CHAPITRE III
fléchies sur elles-mémes dans raccroupissement, le centre de gravité de son corps fût au-dessus de la base formée par les pieds. Mais k côté de cette condition, il existe encore cette autre que l'animal étant debout, le même centre de gravité soit également toujours au-dessus de la même base , et le mieux sur son milieu , afin que la station soit bien assurée. Or ce n'est pas tout encore : il a fallu aussi que l'Oiseau pût marcher, c'est-à-dire plier et étendre plus ou moins ses membres pour faire des pas successifs, d'où naissent également encore d'autres conditions de nécessité et de plus grand avantage que ces mêmes parties doivent remplir; enfin, les membres se trouvent en outre dans des conditions spéciales, propres pour ainsi dire k chaque espèce d'Oiseaux , selon divers autres usages auxquels les pattes servent , tels que la nage, la préhension et la faculté de porter des poids, ainsi que cela a lieu chez les Oiseaux de proie. Ce sont ces conditions si difiërentes que le Créateur a conciliées de la
MAlflÈRE LA PLUS REMARQUABLE DANS CEUQUE ESPÈCE, SUIVANT LE CAS PARTICULIER DANS LEQUEL IL l'à PLACÉE DANS SA HAUTE SAGESSE.
Les cuisses ayant dû être placées dans une forte flexion , afin de porter le plus avant possible , l'axe passant par les articulations des genoux dans laquelle le corps doit plus particulièrement se mouvoir pour se maintenir en équilibre. Or le centre de gravité peut se trouver au-dessus de cet axe, ainsi que cela existe chez l'homme, k l'égard de l'axe passant par les articulations des deux hanches ; ou bien il peut se trouver au-dessous de cet axe. La première de ces positions est la moins favorable, vu que si dans l'état de station, les muscles moteurs des jambes sont en parfait équilibre de force par leur contraction involontaire ou passive, la moindre contraction des extenseurs ou des fléchisseurs pour changer la position du corps, fait sortir le centre de gravité de sa première situation , pour le porter vers le côté même où la contraction a 'lieu; et soti action landant k faire tourner le
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corps dans le même sens que cette contraction , s'ajouterait k la force de celle-ci , ce qui produirait le renversement de ce dernier, si les muscles et les ligaments antagonistes n'arré* taient pas le mouvement; ce qui oblige ces muscles à rester constamment contractés pour ne céder que graduellement k la contraction volontaire de ceux qui leur sont opposés ; contraction en conséquence permanente pendant tout le temps que dure la station , et qui la rend de Ih plus ou moins fatigante. Cette circonstance constitue ainsi une condition que h Nature A DÛ ÉVITER, et c'est en effet ce qu'elle a fait, kn poh-
TANT LE PLUS GÉNÊRALËMEIfT LE GEMTtlB DE GAAVItÉ SOtJS l'aIB
PASSANT PAR LES DEUX GENOUX ; effet qu'cllo a facilement obtenu en plaçant les cuisses dans leur plus grande flexion.
Situé plus bas que Taxe des genout , le centre de gravité pouvait se trouver en avant ou en arrière du plan vertical passant par cet axe \ deui dispositions opposées que Tlntelligence créatrice avait à prendte en considération , suivant les autires conditions dans lesquelles elle a placé chaque espèce. En effet , si le éeutre dé gratité se trouve en avant de l'axe des genoux , il tend h faire baisser le corps M avant , et par conséquent k ouvrir Tangle que les cuisses font avec les jambes ; d'oft résulte que ce sont les muselés fléchisseurs de ces dernières qui doivent lui faire équilibre, par une prépondérance de leur contraction involontaire sur les muscles extenseurs, afln que l'animal n'ait pas d'effbrt volontaire k produire ; ce qui exigeait un plus grand volame, et en conséquence aussi une plus grande puissance dans la contraction volontaire, lorsqu'elle doit être employée. Or ce cas se présente, d'une part, ebec les OiêêOiim rapaets qui, emportant leur proie dans leurs serres , ont besoin de faire de grands efforts atec leurs muscles fléchisseurs des jambes ; d'où , par la raison que je viens d'indiquer, le eenne de gravité doit se trouver en avant de l'axe des gelioui : aussi les oiseaux tels que les Àigle$ , les Buseê et les FVracofis , ont-ils généralement les euisses courtes.
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bans rétat de âtation (perché) où ces aaimaux se tiennent en repos , la prépondérance de la contraction involontaire des muscles fléchisseurs sur les extenseurs , force le centre de gravité de s'éloigner beaucoup en avant du plan vertical passant par les genoux, afin de lui faire équilibre, ce qui fait relever le corps en avant, en donnant k ces oiseaux cette attitude fortement redressée qu'on leur voit partout.
D* autre part, le taême cas se présente chez les Oiseaux nageurs par excellence , tels que les Grèbes, les Pingouins^ et surtout les Manchots, qui ont également de grands efforts k faire par la flexion des jambes, en même temps que leurs membres postérieurs devaient être fortement portés en arrière , Sifin de mieux servir comme rames ; aussi ont-ils le corps encore plus redressé que les Aigles et les Faucons, surtout dans la mafche, où ils sont obligés de se tenir presqtie debout , afin de ramener le centre de gravité audessus de la base de leurs pieds. Les Canards, au contraire, ont, quoique nageurs, le corps presque horizontal dans la station et la marche, vu que leurs pattes , fort courtes, ramènent leurs pieds presque sous le milieu du corps.
Chez les Oiseaux marcheurs , au contraire , où le poids du corps tend à faire fléchir à la fois les cuisses et les jambes , les muscles qui s'y opposent ont eu besoin d^étre les plus forts , pour empêcher une trop grande flexion ; d^où est résulté qu'il était plus convenable que le centre de gravité fût en arrière du plan Vertical passant par les deux genoux, afin qu'en tendant à se placer sous ces derniers , il fasse tourner le corps en sens inverse , pour qu'il se mette par lui-même en équilibre avec l'excédant de la force de contraction involontaire des muscles extenseurs des cuisses et des jambes; d'où l'animal peut se tenir debout sans faire aucun eflbrt volontaire avec ses muscles moteurs des cuisses et des jambes , et en conséquence sans se fatiguer beaucoup. Aussi ces oiseaux ont-ils généraleitiênt les cuisses longues et moins fléchies que les atliresS. '
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Enfin , on conçoit que la condition la plus favorable à la station et à la marche , doit être celle où le centre de gravité se trouve, par l'effet d'une proportion bien calculée dans la longueur et la direction des cuisses , naturellement sons Taxe passant par les genoux. Là , les muscles moteurs des jambes n'ont aucun effort, même passif, k produire pour faire équilibre au poids du corps, et peuvent, en conséquence , être très-faibles : il suffit qu'ils puissent déplacer les membres dans la marche. C'est le cas dans lequel se trouvent certains Êchassiers, tels que les Grues, les Cigognes et les Hérons , qui peuvent rester de longues heures debout, même sur un seul pied , sans se fatiguer. Quant k la tendance qu'ont les tarses k se fléchir sur les jambes par l'effet du poids du corps, elle est également nulle chez ces oiseaux , où les deux parties sont non-seulement placées en ligne droite, ce qui leur permet déjk de ne faire aucun effort musculaire pour empêcher la flexion de l'articulation; mais celle-ci présente en outre im mécanisme fort remarquable PAR SON ingénieuse SIMPLICITÉ , mécauismc au moyen duquel le commencement de la flexion n'a lieu que par suite d'un effort volontaire de l'oiseau , qui a quelque chose d'analogue k celui d*une lame de couteau pliant ; d'où il résulte que , dans cette articulation aussi , l'oiseau n'a absolument aucun effort k faire pour se tenir debout.
Enfin les pieds de ces mêmes oiseaux , si bons stationneurs , sont également le mieux conformés pour leur permettre de rester le plus longtemps debout. Leurs orteils, longs et assez forts , sont fortement écartés , afin d'élargir considérablement la base de sus-station. Trois sont dirigés en avant, direction où l'oiseau a le plus besoin d'appuyer lorsqu'il se baisse ; et le quatrième est porté en arrière , pour appuyer également le tarse de ce côté. C'est sur cette base rayonnée que s'élève verticalement le tarse , qui s'y maintient facilement en équilibre au moyen d'un très-faible effort musculaire , pour prévenir les légères causes accidentelle