ANIMAUX TOUTE LA LÉGÈRETÉ ET LA SOUPLESSE NÉCE$SAIR]IS
A LEUR VIE DE GRIMPEURS , vivaut d'ordinairc sur les arbres , où ils sautent avec la plus grande agilité d'une branche à l'autre. Pour cela leurs os sont généralement très-grêles , et les apophyses que ceux-ci forment sont fort longues, pour offrir de plus grands bras de leviers aux muscles qui s'y insèrent. Les articulations sont très-mobiles» les muscles bien distincts les uns des autres , et unis par un abondant tissu cellulaire qui facilite leur glissement; le tout comme chez les Carnivores Sauteurs, dispositions fort importantes chez ces animaux , qui doivent se mouvoir avec la plus grande facilité ; toutes conditions qu'on trouve déjà chez les Singes supérieurs dont ils ne diffèrent que par une plus grande analogie avec les Mammifères digitigrades, marchant déjà facilement à quatre, n'appuyant en avant que sur les doigts dans toute leur longueur ; mais en arrière, comme l'espèce humaine, sur toute la plante, &^ relevant cependant déjà plus ou moins le talon ^apf 1^ marche quadrupède.
La plupart ont aussi une queue fort longue et grêle , sans
CBAmai III. t8{
«sage coubu , mais qui chez quelques espaces , telles que lev Sapajous , présente toutefois la faculté remarquable , dont il a déj^ été parlé , de pouvçir ^'enrouler avec aaseï; de forse autour des corps euvironu^ts pour servir k ges aniuiani cpimpe d'une duquième niain s^yec laqiie)le i)s s'aecreckenti
et G*«ST À GBTTE P|LEUliEE PONQTIOM B|BN ÉVIPYMTlE W U
Qcsus , que se prépare déjà cet appeudjce cbes les autres Singes, où, d'abord rudimentaire, i) devient, plus loiii, très-long , en restant toutefois encore sans upa^.
Cette faculté qu'ont reçue quelques Siiiges et autres ani* maux de pouvoir saisir les olvets avec leur queue , pamtf fort naturelle I quand op considère que, mieux même que les doigts, cet appendice pouvait, par Vaffet det sef nom-* br<^^ articulations, être parfaitement employé k eelte fonction, qu'elle n'exerce toqtef^ia que exçeptionnelltt meut dans quelques espèces, ne le eonaervant pas ^mê lef autfes* La senaibilité tactile est même telle dans 1^ p^rt^e terminale df) ces queues prenantes , que ces anit maux upuveift sai^s les voir, et comme par instiaet, lef olyeu plepés derrière «qx, auxquels ils peuvent l'aeertr cb^.
4n delk des Qnadrunapes , dans l'ordre des GuEiaerriass PU des ÇhauveM^Quriê, YUnhUQBUci^ cuiAiRicB a uomwit \^ TTPp o^f^aAi^ PBs MAUViFiaEs, EncotK o't;m furas FAÇON , as Hi^AOCOMnonÀiiT , par ovsloubs LÉoaas cuamobt
MBUTS, i LA FONCTIOK BU VOL ; TANT LES IfOYEMS LUI ONV tvt
FAÇILV4 , sans eepepdant avoir pu atteindre ici la perfeetkNi du type des animaux vertébrés volants , incompatible, ^ oe qq'îl pfqrait, avec le mode d'organisation des Mammifères, Basas que nous trouverons dan^ toute son admira|)le perfaor tiQH cbez les Qiseaùx.
Pour transfopner le nipdèle de l'Homme ou du Singe tfà un £tre capable de poqvpir se «Quteuir dans l'air par Teist d'qn ventile v^l , il 4 w^fi 4c Cai^TBua n'ALLoneBf^ i^lus
09 VOIIia ^BS BOKiTS UB fJk MAIM BT UE LES BtUBlB BANS TOUlB
LEUR LONGUEUR, PAR UNE EXPANSION DERIIOIQUE Semblable ^
eellë qui rempKt rintervalle des orteils du Canard , et de la
PROLONGER LE LONG DES MEMBRES ET DES FIANGS JUSQU'AUX PIEDS , ET PLUS LOIN ENTRE LES MEMBRES POSTÉRIEURS , EN
T COMPRENANT LA QUEUE , 60 doiiDant aÎDsi k l'ensemble la forme de l'aile de l'oiseau, et l'objet principal fut fait, le reste n'étant plus que l'affaire de quelques légères modifications de certains organes , comme conséquence de ce premier et principal changement.
Dans le genre Galéopiihêque , animaux qui présentent le premier degré de cette transformation , toutes les parties du corps restent k très-peu de chose près les mêmes que dans les Singes; les doigts seulement sont un peu plus longs , et se trouvent, comme je viens de le dire, réunis par une membrane qui s'étend jusqu'aux pieds et k la queue , en remplissant les intervalles. C'est en agitant ces ailes , encore peu étendues , que ces animaux se soutiennent assez facilement en l'air, sans pouvoir, k ce qu'il parait, parcourir de grandes distances dans les airs. Un peu plus loin, les véritables Chauves-Souris arrivent de suite au type de ^o^ganisation pour ce genre de vol , en recevant simplement des mains considérablement plus grandes , où les os métacarpiens et les doigts représentent tout k fait les baleines d'un parapluie. Par l'effet de ce simple changement, les ailes de ces singuliers animaux les rendent capables d'exécuter, comme tout le monde le sait, un vol extrêmement facile et même assez prompt , sans pouvoir toutefois le soutenir trèslongtemps.
Cette modiflcation dans l'organisation du type de l'Homme et des Singes en a ensuite entraîné quelques autres très-légères , comme conséquence de la facuté de voler. C'est ainsi que , non-seulement les doigts ont dû être prodigieusement allongés , mais encore le bras et l'avant-bras ont dû l'être aussi, afin de contribuer d'une part k étendre l'aile, elde l'autre, pçur rendre la partie interne de cette aile plus ré-
cHAnriiB III. i33
gistante , tont en conservant dn reste les mêmes dispositions qa*il8 ODl chez THomme et les Singes.
Comme ces ailes devaient être principalement mises en mouvement par les muscles abaissenrs des bras , c*est-îi-dire par ceux placés k la poitrine ou muscles pectoraux , ayant dft élre nécessairement très -puissants , ils n'eussent point trouvé de points d'attache suiBsants, si le sternum auquel ils s'insèrent fût resté dans les conditions qu'il offre chez l'Homme et les Quadrumanes , où il est généralement grêle, et de Ik assez faible; aussi cette série d'os a-t-elle
ÉTÉ TItUfSFORMÉE EN UN SEUL, BEAUCOUP PLUS FORT, ET PRÉSENTANT LE LONG DE SA LIGNE MÉDIANE UNE CRÈTE SAIL- LANTE POUR OFFRIR UNE PLUS GRANDE SURFACE d' ATTACHE À
CES MÊMES MUSCLES. Yoilk k pcu près toutes les modifications qu'il a suffi k l'Intelligence suprême d'introduire dans l'organisme de ces animaux, pour transformer le type de l'homme en celui de mammifères très-bons voiliers.
Mais il ne suffit pas que les Chéiroptères pussent voler, il a fallu leur conserver encore la faculté de marcher ; et gela FUT facile; quoique les mains fussent transformées en ailes, elles ne perdirent pas nécessairement par Ik les moyens de pouvoir servir aussi k la locomotion sur le sol. Et en effet, les carpes et les pouces , qui n'ont éprouvé aucun changement notable, continuent k servir de points d'appui aux membres quand l'animal est k terre ; et les membres postérieurs , qui n'ont éprouvé que de fort légères modifications, conservent encore mieux leur fonction primitive ; surtout le pied proprement dit , qui ressemble même encore beaucoup k celui de l'homme, ayant ses cinq orteils courts et de niveau , garnis seulement de griffes fort grandes et très-croehues.
Pour marcher, les Chauves-Souris appuient la paume de h main k terre, et replient leurs doigts si prodigieusement allongés, avec la membrane qui les réunit, latéralement en haut vers le dos , où cette membrane n'offire aucun obstacle
234 TBBOLOGIB DB u haturb.
k la marche , qui s'exécute même avec une ^sse?; graille ntf pidité pour mériter le nom de course; et le ponce resti court, appuyant sur le sol dans toute sa longueur, leur sert, par son ongle fort et très-croçbu à s'y cramponner awei mh lideipent.
Ces animaux faibles et iqoffensiCs, dont la plupart ne vivent que d*insectes nocturnes?, qu'ils poursuivent au vol , ne pouvant guère habiter sur la terre , où ils seraient trop exposés k devenir la pfoie de tous les animaux par^^i^,
IL LEUR FUT ASSlQNi POUR HABITATION, SOit le CreUX deS
arbres, soit les cavernes, où la lumière du jour, qqi ^lease leur vue, ne pénètre que difficilement; et par Yeiïei de la civilisation de j'bompie, ils trouvent d'excellents abris dam les clochers et autres édifices qu'il construit. C'est là que ces innocentes créatures , auxquelles la plupart des perso^ei ont vpné ^i injustement une répugnance sans ir^spn» ha* bitent pendant le jour, en s'y accrochant au moyen de leurs pieds de derrière , (auxquels elles se suspendent 1^ tètf en bas, par les griffes très-çrochues dont ils sont mun|8, a^ avoir besoin de faire pour cela le moindre effort volQ^t|dJ^e; aussi peuvent-elles dormir ainsi pendant tout l'hiver aans éprouver de fatigue.
La SOLLICITUDE DU CRÉATEUR POUR CES FAIBLES ATOfAUI NE s'est pas encore ARRÊTÉE LÀ DANS SA BONTÉ INFINIS. AÎUSÎ
suspendus par les pipds, leurs yeux eussent été tournés vers l'objet auquel ils sont accrochés, si leurs pieds étaient disposés comme ceux des autres animaux. iNCONvÉ^isirr qui