CONDITIONS DANS LESQUELLES CHAQUE PARTIE EST EMPLOYÉE
et dont on ne trouve dans Tbomme que tout au pltis de simples traces de rudiments, jusqu'à présent restées ina* perçues.
Le tendon du sublime traverse , comme ceux des extenseurs , à l'extrémité inférieure de l'avant-bras , une coulisse fibreuse que lui forme le ligament en bracelet dont il a été parlé plus haut , où il est , comme tous les autres tendons de cette partie de la main , accompagné d'une gaine synoviale qui facilite son glissement. Arrivé k la paume, il se divise en cinq branches, une pour chaque doigt, qui se rendent en divergeant vers les articulations métacarpo-phalangiennes de ces derniers. Là, ces tendons, k Texception de celui du cinquième doigt, s'élargissent considérablement, et se roulent latéralement sur eux-mêmes , en contournant le tendon correspondant du second muscle ou profond des doigts ; et les deux bords, se soudant au-dessus d|B ce dernieri chacun de ces tendons forme par Ik une gaine fibreuse trèsforte , renflée en ampoule ovoïde , qui se fend bientôt le long de la ligne médiane inférieure , pour laisser ressortir le tendon du profond qui devient ainsi superficiel , tandis que celui du sublime , placé k son tour entre celui-ci et l'os de la première phalange , continue k se porter en avant pour s'insérer en dehors k la seconde phalange.
Chez tous les Mammifères quadrupèdes , l'homme ainsi excepté, les deux muscles fléchisseurs communs des doigts, ayant de grands efforts k supporter par le poids du corps appuyé en avant uniquement sur les doigts , les tendons de ces muscles ont dû être fort gros, et comme ils se réfléchissent sur le sommet de l'angle que fondent entre eux le$
ghaMtrb itt. ^5
OS métacarpiens et les premières phalanges des doigts , ils auraient pu facilement se luxer dans la marche et la course , en se déplaçant vers les côtés ; accident qui ne saurait avoir lien dans l'espèce humaine, où les doigts sont, dans leur plus grande extension , placés dans la même direction que les métacarpiens. Chez les quadrupèdes , ce danger a été
PARFAITEMENT ÉVITÉ PAR LA SAGESSE CRÉATRICE , Ctt plaçant
de chaque côté de l'articulation un petit osselet sésamoide , dont il a été parlé plus haut; osselets formant entre eux une profonde gouttière en portion de gorge de poulie, dans laquelle est couché le renflement du tendon du suhlime , Inversé par le tendon du profond ; gorge convertie en un canal complet par le fort ligament qui passe d'un sésamoïde à l'autre , en formant inférieurement une voûte très-résistante qui protège le renflement du tendon du sublime qu'il contourne contre la pression du sol , dans la station et la marche ; ohjet dans lequel cette voûte est puissamment secondée , d'une part par la saillie des sésamoides , et de l'autre par une épaisse Pelote fibro-graisseuse , élastique , formant la semelle sur laquelle les Mammifères unguiculés appuient sur le sol, pelote dont je parlerai un peu plus loin.
Cette protection que les tendons trouvent dans ces diverses parties est, ainsi que je l'ai déj^ fait remarquer en parlant des 08 sésamoides, delà plus grande importance, vu que la compression presque continuelle qu'ils épouveraient pendant la station et les mouvements ambulatoires générait non-seulement le glissement de ces tendons , mais elle produirait en eux une inflamation qui causerait de la douleur, et , par la suite, la suture de ces mêmes organes avec les parties avoisînantes , danger ainsi parfaitement prévu et évfté par le remarquable arrangement de^ organes dont je viens de parler.
La première phalange étant, dans sa situation naturelle , fléchie en avant et en dessus, et la seconde verticalement
dqigta, iwi Ynn , w le subliio^ , s'ioaère à cette dernière, e^ celui du profQDd k \% ba^e de U phalaqge unguéale , se t0iidraieot cbaoaa ea ligne droite soua les doigts vers cep points d'aUaebe, et, eomme le second, s'éearteraient k la fwi eonsidérableqient de la première e\ de la seconde phalange, il a été placé, sous le milieu de eelle*l^, une trèsforte bonde ligamenteuse en forme d'anneaa , que les deux ^dons traversent ensemble) boude qui les retient ainsi bridés contre oet os ; et au delk de cet anneau reste juste la place nécessaire pour que le tendon du profond , après avoir traversé cette boucle, puisse se réfléchir en dessous , le long de la seconde phalange , pour aller gagner la tubérosité de la troisième, à laquelle il s* attache*
Les Chats et autres Mammifères digitigrades, ayant souvent de très-grands efforts 1| faire avec leurs doigta, aoit en combattant , soit lorsqu'ils grimpent , ou autrement , il aurait pu arriver que les doigts, en s'éoartant trop fortement, se luxassent; mais cet accident aussi k ttt PRivuu
BAn TOUS LES VOYRNS CAPABLES Un L'EXPÉGHEn. Pour OdS,
les doigts ont été liés d'abord deux à deux transversalement sous leurs premières phalanges par de très-puissants ligaments, passant de Tun à l'autre. Une de ces aroadea ligamenteuses unit ainsi le second et le troiaième , une antre celui-ci et le quatrième, et un dernier le quatrième et le cinquième. Quant aux deux premiers doigts , ils sont également liés entre eux par un ligament analogue , mais autrement disposé , étant beaucoup plus long , plus faible et plus Iftche. De même encore, un ligament cQmmun, sous-cutané, contourne postérieurement la patte du chat au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes , en se fixant aux extrémités , k la fctis aux miétacarpiens et aux premières phalanges des quatre doigts externes , en leur envoyant de fortes bandelettes. Enfin , quoique ces animaux aient Thor-* renr de Feau , c'est-k-dire qu'ils font tout pour éviter d'y
cKAPiTim ui. 301
entier, Irar» ps^tta» sont eq^eodant palméw comme la sont d'ordinaire celle» d^a animfiai nageurs par exeelleBoe, tels que lea UnUfH » les Canari$ et les fifr«iioi«tUM , etc. , et la membrane tégumentaire qui unit ainsi les doigts se pro^ longe même au deik du bout de ces derniers, en formant au devant une espèce de capucbon à chaque griffe , afin de garantir la pointe de celle-ci des corps étrangers qui pourrident inutilement l'émousser, tamt bst allé loin lb soin
AfTBHTfF BE |.1nTBLU0BNGB SUFRÉBB QUI ▲ GRÉÉ CES ÂBIMAUX
les plus richement organisés de tout le règne animal.
Les MABMiFiBBS GARNiYORBS, commo d'ailleurs tous les digitigrades , n'appuyant sur le sol que par l'extrémité du métacarpe, garnis des os sésamoîdes, et, plus avant, par les troisièmes phalanges des doigts, ces parties eussent éprouvé de graves altérations par leur pression sur le terrain , s*il n'avait pas été fris des précautions pour prévenir CET INCONVÉNIENT. Pour CCls LA SaGESSB ÉTBBNELLB A PLACÉ sous CES DIVERSES PARTIFS ICS PelOteS Ct PetOtifUS
dont il a àéjï été parlé; coussiBets fibro- graisseux, élastiques, qui mitigent considérablement cette même près- MB , en la répartissant , par l'effet même de cette élasticité , sur toute la région inférieure du pied ; en même temps que ces coussinets, en se moulant sur tons les organes du dessous de la patte, permettent une plus facile circulation du sang, et l'action des nerfs nombreux de cette région des membres. Ces coussinets , si fortement saillants chez tous les digitigrades , tels que les Chien$ , les Cfiatê , et les JLapîns , existent, même ches Y Homme ^ ainsi que je l'ai déjk fait remarquer ailleurs; quoique aucun Anatomiste ne les ait jamais décrits : les Pelotines , peu apparentes , ont à peine été indiquées sous le nom de partie pulpeuse de Vextrémitè des dùigts; et pour les Pelotes, dont on n'a, que je sache, nulle part parlé chez l'homme , on en trouve les rudiments dans les la^rges saillies de la paume de la main placées près des interv^Ies des quatre doigts externes , aux mêmes eudroits
2D8 TH^LOOtB DB LA NATURK.
que chez les animaux; elles sont senlement beaucotip moinÊ saillantes, et séparées; tandis qne chez les digitigrades, elles sont réunies en une seule masse , proportionnellement plus grande.
Dans le Chat^ la Pelote de la main forme une grosse saillie à peu près triangulaire , dont l'un des angles , dirigé en avant , est fortement arrondi , et répond a Tintervalle des deux doigts moyens externes, dont les pelotines se placent au-devant , dans l'état de repos ordinaire , où les doigts sont fléchis sur eux-mêmes ; et les pelotines des doigts latéraux sont k côté de cet angle, de manière k former dans l'ensemble une largeur égale, k peu près, au bord postérieur de la pelote , lui-même divisé en trois lobes , par analogfe de ce qui existe k cet égard dans l'espèce humaine. La pelotine du pouce ne touche pas le sol.
Cette pelote est formée dans son intérieur d'une masse graisseuse, traversée dans diverses directions de nombreux faisceaux de fibres ligamenteuses jaunes, très-élastiques, qui , tout en contribuant k un léger mouvement passif de la pelote , dans sa fonction de plante du pied , que j'expliquerai un peu plus bas, donnent, ainsi que je l'ai déjk dit, une parfaite élasticité k l'appui de l'animal sur ses pieds.
Trois de ces faisceaux de ligaments élastiques sont des branches superficielles de chacun des trois tendons du muscle sublime , se rendant aux second , troisième et quatrième doigts, et qui s'en détachent vers le bas du métacarpe, pour pénétrer postérieurement dans la pelote. Ces ligaments forment d'abord chacune un tronc commun qui se subdivise en un assez grand nombre de brins, assez fortement divergents , qui s'y dirigent en avant , pour aller s'insérer aux téguments de cette même pelote; le premier dans sa partie latérale interne , et les deux autres dans sa région antérieure. Quant au tendon du muscle sublime , qui se rend au cinquième doigt, il ne produit pas de branche principale; fléchisseur de ce doigt, cette branche étant remplacée par
CUAPITRB lU. 209
un muscle spécial ; mais bien un tendon qui lui répond toutefois pour la disposition , lequel se subdivise de même en deux branches , dont Tune , au lieu de se rendre au doigt , va s'insérer au ligament qui contourne postérieurement la pelote; et dont Tautre pénètre dans celle-ci, en formant un faisceau élastique, qui se comporte comme ceux des autres doigts; en insérant ses brins aux téguments de la face externe de la pelote. Des branches latérales plus courtes , de ces cinq tendons du muscle sublime, se portent de chaque côté, en dessus , pour se fixer aux sésamoïdes de chaque côté ; formant ainsi des brides qui maintiennent les tendons en place.
Des trois ligaments qui unissent inférieurement deux à deux les premières phalanges entre elles , partent également plusieurs faisceaux de fibres ligamenteuses élastiques , qui se rendent en dessous, en croisant celles venant des tendons du sublime, et s'insèrent aux téguments inférieurs de la pelote, de manière que les deux espèces de ligaments mêlées au parenchyme graisseux , ainsi qu'aux papilles nerveuses de cette dernière , forment ensemble un coussin sur lequel l'animal appuie très-mollement.
Dans cette courte esquisse de l'admirable structure de la main du Chat, appareil où rien n'a été oublié qui puisse contribuer au perfectionnement de la fonction que cet organe si compliqué doit exercer, je n'ai indiqué encore que les objets les plus remarquables , ne faisant aucune mention d'une foule d'autres, qui y contribuent également, sans avoir en eux-mêmes rien de spécialement saillant; tels que la forme de chaque os du carpe, et du métacarpe ; ainsi que celle de leurs diverses articulations ; les nombreux muscles accessoires des extenseurs et des fléchisseurs des doigts ; les adducteurs et abducteurs de ces derniers ; les ligaments latéraux , qui unissent les nombreux os de la main ; leuk
FORCE ET LEURS DISPOSITIONS, SI PARFAITEMENT CALCULÉES POUR CHACUNE , SELON l'eFFET QU'lL DOIT PRODUIRE ; Ct enfin
toates les gaines synoviales, accompagnant, soit les articu-
tiO THSOLOGfK tl LA RATURI.
latioûd ded 09, âoit tes tendons des muscles, qui subinient des frôttemeûts plus ou moins forts, sans la présence de cette même synovie ; parties , dont un grand nombre n'existent point dans l'iiomme; ou y sont du moins, tellement confondus , qu'on n'a pas jugé k propos de les décrire.
Dans toute la série des Mammifères , les membres postérieurs subissent des modifications moins grandes que les antérieurs, si ce n'est chez les Cétacés, où ils disparais « sent complètement, n'ayant au fond pas k changer de fonction, servant partout exclusivement à la locomotion, et n'éprouvent en conséquence que des changements dépendants soit de leur mode de dégradation tout ^ fait analogue k celui que suivent les membres pectoraox , soit de la marche quadrupède de tous les mammifères , à Texception de Thomme , dont il a déjk été parlé.
Par cela même que les Mammifères marchent à quatre, et qu'en conséquence leur corps est horizontal , te Bassin a
DU RECEVOIR DE LÀ UNE AUTRE CONFORMATION , DC COUStitaant
plus, comme dans l'espèce humaine, la base du tronc, sur laquelle repose la masse des viscères.
Le centre de gravité du corps , se trouvant k peu près au milieu de la région antérieure de l'abdomen , et l'animal devant pouvoir le maintenjjr au moins quelques instants audessus de la ligne qui unit ses deux pieds postérieurs lorsqu'il se cabre, il était nécessaire que les cuisses pussent, pour cela, se fléchir assez fortement en avant, afin qae les genoux vinssent se placer aux côtés de Fabdomen, et d'amener également les pieds en avant sous le centre de gravité.
Cette flexion a surtout besoin d'être très-forte dans la plupart des Mammifères digitigrades, dont les mouvements sont généralement plus libres et plus étendus que chez les unguligrades, tels que les chevaux; souplesse généralement contraire à la force à employer, les muscles, trop extensibles , n'étant jamais capables d'autant de force
GBArmi III. Mi
fÊt arax qui le sonl moiiis , vq qu'il grosseur égale les fibres de ceux qui peiitent se contrseter le plus forlemeut sont plus longues et moius nombreuses que dans ceux dont le raeconrcîssement est plus limité, conséquenee de la disposition de ces fibres dans chaque muscle et dont il a été parlé plus haut.
Or, comme les mouvements latéraux de la cuisse sont peu étendus dans les quadrupèdes , les muscles qui les produi* sent étant de Ik aussi plus petits ; la Nature , toujours si
SJLGB ET SI SAVANTE DAMS LES MOYENS ORGANIQUES DONT ELLE FATT USAGE , A PARTOUT EMPLOYÉ LES ESPACES AINSI DEVENUS. INUTILES PAR LA RÉDUCTION DES ORGANES, POUR Y PLACER d'autres organes NOUVELLEMENT INTRODUrrS , OU BIEN A AUGMENTER LE VOLUME DES AVOISINANTS. C*eSt ainsî qUC le
muscle IKanuê (moyen fessier), très-large chez l'homme, est au contraire fort petit dans les quadrupèdes , où le restant de son emplacement est occupé par les extenseurs de la cuisse , qui ont une très-grande force à produire.
La cuisse étant placée chez l'homme verticalement sous le tronc, les muscles adducteurs n'ont qu'un faible effort k produire pour la rapprocher de celle du cdté opposé. En la plaçant au contraire chez les Mammifères quadrupèdes k l'état de flexion , la Nature créatrice y a trouvé en outre
LE grand avantage DE FAIRE CHANGER CES MUSCLES DE FONC- TION , EN EN FAISANT DE TRÈS-PUISSANTS EXTENSEURS , Ct COla
d*autant mieux qu'elle leur a donnés un développement trèsgrand PAR l'effet dû PROLONGEMENT DU BASSIN EN ARRIÉRE ;
é'est-k-dire que ces muscles, devenus extenseurs de la cuisse par le simple effet du changement de position de cette dernière, sont en outre beaucoup plus volumineux, et agissent en même temps sur des bras de leviers bien plus longs, et sous des angles plus grands.
C'est ainsi que les muscles Obturateur interne , Carré , Ben forci (Biceps), Demi'-membraneux ^ Demi-tendineux ^ lUanus (moyen fessier), contribuent aussi k l'extension de la
tiS THBOLOGIK DE L4 NATCKI.
cuisse par le seul effet de h position fléchie de cette dernière; et cela avec d'autant plus d'efficacité, que tous ceux qui s'insèrent à Tos de la cuisse s'y fixent beaucoup plus bas que dans rhomme , afin d'agir sur un levier plus long.
Quant aux muscles fléchisseurs de la cuisse , comme ils n'ont que peu de force à employer pour porter le membre en avant dans la marche, la plupart sont peu volumineux; maûs, comme les plus puissants de même que chez Thomme, servent plus particulièrement à, l'extension de la jambe » action où ils ont une grande force k employer; le bassin a été , \k cet effet , également prolongé en avant pour leur offrir aussi un plus grand bras de levier ; tels sont surtout le Fa$cialis ( Fascialala ) , le Promiral (Droit antérieur) et le Couturier.
Enfin le bassin, en s' avançant ainsi plus fortement sur l'abdomen, peut de Ik aussi mieux servir de moyen de suspension aux téguments de cette partie du corps pour supporter le poids des viscères.
Ce sont là les deux causes déterminantes qui ont nécessité LA forme et la disposition que le bassin prend chez . les Mammifères quadrupèdes ; mais il n'a pas été nécessaire qu'il fût aussi large dans ses os des hanches qu'il l'est dans l'espèce humaine.
La différence de disposition entre le bassin de l'homme et celui des quadrupèdes a fait changer aussi la direction des cavités cotyloîdes , dans lesquelles s'articulent les os des cuisses. Devant , dans ces deux cas , être dirigés en dehors et plus ou moins obliquement en dessous, il en résulte que, comparativement avec ce qui est chez l'homme , ces cavités sont tournées en avant; c'est-k-dire que dans les deux cas elles sont disposées en conséquence de leur fonction.
Les membres postérieurs devant également agir avec force dans la station , en soutenant le mieux possible le centre de gravité du corps, placé au milieu de l'abdomen, sous les lombes, la partie la plus faible de la colonne
CHAPITIIB UI. 213
vertébrale, les caisses (PI. II, fig. l. n u) ont été, encore pour cette seconde raison, placées à l'état de repos chez la plupart des espèces dans cette disposition plus ou moins fléchie , pour que les jambes, soutenant leurs extrémités, fussent le plus rapprochées possible du centre de gravité, afin de mieux le soutenir, ainsi que la région lombaire de la colonne vertébrale, où le corps pourrait seul fléchir sans cela. Cette
DISPOSITION £ST EN MÊME TEMPS LA PUUS FAVORABLE À IJL MARCHE ET A LA COURSE, EN PERMETTANT AU MEMBRE DE s' AL- LONGER LE PLUS FORTEMENT EN ARRIÈRE POUR POUSSER LE
CORPS EN AVANT. G'cst aiusi que par la simple flexion des caisses à Tétat de repos , la Sagesse créatrice a obtenu la
CONDrriON LA PLUS FAVORABLE DANS LES DEUX CIRCONSTANCES OPPOSÉES , LA STATION ET LE MOUVEMENT.
Mais, par cela même que, d'une part, la cuisse est fléchie en avant, et que, de Tau Ire, le bassin se prolonge fortement en arrière, les muscles, qui, dans Tespèce humaine, pro* duisent simplement sa flexion en dedans , deviennent ici de très-puissants extenseurs , et prennent même à cet efiet un volume beaucoup plus grand que dans l'homme , tout en conservant les mêmes attaches; c'est-k-dire qu'ils se fixent sur le bassin à la symphyse des pubis et de Tischion , et sur la cuisse, le long de la face interne du fémur; mais en se dirigeant, dans l'espèce humaine, transversalement en dehors, et chez les quadrupèdes d'arrière en avant. A ces muscles adducteurs, devenus par là de puissants extenseurs, viennent ensuite se joindre encore les analogues des extenseurs de la cuisse de l'homme qui conservent leurs fonctions.
Le Créateur a su en conséquence qu'en plaçant simple-
HI^NT AINSI les cuisses DANS LEUR ÉTAT DE FLEXION , ELLES soutiendraient non-seulement le MIEUX LE CENTRE DE GRA- VITÉ DU CORPS, MAIS qu'elles DONNERAIENT EN OUTRE , PAR l'jKFFBT de la prépondérance CONSIDÉRABLE DES MUSCLES «XTBN8EUR8 DE LA CUISSE SUR LES FLÉCHISSEURS AUX PREMIERS,
144 TuiOLMIt M Li HàTURB.
À)tfe OtJË CETTE PXnfSSÂin^E SERX €XPàBLE DE GOirTRB-BALJlKCEII, EN TOtfT OU BtJ MOmS EN ÛEàNDE I^AtlTIE , LÀ FORCE DU P0ID6
DU CORPS , qui tend à faire fléchir ios cuisses encore dt« Tsntsge; cette force des muscles extenseurs étant burtout d'autant plus grande, que plusieurs autres de ces organes contribuent {yuissamment h cette action en devenant nonseulement plus volumineux, mais en prenant même une autre disposition favorable au résultat dont je viens de parier. C'est ainsi que les m^isdes thmi^mtmttnneux ^ Defni-ttnii» amx^ et surtout le Benforci (Biceps crural), sont bien plus forts chez les quadrupèdes que dans Tbomme , et se proîon* gent même sur une partie notable de la jambe k moitié cachés entre eux , dont ils deviennent ainsi de puissants fléchisseurs; et sont en outre, par cela même, secondés, comme extenseurs de la cuisse, par les extenseurs si vigoureux de la jambe, qui s'opposent à cette flexion; de manière que la jambe , rendue par eux immobile, agit en qualité de levier, eomme si elle ne formait qu'une pièce fixe avec la cuisse,
D1^rt)SlTt0N DES PLUS iNGÉNlEtTSES QUE L'InTELLICENCE SU- PMSifE À St ^ÀVAMttENT ÊTABllE POUR ATTEINDRE SON BOT;
arrangements dont on trouve d'ailleurs de nombreux exemples dans l'organisme des animaux.
Quant & l'articulation du genou , elle est lu même que dans Tespèce humaine, à quelques modifications près in-* diquées plus haut.
J*ai déjh fait remarquer, en partant du pied de l'homme, que chez ce dernier il s'appliquait dans toute sa longueur sur le sol dans la station, d*où résultait la marche planli^ grade, afin de former une biase suffisafite sur laquelle le Carpe pût se maintenir en équilibre dans son attitude re^ dressée ; tandis que chez les Mammifères quadrupèdes cela était non-seulement inutile, mais encore moins favorable à la lûcomoftion , en cela que ces animaux , appuyamsur temns ffuatre membre , ont par 1k une base plus ifse siriisaiilt
CHAPiTw m. 31$
pour se tenir solidement debout; et que, dans les monvements progressifs, ils ont, en marchant sur le bout des pieds, une articulation de plus dans la partie relevée de leurs membres , qui facilite considérablement la souplesse des mouvements, ainsi que la rapidité de Télan dans Ja course; et c'est en vue de ces avapitages que les mehb^s^
ONT ÉTÉ transformés POUR LA MARCHE DIGITIGRADE. C'eS|
ainsi que Tos du talon, qui ne devant plus être hmQt
en dessous vers le sol , POUR FORMER DANS l'hOHME LE PRUiaPAL POINT D*APPUI DU CORPS , EST AU CONTRAIRE PO^TÉ EN ARRIÉRE DANS LA DIRECTION DU PIED PRESQUE VERTIG4- LBMBmj RELEVÉ, AFIN d'OFFRIR LE RRAS DE LEVIER LE PLUS LONG POSSIBLE AUX MUSCLES EXTENSEURS DU PIED.
Mais par cela aussi , Tarticulation de ce dernier avec to jambe devait pouvoir se prêter aux mouvements nw
ÉTEMDUS ET PLUS LIBRES, ET ÊTRE EN CONSÉQUENCE MIEI7f
GARANTIS CONTRE LES LUXATIONS i or, c*est en effet ce qu'an trouve dans la forme des os qui s'engrènent bien plus profondément que cbei Thomme. Cest* à-dire que la gorge de poulie de l'astragale est bien plus profonde, ainsi que Tespèce de mortaise que forme Textrémilé inférieure des deux os de la jambe dans laquelle l'astragale est engagé.
Pour ce qui est des divers os dont se compose le cou- de» pied, ils sont à peu près a>nformés et disposés comme dans l'bomme, cbez les espèces ayant cinq orteils; mais se modifient selon le degré de dégradation oit se trouvent eei animaux, perdant successivement, d*un genre à l'autre, quel^ ques-UDS de leurs orteils ; conditions poujr Jesqaelle^ QHix*fâ suivent la même loi que les doigts. C'est Anns icette partin terminale du pied , comprenant le wétatarse et \e» orteils que la ressemblance avec les os du métacarpe et des doigts devieuAent de plus en plus gran/les , et k la fin même îdeo^ tiques ; c'est-à-dire que les phalanges , avec les ligaments et les tendons qm les accompagnent, sont absolument les
216 THioLOGlB DE LA NATURE.
mêmes : le nombre des orteils excepté, qui est souvent moindre que celui des doigts , comme plus avancé dans la dégradation ; aussi les membres postérieurs disparaissentils à la fin chez les Cétacés, tandis que les antérieurs persistent chez tous les Mammifères ; et je renvoie en conséquence pour l'ingénieux arrangement des organes qui constituent la partie terminale du pied à ce qui a été dit pour les doigts.
J'ai indiqué plus haut le remarquable arrangement qui existe dans les muscles moteurs de la cuisse et de la jambe, au moyen duquel les extenseurs de celle-ci contribuent indirectement , mais avec efficacité , k l'extension de celle-là ; par cela que les principaux muscles extenseurs de la cuisse se prolongent plus ou moins bas sur la jambe pour s*y insérer ; mais cet enchaînement ne se borne pas encore là, il va jusqu'à l'extrémité des orteils. C'est-à-dire que, d'une part, les deux muscles Gastrocnémiens constituant, conjointement avec le soléaire leur accessoire, la principale masse du mollet, forment inférieurement le vigoureux tendon d'Achille inséré au talon, sur lequel ces muscles agissent avec une grande puissance pour étendre le pied, chez l'homme aussi bien que chez les animaux. Mais supérieurement les deux premiers de ces muscles , au lieu de s'attacher aux os de la face postérieure de la jambe, comme le fait le troisième, remontent jusqu'au fémur, auquel chacun se fixe par un fort tendon d'origine, au-dessus des deux condyles du fémur. On conçoit par cet arrangement que, si la jambe s*étend , soit pour maintenir le carpe en état de station , soit pour agir dans la marche , le fémur tirant sur les deux muscles gastrocnémiens , agit par eux sur lé pied , et contribue en conséquence aussi à son extension , en empécjiant la jambe de fléchir en avant sur le pied dans la station , et en élevant le talon dans la marche. Et si Ton considère le pied comme fixé sur le sol , les extenseurs de la cuisse, en portant celle-ci en arrière,
CHAPITRB lU. 117
redreBsent le membre dans le genou , qui se trouve par Ik étendu; et le fémur agissant, comme il vient d'être dit, par les muscles gastrocnémiens sur le talon , produit aussi TexteosioD du pied.
Cette chaîne va encore plus loin dans les IWammifères quadrupèdes. Chez eux, le muscle Fusiforme (plantaire grêle) , qui n'est dans l'espèce humaine qu'un petit faisceau musculeux placé dans le milieu du mollet où son faible tendon s'unit au tendon d'Achille, est au contraire un muscle plus ou moins gros dans les quadrupèdes, où il prend une tout autre fonction. Chez ceux-ci , de même que daos l'espèce humaine, il s'attache supérieurement par un tendon d'origine, la face postérieure du fémur, au-dessus de son condyle externe, près de celui du gastrocnémien. De là il se porte en bas dans le milieu du mollet, et au lieu de confondre son tendon terminal avec celui des gastroc* Démiens et du soléaire, ainsi que cela est dans l'homme, il passe au contraire sur le sommet du talon comme sur une poolie, et se continue directement avec une autre masse charnue placée à la plante du pied, constituant ce qu'on nomme dans l'homme le petit fléchisseur commun des orteils, qui prend ici son origine sous le tarse ; tandis que chez les animaux , ce muscle court n'est que le second ventre du muscle fusiforme. C'esl-à dire que dans Thomme la disposition est absolument la même , seulement la continuité des deox muscles est interrompue sur le sommet du talon , où le tendon intermédiaire des deux masses musculeuses est comme coupé par l'effet de l'appui du corps sur le talon ; ce qui arriverait en effet chez l'adulte , si les deux muscles se continuaient dans l'enfant. En passant librement sur le sommet du talon , le tendon de ce muscle remarquable est bridé de chaque côté par un large ligament qui , de ses bords, se porte sur la face latérale de cet os , où il s'implante au centre de l'arc que forme Textrémité du talon ; disposition PARFirrEMEKT CALCULÉE pour quo le tendon guidé par ces
fit TsiOLOCa N LA IIATURB*
deux ligaments puisse couler sur cet os , sans pouvoir m déplacer par les côtés.
La seconde masse musculeuse du fusiforme produit eu* suite autant de branches qu'il y a d'orteils, et dont les ten» dons se comportent comme ceux du muscle sublime de la main.
C'est ainsi Qxm par ce SAVAurr BNCHAiNEMENT de muscles
rr DE LEVIERS COMMENÇANT DÉJÀ À LA HANCHE PAR LIS
MOTEURS DE LA G(j]6SE , quo tous Contribuent au même effet final, l'extension du membre dans toutes ses parties, pow agir avec ensemble et une force commune dans le rnour vement progressif.
Telle est sommairement la composition du squelette et des autres organes de locomoUon cheE THomme Mammt* fère bipède, et chez les quadrupèdes digitigrades, dont le type est représenté par le Chat ot ses congénères , dont je n'ai toutefois pu indiquer ici que les choses les plus saiHÛtes et les pins faciles k comprendre sans le secours de nombrenseï figures ; en passant sur une foule d'antres fort nemarqnfti' blés encore . tant par leurs formes que par leurs dispositions dans leurs savantes combinaisons , relativement aux résniitats auxquels ils sont destinés par ia sublime sagesse 4n Créateur.
Quant aux résultats que les organes produisent dans iMr état d'activité , on y découvre de même les effets les pins m» marqnaUes, où se dévoile la eonnaissance la plus transeeÉ»dante de la mécanique , oè les effets les plus remaïquablss sont ordinairement obtenns par les moyens les plus simples. Il n'a ainsi pas suffi qde chaqi^c partie du corps de l'homme et des animaux soit parfaitement accomplie en eMe-même pour produire le résultat auqud elle est destinée, H fatlaît encore que tout, même les organes les plus éloignés, qni agissent indirectement dans les diverses fonctions , soient en
MARMONin d'action LES UNS AVEC LES AUTRES, AFIN Ml MB PAS
«'entraver réciproquement. C'est ainsi qu'en MMirobant ,
aunswÊ m. 319
rbMune powee noB-senleiiieiit le corps en arant et vers le côté opposé , avec Tun des pieds qui s'étend en arrière , en appuyant snr le sol , pendant qu'il lèf e l'aatre pied et le porte ei avant , pour l'appliquer k son tour sur le plan de position » etfaire ce qu'on appelle an Pas. Si tout se bornait là , le pas ne pourrait être que fort court, vu que le membre étendu n'est qo'un peu pins long que celui appuyé sur le sol ; mais il intervient ici encore un autre mouvement qui l'allonge sensiblement, c'est celui du bassin, qui, tournant sur l'articahtion de la cuisse du membre appuyé , se porte en avant m cdié opposé , en emportant tout le membre correspondant avec lui ; et ce mouvement ah ernatif vers l'un et vers l'autre cMé, entraînant tMt le tronc, il en résulterait que la poitriue et flaéme la tête tourneraient ainsi constamment à droite et à gancbe; ce qui deviendrait la cause d'une foule d'ineonvénients, surtout pour les bras et pour les yeux. Mais il T â tTÉ FARÉ par l'eiEet de la disposition des muades oUiqnes du bas-ventre, dont les fibres de Y^xtemê se rendent de leurs attaches sur les cAtes obliquement en desBOM et en avant, pour se perdre dans l'aponévrose veatfate; él celles de l'tn^em^, qui s'insèrent à celle* ei et se portent également en dessons, mais en dehors, pour aller «e fixer an bord antérieur du bassin. Par l'effet de la éStùtdoiù de ces deux ordres de fibres qui se font ainsi suite de l'externe à l'interne , leur contraction produit une lonion dans le tronc , en faisant tourner le thorax vers le cêté dn basaio porté en avant : mouvement fui détruit, pour la partie sapërieuredu carpe, le léger mouvement de rotation que le bassin exécute h chaque pas , soit v^rj ladroite , soit vers la gauche, lout en imprimant cependant chaque fois au thorax une eeoensse qui fait que te bras du cêté de la hanche appuyée se trouve lancé en avant, et produit le balancement de ces membres qu'on remarque chez les per« sonnes qui marchent, oà chacun avance en même temps (|ue la jambe opposée; mouvement croisé analogue îi cahn
des Mammifères quadrupèdes , dont je parlerai un peu phis bas.
Ed examinant de même les conditions dans lesquelles doivent se trouver les membres des Mammifères quadrupèdes , pour leur permettre d*eséeuter facilement les mouvements de locomotion ; je rappellerai ce qui a déjà été dit plus haut sur la disposition de leurs membres. Devant, comme Thomme, appuyer alternativement le poids de la partie antérieure du corps sur Fun etTautre des deux membres de la première paire, afin de pouvoir Qorter Tautre librement en avant pour faire un pas, il était convenable que ces membres fassent le plus rapprochés possible, sans cependant trop rétrécir la base de sus-station ; et c*est dans
CETTE INTENTION QUE LE THORAX À ÉTÉ FORTEMENT COMPRIlfÉ
EN AVANT, afin que les deux omoplates fussent non-«ealement plus rapprochées, mais aussi dans un plan presque vertical pour mieux appuyer sur les bras ; et les membres étant par Ik rapprochés, il suflfit d*un assez faible effort pour ramener le poids du corps sur l'un ou sur Tautre.
Nous avons également vu qu'afin de mieux soutenir le centre de gravité du corps, les cuisses des Mammifères quadrupèdes étaient d'ordinaire fortement fléchies en avant Or cette flexion est précisément très-faible dans les espèces fort lourdes , telles que Y Éléphant , vu qu*ici les muscles extenseurs des cuisses auraient une trop grande charge k supporter, lorsque dans la marche tout le poids du corps porte alternativement sur l'un ou sur Tautre membre. Ce fait , en quelque sorte exceptionnel , montre que cette disposition fléchie des cuisses n'est point, comme on pourrait le penser, exclusivement due à l'effet du poids du corps qui forcerait les cuisses à se fléchir jusqu'au degré où l'excès de la force de contraction passive des extenseurs sur les fléchisseurs ferait équilibre k ce mime poids ; mais bien
QOE LA DIRECTION EST PUREMENT DUE k LA VOLONTÉ SU-
riiÉ¥E pff i^'Intelligence créatrice, qui l'a oraduée,
cHArmi lu. . iil
MJITAIIT LBS KPFST8 QUI DUBBNT EN RÉSULTKE. C'est-k-dire
qne cette flexion ^st très-forte dans les espèces qui doivent être légères k la course et surtout au galop , et ont besoin que le centre de gravité du corps puisse être facilement porté au-dessus de la base formée exclusivement par les pieds postérieurs ; tandis que , chez les espèces lourdes qui ne galopent jamais, cela n'étant pas nécessaire; les fémur sont fizcés verticalement sous le bassin , et portent de Ik plus facilement et avec moins d'effort musculaire le poids coïisidérable du corps que si les cuisses étaient fléchies. C'est ainsi que dans V Éléphant , dont je viens de parler, non- seulement le fémur est vertical , mais aussi les os de la jambe sont dans la même direction , d'où le membre entier forme une colonne droite sous le bassin.
Les cuisses étant plus ou moins fléchies en avant, elles amènent les articulations des genoux k côté de l'abdomen qui se trouve de Ik interposé entre les deux fémurs qu'il tient écarté; disposition très-défavorable k la marche, où Tanioial doit alternativement porter le centre de gravité de la partie postérieure du corps au-dessus du pied appuyé sur le sol. Ce désavantage ayant été prévu , les deux pieds sont ramenés vers le plan médian du corps au moyen d'une légère modification introduite dans l'articulation des genoux , consistant en ce que la facette articulaire du tibia , sur laquelle appuie le condyle externe du fémur, est simplement on peu plus élevée que l'autre, d'où la jambe, et avec elle le pied, sont ramenés en dedans; et pour peu que le
KEMBRB NE POSE PAS OBLIQUEMENT SUR LE SOL , IC picd eSt dC
nouveau un peu fléchi en dehors, afin de se trouver k peu près dans un plan longitudinal vertical ; et cela aussi par l'effet d'une légère obliquité dans son articulation avec la jambe.
On conçoit que pajt. cette disposition des parties , la base de sus^station est fort étroite, et qu'il suffit d'un assez léger mouvement vers le côté que fait Tanimal pour amener le
tÊA THioiXMB M LA NATURB.
Mtttre de grifité ttntôt sur Tno et tantAt mu l'utre pM : effet qui a d'ailleurs lien en quelque sorte malgré raDîmal, par la aîinple forme fort rbmarqcablb qu'a reçu k oet effet l'articulation du pied.
Pour cela, la direction de la poulie que forme la partie supérieure de Tastragale, au lieu d'être exactement dans le plan vertical d*arrière en avant , est an contraire un pea oblique d'avant, en arrière et en dedans; de manière que la jambe en se mouvant sur cette poulie lors de TextensioD du pied ^ est portée supérieurement en arrière et en dedam^ en poussant le corps vers ce dernier côté.
Les Mammifères quadrupèdes étant appuyés sur leurs quatre membres pendant la station , ils les lèvent successivement pour les porter en avant dans la marche normale, et cela dans Tordre suivant : d'abord l'un des antérieurs, puis le postérieur du côté opposé; ensuite le second antérieur, et immédiatement après le postérieur également opposé. Cette manière de marcher se remarque chei tous les Mammifères à quelque Famille qu'ils appartiennent, à Texception d'un petit nombre d'espèces, ou bien de certains
individus malades.
Cette marche croisée est une conséquence des moyens que les animaux emploient naturellement pour avancer. Nous avons vu que les membres postérieurs étaient plus particulièrement employés k pousser le corps en avant: eh bien , l'animal étant en station et voulant se mettre en marche commence par se pousser en avant en étendant ces mêmes membres en arrière , et sentant qu'il va bientôt perdre Taplomb en avant , il appuie la partie antérieure du corps sur l'un des membres de la première paire, afin de rendre Tautre libre, et porte celui-ci en avant pour le poser k terre, afin de prévenir la chute.
Pour que le pas soit le plus grand possible, l'animal avance l'épaule du même côté, et arque pour cela son corps vers le côté opposé par l'effet de la contraction de tous les
oiAfiTiui m. til
qui peuvent y contribver, et spédalêment ceux insérés au bassin , partie du squelette formant ainsi que les cMes de longs leviers auxquels ces muscles s'insèrent : eontracUon qui [lorte le bassin en avant du côté du membre antérieur appuyé.
En avançant ainsi la hancbe d'un côté, le membre posté^ rieur correspondant qui suit nécessairement ce mouvement, devient par là même plus libre et se lève ainsi le second pour se porter en avant, et cela presque en même temps que l'antérieur opposé ; de manière que Tanimal ne porte un instant que sur deux pieds diagonalement opposés. Peu* dant ce temps, les membres encore appuyés poussent le oorps le plus loin possible en avant, et les deux soulevés avancent pour prévenir la cbute de l'un ou de l'autre eôté, et se posent successivement comme ils se sont levés lorsque l'antérieur appuyé est le plus fortement étendu en arrière.
Sitôt que les deux premiers membres ont fait le pas et sont de nouveau appuyés , l'animal arque son corps en sens contraire pour avancer l'autre épaule, qui se trouvant en conséquence k son tour, placée sur la convexité de l'arc, est par Ik même seul libre de pouvoir s'avancer pour faire le second pas, en emportant le membre qui lui correspond; et un peu après est levé le second niembre postérieur opposé placé dans la concavité de ce même arc; et ainsi de suite^ pour les antres pas.
Ces divers mouvements des membres se voient très-faci^ iement chez les animaux qui marchent lentement, tels que les Chevaux; mais les inflexions de l'échiné sont surtout très-apparentes dans le Chat , où la colonne vertébrale est 1res -flexible. On conçoit d'ailleurs, au premier abord, que cela doit nécessairement être ainsi chez tout Mammifère qui , marchant facilement , cherche k allonger le plus possible le pas; vit qu'il lui serait impossible d'avancer beaucoup soit le flmEbre antérieur, soit le postérieur, sans avancer d'ue
It4 THBOUHSll DB LA HATOll.
part l'épaule et de l'autre la hanche ; et pour cette dernière c'est nécessairement celle du côté opposé.
Les Mammifères souffrant de rhumatismes lombaires , tels que les vieux chevaux de poste ruinés, font toutefois exception k cette règle, et on en voit facilement la raison. €es animaux éprouvant de la douleur en courbant leur épine du doSf évitent ces inflexions dans la marche, en faisant des pas plus petits; où il suffit de porter les deux membres do même côté à la fois en avant, sans avancer fortement ni l'épaule ni la hanche, ce qui les obligerait k arquer leur échine; et marchent ainsi en balançant simplement leur corps d'un côté vers l'autre, pour soutenir le centre de gravité alternatiment avec les deux membres de droite et de gauche : marche défectueuse , connue sous le nom d'Amble ,' où l'animal n'étant k chaque instant appuyé que sur deux membres du même côté, est par Ik sujet k être facilement renversé en dehors, n'ayant, de ce côté, aucun moyen de parer k la chute; tandis que dans la marche ordinaire normale, il y a toujours, de chaque côté, un pied soulevé prêt k porter sur le sol, sitôt que l'équilibre de l'animal serait menacé. C'est ainsi que la Providence à su faire concorder les moyens de l'accélé*
RATION de la marche , AVEC SA CONDITION LA PLUS FAVORABLE POUR SA SÛRETÉ.
Quelques espèces de Mammifères, et spécialement la Girafe , marchent cependant aussi naturellement l'amble, et cela par une raison qui , sans être la même que chez les animaux malades, se rapporte toutefois k peu près k la même cause directe. La Girafe ayant le corps très-court , et les vertèbres de son échine fortement articulées entre elles, les mouvements latéraux de ces os sont très-bornés ; d'où résulte qu'il serait sinon impossible , du moins très-difficile k cet animal, d'arquer suffisamment sa colonne vertébrale, pour faire avancer beaucoup, soit l'épaule, soit la hanche; chose d'ailleurs fort inutile chez la Girafe , dont la hauteur
CBAPITRB lli.
considérable des membres lui permet de faire sans cela des pas très-allongés.
Il semble , au premier aperçu , que la longueur absolue des membres doit être une chose fort indifférente pour la mécanique animale , et que toutes les proportions peuvent offrir les mêmes avantages; mais il n'en est pas ainsi, vu que, d'une part, des membres très-courts ne permettraient pas une marche convenablement rapide pour la grandeur de l'animal, et même encore la course et le saut; et que, d'autre part , des membres très-élevés rendraient le corps trop chancelant, en même temps qu'Us nuiraient beaucoup à plusieurs facultés de l'animal , qui , une fois couché , aurait surtout de la difficulté k se relever ; et cela deviendrait même impossible , si les membres dépassaient une certaine longueur. En effet, s'ils étaient trop longs , l'animal couché directement, la poitrine en bas, aurait la cuisse, la jambe et les pieds si fortement fléchis , que les genoux remonteraient jusque vers le dos, dans une position forcée, trèsfatigante et bientôt insupportable ; circonstance incompatible avec le repos qu'il cherche en se couchant; et les jambes , également très-fléchies , se fatigueraient non-seulement de même, mais elles dépasseraient le niveau du ventre et tiendraient le corps suspendu; de manière qu'il n'appuierait pas sur le sol ; autre cause de fatigue, circonstance qu'on remarque chez le chien Lévrier. Enfin le pied trop long, dirigé en avant sur le sol, dépassant le centre de gravité, l'animal ne pourrait que fort difficilement élever ses talohs pour se redresser sur ses orteils ; et c'est en effet ce qu'on remarque dans la Girafe , dont la longueur des membres pa* rait avoir atteint son maximum , cet animal étant obligé , pour se lever, , d'appuyer d'abord sur le dessus du boulet, les sabots fléchis en arrière , afin de raccourcir d'autant la hauteur totale des membres. Enfin Tanimal , dont les quatre extrémités seraient trop longues , ne pourrait plus se relever du. tout, quand une fois il serait couché sur le flanc, ne pou-
THB0L0«IB Dl U NATURB.
tant ptt les raffledef sans le centre de gravité , (jiii demsiiide k être soutenu. Les Kanguroos et les Gerboièes , dont léii membres postérieure sont fort longs » se relèvent étant cou* ehë« , soit en s*aidant de leur queue , soit eb s'appfayant en avant sar leurs p&ttes antérieures proportionnées k la grosseur de Tavant-train de leur corps; et ces animaux n'ont, tnalgré leurs disproportions , les membres postérieurs pas bteanconp trop grands pour la partie correspondante dii tronc, très-gros en arrière.
Une loi toutefois qui règle dànd une condition la hauteur des membres chez les Mammipëkés , veut qu'elle soit d'ordiniire Ift même dans les deui pAires , et telle qu'kllk Ëgalb Là somme be La LoNOUïtft nù cou et de la tête ; proporf lOK SAGEMENT CALCULÉE PAR LA PaoVtbÉNGE , potiT permettre k ces anim&ui de pourvoir k lëur nourriture, que la presque Milité d'entre eux doit chercher k terre. Cette loi éprouve tottefbis cerUdnes exceptions, mais Ik seulement oo tM
RAtftOK QUELCÔNOÛÉ L'a ^ERMIS 00 VOULU AUTREMENT; et
alors l'inconvénient i^ni en RËétiLTE est touiours prévenu
i^AR DES niSPOSlTtONà PARTICULIÈRES Qtlt PROUVENT <IVÉ ta MfKm A ÉTt I^AR^AITEMENT APt»RÉCtÉ PAR LE CrÉA'^ tlBUR.
Déik VAomme et tous les ISinges présentent tine grande exception k cette loi ; mais ils ont reçu , en compensation , la faculté de pouvoir porter leur nourriture k la bouche aii moyen de mains.
Les Chauve-SourU , ayant les membres antérieurs d*tine longueur extrême et le cou )brt court, saisissent leur nour^^ titure au vol ; et peuvent du reste plier le coude tellement en arrière que leur poitrine touche sur le sol , ce qui leur permet de pouvoir facilement atteindre k terre avec leur bouche. VÊléphant , bkti pour la hauteur des membre^ dan^ les proportiotas de tons les Mammifères digitigrades , ne peut avoir toutefois qu'un cou fort court, afin que la tête qui devait porter les énormes et lourdes défenses de cet animal ,