‹ Théologie de la natureChapitre 35 sur 119 · CHAPITRE lïl · texte numérisé non relu

CHAPITRE lïl

se retrouvent ensuite non-seulement dans les ongléS de tons les autres Mammifères, mais aussi dans ceux des Oiseaux et des Reptiles , ainsi que dans les becs cornés de tous les animaux qui en ont.

On a TU un peu plus haut que chez les Mammifères quadrupèdes, dont les griffes sont dirigées en bas, celles-ci s'usent sur le sol k peu près perpendiculairement k leur pointe , ne formant plus que de simples moignons , k peine suffisants par la dureté de leur substance pour permettre k fes animaux de se cramponner k terre , et d'assurer ainsi la fixité de leuM pieds dans les mouvements progressifs. Mais encore ici , la plus grande dureté de la corne au bord antérieur de la griffe fait , par la même raison , que ce moignon forme cependant un angle saillant k son extrémité , et la même chose a lieu pour les gros ongles ou sabots des Manl- Mifkes Unguligrades.

L'homme , pai^ l*elfet de isOn génie , a imaginé quelque Aose de semblable dans li fabrication des instruments de coutellerie et de taillanderie, en les aciérant, c'est-k-dire êi plaçant une (Petite lamé d^kcier entre deux lames de fer. CêiiesHn s^usent plus pr6iiiplément que Tacier ; ce dernier (Ml| malgré son tisure propre, mais plus lente, toujours liilHe M tranchant , qunit{ue iô résultat produit ne soit pas Mm parfait que <^eï 1e^ knitnaux , la lame d'acier ayant m «He>-niêine pàitôut tine dureté égale ; tandis que, dans lès Irifiès , lès sabots et lès becâ , elle augmente progressivement jasqul la dernière limite, d'où résulte une plus parftite fifies&e dan& le trandiant.

La Nature cRÉxtRicfi , k qv\ lircïï N^a pv Iiestbr mco'KNt, à fti itmotmfeusKMEifT txtttTLÉ même f uàùrè probable m

mkiXCt ORGAinE tn i>ARTtCtTLl£tt , suivant LE GENRE DE VIE

qu'elle \ PliEfeCRiT X cflAûiJE ESPÈCE ANIMALE , qu*ellè j a si

frARFArrEMEOT f ROPORtlONl^É LA RAi^IDItÉ DE LA CROISSANCE *AR ttUtl BASE Ï^E TOtJfe LES OkGANES CORNÉS, qUO CCS

Atmiëfs cOUséftMt toujours là Inèf&e forme et la même

iOO THGOLOGIK DE LA KATUKE.

grandeur, tant qu'une cause étrangère ne trouble cette harmonie. C'est ainsi que les Chevaux qu'on a Thabitude de ferrer, n'usant point leurs sabots sur le sol, ceuxci grandissant toujours , on est de temps en temps obligé de les réduire par la taille ; tandis qu'à Tétat sauvage les sabots restent constamment les mêmes.

Enfin , pour qu'iL ne manquât rien aux soins qui ont été

DONNÉS À LA CONSERVATION DES GRIFFES dcS ChatS, CelleS-d

ont même été mises à l'abri de toute cause étrangère qui pourrait les émousser, en les pourvoyant d'une espèce de capuchon formée par les téguments de l'extrémité des doigts , sous lequel les griffes se retirent dans l'état de repos.

Tous CES ADMIRABLES ARRANGEMENTS ET CBS SOINS SI MINUTIEUSEMENT BIENVEILLANTS CUSSCnt tOUtofois été SaUS

résultat, si l'animal ne jouissait pas de la prestesse la plus parfaite dans les mouvements de ses membres ; mais, sous ce rapport également , rien n'a été oublié pour faire de la main de ces remarquables animaux un véritable chefd'œuvre de mécanique.

Quoique les parties qui composent les membres du chat soient en principe les mêmes que celles qui constituent crax de l'homme , il y en a cependant, outre celles déjà indiquées plus haut, encore un assez grand nombre d'autres qui n'existent également pas chez ce dernier. Dans l'espèce humaine, comme chez la race féline, les doigts sont étendus ensemble par un muscle principal commun, dont il a déjà été fait mention, placé au-devant de l'avant-bras, et divisé inférieurement en quatre languettes, une pour chacun des quatre doigts externes , le pouce recevant deux extenseurs spéciaux. Quant aux autres doigts, le second et le cinquième ont chacun en outre encore un extenseur propre , tandis que le troisième et le quatrième en sont privés dans l'homme; ce qui n'a pas lieu chez le chat, où ceux-ci aussi ont chacun son extenseur spécial. Mais le perfectionnement n'a pas encore été borné là. La main , en fléchissant, pouvant for-

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mer, dans rarticulatipn du poignet , un angle avec Tavantbras , les divers tendons des muscles , tant extenseurs que fléchisseurs directs ou latéraux des doigts , en passant sur cette articulation, seraient disposés à prendre la direction droite en se tendant de Tune de leurs attaches k l'autre, en s'écartant , dans Fangle , considérablement de la surface des os, et soulèveraient la peau , ce qui serait non-seulement fort disgracieux , mais constituerait même un grand obstacle h rétendue et k la facilité de la flexion , que cette disposition rendrait même impossible, si cet inconvénient n'était pas empêché. En effet, Ton conçoit que, lors de la contraction de TuD de ces muscles , son tendon , en prenant la direction droite au lieu de suivre les deux branches de l'angle que Tavant-bras forme avec la main , il ne pourrait agir sur les doigts qu'après s'être contracté beaucoup au delà de ce qui lui est même possible ; la ligne droite qu'il ^ndrait étant beaucoup plus courte que la ligne brisée représentée par les os; c'est-k-dire que l'effet sur les doigts serait nul. Aussi la Nature , si adm mABLEHSNT prévoyante , a-t-blle PARÉ À cet inconvénient , OU plaçant autour du poignet de tous les Mammifères un ligament très-vigoureux , en forme de bracelet, qui bride tous les tendons, en offrant k chacun un canal spécial dans lequel il passe et où il se trouve accompagné jusqu'k une grande distance au-dessus et au* dessous de cet anneau d'une gaine synoviale , dont le liquide qu'elle renferme facilite considérablement le glissement de ces tendons , en même temps que le moindre retrait de ces cordes produit, avec la plus grande précision sur l'organe auquel il se rend , tout l'effet possible.

Un perfectionnement k ces dispositions qu'on trouve dans le chat, mais non dans l'homme, perfectionnement qui présente encore un exemple de ces soins minutieux avec lesquels les moindres inconvénients ont été prévenus » se remarque dans l'articulation métacarpo-phalangienne des doigts et des orteils , ces articulations devant être parfaite*

iOC THiOLOQiB DB Là RATUBK.

ment libres dans ce genre d'animaux, chef-d'œuvre de perfection de la mécanique animale pour la classe des Mammifères. Les capsules articulaires , nécessairement un peu lâches, qui unissent les os métacarpiens aux doigts, pouvant, dans les mouvements très-prompts, être facilement pincées entre les os , cet accident a été nÉvEntr en plaçant dans Tépaissenr de la capsule même , au-dessus du joint de Tarticulation , où celle-ci forme un fort angle rentrant, une petite plaque ovale cartilagineuse qui empêche par sa roideur cette capsule de former un pli , en lui laissant toutefois ) par la flexibilité de ce cartilage , assez de souplesse pour suivre parfaitement les mouvements des os. Mais ce n'est pas encore tout : cette mêitie capsule aurait pu être pincée entre le bord supérieur de cette plaque et Tôs, inconvénient extrêmement léger, il est vrai , qui aurait \ peine pu gêner d'une mànièire appréciable le mouvement de la capsule, et par Ml ce|ui des doigts. Mais tout ici nËVAir

ÊTRE l»àRVÀlt I fit GG DÉVÂUf , QUELQUE FAIBLE QU'lL SOtT , A

en conséquence été également levé par \in moyen extrêmement simple, et de Ik précisément fort remarquable, en rattachant le bord supérieur de la petite plaque de chaque côté par une bandelette tendineuse au tendon le plus prochaiti dès muscles extenseurs du doigt , sans suivre p6ur cela aucune règle fixe. Au moyen de ce petit ligament, le mouvement de retrait des tendons , agissant également sur la plaque cartilagineuse , la retire avec la partie postérieure de la capsule, dé manière que celle-ci ne peut être prise d'aucune fttçon entre la plaque et l'os. A l'autre extrémité, le même cartilage est fixé h la phalange par un petit ligament également contenu dans l'épaisseur de la capsulé, et qui empêche celle-ci d'être trop fortement tirée en arrière , d'où pourrait résulter sa rupture , accident bien plus grave. Mais tous les rapports, toutes les conditions et tou^ les effets soAt ici , comme d'ailleurs partout , si PARFArrEMEWt calcutU , que lé tnouvement de fétrait du tendon est é^aetéittent

cuAnTRC m. M3

celui dont la capsule a besoin , de manière que eelle-ei ne Saurait jamais élre forcée.

Pour que les tendons des muscles èitensèurs des doigtft et des orteils ne puissent pas se déplacer latéralement, ib sont bridés de Chaque c6té de TartiCulation de la premiers phalange par un large ligament qui se détache des bordé latéfuux de cei tendons pour se porter transversalement en deshots , et é'iiisérer k la fktee latérale correspondante dtt petit osselet sésamoide^ placé sous Tarticulation ; et comtno ces osselets ne se meuvent qu*autour de la tète du métacarpien, ou métatarsien respectif, le tendon ne presse jamais ni plus ni moins sur la capsule Sirticulaire , quelle que soit Vk disposition dés doigts ou des orteils.

Les muscles fléchisseurs de la muin et des doigtil ayàftt des eflbrts beaucoup) plus èOnsidérabiet h dite que IM extenseurs , soit dan6 la station , sOil dans le môuvettetit progressif h quatre , ou bien dans l'acte de saiëir, ils soflt généralement plus puissants que cesi dèrhiers ; différences surtout remarquables dahs les espèces du genre CMt, qui sont les Mammifètei les mieuï organisés pour le ëaut; action qui s'exerce chës eux h la fbiê par le débandemént de la Colonne vertébrale et f^ar celui des quatre membre^.

n eiciste Che2 les HAVMttrkRBS deui principaui musclée fUdiisMets eùfnmuM dei doigté , Se divbaût chacun éù autant de branches qu'il y a de doigts , mais dont Tun , nommé le Sublime , vti éa situation superficielle deVHèré ravant-brad , fiie ses tendons inférieurement k réxtrémité postérieure do la seconde phalange , qu'il fait fléchir èur li première. '

Les tendons terminaux du second flé(;hisseur commun , ou du Profondy plates d*àbord, ainsi dânsi sa partie charnue» entre le sublime et les os de Favant-bras , et plus bas entre le même muscle et la palmure de la ttiàin , percent , sous la première phalange , ceux d6 ce dernier tttuscle , et deviennent par lîi \ leur tour superficiels; et vont s'Ih^éfer êft

iOA THÉOLOGIE DE LÀ NATURE.

dessous k la base de la troisième pbalaDge. Telle est la disposition générale de ces deux muscles pour tous les Mammifères; mais dans les ChcUs, où tout est parfait, il s'y ajoute plusieurs parties de perfectionnement , fort remarquabies par ce qu*il y a d'iNCÉiiiEux et de savant dahs les

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