ne présentent rien de particulier, si ce n'est qu'ils sont surtout beaucoup plus distincts que dans l'espèce humaine, et se bornent en grande partie, pour les deux dernières phalanges, aux ligaments latéraux qui accompagnent toujours toutes les articulations k mouvements alternatifs ou ginglymoïdes , le seul dont les phalanges soient capables. La première jouit toutefois d'un léger mouvement latéral par lequel les doigts peuvent s'écarter, et «offre en outre quelques autres dispositions très-remarquables dans sa composition, dont je parlerai un peu plus bas.

Pour ce qui est des muscles qui agissent sur les doigts,

se dif|tiiif[Qent, cçqigiç çbea; (quç les M^comifère^ , ffl qnatre ordres : les Eçot^m^ur^j qui font mouyoir les 4oigt9 en dessus; les Fféchineurs^ qui les ^li^i^sept; l^sÀdducr teurs^ qui les portent en dedans , et les Abducteurs , qui les portent en dehors.

Quoique ces diyers mnscles ne soient au fond que les analogues de ceux 4^ Thoffiine et de tous les autres Mamr mifères, ils pré$.enteqt tQqtefois quelques conditions fort

CURIEUSES 9 COMlflS GOIf SÉQUENCE P^ l^l FONCTION ^PÉG^I^K qu'ils ONT 1 RKMFIjIll DAN§ ^^pS ESPÈCES À OfiGLES RÉTRJLG-

TiLEs. Les exten^çprs ne pré^ept^nt nen d*extraorclinaire, si ee n'est que le principal ou YE^içteiM^T ç<mmvn^ dont la masse charnue se t^'onv^» commp d*ordin^re, placée le long de la face antérievire 4§ r^vapt-hras , et «e divise inférieurement, comme chçz }*hoinipe, en qqatre |)rapches, dont chacnqe prpduît un tendon grêje aplf^ti en ruban , qui se rend sur )e do9 des qtiatro doigts externe^ qu'ils longent, pour s'insérer, chez THomme et. les antres |f iiipmifères, aux doigts, à la base ^e la phalaqge ungnéale qtie ces tendons étendent, en produisant le mente eQet sur les deux autres phalanges, en s'y fi^^nt. par nne branche k |a tête de la seconde. Dans le Chatx <¥ muscla présente ^ poR pi'ès les mêmes conditions principalf^. A^ premi<^r abord, il semble que, pour que la p)i^I$tp([(t nnguéale pnipse facilement se fléchir çp dessous, lorsque Tanimal lance s/es griffes en avant, et que, pour le même e^et, 1^ seconde phalange s'étende au contraire , ces depx iqouYein^nts étant en seps contraire , le tendon de l'extenseur commqp doit, en se prolongeant jusqu'à la dernière phalange , Tempêcher de se fléchir en dessous. Hais en examinant ce fait mécanique avec soin , on Yoit que tel n'est pas le résultait produit. Le petit prolongement du tendon , qni se repd i la phalange unguéale , étant un peu lâche, permet à cellç-ci de se fléchir en des* sons, lors même que ce tendon se retire un peu en étendant I9 seconde phalange; et la légère traction vers l'extension

qu'en éprouve la phalange terminale, en opposition avec l'action du puissant muscle fléchisseur, ne fait que mieux affermir cette dernière en cédant k la flexion. Mais ce n'est pas encore tout ce qu'il y a d'ADMiRABLE dans

LE MÉCANISME DU MOUVEMENT DES GRIFFES, POUR QUE CES REDOUTABLES ARMES RESTENT RELEVÉES FANS L*ÉTAT DE REPOS , MÊME SANS LA PARTICIPATION DE LA VOLONTÉ DE l' ANI- MAL. Après que les muscles fléchisseurs qui les ont portées en avant et en dessous ont cessé d'agir sur elles , les griffes sont ramenées à Tétat de repos par plusieurs ligaments élastiques, agissant sans l'action de la volonté; ligaments k cet effet parfaitement disposés pour remplir le mieux CETTE fonction. Dcux sout placés latéralement contre les phalanges en formant de chaque côté une large lame yerticale fixée à la base de la phalange unguéale dans toute sa hauteur, au-dessus, de la facette articulaire, et agit ainsi sur un très-grand bras de levier. De Ik ces lames élastiques se portent en arrière, se rétrécissent et se fixent l'une et l'autre au côté externe de la base de la seconde phalange. Cette anomalie de disposition , où le ligament interne qui , d'après la règle, devrait s'attacher au côté également interne de la seconde phalange, s'y fixe au contraire au côté externe au devant du ligament opposé, cette anomalie, dis-je , fait voir avec quel soin le résultat que ces ligaments DOIVENT PRODUIRE A ÉTÉ CALCULÉ , UOUS OffrC ici UU

de ces exemples rares, il est vrai, où l'Intelligence

CRÉATRICE A SI SAVAMMENT FAIT INFRACTION A SES PROPRES PRINCIPES DE RÉGULARITÉ ET d'haRMONIE DE DISPOSITION lorsqu'il s'est agi d'en tirer un avantage; faits dont j'aurai encore k citer d'autres exemples. En effet, comme la phalange unguéale doit se placer en dehors de celle qui précède , le ligament interne, en s'insérant en dedans de celle-ci, ainsi que cela devrait être, l'eût tirée nécessairement vers ce point d' attache en tendant k la faire placer au devant de la seconde phalange ; tandis qu'en réunissant les deux ligaments sur la

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